‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 102 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE. 21 i · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE. 21 i

Hérodote désigne des peuples non civilisés , grossièrement et malproprement vêtus, qui, tels que les Calmouks, se nourrissoient souvent de viandes putréfiées.

Strabon , en nommant des peuples qualifiés par lui de (p^tgf(fict^i , avoit probablement en vue les mêmes peuples à -peu-près qu'Hérodote dit (pSrme^T^ayii'v. Mais on pourra s'étonner qu'employant un terme qu'il jugeoit à propos de définir, il n'ait pas cité Hérodote, qui n'a rien défini : il auroit, à l'aide de ce parallélisme, qui plaît aux critiques soigneux, fourni une glose utile aux futurs lecteurs et interprètes d'Hérodote, qui tous se sont mépris sur le sens du (p^poTfay^Tv. Je n'aurai peut-être pas donné le vrai sens de (pbutoTfAy-Av ( car le même Hérodote, 4> i68 , emploie encore ip3«îg, et W il est impossible de le prendre dans le sens figuré de malpropreté que lui donne Strabon); j'aurai du moins signalé une erreur historique et grammaticale, et invité de savans observateurs russes à chercher, chez les Susdalois ou leurs voisins, des traces des Budins leurs ancêtres.

CONCLUSION

D'après les textes de notre historien , rapprochés des notions locales de savans voyageurs et géographes, nous avons essayé d'assigner sur nos cartes une place aux Budins, oubliés par d'Anville. Rejetant l'opinion de M. Renne! , qui suit trop peu le texte d'Hérodote,

nous avons cru devoir adopter ie sentiment du comte J. Potocki; avec ce savant observateur, et avec Busching, nous nous sommes crus autorisés à reconnoître chez les Susdalois les descendans des Budins, })uisque nous retrouvons chez les Susdalois le lac attribué par Hérodote aux Budins , un langage commun aux deux peuples , chez l'un et l'autre peuple même fertilité de soi; puisque, remarque importante omise par le C" J. Potocki , la demeure des Susdalois se trouve bornée au midi par des terres stériles, comme i'étoit celle des Budins.

A la suite de ces conjectures sur la position des Budins, nous avons parlé des Gelons, et affirmé qu'il existoit une grande différence entre les Gelons , colonie grecque, et les Budins, qui, faisant anciennement partie de l'ancienne Scythie, ne furent jamais d'origine grecque; que les Hellènes appeloient probablement les Budins du nom des Gelons, peuplade hellénique, pour les rendre favorables et à l'HelIade et à leurs colons. La distinction une fois établie entre les Gelons, peuplade grecque, industrieuse et commerçante, qui habitoient une ville , et les Budins, nation de nomades, qui n'avoient pas de ville , nous avons pu faire disparoître une équivoque, et indiquer k qui des Gelons ou des Budins appartenoient les murs, maisons, hiérons, temples, et autres monumens dont parle Hérodote. II nous a été facile de prouver que les Budins, si différens des Gelons par le langage, les institutions , les moeurs , l'habillement et la nourriture, n'avoient rien

Page 1