‹ Géographie d'EdrisiChapitre 66 sur 72 · ITINÉRAIRE DU PAYS DE GHAUR A HÉRAT · texte numérisé non relu

ITINÉRAIRE DU PAYS DE GHAUR A HÉRAT

Après avoir franchi la frontière du Ghaur, on rencontre, à une faible journée, la ville de Housab

De là à Auca , jolie ville entourée de murs en terre, 2 journées.

Puis à Marabad « petite ville, comparable en grandeur

« à Malin (^U, environnée de quelques jardins et de cultures, » 1 journée.

De là à Astar Abad i)L»5 , « ville moins grande que Ala-

« lin, située au milieu des montagnes, avec beaucoup d’eaux H vives, quelques jardins, quantité de champs cultivés et de « vignes sur les coteaux; 1 faible journée.

De là à Badjitan (ou Nadjitan «ville à res-

« sources abondantes et d’une étendue considérable, » i journée.

De là à Nachan yLsb, «jolie petite ville possédant des bazars K et des fabriques, » 1 journée.

De là à Hérat 1 journée.

«Cette dernière ville est grande et florissante; elle est dé- « fendue à l’intérieur par une citadelle, et à l’extérieur en-

‘ V oici le texte arabe :

^ «Xjixj (J-* ^ 4XXJ d®

La même particularité se retrouve dans l'Oriental Geography, traduite du persan par M. W. Ouseley, p. 226.

« vironnée de faubourgs; il y a un grand nombre de portes Feuillet no verso « toutes en bois revêtu de fer, à l’exception de la porte dite « Bab Sari oL, qui est entièrement en fer. La grande mos- « quée qu’on remarque dans la ville est située au milieu des ba- « zars ; la prison est vis-à-vis ; cette mosquée est vaste et d’une cons- « truction élégante; elle est desservie par un grand nombre de « prêtres et de docteurs musulmans. Hérat est un point central « de communications, entre le Khorasan, le Sedjestan et

« le Fars. Il y a, à 6 milles de distance sur la route de cette « ville à Balkh une montagne entourée de déserts dans la « direction de Asfaran cette montagne n’olfre aucune

« ressource soit en bois, soit en pâturages, mais on en extrait « des pierres de moulin et des dalles pour le pavage des maisons.

« Les jardins qui embellissent les environs de Hérat s’étendent « à une journée de distance sur la route du Sedjestan, le long « de la rivière.

«Avant que Hérat devînt ce quelle est aujourd’hui, on s’ar- « rêtait de préTérence dans un lieu nommé Kharachan Abad « il»! , situé à environ 9 milles de cette ville sur la route

« de Bousih à l’occident de Hérat. Ce lieu contenait des Feuillet m recto

« maisons construites en terre, un château -fort, une grande « mosquée, et les habitations s’étendaient sur un espace d’un « mille et demi dans tous les sens.

« La rivière de Hérat prend sa source dans les montagnes du « Ghaur, auprès d’un village fortifié qu’on nomme Bobat Tarwan « LIjj. a peine sortie de ces montagnes, la rivière se di-

« vise en diverses branches ou canaux qui servent à l’arrosage « des champs. En voici la nomenclature^ :

* Ou plutôt Bouchindj

’ Pour éviter les répétitions, nous avons cru devoir réduire en tableau la nomenclature de ces noms. Nous avons suivi les leçons données par le ms. B.

Feuiili’t 1 1

1 recto.

Noms des diverses branches de la rivière de Hérat.

Noms des lieu.t qu’elles arrosent.

« La rivière de Wahri • • • Sendasné

« Id. de Arast I * **••*••* Sousan «Id. de Chakoukan • • Chalé *kxw.

« Id. de Kera’ ^\j5 Kourkian

« Id. de Ghousidjan . . Kouk

'■ Id. de Kenk viUS" Gliaznan et Kerenkerd

« Id. de Chighi'jji^ Sarakhs jusqu’à Bousili

ou plutôt Bouchindj.

« Id. de Djir La ville de Hérat kÂjtS^.

« A 3 journées de distance de cette ville, on remarque Ka- « roudj ville entourée de forts retranchements, bâtie en

K terre et située dans une gorge de montagnes; elle est envi- « ronnée de jardins plantés de quantité d’arbres fruitiers et de 0 vignes produisant le kichmich c’est-à-dire le raisin sec,

« qu’on exporte au loin et qui est si renommé pour la bonté de « son goût et si estimé dans l’Irâc et ailleurs. On en fait venir « aussi de Malin Hérat sljJi (jjlU, ville située à une journée de « distance de Hérat, entourée de jardins où l’on cultive une in- « nombrable quantité de vignes.

