PARTIE. — LEUROI'E
"des Argipéens, qui habitent aux pieds des hautes " montagnes. Ils sont chauves, ils ont le nez aplati et « les mâchoires saillantes. Ils se nourrissent en grande M partie du fruit d'un arbre de la grandeur d'un figuier, » dont ils tirent un jus noir et épais , appelé aschy , 3> ils vivent l'hiver sous des tentes, et l'été en plein » air ( ce sont les Calmouks, tels encore aujourd'hui; « cet arbre est le cerisier à grappes ). Leur pays est » borné , au nord , par des montagnes impossibles à » franchir (la chaîne de l'Altaï). Les Argipéens pré- » tendent qu'au-delà de ces montagnes vivent des " hommes qui dorment pendant six mois de suite. " Cela me paroît peu probable. II parle ici des régions » polaires, où, comme on sait, le soleil est invisible » pendant plusieurs mois. A l'est des Argipéens, Hé- « rodote place les Issédons.
M Hérodote parle aussi des peuplades k l'est de la " mer Caspienne et du lac Aral. Cette vaste contrée » a de tout temps contenu un grand nombre de peu- " plades, dont les noms varioient fréquemment; elles » étoient tributaires de la monarchie persane, ou la' " servoient à la guerre comme auxiliaires. Hérodote » connoît leurs noms, leurs mœurs, leur costume, leurs >» armes. On ne retrouve plus dans les temps postén rieurs que les Caspiens et les Utiens k l'ouest de i3 la mer Caspienne : nouvelle preuve de ce mouve- >' ment général et progressif des peuples de l'Asie, de » l'est vers l'ouest. Les Persans comprenoient tous ces «peuples sous le nom général de Saces , expression
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» aussi vague pour eux, que celle de Scythes pour les '» Grecs, et de Tartares pour nous. Hérodote nous '•>■> apprend' que le plus puissant de ces peuples noinades " porPoit le nom de /Vlassageus ; il dit que, comme les » Scythes, ils aimoient la guerre et la faisoient à pied et » à cheval, étant armés d'arcs , de haches et de lances •>■> de bronze, avec des casques et des ceintures garnies « en or. Ils habitoient donc le long de l'Altaï, où se "5j*'trouvent des mines de ces métaux. Les renseignemens ■«"'géographiques d'Hérodote ne vont pas au-delà des » .Massagètes et des Issédons ; il ne connoissoit ni la » Sibérie , ni la Chine.
3j Les colonies grecques, sur la mer Noire, faisoient " commerce avec tous ces peuples. Leurs principales 3' villes étoient Olbia, à l'embouchure du Borysthène ; " Panticapée, dans la Taurique; Phanagoria et Ta- « naïs, au fond de la mer d'Asof; Diosciyias, à l'em- » bouchure du Phase; et enfin, Sinope, Héraclée et M Amisus, sur la côte méridionale. Toutes ces villes, ■>-> fondées par les Milésiens , environ 700 ans avant » J. C, et par conséquent avant la monarchie per- « sane , firent de cette région , par leur industrie , l'en- " trepôt de l'orient et du nord. C'étoit sur-tout à Dios- 35 curias , Panticapée et Phanagoria que se faisoit le » commerce d'esclaves ; c'est de là que le nom de Scythe 3> étoit devenu synonyme Sesclave. Les peuplades du J5 Caucase , toujours en guerre entre elles , faisoient "des prisonniers, des esclaves, qu'ils vendoient dans » ces villes, même encore du temps de Strabon. Ces