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anglais, qui ne sont pas germaniques, mais purement gothiques !. Enfin, pour comble de singularité, il suit en partie les règles s bizarres et si arbitraires de la versification islandaise. Cette ressemblance, moins forte et moins suivie que ne l’a cru Leibnitz?, toujours copié par les eompilateurs, l’est pourtant assez pour qu'un Islandais transporté à Schiraz en soit frappé, et pour que les anciens noms persans et skandinaves s’éclaircissent souvent les uns à l’aide des autres, Ainsi la ville de Pasagardeæ, dont le nom signifiait camp retranché des Perses, s’appelierait en islandais Parsa- Gard; et c’est probablement le nom persan dont les Grecs ont fait Pasargade.
De cette ressemblance bien constatée, les faiseurs de systèmes ont tiré mille conséquences hasardées ; on a vu dans les peuples gothico-germaniques une colonie persane, et dans le Kerman l’ancienne Germanie. Des compilateurs audacieux ont été plus loin ; un Ecossais ayant renouvelé la vieille erreur de ceux qui confondent les Scythes, les Gètes et les Goths, a osé tracer, depuis la Perse jusqu’en Ecosse, la marche imaginaire du peuple chimérique qu’il a créé de tant d'éléments hétérogènes. Ces rêveries s’évanouissent comme un songe, lorsqu'on observe que la ressemblance du persan avec le gothique n'est pas plus forte que celle de la même langue avec le sanscrit et les autres anciens idiomes de l’Hindoustan, D'un autre côté, elle se montre également entre le sanscrit, le grec et le latin. Enfin, d’après l’observation récente d’un grand critique, l’ancien slavon, dont la ressemblance avec le persan était déjà connue, présente aussi plus d’affinité avec allemand et avec l’islandais, que les idiomes slavons modernes. Ainsi ces langues se ressemblent toutes : l’une n’est pas la mère de l'autre, mais elles remontent toutes à une souche inconnue. Est-ce que des hommes d’une même race auraient peuplé tous ces pays à une époque antérieure à l’histoire ? Est-ce que d’anciennes communications auraient répandu dans tous ces pays les mêmes idées de civilisation, et plié sous le joug de règles assez semblables entre elles les sons qui désignaient ces idées ? Nous l’ignorons ; mais nous savons que l’une de ces minent en ten, den, etc. Les articles prépositifs bè, mi, der, répondent à be, ge, etc., dans l'allemand. Mithridates, 1, 284.
1 Fretem, grandeur (zend); fretaum, nourrissant (idem) ; freya, force nutritive (islandais) ; thranfd, alimens (zend) trives, s'engraisser (danois) ; gueochte, troupeau (zend) ; queg, idem (danois) ; khouda, dieu (parsi); gud, prononcez ghôud, idem (suédois) ; halaéh, pur, saint (pehlevi) ; halog, saint (islandais).
$ « Integri versus persicé scribi possunt quos Germanus intelligat » Ot. Hanov., p. 152.
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nations n’a pas plus de droit que l’autre à être considérée comme la souche des autres.
La constitution physique des Persans les rapproche des Syriens, des Arabes et des Juifs. Le sang est beau ; mais le teint, même dans les provinces septentrionales, est un peu jaunûâtre. Il devient aussi un peu olivâtre, du moins chez les hommes, dans le Farsistan et le Kerman. Ils ont les cheveux noirs, le front haut, le nez aquilin, les joues pleines, le menton large, et la coupe de la figure le plus communément ovale. La sobriété habituelle aux Persans, et la sécheresse du climat, expliquent pourquoi les exemples d’obésité sont si rares en Perse. Une beauté persane doit avoir une moyenne taille, de longs cheveux noirs, les yeux grands, les sourcils arqués, de longues paupières, une belle carnation, avec un peu de couleur, un petit nez, une bouche étroïi'e, un menton resserré, les dents blanches, le cou long, le sein garni avec une richesse modeste, les mains et les pieds petits, la taille mince et la peau extrêmement douce. Les hommes sont généralement forts et robustes, et propres aux exercices militaires ; mais la siccité d’un air brûlant et rempli de particules salines les rend particulièrement sujets aux maux d’yeux. La forme et les ornements de la coiffure varient selon la dignité, les richesses ou le caprice; une sorte de turban en usage chez les grands et les princes se couvre d’aigrettes flottantes, de perles, de diamants : le monarque seul charge sa tête des emblêmes du soleil ou du globe terrestre. La barbe est sacrée pour les Persans; ils l’entretiennent avec le plus grand soin. Ils mettent souvent trois ou quatre habits légers l’un sur l’autre, attachés avec une ceinture. Les paysans ne portent qu’un simple surtout carré ; mais ce vêtement varie d’ampleur et de longueur de province à province. Les femmes s’enveloppent de morceaux de soie de différentes couleurs : leurs robes, plus courtes qne celles des hommes chez les danseuses, descendent, chez les femmes de condition, jusqu’à la pointe des pieds. Flottant, ample et léger, cet habillement à l’air d'un costume religieux ou d’un négligé magnifique. Le voile est de rigueur dans les villes. Une mode générale dans l'Orient mahométan, oblige les femmes de Perse à porter des pantalons énormes, bourrés de coton. Le luxe des habits a diminué depuis quelques années.
