‹ Géographie d'EdrisiChapitre 55 sur 72 · PERSÉPOLIS · texte numérisé non relu

PERSÉPOLIS

Feuillet 97 verso.

Feuillet ‘97 verso. « espèce de pommes qui offre cette singularité, que la moi- « tié du fruit est douce tandis que l’autre est d’un goût excessive- « ment amer.

De Chiraz à Djour 60 milles.

djoür. « Djourfut construite par Ardechir dans un lieu très-maréca-

« geux, ou plutôt sur l’emplacement d’un étang que ce prince fit « dessécher. C’est une ville considérable, ceinte d’un mur en « terre et d’un fossé, avec quatre portes; elle est comparable, en « étendue, à Istakhar, à Sabour et à Darabdjerd; les construc- « tions y sont vastes et les cours des maisons spacieuses ; elle est « entourée de jardins et de vergers. Le voyageur, en parcourant « cette ville et ses environs , peut contempler de toutes parts de « beaux édifices, des maisons de plaisance et des promenades « charmantes; le climat y est très-sain. On voyait autrefois à Djour « un belvédère connu sous le nom de Tirbal , élevé par les « soins d’ Ardechir, et construit de telle manière que , du haut de « ce lieu, une personne pût apercevoir d’un coup d’œil toute la « ville et ses environs; au sommet était un autel consacré au « culte du feu. A l’époque de la conquête, les Musulmans « détruisirent cet édifice et il n’en subsiste, de nos jours, que « les ruines.

« On fabrique à Djour de l’eau de rose très-pure, répandant « une odeur suave et conservant longtemps son parfum sans « éprouver, pour ainsi dire, d’altération. Elle est connue sous « le nom d’eau de rose djouri. »

De Chiraz à Darabdjerd, on compte i5 milles.

« Darabdjerd fut construite par Darius, ainsi que l’in-

« dique son nom; la signification de Darabdjerd est Dara JecitK « Cette ville importante et bien peuplée est un centre de com-

’ Ç ijîi- La permutation du liJ en ^ et du ^ en li) est en effet tres-coiniiiune en persan, ex. : pour pour etc.

« munications pour les marchands qui font le commerce du Fars. Feuillet 97 verso. « Elle est, comme Djour, entourée d’une forte muraille autour darabjerd.

« de laquelle règne un fossé qui se remplit des eaux devenues « inutiles à l’arrosement des dattiers, et où croissent beaucoup « d’herbes et de plantes parasites. On y trouve une sorte de « poisson qui n’a point d’arêtes, point de vertèbres et point d’é- « cailles, en sorte qu’il est tout entier bon à manger. Darab- « djerd a quatre portes. Au centre de la ville s’élève une mon- « tagne totalement isolée et de forme conique. Les maisons sont « construites en pierres, en terre ou en plâtre.

De Darabdjerd à Fesa \ on compte 54 milles. fesa.

« Dans cette dernière ville les édifices sont épars, les rues « larges et les maisons plus spacieuses et plus hautes que celles « de Chiraz. Elles sont construites en terre ou en bois de sapin « et de cyprès. Fesa est commerçante, bien peuplée et d’une « importance à peu près égale à celle de Chiraz ; elle jouit d’un « climat plus sain. C’est une place forte dont les portes sont re- « vêtues de fer et les fossés larges et profonds. Dans un vaste « faubourg est le marché principal où l’on trouve étalées toutes « sortes de céréales et de fruits tels que la noix, le citron, le « coing, la datte verte, la datte mûre, la canne à sucre, etc. »

De Fesa à Chiraz, 60 milles.

« Divers bourgs et villages dépendent de Darabdjerd;

« tels sont Kerm pS', Bebram Tebrïn yp-ü, Sehan « Alabdjerd Aïdian yLsKji, Hawim Ferh Ba-

« rem pi», Tasan yLd». Tous ces lieux sont florissants et très- « peuplés.