« Nachan yUîb (ou Cachan yUilï) est une ville considérable !t ( moins cependant que Malin), commerçante et manufacturière, « et dont les habitants, qui sont fort riches, s’habillent avec « beaucoup de recherche et de soin; ils sont orthodoxes k H y a « peu d’arbres et peu de fruits; on compte une journée de dis- « tance de là à LIérat.

« Il faut ranger au nombre des dépendances de cette dernière « ville Auca centre d’un commerce considérable et ville

■ Le ms. A. porte

« entourée de vignobles et de vergers, distante de 3 journées Feuillet m recto. « de Nadjitan U

Non loin de Hérat et sur le chemin qui conduit au Sedjestaii sont quatre villes comprises sous la dénomination d’Asfaran savoir :

1° Kerasan c’est la plus considérable de toutes, « bien

« qu’elle le soit moins que Karoudj elle est entourée de

« nombreux jardins. »

2° Kouaran “ petite ville commerçante et manufactu-

« ri ère. »

3" Kouched «jolie ville comparable à la précédente

" sous le rapport de l’étendue et des constructions. »>

4“ Adrachken « petite ville avec cultures, jardins et

« beaucoup d’eau douce. »

Tous ces lieux sont florissants, d’une importance à peu près égale, et éloignés de moins d’une journée de chemin les uns des autres. De Asfaran à Hérat, on compte 3 journées. »

« De Hérat à Caneïn du Couliestan 8 journées.

« De Hérat à Merw el-Roud 6 journées.

K De Hérat à Sarakbs 5 journées.

K Bousih (ou Bouchindj gLwjo), l’une des dépendances bovsih « de Hérat, égale en étendue la moitié de cette dernière ville;

, ° , . , , liOCCniNDJ.

« l’une et l’autre sont bâties sur un terrain plat. Bousih est si- « tuée à 6 milles de distance de la montagne; elle est entourée « d’un mur et d’un fossé et elle a trois portes; les maisons y « sont construites en briques et en plâtre avec beaucoup de « soin; les habitants se livrent au négoce, sont riches et pos- « sèdent beaucoup d’eau, beaucoup de jardins; ils tirent de la « montagne quantité de a’ra’r jsijs. , sorte de bois de qualité supé-

' La version latine porte (p. i36) Bagltan.

’ La version latine porte Esferan; le ms. A. Aslewan y tj x ...t -

Feuillet 1 1 1 recto. « rieure à toute autre ^ et qu’on transporte au loin; ils boivent de « l’eau d’une rivière qui passe à Sarakhs ville au milieu

« de laquelle on a jeté sur cette rivière divers ponts.

« A l’occident de Bousih (ou Bouchindj ■^y.) sont Khar- « kerdé et Djerkeré on compte 2 journées de

« Bousih à cette dernière vilte, qui est bien peuplée, plus petite Feuillet 1 1 1 verso. « que Kouseri mais où il y a beaucoup d’eau et beau-

« coup de cultures. De Djerkeré à Kbarkerdé, on compte 2 jour- « nées.

« De Kbarkerdé à Roudhan (ou Zouzan * journée.

« Kbarkerdé est une ville de peu d’étendue, mais ex-

« trêmement peuplée; il y a des bazars, divers édifices et de « l’eau courante en petite quantité; ses habitants possèdent des « troupeaux.

« En partant de Bousih pour vous rendre à Djerkeré ,

«vous rencontrez, à 12 milles de distance sur la gauche du « voyageur qui se rend à Nisabour, Kouré ville où l’on trouve « en abondance de l’eau, des habitations, des vergers et des « jardins. Kouré est à 3 milles environ de la grande route

« La ville la plus considérable (de cette contrée), après Bou- « sih, est Kouseri place très-forte dont l’étendue est égale

« à peu près au tiers de celle de Bousih. Il y a de l’eau courante « et des jardins. A l’ouest de Bousih sont Badghich et

« ses dépendances, la montagne d’argent iwàjdl Jww?-, Koua »j>5", « Koughanabad iLUpjST, Bost Djadhwa ijiU- , Kanowour

Kalowoun et Dahestan

« Cette dernière ville est considérable ; elle s’étend en lon-

‘ D’après le Burhan i Cuti’, cité par M. W. Ouseley [Oriental yeography , p. 219), le jS-jA est une sorte d’arbre résineux qui se nomme en persan , cyprès

des montagnes.

■ Ou Badgbis. Voyez ci-dessus, page 467, note 2.

« gueur sur un espace d’un mille et demi ; construite en briques « et en terre sur le haut d’une montagne, elle ne possède ni '< vignobles ni jardins, mais on y trouve du plomb et un

« peu d’eau courante qui surgit du pied de la montagne.