Nous pourrions donner plus de détails sur l'habillement persan, en énumérant, d’après M. de Hammer, tous les vêtements dont il se compose. C'est d’abord, pour les hommes, le 5ir-djamé, sorte de pantalon en soie ou en coton, rouge ou bleu, long, large et attaché par une ceinture en
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filet; la pirahen, chemise de soie, de lin ou de coton, ne descendant qu’un peu au-dessous de la ceinture; l’arkalik ou alkalik, tunique d'indienne peinte, ouatée en coton, ouverte sur le devant, taillée carrément sur la poitrine et ne dépassant pas le mollet; le done, kaba ou ouïemè, longue robe serrée sur la taille et descendant jusqu’à la cheville ; le balapouch, vêtement de dessus, que l’on peut regarder comme le manteau de ville ; le tigme, habit de drap dont la manche est ouverte en dessous, depuis les aisselles jusqu’au coude, et que l’on porte principalement à cheval ; le kalihi, vêtement de brocard garni de fourrure sur les épaules et sur le dos, que l’on ne porte que dans les jours de cérémonies ; le kourdi-nimten, espèce de camisole serrée à la ceinture et ne couvrant que la moitié des cuisses; le poustih ou hamami, pelisse en peau de mouton, dont le poil est en dedans et que l’on met pour aller au bain; le kemer ou la ceinture; les {chorab, sortes de bas ou de bottes en drap rouge; les kechf ou pantoufles en saghri ou chagrin; et les djizmé ou bottes en cuir. Le complément du vêtement persan est le poignard (khandjar), le couteau (kard), et le sabre (chemchir). La coiffure habituelle d’un Persan est un bonnet en peau de mouton noir de forme conique; mais dans les jours de cérémonies on roule sur un bonnet semblable un chäle qui donne à ce bonnet la forme d’un baril. Ce costume est moins majestueux que celui des Ottomans, mais il est plus commode et plus élégant. On voit, par les parties que nous venons de décrire, qu’il est entièrement différent de ce qu’il était du temps de Chardin. Quant aux couleurs, elles changent suivant les âges, et surtout suivant les variations de la mode. En général, les jeunes gens aiment les couleurs claires et éclatantes.
Les femmes, dans leur intérieur, ne sont vêtues que d’une simple chemise fendue jusqu’au-dessous du nombril, et d’un pantalon de toile ou de soie. Lorsqu'’elles sortent, elles se couvrent de quatre voiles épais et s’enveloppent d’une pièce de toile immense, souvent quadrillée, qui les cache de manière qu’on ne leur voit que les yeux.
Pour ajouter à leurs attraits naturels, elles se teignent les ongles, la plante des pieds et la paume des mains en une couleur rougeâtre (le anna), et rendent leurs sourcils plus noirs et plus arqués au moyen d'une teinture de surmé de cette couleur. Une de leurs coquetteries secrètes est de se peindre autour du nombril des fleurs et d’autres ornements qui ressemblent au tatouage !.
Les Persans mangent deux ou trois fois par jour : ils dinent vers midi;
! De Hammer : Mémoire sur la Perse.
