PARTIE. — L'EUROPE
Nous y avons remarqué Strabon (11, pag. J<i<^y B) déclarant comme problématique l'existence des Amazones, et, par une conséquence nécessaire, révoquant en doute tous leurs brillans exploits -. mais en même temps , avertis par lui que les modernes traditions qui les concernent, inspirent moins de confiance que les anciennes, nous avons cru devoir réfléchir sur ces dernières, où il avoit négligé de porter le flambeau de la critique.
Homère, nommant les Amazones, et une d'entre elles fondatrice de villes qu'elles habitèrent ; Hérodote , entrant dans de grands détails sur cette nation d'héroïnes , et ne mêlant pas une seule fois à ses récits l'expression du doute; je dirai plus, mettant en scène (9, 27) un orateur athénien qui avoue les exploits des Amazones contre i'Attique , et qui cite la résistance de ses compatriotes comme un ti^re de ^gloire; Hérodote , plaçant cette mention dans ce récit même qu'il lut aux Athéniens assemblés à l'Olympie ; Xénophon , Hippocrate, Lysias ( Or. fan.), Plutarque, Diodore, Justin, ou plutôt Trogue- Pompée, unissant leurs voix à celle d'Hérodote; Arrien (i), s'étonnant des doutes élevés par des modernes, et les réfutant par le témoignage de Cimon, qui écrivit leur histoire avec
(1) Arrien {Expcd. Alex. liv. 7, ch. 13) dit que Xénophon, qui vivoit avant Alexandre, ne parle pas des Amazones. Cela est inexact; car Xénoplion les nomme dans son ^«^1^.4, 41, 16, tom.'4, pag. 14;: mais pas une fois le nom des Sauromates n'est prononcé.
le soin qu'on a mis h. écrire les batailles des Athéniens contre les Perses ; tant d'autorités nous ont convaincus de Texistence des Amazones et de leurs exploits.
Si nous n'avons pas donné leur histoire et celle des Sauromates, si nous n'ofFrons qu'un répertoire où puiseront de plus habiles, nous sommes arrivés du moins à d'utiles résultats en grammaire, en histoire, en géographie.
Hérodote, dans son récit, montroit les Amazones suries bords du Thermodon, mais négligeoit, ainsi que Diodore, de dire comment elles y étoient venues. Ce renseignement nécessaire nous étoit fourni par Justin, ou plutôt Trogue -Pompée ; nous l'avons fait parler. Arrivés au point où il cesse de nous instruire, nous avons interrogé Hérodote, qui nous a. donné le moyen de compléter leur histoire; avec lui et par lui, nous avons indiqué l'époque peu connue, ou du moins peu remarquée, de la domination des Sauromates; rendu leur position probable à l'aide de textes difficiles , mais dont l'explication est devenue facile en les rapprochant l'un de l'autre, nous avons enfin relevé quelques inexactitudes de l'illustre M. Rennel, et exprimé des doutes sur la place que notre carte, n.° 3 , donne à divers peuples, soit dans la Scythie, soit hors de cette contrée : c'est tout-à-Ia-fois prouver notre impartialité et notre amour de la vérité ; et appeler l'attention des Russes sur un travail qui peut s'améliorer à l'aide de notions locales qu'eux seuls peuvent donner.