DES SOMMAIRES
— Bamian. — Badakhchan. — Saglianian. — Wasdjerd ou Wasghcrd. — Nasef.
— Montagnes de Botm. — Bikend. — Ouch. — Casan Page Z|56
g* SECTION. Tibet. — Baghargbar. — Tanbia’. — Bakhwan. — Djermac. — Bu-
tbink. — Lac de Berwan. — Oudj 490
10' SECTION. Suite du Baghargbar. — Pays des Kliirkhirs. — Possessions chinoises voisines du pays des Turks 607
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D’ÉDRISI.
Figure de la terre. — Division du globe en hémisphères , en degrés et en climats. — Mers et golfes.
Nous commencerons par traiter de la figure de la terre, dont la description est désignée par Ptolémée sous le nom de Géographie, en invoquant le secours, la faveur et la protection de Dieu dans toutes les voies et dans toutes les circonstances; car Dieu a manifesté sa gloire par sa grandeur, et il est puissant en toutes choses.
Ce qui résulte des opinions des philosophes, des savants illustres et des observateurs habiles dans la connaissance des corps célestes, c’est que la terre est ronde comme une sphère, et que les eaux sont adhérentes et* maintenues sur elle au moyen d’un équilibre naturel qui n’éprouve aucune variation.
La terre est, ainsi que les eaux, plongée dans l’espace comme le jaune fest au milieu de l’œuf, c’est-à-dire dans une position centrale. L’air fenvironne de tous les côtés , il f attire vers l’espace ou l’en repousse; Dieu sait ce qui est la vérité sur ce point.
Feuillet 3 du ms.
recto.
Feuillet 3 recto. La teiTC Gst Stable au milieu de l’espace, et tous les corps créés sont stables sur la surface de la terre, l’air attirant vers lui ce rpd est léger, et la terre attirant vers elle ce qui est pesant, de même que l’aimant attire le fer.
Le globe terrestre est divisé en clêux parties égales par la ligne équinoxiale, qui se prolonge de l’occident à l’orient ; c’est la longueur de la terre et la ligne la plus considérable de la sphère terrestre, de même que le zodiaque est la plus considérable de la sphère céleste. La circonférence de la terre se divise en 36o degrés sous la ligne équinoxiale; chaque degré vaut 2 5 parasanges; chaque parasang'e, 12,000 coudées; chaque coudée, 24 doigts, et chac[ue doigt, 6 grains d’orge rangés et adhérents les uns aux autres (litt. dos à dos). D’après ces rapports, la circonférence de la terre est de 182,000,000 coudées ou de 1 1,000 parasanges L Tel est le calcul des Indiens. Mais, d’après Hérates ^ qui mesura cette circonférence, et qui la divisa en parties égales, chacune composée de 100 milles, elle serait de 36, 000 milles ou de 12,000 parasanges. A partir de la ligne équinoxiale, en se dirigeant vers l’un ou l’autre pôle, on compte 90 degrés, et toutes les latitudes correspondantes sont de même dimension. Mais il n’existe de terres habitables, à partir de la ligne, que jusqu’au 64^ degré ^ : le reste est entièrement désert à cause de l’intensité du froid et de l’abondance des neiges.
La totalité de la population du globe habite la partie septentrionale; les réglons qui sont au sud sont abandonnées et désertes à cau^e de la chaleur des rayons du soleil. Ces régions
‘ Il faut lire ici 1*08,000,000 coudées et 9,000 parasanges. Mais ce qu’il y a d’assez remarquable, c’est l’identité du rapport existant entre les nombres indiqués dans le texte et ces deux derniers,
■ Eratosthènes ?
Dans la Géographie de Ptolémée, la largeur de la terre habitée , depuis l’équateur, s’étend jusqu’au 63® parallèle. [Gèograph. de Ptol., trad. de M. l’abbé Halma, pag. 1.51.)
étant situées dans la partie inférieure de l’orbite de cet astre \ il en résulte que les eaux se dessèchent, et qu’il y a absence de toute espèce d’êtres vivants ; car les animaux , non plus que les plantes, ne peuvent vivre que là où il se trouve de l’eau et de la fraîcheur.
