A H WA Z
Feuillet 94 recto.
« tenant à nos descriptions de lieux et à nos itinéraires, en com- « mençant par la route qui conduit de Bassora à Bahreïn
« par le désert, route fréquentée par les Arabes, mais
« peu suivie par les négociants. »
En sortant donc de Bassora, on parcourt une journée par une contrée déserte où l’on trouve cependant une source.
De là à Kadhema 1 journée;
Puis par le désert, 3 journées;
Puis à Faria lieu habité par des Arabes, 1 journée;
Puis à Tadja’a iixJp \ 1 journée;
Puis à Samman yC-o, 1 journée;
Puis à une station où l’on trouve de l’eau, 1 journée;
Puis à une autre, 1 journée;
Puis à Selimé 1 journée;
Puis à Sial JU-Jt, 1 journée;
Puis aux premières terres de l’Iémamé pays dont nous avons déjà parlé, 1 journée.
A l’orient de l’embouchure du Dedjlé «Xs-i ( du Tigre ) dans la mer d’A’badan est le Khouzistan dont
dépend Ahwaz « ville située dans le voisinage du fleuve
« de Mezkeher ^ capitale de la province. Elle est très- « peuplée; ses environs sont beaux et divers districts en dépen- « dent. Il y a des marchés, du commerce, des édifices contigus,
■I des richesses considérables et beaucoup de ressources en tout « genre. »
Ahwaz est ( comme nous venons de le dire ) la capitale du Khouzistan, pays dont le terrain est bas, uni et très-fertile, et le
* Ce nom de lieu et divers autres manquant dans le ms. A, nous croyons devoir suivre le ms. B.
^ Les deux manuscrits et la version latine portent constamment Khourestan; mais il est évident qu’il s’agit ici de l’ancienne Susiane ou du pays actuellement connu sous le nom de Khouzistan.
climat parfaitement sain; on y trouve de l’eau en abondance et Feuillet 94 recto, le niveau des sources et des puits est par conséquent peu profond. Parmi les villes de cette province on remarque Ahwaz Asker-Mokarram Tuster \ Djondi-Sabour
, Sous Ram-Hormuz plj, Muchircan
Serv appelée aussi Dorac ^ Aïdedj
Beïan yto, Haï"^^, Bassinna ' — Souki-Sunbul J ^ Menadher la grande Menadber la petite
Corcoub Tib Kelwan Nahrotira
Memout Berdoun Karkba Azem j.jl
Souc el-Arba’a (iy^, Hissn Mebdi ( fort de Mebdi )
situé sur le bord de la mer, Nacbian yL^UJI, Selaman
« Le Kbouzistan est arrosé, comme nous l’avons dit plus haut,
« par un grand nombre d’eaux courantes, de torrents et de ri- « vières. Parmi ces dernières, la plus remarquable est celle qui « coule à Tusler et qu’on nomme le Dodjaïl d’Ahwaz J —
« — (ûill.Elle prend sa source dans les montagnes de Lour jyJ « et c’est sur ses bords qu’on voit la fameuse dérivation des « eaux® qui fut pratiquée par ordre du roi Chabour (Sapor).
« La construction de cet ouvrage eut lieu de la manière sui- « vante : on construisit des deux côtés de la rivière un aqueduc « très-haut, puis, au milieu même du cours de l’eau, une digue
' Ou Chuster.
* Le ms. A. porte et , la version latine Sorrac et Daurac.
* Le ms. A. porte au lieu de
* Le ms. A. porte Anouli.
* Telle est l’orthographe du man. B. et de la version latine. Le man. A. porte
* La version latine porte ici Mathuth. Le ms. A., ojjL>-
’ La version latine porte Azam, le ms. B. Aram.