« La montagne d’argent est située sur la route de Hérat à « Sarakbs, non loin des lieux nommés Kau ^ et Kawaklr « elle porte ce nom parce qu’d existe sur son sommet une mine « d’argent très-riche, très-productive, mais qu’on a cessé d’ex- « plolter à cause de la profondeur de la mine et du manque du « bols nécessaire pour la fusion du métal.

« Kau P est un bourg qui s’élève dans la plaine et où l’on « trouve un bazar et des habitations. Il en est de meme de « Kougbanabad de Bost et de Djadwa

« bourgs dont l’étendue, la population, le commerce, les cons- « tructlons sont de même nature et d’importance égale; il y a « de l’eau et des jardins, mais la plupart des champs sont arrosés « par les eaux de pluie. • «

« Kanowour et Kalowoun sont des lieux situés à

« 3 milles de distance* l’un de l’autre; il n’y a dans l’intervalle « ni eau courante ni jardins; on y boit de l’eau de puits et de « pluie; les habitants de ces lieux possèdent des champs culti- « vés, des moutons et des bœufs en quantité. »

En se dirigeant vers l’orient, du côté de Balkh ou

trouve le district de Keneh comprenant trois villes, qui sont : Tir jjo, Kenef et Laesebour b «C’est dans la « première que réside le prince de la contrée yUab»*.. Plus

« considérable que Bousih, Tir est une ville riche, commer- « çante et bien peuplée; il y a de l’eau et des jardins; les mai- « sons y sont construites en briques cuites au soleil et en argile. « Kenel est une ville agréable, fréquentée parles étrangers,

‘ La version latine (p. i36) porte Laesur.

Feuillet i 1 1 verso.

Fciiiiiet 111 verso. ,, el doiit les habitants jouissent d’un bien-être et d’une aisance « qu’ils doivent à leurs divers genres de commerce. Les maisons « y sont en argile; il y a beaucoup d’eau courante, des jardins, « des vignobles, des champs cultives. Enfin Lacschour jyîJiJ est « une ville dont la grandeur est à peu près égale à celle de « Bousih et de Renef; on y remarque des jardins, des vergers, « des lieux de délassement ses habitants sont riches et

« le commerce y est dans un état prospère, le territoire fertile, « ie climat tempéré; la plupart des champs sont arrosés par les « eaux pluviales; on y boit de l’eau de puits. »

De Hérat à Tir, i journée.

De Tir à Kenef, i journée.

De Kenef à Lacschour, i journée.

Cette contrée est bornée à l’occident par le Merw el-Roud sjyJi province très-florissante et bien peuplée dont la capi- MEr.w ii.-uoii). fale est Merw' el-Roud «ville ancienne, plus considé-

« l'able que Rousih et située dans une plaine, à une (grande ) « distance des montagnes; le territoire en est fertile mais sa- « blonneux; les maisons y sont construites en terre et à la dis- « tance d’un jet de flèche du fleuve; on y remarque trois grandes « mosquées et un château bâti sur une éminencu; l’eau est ame- « née par un grand nombre de canaux à la ville, qui compte « quatre portes.

« Le fleuve qui baigne les murs de Merw est considérable « et il en dérive divers cours d’eau qui servent à farrosage des « terre. Ce fleuve, dont le nom est Mourghab prend sa

« source au nord dans les montagnes de Namian puis il

« coule vers Merwji^. On voit sur ses bords divers villages dont « la construction est aussi solide qu’élégante, un grand nombre « d’babitations agréables et de châteaux-forts. Le climat de Merw K est sain et tempéré. Ebn-Haukal rapporte qu’on y fait sécher

' Probablement Bamian.

« des tranches de melon pour les transporter au loin h On tire teuiUei dx recto. « de ce pays quantité de soie et de bourre de soie, ainsi que du « coton de qualité supérieure, connu sous le nom de coton de « Merw et extrêmement moelleux; c’est avec ce coton qu’on fa- « brique diverses étoffes destinées pour l’exportation.

« De cette ville dépendent divers lieux circonvoisins où l’on « fait la khoiha, tels sont : i° Kecbmehïn lieu situé à

« une journée (de Merw), sur les bords du fleuve, avec des jar- « dins, des vergers, des bazars, des caravansérails et des bains.

