I." PARTIE. — L'EUROPE. jôj
teur en manquant à ses engagemens , le vendeur en recourant, pour faire estimer son bien (-t^j viv èwn(Mi(nv) plus qu'il ne vaut , k des moyens que condamnent l'honneur et les lois.
Développons cette idée par un exemple extrait des Offices de Cicéron ( j, i4j pag. 3654» vol. 10 de i'édit. d'Is. Verburgius). « Canius , chevalier romain, avoit annoncé l'intention d'acheter inie maison de plaisance : le banquier Pythius emploie une odieuse fraude pour faire estimer son bien ( <:^ -mv c^tÎ/muciv ) , une fraude que Cicéron condamne , en déclarant hautement qiif. toute- fraude doit être bannie des contrats: tollendum est ex rébus contrahendis omne mendacium (-^rgî Tôt m/Ji,CoXa,ict à^lK»(M.]. 5>
Nous avons , ce semble , la glose du •j#'« to av/xÇô- Xaua. et de ïàvrifjumç de Strabon. Conservons donc ce mot, dont t/'^iotç signifiera l'action d'estimer ou de faire estimer, àx. d'après (une fraude). Ek, différent de ce, me semble expressif, tandis que cv, de 'iyn-mm', leçon hasardée , est fort peu expressif.
Une autre préposition à remarquer, c'est mv du composé mvi^^.voiv. "S-vv-yCum, me paroît indiquer coalition, concours de plusieurs personnes pour commettre des injustices.
7. iVp' » Jt) lofoç é^'^uKniç TtvoLç olvtZp -m-fiOùimv Iot mv xiivKTixiv. Le derniep éditeur corrige , avec Xylander , T/vèî 7mpiuâyia-ou/ , «conjecture qui avoit été aussi la mienne (dit M., Coray) long-temps avant que son édition parût. >* J'en crois M. Coray : mais cette décla-
ration , sans preuves , devoit être faite à des amis et non au public.
Quoi qu'il en soit , n'étant pas éloigné de souscrire ( en note ) à la conjecture de M. Falconer, mais rejetant Kcnà, TgfioiKTÎIumv , leçon gratuite de M. Coray, je traduirois ainsi, (plus d'une fois) les philosophes s'éloîgnant ( <i<p' « ) de cette frugalité et de cette habitude de se suffire à soi -même, ont dévié (w»pà) et se sont jetés dans le cynisme.
Notons, I ." srapà, qui a notion d'aller de coté, à côté de, hors de la ligne droite , donc de dévier, et à.<p où, dont i'&B a notion d'^loignement dans le sens passif, comme àt,m a sens actif, par exemple, dans ^juutoç, abactor muscarum, épithète de Jupiter. H. Estienne invite à bien noter fe sens de àro dans cette épithète , où il est facile k découvrir, lorsqu'il néglige tant d'acceptions difficiles des prépositions, il seroit inutile de noter le sens de privation adopté par les Latins. Ainsi abociUus [aveugle] , que Ducange déclare répondre à àrè mv ey^à-nav , est employé (alic.) par Sophocle,
" To i% ^povç yjvcutiuv o\vmv , ouJ^fMew Tileunm 'ifx^oLcn ùm^(fet. « Ici, dit M. Coray, le texte est assez obscur ; j'ai cru devoir suivre la leçon ttù M y^feuç , et je rapporte le verbe vTn^i^^ei à fa personne d'Homère. « Pour moi , sans rien corriger , je propose , mais cette locution, vivre sans femmes, ne prête pas , mêmt indirectement ( ùtto ) , aux idées que je viens d'exposer.
Cette idée de vivre sans femmes , que Posidonîus
l." PARTIE. — L'EUROPE. 367
raettoit en avant pour expliquer l'aMi d'Homère, n'est nullement appuyée par le témoignage de Ménandre, H faut donc renoncer à l'explication que Posidonius donne d*i mpt ÀCiouç. Voilà le raisonnement de Strabon, dont on ne trouve nulle trace dans la version de M. Coray. Le grec, en effet, ne parle ni d'indice , ni des paroles du poète, comme le pense M. Coray, rapportant, à tort, v-m-)j^a.<pnv à Homère.
VL KtÎsu). Comment des hommes qui s'abstenoient de femmes, s'appeioient-ils ^/on^ar^^rj, créateurs! Villebrune répond très-bien à la question, en remarquant que KT/W étoit un mot thrace, et non grec, donné à des Thraces par de» Thraces , ou plutôt, peut-être, un mot grec importé par des Thraces dans leur langue et employé ironiquement.
VU. KctTivoÇitTtt.ç. Quelques-uns lisent kut^voÇcituç , peuples qui habitent des cabanes ou même des chariots , &c. &c. L'Anglais Falconer , rejetant cette correction , rappelle l'usage des pays septentrionaux, dont les cabanes en hiver sont pleines de fumée, et qu'en été l'on environne de fumée pour se défendre des atteintes malfaisantes des insectes. Les Grecs appeloient donc les ^My siens , KnTmoS^Taç ^ parce qu'ils vivoient au milieu de la fumée. ( Voyez Maupertuis , de Figura tel luris , anglic. versionis pag. 43-)
Je Favoue, cette note du savant anglais Falconer me semble aussi mal-à-propos omise que la suivante.
Nous avons, dans cette IV.° section, dit un mot de l'origine probable des Mysiens; cité l'étymologie
de leur nom ; averti de leur origine olympienne , et de leur émigration vers les sources du Caïcus, examiné diverses épithètes, dont plusieurs, par l'usage, ont fini par devenir presque termes ethniques. Nous sommes bien loin d'avoir tout dit sur ces peuples trop peu connus : mais notre travail ne sera pas entièrement inutile, puisque nous avons, dans cette IV.' section et dans les précédentes, ou rappelé des notions historiques perdues de vue, ou expliqué des textes jugés inexplicables , et gratuitement corrigés.