’ Le texte porte ce qui signifie littéralement « un jet d’eau. »
Feuillet gi recto. « solifle 611 pierres énormes soutenues par des piliers qu’on x éleva jusqu’au niveau des constructions pratiquées des deux « côtés. L’eau se trouvant arrêtée tout à coup dans son cours, « se frayait un passage dans l’aqueduc , et la rivière s’élevait au- « dessus du sol à une hauteur étonnante. La rivière de Tuster ^ « coule auprès d’ Asker-Mokarram , traverse la ville d’Aliwaz ylyû!, « rejoint la rivière de Sidreh et se jette dans la mer. »
De la rivière de Tuster dérive un embranchement nommé Muchircan , qui se dirige vers l’ouest et traverse Asker-
Mokarram; ici on voit un grand pont construit sur une vingtaine de bateaux; des navires d’un fort tonnage peuvent flotter sur cette rivière et pénétrer jusqu’à Ahwaz. La distance entre Asker- Mokarram et Ahwaz, si l’on va par eau, est de 3o milles. Pendant le flux de la mer et durant les premiers jours de chaque lune, époque à laquelle les eaux sont le plus hautes, de grands bâtiments peuvent parvenir jusqu’à la ville; ce qui n’a point lieu pendant le reflux, car alors les eaux tarissent et il n’en reste plus qu’un étang où le courant de la marée ne parvient pas.
« Au surplus, les eaux de cette rivière servent à l’arrosement « des champs et à celui des dattiers et des jardins. »
La rivière de Tah qui sert de limite entre le Khouzistan et le Fars, baigne la partie méridionale de cette dernière province dont toutes les eaux se jettent dans la mer auprès du fort de Mahrouïan non loin du fort de Mehdi. « Du reste,
« le Khouzistan confine à la mer, seulement par l’un des côtés « de l’angle qui s’étend depuis Mahrouïan jusqu’auprès de Su- « leïmanan vis-à-vis d’A’badan, ville située sur les bords du golfe « Persique^. Le terrain du Khouzistan est sablonneux et plat; il « n’y a d’autres montagnes que celles qu’on voit dans les environs
Feuillet g't verso. « de TuSter.
' Le ms. B. porte et ’ Le ms. A. porte : la mer d’A’badan.
« Muchircan est une ville bien peuplée et fréquentée
« par les habitants des pays voisins. Les palmiers qui croissent « abondamment dans ce pays produisent une espèce particulière « de dattes nommée tann Après en avoir mangé, l’eau qu’on « boit contracte une saveur et un parfum qui rappellent ceux « du vin. Les habitants de Muchircan sèment beaucoup de blé, « d’orge et surtout de riz ; ils réduisent cette dernière graine en « farine dont ils font une espèce de pain qu’ils préfèrent au pain « de froment. On cultive aussi la canne à sucre avec beaucoup « de succès dans les environs de Muchircan. »
Sous est une ville considérable, « riche et florissante,
« dont les habitants sont de race mélangée. La campagne qui « l’environne produit du sucre : dans la ville, on fabrique toute « sorte d’objets et notamment de belles étoffes de soie qui « sont exportées dans les pays étrangers et jusqu’aux extrémités « du Khorasan. Le pays produit beaucoup de fruits. »
Asker-Mokarram est également une grande et belle
ville située sur les bords de la rivière de Muchircan •
« On y voit un pont dont nous avons déjà fait mention. Cette « ville est peuplée de marchands et de gens issus de races di- « verses. Elle abonde en ressources de tout genre, possède dllfé- « rentes fabriques, et le pays qui en dépend est bien cultivé. *- On y est incommodé par des scorpions d’une espèce particulière qui ressemblent par leur forme aux feuilles de l’andjodan yiiX — (ou de Tassa fœtida); ceux qui sont de couleur jaune portent le nom de djerrara quiconque en est mordu meurt
sur-le-champ. La distance qui sépare Asker-Mokarram de Tuster ou jjc—i est d’une journée.
De Asker-Mokarram à Ram-Hormuz compte
' Probablement l’antique Suse. Voyez Kinneirs Geograpliical Memoiron the Persutn empire, p. 99 et suiv.