La terre est essentiellement ronde, mais non point d’une rotondité parfaite, puisqu’il y a des élévations, et des bas-fonds, et que les eaux coulent des unes aux autres. La mer Océane entoure la moitié du globe sans interruption comme une zone circulaire, en sorte qu’il n’en apparaît qu’une moitié, comme si c’était, par exemple, un œuf plongé dans de l’eau laquelle serait contenue dans une coupe : c’est ainsi que la moitié de la terre est plongée dans' la mer. La mer est elle-même entourée d’air, et l’air éprouve les attractions et les répulsions dont nous venons de parler.
La partie habitable de la terre a été divisée par les savants en sept climats, dont chacun s’étend de l’occident à l’orient^. Cette division n’est point établie d’après des lignes naturellement existantes, mais bien d’après des lignes idéales imaginées par les astronome^. Il y a dans chaque climat un grand nombre de villes, de forts, de villages et de peuples qui ne se ressemblent point entre eux. On y trouve aussi de hautes montagnes, de vastes plaines, des sources, des cours d’eau, des lacs tranquilles, des mines, des végétaux et des animaux d’espèces diverses
Ces sept climats sont traversés par sept mers dont nous par-
‘ Le ms. n" 334 , contenant l'Abrégé du présent ouvrage , s’exprime en ces termes : A — » fw » A cause de la chaleur
« qu’on y éprouve, et parce que le soleil y passe au zénith, lorsqu’il est au plus « bas de son orbite. » •
’ Les mois juxta lineam eequinoxialem , qu’on lit dans la version latiHe, ne se trouvent pas dans notre texte.
’ Ces derniers mots sont transposés mal à propos dans le texte arabe.
Feuillet 3 verso.
Feuillet 3 verso. lerons par la suite , s’il plaît à Dieu. Ces sept mers s’appellent (aussi) golfes. Six d’entre elles sont contiguës; une seule est séparée et sans communication avec les autres.
La première de ces mers, située dans la partie habitable du globe, est la mer de la Chine et des Indes, du Sind et de l’Iémen. Elle s’étend, à partir de l’orient et du i3® degré de latitude, au-dessus et^e long de la ligne équinoxiale; elle baigne la Chine, puis l’Inde, puis le Sind, puis le midi de l’Iémen, et se termine au détroit de Bab el Mandeb oL L C’est là sa
longueur, et d’après le rapport des voyageurs dignes de foi, des navigateurs qui s’y sont hasardés, et des personnes qui ont fait voile d’un pays à un autre depuis la mer Rouge jusqu’au Wakwak cette longueur est de 4,5oo parasanges . Il s’y
trouve environ trois cents îles, soit désertes, soit habitées, dont nous dirons subséquemment ce que nous en avons appris de plus certain, et ce que l’histoire en rapporte.
De cette mer de la Chine, dérive le Golfe-Vert qui est le golfe de Perse et d’Abila A.'oiiî ; il s’étend du sud au nord, en tirant un peu vers l’ouest; baigne les côtes occidentales du Sind <xâ-v, du Mekran du Kerman et du Fars 0*0^ >. Gt se termine à Ablla, près A’badan Se détournant du ‘côté du
midi, les eaux de ce golfe baignent le pays de Bahreïn et
du lémamet iüoLf, atteignent celui d’Oman les rivages de
l’Iémen et là, touchent à la mer des Indes La longueur de cette mer est de 44o parasanges; il y a beaucoup d’écueils et de bas-fonds. Sa profondeur est de 70 à 80 brasses. On y compte neuf îles habitées ou inhabitées dont nous parlerons ci-après.
' Sic. Ce détroit est en effet situé par 12° 48’ de latit. nord.
“ Ou de la moitié de la circonférence du globe. Voyez ci-dessus, pag. 2 , note 1''®.
’ On lit, d#hs le ms. n° 334, y-<vîl terre de Chedjer
(qui dépend) de l’Iémen. »
* Les mss. n° 334 et B portent de la Chine.
De cette mer de la Chine dérive encore le golfe de Golzôum Feuillet C qui commence à Bah el Mandeb, au point où se termine la mer des Indes. Il s’étend au nord, en .inclinant un peu vers l’occident, en longeant les rivages occidentaux de l’Iémen, le Téliama l’Hedjaz jusqu’aux pays de Madian
d’Aïla aLjî, et de Faran et se termine à la ville de
Colzoum, dont il .tire son nom. Se détournant ensuite vers le sud, ses eaux baignent la côte orientale du Sa’ïd Djoun
el-Melik J-Liî Azab l’île de Souaken Za-
legh ^ij, le pays de Bodjah xs?, et enfin l’Abyssinie où elles
rejoignent la mer des Indes. La longueur de la mer de Colzoum est de 1 4oo milles. Les profondeurs de cette mer sont remplies de bancs de sable sur lesquels périssent les navires, en sorte qu’il. n’y, a que les navigateurs expérimentés et connaissant ces écueils cachés et les passages praticables , qui osent s’y hasarder.