« 2° Hormuz Cawah sÿ>ytj£>, à une parasange vers la gauche de « Kechmebïn, à travers les déserts de Senca üu.**. sur la

K route qui conduit au Kbowarezm c’est une ville de

« moyenne grandeur qui possède divers édifices et des marchés « fréquentés par les voyageurs. 3° Mesiha ville comparable « à la précédente, située à une journée à l’ouest de Merw et « entourée de cultures et de jardins. 4° Djirenab petite

« ville très-commerçante à 9 milles de Merw et à 3 milles de « Dorac Heu situé sur les bords du fleuve. 5° Dendalcaii « jolie ville à 2 journées de Merw, sur le chemin de

<i Sarakhs; c’est une place forte entourée de murs, où l’on « trouve des bazars, des caravansérails, des bains, et où l’on re- « marque une grande mosquée. 6° Ghaznein ville (éga-

« lement) forte, abondante en ressources, possédant un bazar,

« une grande mosquée, de l’eau courante et des jardins. De là « à Merw, on compte 4 journées. 7° Nachan yU;b, jolie ville « dont les bazars sont solidement bâtis, possédant une grande « mosquée, des caravansérails et des bains, et située à 3 milles « de Hormuz Cawah o^sytyn. 8° Sarmacan ville consi-

’ Ou de Secaia , d’après le ms. B.

® Le ms. A. porte Deloiila’n

* Ou peut-être Sarescan «

Feuillet 112 recto. « dérable , florissante et riche, et dont le territoire est arrosé par « des eaux courantes; située à gauche de Dorac , elle est plus « éloignée (de Merw) de 3 milles, Dorac étant située sur les « hords du fleuve, à 12 milles de Merw, dans la direction de « Sarakhs et d’Ahiwerd » 9“ Cassr Akhif j.— «î ï

oixi-î , petite ville située à une journée ou à 1 5 milles de distance sur la route de Merw à Balkh ^ ; « elle est entourée « de murs en terre et de jardins hien arrosés qui produisent « heaucoup de fruits.» 1 0° Derah \ petite ville située à 12 milles de la précédente; «dont le territoire produit des fruits « et (surtout) du raisin. Le fleuve de Merw la divise en deux « parties qui communiquent entre elles au moyen d’un pont. » TAi.ECAN. Talecan yUdlL est une ville dont l’importance égale à peu près

celle de Merw el-Roud « il y a de l’eau courante, des

« édifices contigus et quelques jardins; les maisons y sont cons- « truites en terre et l’air y est plus pur et plus salubre que ne l’est « celui de Merw ei-Roud, dont elle est 4^2 milles de distance. » Talecan est bâtie au pied d’une montagne qui fait partie de la chaîne de Djourcan « et où ses habitants possèdent

K diverses métairies; on y fabrique des feutres de laine partout « renommés; il n’en est point d’aussi solides ni d’aussi compacts « que ceux-ci. Talecan est située sur la route pavée qui conduit « de Merw à Balkh®, » à 60 milles de Carbat

Cette dernière ville (Carbat dépendante du Djouz-

djan y « est moins considérable en étendue , mais plus

« florissante et plus peuplée que Talecan; il y, a de l’eau cou-

* La version latine (p. i36) porte Dorra.

" Ou Horcan, d’après la même version.

* C’est ainsi du moins que j’entends ces mots : ^ yÜdlkJlj

ij-*-

* La version latine porte Fariab.

* Le ms. A. porte Le ms. B. porte Kliouzdjan

« ranle et douce, des jardins, diverses fabriques, et il s’y fait Feuillet 1 1 2 lecto. « beaucoup de commerce; les maisons y sont construites en « terre; on y remarque une grande mosquée sans minarets. «

De là à Talecan yUüUs, on compte 2 fortes journées, et à Aspourcan \ dépendance du Djouzdjan, 54 milles, en se

dirigeant vers l’orient. Djouzdjan est le nom d’une

contrée et non d’une ville.

« Aspourcan est une ville dont le territoire est arrosé

« par un cours d’eau de peu d’importance; il y a peu de popu- « latlon, peu de jardins et peu de fruits; on y apporte l’eau du « pays environnant. » De là à Balkh on compte 54 milles.

Au nombre des villes comprises dans le Djouzdjan est Anbar jLs>! , située à une journée au sud-ouest d’ Aspourcan. « Cette « ville est grande et plus considérable en étendue que Mervv el- « Roud; son territoire, parfaitement arrosé et fertile, se com- « pose de vignobles et de jardins; il y a divers édifices et des « ateliers où l’on fabrique des étoffes destinées à l’exportation ;

« les maisons sont bâties en terre, mais la ville est jolie et c’est « là que réside, en hiver comme en été, le prince de la contrée rt ylkUw. » D’ Aspourcan à lehoudia on compte un

peu plus de 2 journées, et de Carbat à lehoudia, «ville en- « tourée de murs, commerçante, industrieuse et possédant une « grande mosquée à deux minarets, » 1 journée.

De lehoudia à CbarjLw, «petite ville entourée de jardins et « située dans la montagne, » 1 journée.