Feuillet 94- verso-
MtCHIRCAN-
vois ou SISE.
asrek-mokarram.
582 TKOISIÈME CLIMAT.
Feuillet 94 verso.
iisirr. ou CHVSTER.
« Cette dernière ville est peuplée et assez considérable ; on y « débite différentes marchandises et l’on y fabrique des soieries « destinées à l’exportation. »
De Asker-Mokarram à Dorac on compte environ 4 jour-
nées; la même distance sépare Dorac d’Ahwaz.
« Dorac est peuplée d’indigènes et d’étrangers qui se livrent « beaucoup au commerce. Cette ville s’appelle aussi Médinet « el-Roustac
« Naclîian ville d’une grandeur moyenne, bien peu-
« plée et arrosée par une rivière qui la partage en deux parties « égales, est située à 2 journées de distance à l’ouest de Rous- « tac L’intérieur de cette ville, ainsi que ses alentours,
« présente un aspect agréable. »
Entre Nachian et le fort de Mehdi on compte 2 journées de distance dans la direction de l’ouest.
« Quant à la ville de Tuster, Duster ou Chuster,
« elle est, comme nous l’avons déjà dit, bâtie sur une éminence. A « ses portes l’eau s’élève au moyen d’une écluse jusqu’à faque- « duc. On dit que le prophète Daniel fut enseveli dans la ri- « vière de Tuster. Ebn-Haukal rapporte ^ que ce fut Abou-Mousa « el-A’cbari qui trouva le cercueil de ce prophète. Les Juifs le « vénéraient dans leurs synagogues et le considéraient comme un « talisman au moyen duquel ils espéraient, au temps de séche- « resse, obtenir de la pluie.
« Abou-Mousa retira ce cercueil du fond de la rivière de Zab n et le transporta par un canal à Sous où il fit cons-
« truire et enduire de chaux trois tombes dans une desquelles « il plaça le cercueil. Il fit murer le tout d’une manière solide, « puis, ayant dirigé vers ce point une partie des eaux de la rite vière, il submergea les tombes. Elles subsistent encore de nos
‘ Voyez la traduction anglaise de sir W. Ouseley, page 76.
« jours au fond des eaux, et l’on assure que quiconque s’y plonge Feuillet verso. « est certain de les retrouver. »
La ville d’Achek iU:t est située sur les limites de la province de Fars, et non loin de la montagne d’Aderewan qui vomit
des flammes et des nuages de fumée. Les feux de ce volcan ressemblent beaucoup à ceux du volcan qu’on voit en Sicile ; ils ne s’éteignent jamais. '
« On fabrique à Tuster de belles étoffes de soie. C’était des Feuillet 95 recto. « ateliers de cette ville que sortait l’étoffe destinée à couvrir la « Ka’aba. De nos jours, on fabrique cette étoffe dans l’Irâc, d’où « on l’envoie à la Mecque tous les ans.
D’Asker à Aïdedj en suivant la direction de l’est, on
compte 4 journées.
« Aïdedj est une ville située dans le voisinage des montagnes « dont la chaîne se prolonge jusqu’à Ispahan. Le commerce des n articles importés du dehors s’y fait avec beaucoup d’activité. »
De Tuster à Djondi-Sabour — ?U, , on compte une
forte journée.
« Cette dernière ville est bâtie sur une éminence et forte par « sa position. Ses environs sont plantés en dattiers et en autres « arbres à fruits, bien arrosés et bien cultivés; ses marchés ofn frent en abondance divers articles de commerce. »
De Djondi-Sabour à Sous, 1 journée.
« Cette dernière ville, bien que peu considérable, est cepen- K dant assez peuplée. Elle est entourée de jardins, de plantations « de dattiers et de cannes à sucre. »
De Sous à Corcoub 1 journée.