« On tire de l’un des villages dépendants de Darabdjerd, de « la mumie ( sorte de pétrole ) d’une incomparable qua-

‘ La carte de Guillaume Delisle porte Passa; celle qui accompagne le voyage de M. Fraser dans le Khorasan, Feza ; M. Macdonald Kinneir écrit, comme nous, Fesa

Feuillet 98 recto. „ üté, qui s’exporte au loin et dont l’extraction appartient « exclusivement au sultan. Cette substance se trouve dans les « flancs d’une montagne peu élevée et au fond d’une caverne « dont les environs sont gardés, et dont l’accès est fermé au « moyen d’une porte sur laquelle on appose, par précaution, -( divers scellés et divers signes. On ouvre cette porte une fois « l’an et on ramasse les pierres qui se sont formées dans le fond « de la caverne; chacune de ces pierres est de la grosseur d’une « grenade; on les marque d’une empreinte en présence d’offi- « ciers préposés par le sultan, et on les envoie à Chiraz pour y « être vendues. Cette mumie est la véritable et il n’en existe « ( nous le répétons ) aucune autre qui l’égale en bonté. »

De Fesa à Kazeroun 56 milles.

KAZERoiN. ” Kazeroun est une ville forte, entourée de murs, close de

« portes en bois revêtu de fer; il y existe une citadelle, un fau- « bourg et un bazar. »

De Kazeroun à Djourj;^, on compte 48 milles.

« Auprès de Kazeroun sont Djidjan ville dépendante

« de Sabour, entourée de murs et commerçante, et Damldjan « ville entourée de murs en terre.

« Djavvendan petite ville industrieuse et commer-

« çante, renferme dans son sein des bazars bien achalandés et « des fabriques. On compte au nombre de ses dépendances le « district de Moursan où existe une chaire pour la

« khotba^.

« Hura ville entourée d’une forte muraille en terre et

« d’un territoire assez considérable, fait également partie des « dépendances de Sabour, ainsi que Dar-Khawend jIoJî,

« Tenbouk Mendaredj UC bourgs situés dans un

‘ Voyez ci-dessus , p. 386.

’ On trouve sur la carte de M. Kinneir un lieu du nom de Khurrah, situé non loin de Chiraz.

pays fertile et abondant en ressources. Il en est de même de Ratindjan de Chahidjan d’Anboudan

\ de Chadrewan de Khanandjan le

supérieur et l’inférieur, et de Benou-Merdewan « Le territoire de Sabour est limité vers le sud et vers l’occident par celui d’Ardechir j. — dont dépendent la ville de Djour précédemment décrite, Babeïn la forteresse de

Samkian Djoursian yW*- ville fortifiée et lieu de

marché, Coundjan yl — bourg commerçant, et Kewan ville petite, mais forte, où l’on trouve une espèce de terre de couleur verte comme de l’herbe, qui est très-bonne à manger.

« Parmi les dépendances de la province d’Ardechir, on remarque également Siraf ville considérable, située sur

les bords du golfe Persique, riche et commerçante, et dont les habitants sont connus par leur ardeur pour le gain et par leur activité dans les affaires. La majeure partie d’entre eux, quoique très-pieux, sont tellement enclins à s’absenter de leur pays et à courir le monde, que souvent il arrive qu’un marchand de Siraf reste vingt ans sans retourner dans ses foyers, ni sans s’inquiéter de ce qu’il y a laissé. Cette ville est le grand marché du Fars. Les maisons y sont construites en bois de sadj (platane de l’Inde), bien habitées et très-régulières, car les habitants de Siraf mettent beaucoup de soin et dépensent des sommes considérables à la construction et à l’embellissement de leurs maisons. Les eaux et les légumes proviennent des montagnes de Kham ^ qui dominent la ville et dont la chaîne s’étend le long des bords du golfe Persique, mais où il n’existe point de cultures. Le climat de Siraf est

‘ Le ms. B. semble porter Abiwedan ’ Le ms. A. porte

Feuillet 98

SIRAF.

Feuillet 98

Feuillet 98 verso. « d’une chaleuf excessive. De cette ville dépendent deux lieux « où l’on fait la khotba \ savoir : Nedjirem petite ville située « sur les bords de la mer, et A’ïdedjan place forte et

« lieu de marché dont le territoire se nomme Dest Barnic ow*

« La ville maritime de S’oar jlju» est petite, mais ses habi- « tants sont riches et ils possèdent un territoire bien peuplé « dont le nom est Rousfan

« De la province d’Ardechir dépendent aussi le fort de Touh " zÿ’ Dj ermac Kir ville assez peuplée et dont le

« territoire est considérable; Abourj^l, gros bourg et lieu de « marché; Semiran petite ville dont les environs sont

« bien cultivés et bien peuplés; Kewan ville de moyenne

« grandeur, ceinte d’une muraille en terre, renfermant des bazars « où se réunissent les marchands, et entourée d’un roustac ou « territoire considérable; car en persan le mot roustac sert

« à désigner ce qu’on appelle a'mel et iklim en arabe.