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leur meilleur repas est le souper. Le mets favori des riches est le pilau ou
riz bouilli, préparé de différentes façons. Le blé est la nourriture ordinaire du peuple. Les melons, les fruits, les confitures jouent un grand rôle dans les festins persans. Les gens comme il faut trahissent presque ouvertement la loi du prophète pour le culte de Bacchus, maïs le peuple ne connaît pas l'ivrognerie. Cérémonieux et silencieux, leur repas ne dure jamais plus d’une heure. On loue leur propreté, tant sur leur personne que dans leurs habitations ; le peuple est pourtant sale. La manière dont ils prennent leurs repas n’est pas très-commode : le sofra, grande nappe d’indienne, souvent ornée d’inscriptions, s'étend moitié sur le sol et moitié sur les genoux des convives accroupis; elle est couverte de petits plateaux chargés de trois ou quatre sortes de riz bouilli; plusieurs petits bols pleins de ragoüts sont entremélés de petites soucoupes de confitures ou d’autres sucreries, et de grandes jattes de sorbets.
La circoncision des garçons s’opère par un chirurgien; mais celle des filles, pratiquée par les Arabes, est inconnue chez les Persans. Les mariages se font par la médiation des procureurs; il n’y a de dot que le trousseau : la mariée est conduite chez son époux, de nuit, en grande procession, à la lucur des flambeaux et au son des instruments. La polygamie est permise, mais la première épouse jouit de grandes prérogatives. [ls mettent beaucoup d’ostentation dans leurs pompes funèbres. On élève aux riches de superbes tombeaux : tels sont ceux des douze imans ou vicaires du prophète, regardès par les Persans comme ses seuls successeurs légitimes.
Le luxe des Persans modernes rappelle sur plusieurs points celui des anciens Perses. De vastes jardins offrent une promenade solitaire aux femmes des grands, qu’une jalousie extrême dérobe à la vue des étrangers. Les harems sont peuplés de belles esclaves, qui, par une dépense énorme en parures frivoles, ruinent les seigneurs les plus riches. Outre le gout efféminé pour les bijoux et les pierreries, le Persan conserve encore l’ancien usage de se peindre en noir les sourcils et la barbe. Les parasols, les chaises à porteurs, les tapis de pieds, et bien d’autres usages de luxe et de commodité, nous sont venus de l’ancienne Perse, par l'intermédiaire des Grecs, et surtout des Macédoniens. Les monarques et les satrapes persans mangeaient au bruit d’un concert vocal et instrumental, exécuté par des danseuses, que les Grecs appelaient musurges, que les Persans désignent sous les dénominations de raccas ou alimeh, c'est-à-dire savantes, et que nous nommons bayadères, d'après le nom que les Portugais leur ont donné dans
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l'Inde. Tout ce que disent 4e ces espèces de courtisanes Suidas et Athénée convient aux Persans w nes, et semblerait copié dans Chardin : « Les « unes jouaient de la ft: ies autres du psaltérion à cinq ou sept cordes. « La musique n’accompagnait pas le chant comme chez les Grecs; elle en « formait le prélude. »
Le goût des Persans pour les fleurs est d’une très-ancienne origine. [L est vrai que le savant Langlès a parfaitement démontré que la découverte de l’essence de rose re date que de l’an 1612! ; cependant la fête de Goulrysé ou de la profusion des roses, r raît indiquée par Hérodote et Quinte- Curce comme un usage ancien lors de l’entrée solennelle des monarques dans une ville. Un beau climat et une riche végétation doivent rendre cette fête éternelle.