C’est ici qu’on fabrique les étoffes peintes et rayées connues sous le nom de racm el-Corcoubi «ainsi que les
« riches brocards nommés kharad d’une beauté tellement
* Le ms. porte ici
’ L’espagnol et l’italien recamare semblent dériver de l’arabe
Feuillet 95 recto. « rare, qu’on en trouve peu de pareils dans tout l’univers. C’est '< à Corcoub, comme à Sous qu’on fabrique les diverses
« étoffes destinées à l’habillement des princes, et qui se vendent « à si haut prix.
A la distance d’une journée de Corcoub, vers le nord, est située la ville de Tib , petite, mais riche et belle. « On y
« fabrique des ceinturons ^ semblables à ceux qui se travaillent « en Arménie, lesquels sont supérieurs à tous ceux qu’on fait « dans les pays musulmans, et des manteaux noirs ^ dont le « prix est très-élevé. Il existe à Aïdedj diverses autres manu- « factures ; l’habileté et l’adresse des ouvriers de cette ville sont « au-dessus de tout éloge et de toute comparaison. »
De Tib à Wasit on compte 2 journées.
En se dirigeant vers l’est, non loin de Tib, on trouve Menout « ville située dans une plaine, offrant des ressources de
« toute espèce, et dont les environs sont très-pittoresques.
« De Menout à Sous on compte une journée vers l’occi-
« dent.
« En suivant la même direction et à peu de distance de Sous, « on trouve Berdoun ville petite, mais bien peuplée; plus
« loin, Bassinna ville distante d’une journée de Sous. La
« même distance sépare Sous de Berdoun.
« Bassinna i est peu considérable, mais populeuse. On y « travaille de riches étoffes ainsi que des voiles de femme, qui « sont connus partout; le nom de Bassinna est brodé en toutes « lettres sur les lisières de ces tissus. Il se fabrique à Berdoun, à
Kelwan et autres villes environnantes, des voiles sur les- « quels on a soin d’inscrire le même nom (de Bassinna). »
’ Le ms. B. porte ce qui est une faute.
^ ‘ La version latine porte partout Mattuth. Nos deux mss. donnent Menout.
* La version latine porte Basanna.
De Sous à Ahwaz jlyût , on compte 3 journées.
« Ahwaz et Asker-Mokarram sont dans la même direction.
« Ahwaz est au sud d’ Asker-Mokarram h Ram-Hormuz y^jjb plj « et les deux villes précédentes sont situées aux angles d’un « triangle dont les trois côtés sont égaux. »
D’ Asker-Mokarram on se rend en un jour à Souc el-Arba’a qu’on appelle aussi Souc el-Ahwaz (5^, «jolie
« ville avec marchés à jour fixe, et faisant un commerce d’expor- « tation et d’importation très-considérable. »
De Souc el-Ahwaz à Dorac on compte par eau, 48
milles, et par terre, 72.
On va de Souc el-Ahwaz au fort de Mehdi par la
mer du Fars.
« Cette dernière place est fortifiée et bien bâtie. C’est près de « là qu’est le confluent de toutes les eaux du pays que nous dé- « crivons (du Khouzistan) formant une nappe d’eau de 3 milles « de large. »
De Souc el-Ahwaz à Azam ville située sur les bords d’une rivière qui se jette dans le fleuve de Tuster, 1 journée.
« Azam est une ville populeuse et commerçante, et où se « rencontrent les marchands venant du Fars dans l’Irâc. En face « de cette ville, de l’autre côté de la rivière et sur le chemin « du Fars, est situé Achek liLil, village bien peuplé. »
D’ Ahwaz à Nahrotira 1 journée.
« Nahrotira est une ville de quelque importance, bien peu- « plée, et offrant dans ses nombreux marchés une grande abon- « dance d’articles de commerce. On y fabrique de belles étoffes. « Cette ville étant considérée comme une dépendance du Fars, « nous en reparlerons, s’il plaît à Dieu, dans la description de « cette province. »
Feuillet 9 5 recto.
Feuillet 9.Ï verso
' Le ms. A. dit à l’ouest.
