‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 149 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE

t' ky^fjLâ.xuv , M. Coray ( Sfrak trad. franc, tom. III, pag. 2 3 , Irg. I 2 et 13) traduit , pour voir de loin le pnys des Thraces et celui des jMysi. Mais je propose, Jupiter abaisse ses reanrds sur le pnys des Thracrs , à savoir [ ts , nimirum ), celui des Mysicns. Nimirum , adverbe indicatif, paraîtra mieux rendre le monosyllabe ts que et copulatif, si l'on réfléchit, 1 .° sur le contexte des vers d'Homère, chez qui les Mysiens sont l'unique objet de l'attention de Jupiter; 2.° sur ce mot de Posidonius Strab. 7, pag. 45 3 > B ; trad. franc, tom. III, pag. 23 , lig. 9 ) : Posidonius conjecture avec raison qu'Homcre désigne spécialement les A4y siens , je veux dire ceux de Thrace , taix; MuotÙc «ar. 'hiyit tou? bi rti 0^.xjct, focution qu'il n'est pas inutile de rapprocher de celle-ci, Qçy.KSy Muaâv Tê , plusieurs fois employée : en effet, cette locution, les A^y siens , je veux dire les Thraces, et cette autre, les Thraces , je veux dire les AJy siens , se prêtent un mutuel appui; 3.° sur ce mot de Strabon (7, pag. 459) ^^§- dern. et pag. 46o, lig i ] , wn Si Tne ©cuwv IXi-pixiv , Mv<mv T ây^i/j.â.x'''^ y lequel signifie, ici, en parlant des Thraces , je veux dire des Alysicns. Si je ne me trompe, ce dernier exemple , ©g^miv, Mus&i' t', de 7, pag. 459) 4^^°» appuie ma version de @^mv a.]a.v , MooBÏi' t' (7, pag. 45 3) B; trad. franc, pag. 23 . Dans l'exemple 7, pag. 4 > 9 > 46o , Q^â-nav Myorôv t' , M. Coray ; tom. III, pag. 38 ,»lig. 3 et 4) traduit , en parlant des Tliraes et particulièrement des Alysi : ici l'idée de svéciiliser lui est venue. Pourquoi n'a-t-il pas fait de même pour le précédent exemple, Qp^nav, Mvaàv t'

3IO GEOGRAPHIE d'HERODOTE,

( 7, p. 45 3> B; trad. fr. p. 23, lig. 1 2 et i 3 ) î Pourquoi, au lieu de dire que les Thraces que Jupiter a en vue sont les Mysiens, va-t-il dire que Jupiter jette ses regards sur les Thraces et sur ies Mysiens! Si M. Coray a bien rendu le second passage, la version du premier est évidemment inexacte ; car les deux passages contiennent les mêmes mots, mis dans le même ordre, extraits du même auteur, et, dans les deux passages, exprimant littéralement la même pensée d'Homère.

Au reste, M. Coray a très-bien rendu le second passage, mais par entraînement et non grammaticalement; car, dans cette phrase, en parlant des Thraces [et parti ulicrement ] des Mysiens , il est visible que M. Coray rend par ei , copule , ce même n que je rends par nimiruiti , particule indicative qui spécialise , et arrête l'attention sur le mot qui la précède.

J'ai fort insisté sur le sens de ts, et parce qu'il est fort peu connu, et parce qu'un savant allemand a ri du rire inextinguible des dieux d'Homère , de mon interprétation de ^^.

Dans ma version, je fais dépendre ÔLymaiy i'nr-mifM>'~ yiiv-, yXa.KTT><pÂyAv, ttCiuv n, i^tx.ojjola.'mv a.v^u>7mv-, de Muowk. Cette idée de qualificatifs d'un seul peuple au lieu de noms de divers peuples, me semble commandée par' le contexte.

J'y vois Jupiter, fatigué du spectacle des combats, détournant ses regards de la Troade et les portant en Thrace, non sur divers peuples, mais uniquement sur les Mysiens, peujile pasteur, qui vivoit de lait,

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