Mais c’est une triste gloire pour les Perses d’avoir, d’après les témoignages des anciens ?, inventé une opération qui, en produisant des êtres sans sexe, donne au sérail des gardiens sans pitié; il est du moins certain que les eunuques étaient aussi nombreux et aussi puissants à l’ancienne cour de Persépolis qu’aux cours modernes d’Ispahan et de Téhéran. L’éducation des princes, admirée par Platon, était, comme chez les Persans modernes, confiée à des hommes mutilés3. Ce n’est pas la seule trace d'ancienne barbarie qui s’est conservée. Plusieurs punitions atroces, encore aujourd’hui usitées, sont d’ancienne institution : on écorchait vifs les rebelles, on les sciait en deux, on crevait le5 yeux aux victimes de la politique. Depuis Hérodote, au cinquième siècle avant Jésus-Christ, jusqu’à Procope, au quatrième de notre ère, l’histoire est attristée par de fameux exemples de ces atrocitès. Faire couper les oreilles, le nez, les mains, était un jeu pour les anciens comme pour les modernes souverains de ce pays. Les Perses anciens, comme les modernes, après avoir passé par les verges ou reçu la bastonnade par ordre du roi, venaient remercier à genoux le monarque de ce qu’il avait bien voulu se souvenir d’eux. Les marques de la servitude la plus ignominieuse ne révoltaient pas plus les anciens que les modernes grands seigneurs de la Perse. Si, comme aujourd'hui, du temps de Chardin, les courtisans se donnaient et recevaient sans honte l’épithète de chiens du roi, les satrapes du temps de la dynastie des Arsacides allaient encore plus loin, et, fidèles à cette expression allégorique, se couchaient au bas de la table royale pour manger avec respect les restes d'aliments que
1 Langlès : Recherches sur la découverte de l'essence de rose.
? Hérod., VL. Jos:phe, Antiq. Jud., X, 16. Steph., in voce Spadd. 5 Plat., de leg., HE, Lucian., in Eunucho.
le monarque leur jetait. Les génuflexions, les titres de frère du soleil el de
la lune, ne permettaient point au roi de Perse de se croire un mortel ; il demeurait, comme les schahs d’aujourd’hui, inaccessible dans son sérail, au milieu des femmes et des eunuques. Tous ses sujets, sans distinction de rang, étaient qualifiés d'esclaves. En un mot, l’histoire ancienne de la Perse nous retrace presque trait pour trait le hideux spectacle de despotisme et d’esclavage que nous présentent les annales modernes de ce pays. I y a quelque chose d’effrayant dans cette succession héréditaire des mêmes vices et des mêmes atrocités.
Chez les Persans d'aujourd’hui, comme au temps de aénophon, les règles de la plus sévère étiquette fixent les rangs et les prérogatives de toutes les classes d'individus. De même que le premier ministre rampe devant le souverain, on voit le plus misérable paysan prendre la plus humble contenance devant le chef de son village. Un fils, de quelque haute dignité qu’il soit revêtu, ne s’assied jamais devant son père. A la cour, les princes du sang, les poëtes, les savants et les ambassadeurs sont les seuls personnages qui aient le privilège de s’asseoir devant le roi.
On a souvent dit que les Persans étaient les Français de l'Asie; en effct, leshabitants de Schiraz ressemblent un peu aux Parisiens par leur démarche vive et légère, par la volubilité de leur langue, la facilité avec laquelle ils tournent un compliment, le plaisir qu’ils éprouvent à dire des riens agréables, le soin minutieux qu’ils prennent de leurs vêtements et de leur parure. {1 serait cependant plus juste de les nommer les Italiens de l'Asie. Les Persans ont, en général, beaucoup de finesse et de souplesse d’esprit ; ils en ont même trop; Chardin, leur meilleur apologiste, convient qu’ils sont fourbes, égoistes, livrés à la vénalité, et incapables d’aucun essor géné-
reux. Leur politesse n’est qu’un vain cérémonial; leur hospitalité n’est ni exempte de vanité, ni séparée de l'espoir d’être payés de leurs attentions par des présents. [ls semblent se considérer comme beaucoup plus sages et plus spirituels que les autres nations : cependant ils flottent toujours entre l'anarchie et le despotisme. Doux ethumains en temps de paix, ils semblent, dans leurs guerres civiles, altérés de sang ; mais, vainqueurs ou vaincus, riches ou pauvres, leur gaieté et leur présence d’esprit ne les abandonnent jamais; on voit chez eux une joie immodérée succéder aux plus violentes querelles.
« Le Persan, dit un voyageur français!, n’a pour iui que le premicr « coup d'œil. Il n’a que extérieur de la bonté : n’en attendez pas autre !Dupré, t. I, 1, 399 et suiv.
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