Il existe dans cette mer des îles au nombre de quinze ; nous en ferons mention en leur lieu.
La seconde grande mer, connue sous le nom de mer de Syrie tire son origine de la partie de l’Océan qui est au couchant. Elle commence sous le quatrième climat, où elle porte le nom de mer de Zakak ou de Cul-de-Sac parce
que sa largeur en cet endroit n’est que de i 8 milles. « La dis- « tance de Tarifa à l’île Verte® est également de i8 milles.»
Cette mer a au levant les côtes du pays des Berbers au nord de l’extrême Afrlqiie. Elle longe l’Afrique moyenne, l’Afrikia proprement dite jusqu’à la rivière des Sables
ilj, le pays de Barca de Lounla de Marakebe
’ La mer Rouge. — ’ Ou Aïdab. — ’ La Méditerranée. — ‘ Le détroit de Gibraltar.
‘ Algéziras. Ce renseignement, aussi important qu’exact, manque dans le ms. n° 334- Nous l’avons placé entre guillemets ;* nous en userons de même, dans la présente version, pour tous les passages qui contiennent des variantes, et pour ceux qui n’avaient jamais été traduits.
‘ Le ms. n“ 334 porte Loukia M. de Sacy pense qu’il est ici question de
recto
Feuiilel 'i rcpto. et d’Alexandrie, la partie septentrionale du désert (entre
l’Egypte et la Syrie), la Palestine et le reste de la Syrie, jusqu’à Souaïdiè ^ qui est à l’extrémité de cette mer. La côte
forme ensuite un coude et se dirige vers le couchant « en passant « auprès d’Antioche » atteint le détroit de Constantinople,
puis le Péloponèse et Otrante, où est l’entrée du
golfe de Venise, les terres de Sicile, de Rome, de Savone et de Narbonne, longe les Pyrénées passe à l’orient de
l’Espagne, puis au midi (de la Péninsule), et rejoint les deux îles^ où son point de départ a été fixé La’ longueur de la mer de Syrie, depuis l’une jusqu’à l’autre de ses extrémités, est de i i36 parasanges. Il y a environ cent îles grandes ou petites, désertes ou habitées, que nous décrirons, s’il plaît à Dieu.
Deux golfes considérables dérivent de cette mer de Syrie. L’un est le golfe de Venise, qui commence à l’est de la Calabre dépendance de l’Italie, passe auprès de la mer d’Otrante, se dirige vers le nord-nord-ouest du côté deBarij^jL», sur la côte de Saint-Ange, puis à l’ouest vers Ancône, longe les côtes de Venise et d’Aquilée où il se termine; de là, tour-
nant à l’est, vers les rivages de la Croatie, de la Dalmatie et de l’Esclavonie il atteint la grande mer
où il avait commencé. La longueur du golfe de Venise, de l’une à l’autre de ses extrémités, est de i loo milles; il contient quinze îles, dont six sont habitées et les autres désertes: nous en reparlerons.
la Libye. Nous adoptons d’autant plus volontiers celte leçon , qu elle s’accorde avec le témoignage de Léon l’Africain, qui, dans la fixation des limites de l’Egypte, place la Libye immédiatement après le pays de Barca. Voyez Hartmann, Edris. Afr. pag. 826.
' Ou Marakié “ Séleucîe ?
’ L’auteur n’a point encore fait mention de ces îles, mais tout porte à croire qu’il s’agit ici d’Algéziras et non de Cadix.
‘ Et non point de la Macédoine, ainsi qu’il est dit dans la version latine.