Kaïderm est également une ville agréable et bien peu-

plée « dont le territoire produit du raisin et des fruits de toute « espèce. Cette ville offre beaucoup de ressources et est bâtie

* Les deux manuscrits portent Astourcan; M. Quatremère pense qu’il faut lire Aspourcan, et nous adoptons d’autant plus volontiers cette orthographe, que nous trouvons sur les cartes de MM. Kinneir, Fraser et Burnes une ville dont le nom ( Shibbergan ) et la situation se rapportent à celle-ci.

Feuillet 112 verso. „ Jans la montagne, » à 4 journées d’Aspourcan et à une journée de Char, dans la direction du sud-est. Marcan est une ville populeuse située entre lehoudia et Carbat.

« Djourcan est une ville construite entre deux mon-

« tagnes, à peu près comme la Meccpie; il y a peu de champs « cultivés, peu de jardins, de l’eau courante et quelques sources. « De là à Aspourcan, on compte 3 faibles journées, et d’As- « pourcan à Zakhar , au sud-est, 2 journées. On tire de « Djourcan quantité de cuirs destinés pour le Khorasan. Le pays K est fertile, paisible, abondant en fruits et commerçant; on y « trouve facilement des compagnons de voyage, des marchands « forains et toute sorte d’articles de négoce. »

Sur les limites occidentales du Merw on trouve le A’rb , ou plutôt deux villes, dont l’une s’appelle Bachïn et l’autre Cbourmïn l’une et l’autre de grandeur à peu près égale.

« Le chef de la contrée n’y réside pas, mais il habite la mon- « tagne de Lokman \ où l’on trouve des eaux courantes

« et de vastes cultures; Bachïn produit beaucoup de riz d’ex- « cellente qualité qu’on transporte à Balkh et ailleurs. On tire « de Chourmïn du raisin sec très-doux, presque sans pépins et « dont on exporte au loin des quantités considérables. »

De Bachïn , ville située à une portée de flèche ^ sur la rive orientale du fleuve, à Dorac et à Merw el-Roud, on compte une journée de marche. Dorac est également dans le voisinage du fleuve.

De Bachïn à Chourmïn en se dirigeant vers le sud,

une journée. Chourmïn est dans la montagne de Lokman.

De Merw el-Roud à Anbourdijyû! (ou Abiwerd:>j^i), ôjournées.

‘ Il existe au sud de l’Hindo-Kouch, sous le 35® parallèle, des montagnes désignées dans les cartes sous le nom de montagnes de Lughman.

^ D’après la version latine, Bachïn serait située à une lieue du fleuve. Nos deux manuscrits portent

HMTIÈME SECTION.

De la même ville à Merw el-Chaliidjan 6 jour- Feuillet 1 1 2 verso,

nées.

En sorte que de Merw el-Chahidjan à Hérat on compte 1 2 journées.

De Merw el-Roud à Hérat, 6 journées. Feuillet ii3 recto.

De Merw el-Roud à Balkh, 6 journées.

De Merw el-Roud à Sarakhs, 5 journées.

De Merw el-Roud à Amol ville située à peu de distance (lu Djihoun (de l’Oxus), 6 journées faibles ou 124 milles.

Amol est une ville de grandeur moyenne, bâtie à 3 milles des rives du Djihoun; « il y a des jardins, des édifices, une po- « pulation nombreuse, beaucoup de commerce, des ressources « et des revenus publics^; elle est sur la lisière du disert. » De là à Khowarezm qu’on nomme aussi Djordjanié

1 2 journées.

De Djordjanié au lac qui porte son nom (le lac d’Aral),

D’Amol J — «I à Zem ^j, en remontant le cours du fleuve,

4 journées.

De Zem à Termed par le fleuve, 5 journées.

De Termed à Badakhclian par la même voie,

1 3 journées.

Ce qui forme, pour la longueur totale des parties du Khowarezm et du Kliorasan qui longent les bords du fleuve, un intervalle de 4o journées.

« Zem pj est une ville comparable à Amol sous le rapport « de l’étendue; il y a de l’eau courante, des jardins, des cul- •< tures, du commerce et de l’industrie proportionnellement aux « besoins locaux. » C’est là que se rassemblent les voyageurs qui se rendent au Khorasan; car Amol est le lieu de passage le

Feuillet 1 1 3 recto plus fréquenté (lu Mawar’el-Naharj-^t IjjU, pays entouré de déserts, en grande partie sablonneux, qui s’étendent depuis Balkh juscju’au lac de Khowarezm. Zem est située à 4 journées, par eau, do Termed ville bâtie sur la rive orientale du

fleuve.

