PARTIE. — L'EUROPE
Celtes. D'ailleurs M. Malte-Brun, qui place les Celtes en Espagne , met aussi les Celtes Scordici vers les sources de l'Ister.
M. Rennel élude la difficulté en se taisant sur Pyrène. Y avoit-il une montagne de ce nom, comme le pensée M. Malte-Brun! Cela paroîtra probable, si l'on considère qu'une rivière telle que l'Ister devoit sortir des montagnes.
X\'I. Cours et sources de l'Ister. M. Helwagg, donnant à sa mappemonde européenne une figure extraordinaire, qu'il rapproche le plus possible du disque d'Homère, n'a peut-être pas assez considéré qu'Hérodote prête au Monde à -peu -près la forme que nous lui connoissons.
Par une conséquence de sa manière de voir , M. Helwagg attribue au cours de l'Ister une direction septentrionale inconcevable, et rejette bien loin, à l'occident du golfe Adriatique, les sources de l'Ister, que nous croyons avoir bien placées près de Laybach.
Trois rivières affluentes au Danube , le Carpis et l'AIpis [la Drina et la Bosna] , et le Brongus , aujourd'hui la Morava , complètent les notions d'Hérodote sur le haut Ister. Nous parlerons ailleurs de ses autres affluens.
XVII. Pays au'delà de l'Ister. — Slgynnes. Hérodote ( 5, p) ne reconnoit au-delà de l'Ister, mp«c tS "içpov, que d'immenses déserts, et, plus haut, des pays inhabitables. II fait cependant exception en faveur des Sigynnes ( Sigynes ou Siginnes ) , peuples limitrophes
des Enètes et des Illyriens, qui habitent au-delà de rister et dans ces déserts. Aux Sigynnes d'Hérodote , répondent à-peu-près les peuples de la Croatie, de l'EscIavonie et de la Hongrie. Les pays inhabitables , au-dessus des Sigynnes, correspondent à l'Autriche, à la Gallicie, à la Pologne et à la Russie orientale. V^oyez Strabon, i i , pag. 790 , B; et son traducteur, tom. IV, pag. 297, lequel voit une différence de peuplades entre les Sigynnes d'Hérodote et les Sigynnes de Strabon,
XVIII. Alpes et Pyrénées. Les véritables Pyrénées, et la chaîne des Alpes qui sépare la France de l'Italie, étoient ignorées d'Hérodote et de ses contemporains; ils ne pouvoient même connoître que vaguement cette partie des Alpes qui ceint le golfe Adriatique. Les peuples .plus éloignés , à l'ouest , ils les appeloient habitans de Pyrene , dénomination qui s'est successivement étendue avec les connoissances géographiques, et donnoient à la chaîne orientale du golfe Adriatique le nom A' Alpes , dont l'étymologie vient sans doute de la rivière Alpis , qui est l'un des affluens du Danube, et qui sort de la chaîne des monts d'Illyrie.
Hérodote ayant appelé Pyrene les Alpes Noriques , il n'est pas étonnant qu'il ait donné le nom d'Alpes aux monts d'Illyrie qui se rattachent à ces Alpes Noriques, puisqu'il sort de ces montagnes une rivière nommée Alpis.
XIX. L'Illyrie. Hérodote dit peu de chose des Illyriens, qu'il nomme, i, 196; 4> 45»; 9> 43. Pour en
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entendre parler avec quelque étendue , il faut descendre à des écrivains bien postérieurs à Hérodote , entre autres à Appien ( Hist.Bell. Illyric. pag. i ic)4) > qui dit qu'à une certaine époque, les Grecs àppeloient Illyriens les 'peuples qui habitent au-dessus de la Macédoine et de la Thrace, depuis les Chaoniens et les Thesprotiens jusqu'à l'Ister. Voyez ci-dessus Alpes.
Hyperhoréens. — Pèlerinage et Offrandes envoyées des régions hyperboréennes à Délos : sur - fout d'après les textes d'Hérodote ( 4 , 33 -f'/- ) ' ^' ^' Pau sa ni as ( i , 3'. pag- 77)-
SOMMAIRE
/." Section. Version littérale du texte d'Hérodote, avec notes grammaticales et historiques : 'Eç, Irn, 7r(j; , KitTtt., fxîp^i. — Version de Valla, de H. Estienne, et de AI. Schw. : Ko/xi^nv 75 rr^g îcarîpnç iKa.ca.Tw Iot rar Aif/iinv. Conjecture sur cette phrase, dont le sens importe à l'intelligence de la marche des Théores hyperboréens. — Ka.Ty.Cauvnv >[^ iha.-mùiviôajt i-m ■nv yivi'hiia. MXmv. Dans cette phrase , I37 exprime l'action d'aller (expliquée par la carte n.° 6) , non- jusqu'au golfe, mais sur le golfe, que l'on traverse. — Aiumpiûis-ôit^ se dit d'un trajet même par eau. — ràç explicatif, négligé. — Ponctuation à changer. Texte à tort corrigé. xtt7ttXajU.Ça)'û) expliqué. — U^^Tn/xTroinva.' im-o/uTWç'
iTn<ni.y\iiiiiv , poser le bâton de pèlerin (à la frontière ). — Conjecture sur ce terme mal expliquée (4, 33 )» et jugée suspecte par M. Schw. , sur le iTnnif^a) d'iEschyle,
4o GÉOGRAPHIE D'hÉRODOTE ,
que M. Blomf. rend par violenter immitto ; et sur le îi'fV-cH^ai' If (4> '^ 1 39 > -) > '^3^ traduit pa.r pervenere ad, ou incubuere in; et y.a.7ioxyi4i de Thuc. (2, 4^» 7). — 2K)i;7?6«f , iia-Tzi(ni»wliiv , neutre , et avec sens transitif. ~i.yax,ri7niv h, tTnmn'^Tfin. 'ETnnn-Siâzu rmy avuéluav. Em<n»-^v y ÀTnmn^v , non compris. AOToxM^e/ àV ^. Cette leçon, corrigée par M. Blomf. , n'est pas plus incorrecte que le à.7riCx»-\'tv iiç -Àv hÙTTiXvMv de Xénophon. — Excursus sur le MueAJioi yjvcuKot d'Hérodote : yJpo; , «pu , MvttSxoç , KovetJiit 5 Trâp^voç et yjvii , subst. et adjectif, virgo. Sens de plusieurs de ces mots, considérés à diverses époques, et soumis à des considérations , soit grammaticales , soit historiques : wwe<cft'a ji/nî, acception omise par H. Est., et donnée par Constantin : Kov&t<f^ov J^/m. — uif^voç , diverses étymologies de ce mot; celle d'Eustalhe , un peu forcée : Trofùivioç.
IL' Section. Conséquences géographiques des textes d'Hérodote et de Pausanias. — Variations des anciens et des modernes sur la position des Hyperboréens, Causes de ces variations. Leur position a changé à-peuprès comme celle de l'Hespérie.
Hésiode, Homère, Hérodote, Plutarque (^7>a/V/^r ia musique J, Pindare [01. 3 , 24 ; 10, 51), Pausanias (1,31,2; 5, 7), Diodore de Sicile ( 2 , 47 , t. I , p, 158), Apollonius de Rhodes (11, 6yy ) , yElien ( i )
(i) Voyez aussi le Nourry, in Dissert, prima de omnibus démentis Akuandrini operiius (tom. I, p. /îé). Salm. Exerdt. pag. 107, 108.