I." PARTIE. — L'EUROPE
gens , et s'étoient établis sur les confins de la Cappadoce ( in Cappadocice ora ) , près du Thermodon : ils occupèrent les campagnes de la Thémiscyi-e.
" Lk, durant plusieurs années, ils exercèrent des brigandages contre les peuples voisins, qui, s étant ligués, les firent tous périr dans des embuscades. Leurs femmes , voyant que le malheur du veuvage venoit se joindre à celui de l'exil, prirent les armes d'abord pour défendre leur territoire, puis pour attaquer ( 1 j. »
A la suite de ce morceau , qui donne aux Amazones une origine scythe, Justin raconte leurs succès, leurs revers , le rapt d'Antiope : elles invoquent l'assistance de Sagillus, roi de Scythie, lui représentent leur descendance des Scythes, le massacre de leurs maris, la nécessité pour elles d'une guerre qu'elles se sont attirée pour avoir voulu prouver que , chez les Scythes , les femmes n'ont pas moins de courage que les hommes. Justin raconte, en outre, la division qui se mit entre les Amazones et les troupes auxiliaires que Sagillus leur avoit envoyées; la défection de celles-ci; la victoire obtenue par les Athéniens sur l'armée d'Orithye, sœur d'Antiope, dont les débris trouvèrent un asyle dans le camp de leurs alliés, et parvinrent par leur secours k rentrer dans leur patrie.
Arrivé à ce dernier fait, Justin continue l'histoire des Amazones (2) : mais une partie d'entre elles
(1) Rapprochez tout ce morceau du chap. i j d'Orose, iib. 1 , B. {2) Ce fait, du retour d'une partie des Amazones dans leur patrie,
étoient tombées au pouvoir de l'ennemi. Que devinrentelles ! C'est ce que ne dit pas Justin , et ce qu'il importe néanmoins de savoir, puisque les Amazones transplantées en Scythie vont bientôt fonder une nouvelle peuplade, qui, s'établissant au nord des Budins, apparoîtra sous le nom de Sauromates.
Avec Justin , nous avons suppléé à ce que ne racontoit pas Hérodote; avec Hérodote, nous allons suppléer au silence de Justin.
Les Amazones du bord du Thermodon ( H. 9, 27, 4), et de laThémiscyre (4) 86), qu'elles habitoient, a voient fait irruption sur l'Attique : elles s'étoient vengées, dit-on, de l'enlèvement d'Antiope par Thésée. Les belliqueux Athéniens jugeoient glorieux de s'être mesurés contre elles ( ibid, ). Bientôt les Hellènes , et non pas les Athéniens seulement [W. Is^, wo-, \ ) , qui se ressouvenoient trop bien des exploits de cette nation de femmes guerrières, firent à leur tour irruption sur leur territoire ; vainqueurs , ils emmenèrent avec eux , sur trois vaisseaux , toutes celles qu'ils avoient pu faire prisonnières (4, iio). Lorsqu'elles
est remarquable , puisque le C."^^ J. Potocki ( Histoire primitive de la Russie , pag. 58 ) ne parie que de celles qui échappèrent h la destruction de Imr patrie. Cette phrase est tonte du savant comte , qui n'a pas vu , dans l'auteur même qu'il cite , mais dont il n'a pas lu le morceau tout entier, qu'il y .ivoit eu émigration d'une p.irtie des Amazones, et retour d'une autre partie dans leur pays : il y auroit trouve des faits relatifs à l'existence et à la longue durée de cette même patrie qu'il annonce comptie détruite.