Ftiiiliet 95 verso. De Nahrotira à Beïan y' — située sur la rive orientale du Dedjlé (du Tigre), 2 journées.
« Beïan est une ville petite, mais belle. C’est un lieu de pré- « dications dont les habitants se livrent à l’étude avec plus
« d’ardeur qu’on ne le fait dans les pays circonvoisins. Ahmed M ben-Ia’coub raconte, dans l’ouvrage intitulé el-Mesalik JJmt, « qu’il existe à Nahrotira deux maisons constamment désertes et « où l’on ne saurait passer une seule nuit. »
De Beïan à Obolla AjiJi , 1 journée.
De Beïan au fort de Mehdi, 1 journée.
Moghandj et ^ Madar B sont situées près d’Obolla
sur les bords du Tigre. « La ville de Moghandj est petite, mais « bien peuplée; et quoiqu’elle ne puisse être considérée comme « une capitale , cependant ses relations commerciales sont très- « étendues. Elle est entourée de champs cultivés, de jardins et « de lieux de récréation. «
De Moghandj à Madar, on compte une faible journée.
« Ces deux villes sont petites et se ressemblent beaucoup « entre elles, tant sous le rapport de l’étendue que sous celui M de la bâtisse et de l’importance des monuments. Madar possède « pour le moins autant de marchés et de fabriques que Mo- « gbandj. Les habitants des deux villes se jalousent entre eux. Ils « se font remarquer par leur intelligence et leur activité dans « les affaires, et passent pour être excessivement avares.
De Nachian à Djabaï 12 milles.
« Djabaï se compose d’une ville et d’un village dont les main sons sont entourées de palmiers, de cannes à sucre et d’arbres « fruitiers; ses habitants vivent dans l’aisance. C’est de cette ville « qu’est originaire Abou-Ali el-Djabaï, imam de la secte des
* Ou plutôt , d’après la remarque de M. de Sacy, une ville où l’on fait la khotha ou le prône du Vendredi.
’ La version latine porte Mabeg; nous suivons l’orthographe des deux mss.
« Motazelites et le plus fameux théologien scolastique de son « temps.
De Djabaï à Suleïmanan ybUyL*-, on compte i5 milles.
« Cette dernière ville est située sur les bords du Tigre, au « milieu d’un pays riant et couvert de cultures. Le poisson', la
• viande et les objets nécessaires à la vie y sont abondants. «
De cette ville, par le Tigre, à Beïan i8 milles b
Parmi les villes du Khouzistan les plus voisines du Fars, on remarque Lour^jJ, « ville petite, mais belle et située au milieu
• d’un pays très-fertile. Les montagnes de Lour sont en partie « désertes et en partie couvertes de villages et de champs culti- « vés dont les habitants vivent sous la dépendance des Kurdes. »
De Lour à Tuster, on compte 2 journées.
« Au nombre des villes qui semblent appartenir plutôt au « territoire du Fars qu’à celui du Khouzistan , on compte Sen- « bil Ju-vU,, ville bien peuplée et riche en troupeaux, Zat 1^1 et « Haberan villes bien peuplées, se ressemblant beaucoup
« entre elles et voisines de Serwan ville dépendante du
« Fars et de l’arrondissement d’Ispaban. La température de l’air « y est réputée froide, et en effet il y tombe de la neige en « hiver. On y trouve en abondance du laitage , du beurre et du « miel ; on y élève beaucoup d’abeilles.
« Achek lil w\ est un village considérable où cependant il
« n’existe aucune chaire pour les prédications musulmanes ^ Il y « a des jardins entourés de murs, des vergers de dattiers et des « champs cultivés. j>
D’Achek à Redjan ^ on compte 2 journées faibles.
Feuillet gS verso.
P’cuillet 96 rcclo.
' Le ms. A. ne compte que 12 milles. La version latine s’accorde sur ce point avec le ms. B. que nous suivons ici.
’ Voyez la note 1 p. 386.