Le second de ces golfes s’appelle la nier du Pont ü
commence au détroit d’Abidos b dont la largeur n’est à son embouchure que de la distance d’un jet de flèche, « se prolonge « sur une étendue de trois journées de navigation ou de doo « milles, » et passe devant Constantino])le, auprès de laquelle sa largeur est de quatre milles. Le Pont (Euxln) s’étend ensuite vers l’orient, atteint, du côté du midi, les pays d’Héraclée, de Sinope, de Trébizonde, d’Acbkala des Alalns ‘^, et se termine là où
habitent les Kbozars. A cet endroit sa direction change : les eaux
du Pont se portent vers Métraha touchent au pays des
.Russes^, du Berdjan à l’embouchure du Dniéper
et à celle du Danube parviennent à l’entrée du détroit de Constantinople et longent la côte orientale de la Macédoine jusqu’au point d’où nous l’avons fait partir. La longueur du Pont est, depuis le détroit jusqu’à son extrémité, de i3oo milles. On y compte six îles, dont nous ferons une plus ample mention»
La mer de Djordjan et de Dilem isolée et
sans aucune communication avec les autres; un grand nombre de fleuves et de cours d’eau s’y jettent. Du côté de l’occident, cette mer est bornée par rAzerbaïdjan et le Dilem ; à
l’est, par le pays des Aglizazylyêl au nord, par celui des Khozars ®; au midi, par le Tabaristan Sa longueur, du
côté de la Kbozarle, jusqu’à la source du Timour^.-«ül est
‘ C’est ainsi du moins que j’entends le mot o*Xji , traduit dans la version latine par celui d’.4nf/a; le nom d’^trie s’était conservé dans le moyen-àge. Voyez Villehardouin , etc.
’ Le texte porte — * C’est Matriga, ancien nom de la presqu’île de Taman.
* o'iKj. — * l ' Abréçjé porie\yj^ , notre manuscrit,
La Caspienne. — Ou des Ghozzes, peuple bien connu
* Le texte porte jj^ ; niais le ms. B. porte^yj»..
’ Le ms. n*' 334 porte A’ïn-Elham ^-^11
teuillel verso.
Feuillet 4 verso de looo milles, et sa largeur, depuis la côte de Djordjan jusqu’à l’embouchure du Volga, de 65o milles. On y compte quatre îles dont nous parlerons ci-après, ainsi que des autres mers indiquées plus haut, lorsque nous ferons la description détaillée des pays et des habitants.
Ces mers contiennent diverses espèces de poissons, d’animaux et de choses curieuses, dont nous ferons également mention, s’il plaît à Dieu.
« Maintenant que nous avons terminé la description abrégée « de la figure de la' terre et sa division en climats ; celle de ses « mers, dont nous avons fait connaître l’étendue et les limites, et « celle des rivages, dont nous avons indiqué sommairement les « noms et les habitants, nous allons commencer à décrire les sept « climats, les pays, les peuples ot les raretés qu’ils contiennent, « climat par climat et contrée par contrée , sans rien omettre de « ce qui concerne les chemins et les routes, les distances en « parasanges et en milles, le cours des fleuves, 1» profondeur des « mers, les moyens de communication dans les déserts, le tout « expliqué dans le plus grand détail et avec tout le soin pos- « sible.
« Lorsque nous avons voulu tracer les noms des villes et indi- « quer les distances, nous nous sommes aperçu que chaque cli- « mat devait, à cause de sa longueur, se subdiviser en dix sections « proportionnées, soit en latitude, soit en longitude, et que « toutes les villes, les pays, les lieux habités, devaient être indi- « qués dans chaque section, de telle manière que le lecteur pût, « d’un coup d’œil et sans peine, acquérir la connaissance des « voies et des peuples, et s’assurer de la justesse de ses obser- « vations. Le nombre des tableaux suivants ^ s’est donc élevé à
' Ces tableaux ou cartes géographiques manquaient dans le premier manuscrit ; mais nous avons été assez heureux pour les retrouver, au nombre de soixante-neuf (sans compter le planisphère), dans le manuscrit dont la Bibliothèque du roi vient
« soixante et dix, sans compter les deux extrémités, dont l’une Feuillet /i « forme la limite des lieux habités du côté du sud et la majeure « partie de ceux que l’extrême chaleur et l’aridité rendent entiè- « rement déserts, et l’autre, la limite des lieux habités du côté n du nord, où le froid. excessif produit un semblable effet. Au « moyen de cette méthode, le lecteur verra dans les tableaux « la situation véritable et la forme exacte des pays; mais il lui « resterait à connaître l’état des contrées, la conformation, les « habitudes, le costume des habitans, les routes frayées, ainsi Feuillet: « que les distances en milles et en parasanges, et les curiosités « dont l’existence a été attestée par les voyageurs , les marins et « les historiens. D’après cela, nous avons jugé convenable de « faire suivre chaque tableau de la description des lieux qu’il « indique ; et c’est ce que nous nous proposons de faire dans le « présent ouvrage , autant que nos forces pourront nous le per- « mettre, et en implorant le secours divin. »
de faire l’acquisition. Elles existent également dans les exemplaires de la Géographie d’Édrisi qui se conservent à Oxford. On peut consulter à ce sujet Hartmann,
Edris. Afr. pag. lxxii , et M. Walckenaër, Biographie universelle, article Edrisi,
verso.