Li: DJiHoüN Le Djihoun (l’Oxus) prend sa source dans le pays de

Oudian sur les frontières du Badakhchan et là

Loxrs. ,

il porte le nom de Kharïab il reçoit cinq affluents consi-

dérables qui proviennent des pays de Djil et de Wakbcb alors il devient un fleuve supérieur à tous les fleuves du monde , tant sous le rapport du volume et de la profondeur des eaux que sous celui de la largeur du lit.

Le Kharïab reçoit les eaux d’une rivière qu’on appelle l’Akbsoua ou le Menk j celles de Tban ou Be-

lian yUL, de Farghan de Andjara’a de Wakbchab

un grand nombre d’aflluents provenant des montagnes de Botm et d’autres rivières, telles que celles du Sagbanian et du Cawadian qui se réunissent toutes

dans cette dernière province et se déchargent- dans le Djihoun.

Le Wakbchab prend sa source dans le pays des Turks;

parvenu dans le pays de Wakbcb il se perd sous une

haute montagne où l’on peut le passer comme sur un pont; on ignore quelle est l’étendue de son cours souterrain; il sort ensuite de la montagne, longe les frontières du pays de Balkh, puis atteint Termed. Le pont (ou plutôt le lieu de la perte du fleuve) dont nous venons de parler sert de limite entre le Djil Aas- et Wasdjerd

Ce fleuve (le Djihoun) passe à Termed à Kilif à

‘ Nous croyons devoir suivre ici, de préférence à toute autre, les leçons qui nous sont donne es par le ms. B.

■ Probablement pour Akson ^ , mot qui signifie, en turk, eau ou rivière

blanche.

Zem pj, à Amol , et finit par décharger ses eaux dans le lac Feuillet 1 13 recto, de Khowarezm «il n’est d’aucune utilité pour

« l’agriculture depuis sa source jusqu’à Zem et à Amol ,

« où l’on tire peu de parti de ses eaux. Ce n’est que lorsqu’il a * « atteint le pays des Ghoz qu’on s’en sert pour l’arrosage

« des terres et pour d’autres travaux utiles. »

Termed est une ville située sur les bords du Djihoun tkrmei).

(les eaux de ce fleuve baignent ses murs), et sur la route qui conduit au Saghanian yUjljU». « Un vaste faubourg ceint de mu- « railles l’environne de toutes parts; l’on y remarque un château « destiné à la résidence du chef du gouvernement, divers édi- « lices et des bazars. Cette ville est agréable, florissante et peu- « plée; ses places publiques et ses rues sont pavées en briques C « c’est le grand marché de cette partie des rives du Djihoun;

« on y boit les eaux de ce fleuve ainsi que celles du Kera « rivière qui vient du Saghanian et qui se jette dans le Djihoun « auprès de Termed. Mendji et Hachcm-Djend « sont au nombre des dépendances de cette ville. De là à Balkb ,

« on compte 2 fortes journées.

« Balkb située dans une plaine à 1 2 milles des montagnes,

« est la capitale du pays des Turks^; c’est le quartier général de Feuillci nS verso. « leurs armées et le lieu de résidence des princes, des juges,

« des Intendants de l’administration; il y a de beaux bazars où « il se fait beaucoup de commerce et où l’on trouve toute sorte « de marchandises et de richesses; la ville est construite en terre « et en briques cuites au soleil; elle a sept portes; les murs qui '< l’entourent sont en terre; ses faubourgs florissants, peuplés,

« industrieux et commerçants. La grande mosquée bâtie au « centre de la ville est environnée de bazars. Balkb est située

Feuillet 1 13 verso. « sur les bords d’une petite rivière dont les eaux font tourner « une dizaine de moulins; cette rivière coule auprès de la porte « dite New-Behar ÿ et elle arrose les environs de la ville, « où l’on voit de toutes parts des vignobles, des vergers, des «jardins et des maisons de plaisance. On remarque à Balkh des « collèges où l’on enseigne les sciences, des fondations (ou bourses) « pour les étudiants et tous les moyens d’instruction qu’il est « possible de désirer^; il y a dans cette ville beaucoup de ri- « chesses, des personnes d’un rang élevé, des négociants opulents « et en général beaucoup d’aisance et de prospérité. » Le pays de Balkh est borné au midi par le Tokharestan ybcwjlile, le Bakbestan et le Namian et au nord, en tirant vers

l’ouest, par le Mervv et par le Djouzdjan Cette ville

est un centre de communications pour tous les pays environnants et un lieu de passage pour les personnes qui se rendent au Tokharestan et au Badakbcban.

On compte au nombre des dépendances de cette dernière province (le Badakbcban les villes de Houlm de

Semendjan de Tba’lan de Sekelkend «xâJQJIw, de

Warawalin Ü A de Ezberouzewan de Talecan

de Sekimest , de Warwaser de Houseb

de Anderab et de Madrouka

De Balkh à Warwalin, «ville agréable et commerçante, dont « dépendent divers villages, » 2 journées.