« L’île d’Ebn-Kewan dont la capitale dépend

« de la province d’Ardechir, est dans le golfe Persique , non loin « de l’île d’A\vâl où sont une ville, une mosquée et des

« marchés. Ces deux îles sont l’une et l’autre situées à peu de « distance du continent. Immédiatement après la contrée que « nous venons de décrire, vient le district de Redjan ’

* Voyez ci-dessus, p. 386.

^ Ou Dest Djarin , d’après le ms. A.

^ Ou Rous’an , d’après le même manuscrit.

* Ou Djermen , d’après le même manuscrit.

^ Le ms. A. porte ^.<5^

^ Le ms. A. ne fait aucune mention de Kewan; mais il rapporte à Semiran les détails qui , dans le ms. B. , concernent la première de ces villes.

’ Le ms. A. porte constamment Dedjan, mais, ainsi que nous l’avons fait remar-

« dont nous avons déjà fait mention, et qui compte un grand « nombre de villes de grandeurs diverses que nous allons indi- « quer ici avant de donner les itinéraires. Nous disons donc que « Redjan, située sur les limites du Khouzistan et du Fars, est « une ville belle , riche , offrant des ressources de tout genre et « environnée d’un territoire qui produit du raisin, des pêches « et des olives. Les eaux cependant y sont de mauvaise qualité « et à peine potables. Près de la porte de Redjan, du côté du « Khouzistan , on voit sur la rivière de Tab tjlL un pont appelé « Deïlemi surnom du médecin de Hedjadj ben-Iousouf

« Ce pont n’a qu’une arche soutenue par deux piles distantes « entre elles de quatre-vingts pas; la hauteur de cette arche est « à peu près égale à sa longueur.

« La ville de Sabour ^ fut construite par le roi de ce

« nom. Elle ressemble beaucoup, sous le rapport de la configu- « ration et de la construction des édifices, à Istakhar, mais elle « est infiniment plus florissante et plus peuplée ; il y a une « grande mosquée et une chaire pour faire la khotba.

« Reïcheher est une ville petite, mais populeuse, dont

« les dépendances sont considérables. Il en est de même de « Wandj place forte et chaire pour la khotba, d’où dépen-

n dent divers villages et champs cultivés.

« Nedjabé est une ville importante où l’on fabrique des « tissus de lin très-estimés et où l’on se livre à divers négoces.

« Chiniz j.A jt est une ville située auprès de la mer. On y « fabrique des tissus de lin connus sous le nom de toiles de

quer plus haut (voyez ci-desus, page 387 ), il est évident que notre auteur a voulu parler d’Ardjan ou d’Aradjan. M. Kinneir écrit Regan.

* Bien que nos deux manuscrits portent partout Sabour, leçon que nous croyons devoir respecter, il est évident qu’il faudrait la rectifier et lire partout Cha-

pour

Le ms. A. porte

Feuillet 98 verso.

SABOUR

ou

CHAl’OUR.

Feuillet 99 recto. , Chiniz, et généralement estimés tant sous le rapport de la t « solidité que sous celui de la finesse; ces toiles ont cela de « particulier que, placées en contact avec d’autres étoffes, elles « n’y restent point adhérentes, ainsi que la chose a ordinaire- « ment lieu pour les tissus de lin h Au nombre des dépendances « de Chiniz sont Ildjan , Medjan ^Lairt , Carzal Bach

« (jiL places fortifiées et lieux de prédication et de réunion « pour les fidèles.

« Il nous reste à traiter de divers pays également compris « dans le Fars; c’est ce que nous nous proposons de faire dans « la section suivante, s’il plaît à Dieu. » Quant à celle qui nous occupe, elle comprend la partie du Kerman où sont les villes de Souria , d’Hormuz et les montagnes d’el-Cofs dont nous parlerons après avoir donné les itinéraires du Fars, ou du moins les routes les plus connues qui conduisent aux villes principales de ce pays.

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