VERSION DU TEXTE DE STRABON
« En effet, dit judicieusement ce géographe ( i ) , si, dans Je passage d'Homère, on voyoit les Mysiens de l'Asie, l'expression d'Homère ne seroit point du tout exacte ; car détourner ses regards de la Troade pour les porter vers la Thrace , et y comprendre les Mysiens (d'Asie), qui étoient, non pas éloignés, mais qui, contigus (k cette Troade), se trouvoient situés derrière elle (à l'orient), et de deux côtés (au nord et au midi), et de plus, séparés de la Thrace par toute la largeur de l'Hellespont, c'est confondre les deux continens , et ne pas comprendre la locution du poëte. Cette locution, Tm.'htv TfÎTniv, signifie le plus souvent porter ses regards en arrière. Mais celui qui éloigne ses regards de la Troade et 1-es transport^ vers des peuples situés , non derrière /es Troyms (2) , mais un peu de coté (j) , celui-là peut, du point qu'il fixe, voir au-delà, devant lui, mais point du tout en arrière. »
Cette version diffère de celle de M. Coray; car, L'aies mots TTci'htv ifiTTCiv d'Homère, traduits en fran-
(1) Accusé d'avoir m:il interprété Homère {Sirtik trad. fr. tom. 111, pag. 25 , note i ).
(i) Ici l'auteur parle de la Thrace, cjui esta l'ouest.
(j) Dt' côte, ai avant. Ces prépositions sont relatives à celui oui regarde : celui qui veut en ^saisir le sens, doit avoir la carte sous les yeux.
3o8 GÉOGRAPHIE D'HÉRODOTE,
çais par ce savant, dévoient être seulement cités en grec, puisqu'ils sont des mots grecs k expliquer ; 2.° ce mot principalement n'explique pas iJ,â.Xiça., qui ici, je crois, signifie moins principalement que le plus souvent, sens qu'adopte, au n." 3, le Lexicon Xen. ; 4-° cette phrase, celui qui transporte ses regards du pays des Troyens sur des peuples placés derrière eux (a l'orient) et à leurs en ti s, peut bien les porter loin, mais non pas derrière lui, est, ce semble, peu intelligible. Qu'est-ce, en efFet, que M. Coray entend par des peuples placés à l'orient! Ces peuples, dans la pensée de Strabon expliquant Homère et rejetant l'hypothèse des Mysiens d'Asie, sont les Thraces et les Mysiens k i'ouest- L'idée d'est est donc inexacte. Et pourquoi est-elle inexacte! c'est que M. Coray substitue sa pensée k celle de Strabon. La suppression faite par M. Coray, d'abord d'une négation, ensuite d'une particule affirmative, tous ces changemens, qu'il appelle des restitutions, ne sont que des mutilations de texte. J'ai suivi l'ancienne leçon. Que l'on rapproche ma version des cartes , et que l'on juge.
Il suivra de ceci que Strabon a bien compris les vers d'Homère relatifs aux Mysiens ; interprète moins heureux peut-être, lorsqu'il transforme en noms de peuple des épithètes qualificatives des Mysiens. '
Au vers 4» vôa-çnv, seorsim , avertit que Jupiter écarte sa pensée du théâtre de la guerre , et qu'il abaisse ses regards (ailleurs) sur la Thrace.
A-UX vers 4 ^t 5 > ^0' iTr/nrOTmÀav QûiiXMv aia.v , Mutmy