recto.
Afrique occidentale. — Oulil. — Sala, — Tokrour. — Berisa. — Lemlem. —
Pays des noirs.
Ce climat commence à l’ouest de la mer occidentale, qu’on appelle aussi la mer des ténèbres. C’est celle au-delà de laquelle Feuillet 5 recto personne ne sait ce qui existe. Il y a deux îles, nommées les Iles Fortunées, d’où Ptolémée commence à compter les longitudes. On dit c|u’il se trouve dans chacune de ces îles un tertre construit en pierres, et de cent coudées de haut. Sur chacun d’eux est une statue en bronze qui indique de* la main l’espace qui s’étend derrière elle. Les idoles de cette espèce sont, d’après ce qu’on rapporte, au nombre de six. L’une d’entre elles est celle de Cadix, à l’ouest de l’Andalousie; personne ne connaît de terres habitables au-delà. X
Dans cette section « que nous avons tracée » sont les villes de Amlil JoyC»! \ de Sala de Tokrour de Daou j*, de
Bericha ^ et de Modrab Elles appartiennent au pays
de Magbraouat ^ du Soudan. L’île d’Oulil est située dans la mer non loin du rivage. C’est là (dans cette île) qu’on
‘ Certainement d’après le nouveau ms. Oulil. JodjI — “ Pour Berisa.
Le ms. n° 334 porte Mourah ojyt, et Maghzara ou Makzarah ojîyjûe-
“ Voyez, au sujet du problème géographique que présente la situation d’Oulil,
trouve cette saline si renommée , la seule qu’on connaisse dans le pays des noirs. On en tire le sel qui se transporte dans toutes ces contrées au moyen de navires venant de l’île où s’opère le chargement du sel, et d’où on le dirige vers l’embouchure du Nil, située à une journée de distance \ et ensuite vers Amli J^t, Bpkrour Bericha Ghana xilt et autres pays
du Wangara «jUüG, Kaougha et autres pays du Soudan,
qui pour la plupart n’ont d’autre eau pour s’abreuver que l’eau du Nil et celle des rivières qui se jettent dans ce fleuve. Le reste des contrées qui avoisinent le Nil est désert et sans habitations; il y existe cependant des mares d’eau de pluie qu’on rencontre après deux, quatre, cinq ou douze journées de marche, semblables à celles du désert situé sur la route de Sedjelmasa a.4vL.U:^ à Ghana, et où l’on ne trouve de l’eau qu’au bout de quatorze jours de marche , en sorte que les caravanes sont obligées d’en porter dans des vases à dos de chameau. Il y a beaucoup de lieux pareils dans le Soudan, dont la majeure partie se compose de sables soulevés et transportés çà et là par les vents : pays aride et où la chaleur est extrême , tellement que les habitants du premier climat , du second et d’une partie du troisième , brûlés par le soleil, sont de couleur noire et ont les cheveux crépus, contrairement à ce qui a lieu chez les peuples qui vivent sous le sixième et sous le septième climat. De l’île d’Oulil à la ville de Sala, on compte seize journées de marche.
Sala est située sur la rive septentrionale du Nil. C’est une ville populeuse et un lieu de réunion pour les noirs. On y fait un bon commerce et les habitants sont courageux. C’est une dépendance duTokrouri, prince puissant qui possède des escla-
Hartmann, Edrisii Africa, pag. 3o. Il est bien évident que par iVit l’auteur entend le Nil des noirs.
' Le texte porte ; une journée de navigation ou cent milles.
“ Lisez Sala et Tokrour
Feuillet 5 recto.