* Ardjan ou Aradjan. Voyez, sur le premier de ces noms, VOriental geography, p. 90, 91, 95 et suiv.
Feuillet 96 recto. D’Acliek à Dorac ^ journées.
« On exporte d’Achek des joncs avec.lesquels, dans ITràc, on « fabrique des nattes. Ces joncs sont préférés à ceux de Redjan -( ainsi qu’à ceux de tous les autres pays. Achek fut le théâtre « d’un fait d’armes de la part des Azrékis dont il est fait
« mention dans divers ouvrages historiques. On rapporte que « quarante de ces hérétiques s’étant retranchés auprès d’Achek « furent attaqués par les troupes de Fardjel mais celles-ci fu- « rent, à deux reprises différentes, défaites si complètement, « que tout, jusqu’au dernier soldat, fut passé au fd de l’épée « par les Azrékis.
« Menadher el-kobra et Menadher el-soghra jiU.»
« sont deux villages considérables et bien peuplés, mais
« il n’y existe aucune chaire j. — Le territoire de ces vil- « lages est d’une certaine étendue et siifTisamment arrosé. Il y a « des jardins plantés de palmiers et des champs couverts de « cultures.
« Il nous reste à tracer les limites du Khouzistan; c’est ce « que nous ferons plus tard, s’il plaît à Dieu. Cette contrée, « comme nous l’avons déjà dit, est agréable, fertile, bien peu- « plée et bien cultivée. Les habitants parlent l’arabe, le persan « et un autre dialecte qui leur est propre et qui n’est ni arabe, « ni syriaque Leur costume est le même que celui des
« habitants de l’Irâc ; ils portent la tunique, le taïlesan ® et le tur- « ban. Les gens du peuple s’enveloppent d’une sorte de man- « teau qu’ils ferment au moyen d’une ceinture. Quant à leurs « qualités morales, ils sont méchants, envieux et jaloux les uns
' L'époque à laquelle vivait ce personnage et son nom même nous sont entièrement inconnus. Au sujet des Azrékis, voyez d’Herbelof , Bibl. orient, aux mots Azuracah et Aq/è
^ Voyez, ci-dessus, la note p. 386.
’ Sorte de manteau fait de poil de chèvre.
« des autres; leur teint est basané. Le pays produit en abon- « dance des fruits de toute espèce, excepté des noix. Les détails « dans lesquels nous venons d’entrer devant paraître suffisants, « nous allons donner les itinéraires.
« De Redjan ^ Achek vil-il , on compte 2 journées.
« D’ Achek à Dhira |^i>, village, 1 journée.
K De Dhira à Dorac 1 journée.
« De Dorac à une station connue sous le nom de Khan « { la distance manque ).
« De là à Nachian 1 journée.
« De Nachian au fort de Mehdi — g-o , où se trouve
'( une chaire j — et où l’on a coutume de s’embarquer pour « voyager commodément, 1 journée.
« Du fort de Mehdi à Beïan ylu, par terre, 1 journée.
« Beïan est situé sur les bords du Tigre. De là on peut aller « à Obolla soit par terre, soit par eau, pour passer en-
« suite dans l’Irâc.
« Voici une seconde route qui, passant par Wasit con- « duit à Bagdad.
« De Redjan à Souc-Senbil * journée.
« De là à Ram-Hormuz pjj, 2 journées.
« Puis à Asker-Mokarram , 2 journées.
« De là à Tuster i journée.
« A Djondi-Sabour ^ 1 journée.
« A Sous (j-j-w, 1 journée.
« A Corcoub 1 journée.
« A Tib t-vsL, 1 journée.
« De là à Wasit , 2 journées.
« Il y a, pour se rendre d’Asker-Mokarram à Wasit, une « route plus courte, mais elle est moins facile que celle que « nous venons d’indiquer.
Feuillet 9C recto.
Feuillet 9G \erso
Feuillet 96 verso.