’ Voici le texle ;

^ Je suis toujours porté à croire qu’il s'agit ici de Bamian; cette leçon est conforme à ce qu’on lit dans l’OrientaZ Geography, pages 2i3, 226 et suivantes; mais tous les manuscrits portent Namian.

* Les mss. portent

“ La carte de M. Burnes porte Houlloum.

^ Ou Talighan, d’après la même carte.

De Warwalin à Talecan 2 journées. Feuillet 1 13 verso.

« Talecan ^ est une ville dont la grandeur est égale au quart « de Balkh. Ses murailles sont construites en terre et ses maift sons en terre et en chaux vive; elle est située sur les bords « d’une grande rivière et dans une plaine où sont des vignobles « et des habitations; il y a dans la ville des bazars où il se fait « un bon commerce, et où l’on volt beaucoup d’artisans. »

De Balkh à Houlm ville située à 2 journées à l’ouest de Warwalin, on a 2 journées de chemin à faire. «Houlm est un « lieu très-agréable, dont les productions et les ressources sont « très-abondantes; il y a de l’eau courante, des champs cultivés « et toute sorte de biens de la terre. » De là à Semendjan «jolie ville en tout comparable à la précédente, commerçante,

« peuplée et ceinte de murs en terre, » 2 journées.

De Semendjan à Talecan, 2 journées.

De Semendjan à Anderab cjIjOoî 5 journées.

Cette dernière ville est bâtie au pied d’une montagne. « C’est « là qu’on emmagasine l’argent provenant de Hariana iüLjU- et « de Bendjehir » Située au conlluent de deux rivières

dont l’une s’appelle Anderab et l’autre Kiasan « elie

« est entourée de jardins, de vergers et d’enclos plantés en « vignes et en arbres fruitiers. »

De Talecan à la ville de Badakhchan 7 journées.

De Anderab à la même ville, en se dirigeant vers l’orient,

4 journées.

De Anderab à Hariana en se dirigeant vers le midi,

3 journées.

‘ Notre auteur a déjà décrit la ville de Talecan (voyez ci-dessus , page 468). Ceci semble donc faire double emploi.

* Les manuscrits portent tantôt Anderab et tantôt Anderabé iôIjOvil :

le premier de ces noms semble êti’e plus souvent donné à la rivière et le second à la ville. La carte dressée pour le voyage de M. Burnes porte Inderab.

Feuillet i

Feuillet 1 1

476 TROISIÈME CLIINIAT.

i3 verso. « Hariana est une petite ville bâtie au pied d’une montagne « et sur les bords d’une rivière qui, prenant sa source auprès « de Bendjebirj.x.^,^ , traverse cette ville sans être employée (à « l’arrosage des champs ) jusqu’au moment où, parvenue à Gar- « wan elle entre dans les terres de l’Inde et verse ses

« eaux dans le Nahrwara

« Les habitants de Hariana ne possèdent ni arbres ni jar-

« dms fruitiers; ils ne cultivent que quelques légumes; mais ils « se livrent à l’exploitation des mines. Il est impossible en effet « de voir rien de plus parfait que le métal qu’on en extrait et « que celui qu’on tire des mines de Bendjehir b petite « ville située sur une éminence à une journée de distance de la « précédente et dont les habitants se font remarquer par la vio- « lence et la méchanceté de leur caractère. La rivière qui sort « des montagnes de Bendjehir coule vers Hariana, ainsi que « nous venons de le dire.

4 recto, « Les Ouvriers qui travaillent à l’une et à l’autre de ces mines « s’occupent avec beaucoup de persévérance, d’industrie et d’ha- <1 bileté de cette exploitation, de la fonte, de l’extraction du «métal des scories, et en général de ce qui concerne leur « art. » De là à Carwan dirigeant vers le midi,

« La ville de Carwan est peu considérable, mais jolie;

« ses environs sont agréables, ses bazars fréquentés, ses habitants « riches; les maisons y sont construites en argile et en briques. « Située sur les bords de la rivière qui vient de Bendjehir « » cette ville est l’un des principaux marchés de l’Inde.

De Anderab, dont il vient d’être fait mention, à Tha’lan 2 journées.

* Il est souvent question de Bendjehir ou de Pendjehir dans les Mémoires de Baber.

De Tha’lan à Semendjan 2 journées.

De Tlia’lan à Balkh 6 journées.

Tha’lan est une ville florissante et bien peuplée, dont le territoire, arrosé par divers cours d’eau, est planté d’arbres et couvert de villages et d’habitations; « on y fait beaucoup de « commerce et l’on y trouve de tout en abondance. » De là à Namlan, en se dirigeant vers l’occident, on compte 3 journées.

