I." PARTIE. — L'EUROPE. 3J
établirent leur domination dans cette cité autrefois célèbre, les affaires s'y traitoient encore par l'entremise de cent trente truchemens.
Les mines de la Colchide , nous dit l'auteur des Observations historiques sur les barbares habitans des bords du Danube et du Pont-Euxin ( i ) , les riches mines de la Colchide , qui fournissent encore aujourd'hui à l'empire Ottoman tant de métaux précieux, étoient connues du temps de Procope. Il y a même apparence que la découverte en avoit été faite dans les temps les plus reculés ; et c'est Ik peut-être la véritable toison d'or qui engagea Jason et les Argonautes (2) à entreprendre leur voyage.
La Colchide, dit Chardin (3), qui rapportoit autrefois beaucoup de lin , a conservé son ancienne richesse. Le prince de la Mingrélie , qui est l'ancienne Colchide , paie à présent aux Turcs un tribut annuel de soixante mille brasses de toile de lin faite dans le pays même.
XIV. Enctes. Tel est le nom adopté par Homère ( //. 2 , 852), Hérodote ( i , 196, i ; 5 , p , 2 ) ; Strabon (5, p. 324, D, et p. 330, B). Il convenoit donc de ne pas les appeler Vinctes dans la mappemonde hérodotéenne. Ils occupoient la haute Italie,
(') Pag. 6g. I
(2) Voyez Huet, Histoire du commerce et de la navigation, pag. 404. — Sur fa toison d'or, ou plutôt sur une laine brillante, couleur d'or, voyez dans la Clef du catinet, 23 germinal an 7 ,.un intéressant article, extrait des Annales d'agriculture.
(5) Vo)>age de Chardin, tom. I, pag. ijJ.
et, comme on le voit, s'étendoient hors du pays de Venise : ils forment aujourd'hui le royaume lombardovénitien. Sur ce peuple, qu'Hérodote dit illyrien, voyez, i.° Fréret [Rech. sur l'origine et t'anc. hist. des peuples d'Italie, Acad. des belles-lettres, vol. XVIII, Hist. pag. -jj ; et la traduct. de Strab, tom. Il , p. i 1 4 ) ; 2.* Géogr. de M. Larcher; 3." M. Raoul-Roch. tom. II, pag. 3 62 de son Histoire des colonies gr.
XV. Pyrene.-Ister. Il y a des difficultés sur la position de la ville de Pyrène, près de laquelle l'Ister prend sa source, selon Hérodote (2, 35).
M. Malte-Brun ( Hist. de la géogr. liv. III , pag. 5 2 ) explique très-bien comment les anciens ont pris la Save pour le Danube. Il résulteroit de cette erreur des anciens, que l'Ister auroit pris sa source près de Laybach, non loin du golfe Adriatique; ce qui justifieroit In trr.dition qui veut que les Argonautes, remontant l'Ister , soient descendus dans le golfe Adriatique.
Il en résulteroit encore que Pyrène ne seroit autre chose que Laybach , l'Amona des Romains.
En vain l'on objecteroit que , suivant Hérodote ( 2 , 33), Pyrène est une ville ou bourgade du pays des Celtes : nous répondrions que les Celtes occupoient alors toute la partie de l'Europe, depuis les côtes de rOcéan jusqu'à l'IIlyrie, c'est-à-dire, la France et l'Allemagne; que leur pays étoit borné, au midi, par la chaîne des Alpes qui les séparoit de l'Italie , et que Laybach est précisément hors de cette chaîne; que par conséquent son territoire faisoit alors partie du pays des