ITINÉRAIRE d’aÏDEDJ A ISPAHAN. *
« D’Aïdedj à Khan-Adar jl.il yLi*., 12 milles.
« De là à Resma-Djerd ij-»- U-j \ 12 milles.
« A Selend village, 18 milles.
« A Bouber ►?>?, i5 milles. ^
« A Djewser village, 18 milles.
« A Robat Ujj, 18 milles.
« A Khan el-Abrar yU»., 1 1 milles.
« A Ispaban ^ 18 milles.
ITINÉRAIRE DE SOÜG EL-AHWAZ A CHIRAZ.
« De Souc el-Ahwaz jlyûi/l à Azam pjl, 18 milles.
« De là à Kbaddeïn , village, i5 milles.
« A Zat i^l, 18 milles.
« Au pont sur la rivière salée ^1 18 milles.
* A Redjan qui dépend du Fars, 18 milles.
« A Assfan yJUst, village, i5 milles.
« A Deidjourek ^ 1 8 milles.
« A la ville de Noubendedjan 2 4 milles.
« A Djerden i5 milles.
« D’ici à Chiraz , 1 5 milles, a
La distance qui sépare Mabrouïan lieu situé sur les
bords du golfe Persique et Hissn A’maret ïjiS et qui com-
prend en longueur tout le littoral du Fars, est de 4o milles.
‘ Le ms. A. porte Resma-Djenda IjOts»
’ Dans le ms. A. , ces trois dernières stations sont omises.
’ Nous donnons cette orthographe par conjecture , le mot étant dépourvu de points diacritiques dans les deux mss ‘ Ou Hissn ebn-A’marel.
SIXIÈME SECTION. 59i
De Hissn-A’maret à Siraf 2 journées.
De là à Nedjirem ■, 36 milles.
- La présente section du troisième climat comprend une grande partie du Fars, savoir : les pays ou villes de Chiniz , de
Djenabé de Nedjirem , de Siraf de Hissn
ebn-A’maret «jU de Djobrom de Djour^^, de
Fesa L*j, de Darabdjerd de Sabour , de Rendjan
de Barem p\> , de Roustac el-Roustac ^ijUAwyI , de Fesidjan \ de Houristan ^ de Kazeroun ,
de Kewan de Djermen , dTstakhar (Persépolis), de Robat el-Sarmacan LLj, d’Aclid , de Memid
♦>vajC®, de Babeïn de Kiab de Roudhan , de Sahek viljftL», de Yezd ^ de O’cda sjoLe, de Serwan de
Toudj de BeïdbaUüw, de Maneïn doHouran
et divers autres lieux fortifiés que nous nous proposons de décrire.
Le Fars est limité vers l’orient par une vaste plaine dont la partie supérieure touche au Sind «xâ-w , et l’inférieure au pays de Reï à l’occident par le golfe Persique , au midi
par le Mekran et au nord par le Khouzistan .
« Cette province se divise en cinq districts dont le moins consi- « dérable est celui de Redjan qui a pour capitale Sabour
« Ainsi que nous l’avons déjà dit, de ce district dépendent
« les villes de Mend jou, de Noubendedjan et de Kaze-
« roun Le district de Redjan porte aussi le nom de sa
« capitale, dont le fondateur fut Sabour (ou Sapor), et ou l’on
' La version latine porte Asigian.
’ La version latine porte Hunnan.
’ La version latine porte Mainaand.
* Le ms. B. porte Kabah, la version latine, Katha.
‘ Les deux mss. portent Berd.
‘ La version latine porte Taüag.
J'eiiilkl ç)G >«^51'.
Feuillet 97 recto « fabrique des étoffes connues sous le nom de Sabourié ,
« Les villes de Chiniz j..AJLjUî, dTldjan d’Almedjan yUi-! ,
« de Coul et de Bas (^«1? en dépendent. Un autre district est « celui de Darabdjerd qui ne le cède en importance
« qu’au précédent. On y remarque les villes ci-après, savoir : « Belseman (jUwL, Koudian Berid \ Fesidjan
« Amdjoud Aïdian , Hawim a- , Marewan
« Haswan Nouh Barem .
