I." PARTIE. — L'EUROPE
faite, attendu que sa femme restoit veuve. Mais le grec ne dit nullement ce que M. Coray lui fait dire: jjïpof se rapporte grammaticalement k oIkoç qui précède, et non à la femme de Protésilas, et alors nous arrivons k ce sens : « Homère appelle la maison de Protésilas imparfaite, parce que sa maison restoit veuve, X^efÇ, sans héritier du nom, et que sa mort iaissoit sans appui l'épouse de Protésilas. Avec et d'après Eustathe, M. Heyne a fort bien expliqué le Jbfxai; «funXiiç d'Homère ( //. 2, 700), qu'il termine par cette note: /ta Jifioç rifjUTtXtiç erit -/aé^ feri ut apud Strabonem , 7, pag. 4î4j g, &c. &c.
av Tiç. Dans le texte ancien , la phrase est affirmative. Casaubon veut une négation , et propose dv ixa.»\ov. M. Coray adopte, sans note, cette correction. Pour moi, je croirois, avec Casaubon, le texte altéré; mais je préférerois, avec Xylander, que M. Coray n'a pas cité non plus , de lire ( en note ) ÔLixa^otnovç Tràç Sï^eur av tu; et j'ajouterois , ce qu'il a vu sans doute, mai sans le remarquer, que 7mç, k la suite de à/M^6iKov(,s a bien pu être rejeté .par des copistes, voyant dans 7n»i, mal écrit peut-être, une faute occasionnée par y.ouç, dernière syllabe de a^Ço<«oûf.
MatA/çœ yiq vrteA tk nifJiCo'Kcua,, Kctf mv izov ^n/xâ.'rwv
CMJfMnV , miVl^fJUiVliV TOC a.JiKHfX,a.7!UV &C.
J'ai traduit : « En effet , comme c'est sur-tout dans les contrats et dans la manière de faire apprécier les biens que l'on s'entend pour 5:ommettre des fraudes, il
étoit raisonnable que des hommes qui vivent frugalement, de pieu, fussent appelés par Homère les plus justes des hommes, n
Cette phrase, ce semble, est très -intelligible. M. Coray, néanmoins (trad. franc, tom. III, p. 28), après avoir dit , note 2 , qu'il retranche un mot et qu'il en donne un autre , ajoute , note 3 : « Le texte porte >^ -nv mv ^t\[x.â.7av àmfj.vim. Casaubon a bien senti que ce dernier mot (évaluation ou estimation) ne pouvoit convenir ici , et il proposoit de le changer ( 1 ) en 'îy-rimy (paiement) ; correction que le dernier éditeur approuve dans ses notes. Je pense qu'il faut le remplacer par lyK-nmv , acquisition , sur-tout acquisition par achat. C'est dans cette dernière signification que les septante (Levit. c. 25, 16) ont employé ce mot. >»
Pour moi, je croirois qu'ici encore 'ey.vfMinv, mot omis par H. Est. , par M. Schneider , et corrigé par M. Coray, doit être conservé. Strabon, en effet, veut prouver la justesse de l'épithète donnée par Homère aux Mysiéns. Il est convenable de les appeler justes, puisque, vivant de peu, et estimant peu les richesses, ils ne peuvent avoir la moindre idée de dol. Dans quelles circonstances les hommes avides de richesses trompent-ils ! Strabon le dit, c'est n^ -m (rv/jt.CoXcua.'; lorsqu'il s'agit de contrats ; circonstance où, trop souvent, le vendeur et l'acheteur veulent tromper; l'ache- /ri.ib t.u?--.i-;: i^a': -1':' -''■ ^ ■-
(i) Cîsajiboiî dit matim : ii indique une préférence conditionnelle; ifl mê' propose donc pas pfécisénieliî de changer. '■•-• ^