« Namlan (ou plutôt Bamian) est une ville dont l’éten-

« due est égale à peu près au tiers de Balkh elle est bâtie sur « le sommet de la montagne de Namian^, et il n’y a pas dans « la contrée d’autre ville qui soit située à une telle élévation. « De cette montagne découlent diverses rivières et divers cours « d’eau qui se jettent dans l’Anderab Cette ville est

« ceinte de murs et possède un château, une grande mosquée et « un vaste faubourg. De Namian dépendent Sigbourcand « Sekawend Kaboul Joli', Bohra 1^, Carwan et

« Gharia Les deux premières de ces villes (Sigbourcand

« et Sekawend) sont à peu près d’égale importance; elles sont « l’une et l’autre populeuses et commerçantes. Quant à Kaboul, « à Carwan et à Gliaria (ou Gbazna), nous en avons donné ailleurs « la description. »

L’itinéraire de Balkh à Namian est comme il suit :

De Balkh à Meder petite ville bâtie dans une plaine à peu de distance de la montagne, 3 journées.

De Meder à Kah *5^, bourg bien peuplé, avec bazar et mosquée où l’on fait la khoiha, 1 journée.

De Kah à Namian, 5 journées.

Feuillet i i /i recto.

NAMIAN

ou

r.AMIAN.

* Le ms. A. contient ici une leçon que nous croyons devoir signaler à nos lecteurs; au lieu de «iJlj , ce manuscrit porte

ce qui signifie environ un tiers de parasange.

* «The name of Bamean is said to bederived from ils élévation. » Burnes, Travels into Bokhara, volume I, page i84.

BADAK

iiirectn, j)e Balkh à Badakhchan, on compte i3 journées, savoir:

De Balkh à Talecan , 4 journées

Et de Talecan à Badakhchan, y journées,

«Ehn-Haukal, dans son ouvrage (géographique), compte de « Balkh à Aspourkhan^ 3 journées.

« D’Aspourkhan à Garban (ou Carwan ^ journées.

«Et de Talecan à Merw el-Roud ij^Jl 3 journées. Mais « ce sont de faibles journées : nous les avons indiquées précé- « demment, La distance en milles qui sépare Merw de Balkh « est de 348 milles. Revenons à la description de Badakhchan

iicHAN. « Cette ville est peu considérable, mais elle possède beau-

« coup de dépendances et son territoire est fertile; la vigne et « divers autres arbres y croissent abondamment, et le pays est « arrosé par des eaux courantes; la ville est défendue par de « fortes murailles en terre; il y a des marchés, des caravansé- « rails, des bains; il s’y fait beaucoup de commerce. Elle est « bâtie sur la rive occidentale du Kharïah oL jâ. , la plus consi- « dérable d’entre les rivières qui se jettent dans le Djihoun. « Dans les montagnes environnantes, on élève beaucoup de bes- « tiaux; il en provient quantité de chevaux de prix, de juments « de trait et de mulets; on tire également de ces montagnes, des « pierres de couleur très-précieuses, telles que le rubis d’un « rouge vif, le rubis couleur de grains de grenade ^ et autres, « ainsi que beaucoup de lapis lazuli. Ces pierres sont transpor-

‘ L’addition ne donne que onze journées; mais Aoici comment s’exprime la version latine : « A Balcli ad Talecan sex censentur staliones et à Talecan ad Badhach- <1 scian septem stationes. » D’après la carte de M. Burnes, il faudrait au contraire réduire à quatre journées la distance de Talecan à Badakhchan.

^ Les manuscrits portent toujours Astourcan. Voyez la note p. 46g ci-dessus.

’ Rubinus halassius ou le rubis balais, désignation qui, comme on le sait, dérive du nom de la province de Badakhchan.

« tées dans tous les pays du monde, et il est impossible d’en t'euiiiet i « voir de plus belles. On apporte à Badakhcban le musc des envi- « rons de Wakban dans le Tibet. » Badakhcban confine avec le Canoudj dépendance de l’Inde. Les deux provinces

qu’on trouve d’abord au delà du Djihoun sont le Djil et

le Wakbch bien que distinctes et séparées, elles sont sou-

mises à un seul et même gouvernement. « Elles sont situées entre « le Kharïab Wakhcbab rivières dont la pre-

« mière baigne la partie orientale du Djil et l’autre le pays « de Wakbch , dont il vient d’être fait mention. « Du Wakhcli dépendent Helawerd Lakend et Hanik .

Karbek Nelieltan Sekendré f Menk

Andidjaraa’ Tafgbizj^b et Roustac-Bek font

Page 1