« Quant au district d’Istakhar, les villes qui en dépendent sont « Beïdha Bebwaré Toudj , Maïlin yvLU, Nedan-
« djan , Metadewan Kaskian Kerem ,
« Herazé Roudban Arkian et Ircouïéh
« Le district de Sabour comprend entre autres villes : Nou- « bendedjan , Sedouman Destbadin ,
« Hindidjan , Djidjan Tenfouk vdyiub , Dar Kba-
« wend Jsjt , Meltoun Derendjidjan
« Djoundan Mendareh Maman yUUI, Rasidjan
« Rinidjan , Chabidjan Chahbouran
« oUJ! , Mourjj-«, Kbanandjan la supérieure l^î yL:tf\jLâ. « et Kbanandjan l’inférieure .
« Du district d’Ardechir-Khouré dépendent Chiraz
« jty-S, Djour jyr , Babek yL, Memid A’ïkian Ber-
« djan (jLyjj , Kernidjan Khewan Sian yL*-*-,
« Kewan Siraf ô|y-w, Nedjirem , Chiniz Djeh
« xr», KirjyÇS^ Kebir Kouran Kiam-Firouz jj^yi
« et Rewidjan .
chiba/ « Chiraz est la capitale du Fars, la résidence du gouverneur
« et de l’intendant des finances, et le siège du divan. Cette ville,
‘ Le ms. B. porte sans points diacritiques.
' Le ms. A. porte (jtjjL Barewan.
* Le ms. A. porte s®ris points diacritiques.
‘ Le ms. A. porte Abercounèli Ajyyl ; L carte de M. Kinneir, Aberkouh.
« d’origine musulmane, fut bâtie par les ordres de Mohammed « ben-el-Casem, ben-Abi-O’keïl, neveu de Hedjadj. Le mot Chi- « raz signifie ventre de lion. Elle fut ainsi nommée parce que « c’était un lieu de consommation, mais non de production. '< Lorsque les Musulmans conquirent le Fars, leur armée dressa « ses tentes sur l’emplacement où est actuellement Chiraz, et y « séjourna jusqu’à l’époque de la prise d’Istakhar. Ce campe- « ment ayant été considéré comme d’un favorable augure, on y '< construisit (peu à peu) des édifices, et il devint une ville qui est « aujourd’hui très-considérable. Environnée d’un territoire fer- « tile , elle s’étend sur un espace d’environ 3 milles. Quoiqu’elle « ne soit point entourée de murs, on peut la comparer à Missr; « il y a plusieurs bazars. C’est un lieu de cantonnement pour « les troupes, et où résident les chefs civils et militaires du pays; « on y boit de l’eau de puits.
'< Istakhar est également une ville importante où l’on
« voit plusieurs bazars et où l’on trouve à acheter toute espèce « de marchandises. Les maisons y sont construites en pierre, en « terre et en plâtre ; cette ville est l’une des plus anciennes et « des plus célèbres du Fars; elle fut la capitale de la Perse jus- « qu’à l’époque où Ardecbir, ayant pris possession du pouvoir « suprême, établit sa résidence à Djour. On Ht dans de vieilles « chroniques que Suleïman, fds de David (Salomon), se rendait « en un jour de Tabarié à Istakhar. Il y existe une mosquée « connue sous le nom de Suleïmanié. La ville est bâtie sur les « bords du Merwab \ rivière que l’on traverse sur le
« pont dit de Khorasan, auprès duquel on voit des construc- « tions dont l’époque est postérieure à celle de l’islamisme. » D’Istakhar à Chiraz on compte 36 milles.
« Le climat d’Istakliar est malsain; dans la contrée on trouve
' La version latine, p. 124, porte Cqerûab.
Feuillet 97 recto.
ISTAKHAR
ou