AVERTISSEMENT. XJ
mot tout-à-fait corrompu. Medwéduia signifie ourse en russe.
» Même page j plus bas. II n'existe point de montagne à une très-grande distance dans le voisinage du Don. Les vionts Taurujues ne peuvent être autres (i) que cette petite chaîne de montagnes qui borde la Tauïuie j ou Crimée d'aujourd'hui , au midi. On n'en trouve point d'autres dans cette vaste contrée, que les anciens appeloient Scythïe.
» Pag. 1^6. II y avoit dans ces contrées deux villes qui portoient le nom de Cimmcrie; l'une dans la presqu'île Taurique, l'autre dans l'île de Taman , sur la côte d'Asie. Strabon nous transmet des particularités sur cette dernière (liv. Il, p. 494)-
» Votre travail sur la Chersonèse Taurique-Scythique de Strabon est-il terminé! Je l'attends avec impatience.
» J'ai l'honneur d'être , &:c. »
M. de Stempkovsky termine sa lettre par des éloges. Je les reçois à titre d'encouragemens; ils me sont nécessaires , m'étant engagé dans une carrière neuve et difficile à parcourir. C'est, en eftet, pour
{ I ) Les monts Tauriques dont parle Hérodote , ne pouvant être dans la Crimée , peut-être Hérodote a-t-il voulu parler uniquement de simples collines. G.
Xlj AVERTISSEMENT.
la première fois, peut-être, qu'on offre la géographie des trois grands historiens (i), soumise, en grande partie, à un examen grammatical, philologique et critique.
.l'ai tra\ aillé en cûjiscience : mais malgré tous mes efforts , j'aurai commis des erreurs , et même de trèsgraves, en géographie et en grammaire. J'en recevrai les preu\ es avec reconnoissance , pourvu que les philologues qui me les transmettront, ne s'enorgueillissent pas trop des remarques qu'ils répéteront d'après nos maîtres en géographie (2); pourvu encore qu'ils ne ferment pas les yeux sur les vérités qui rachètent mes erreurs.
Mes censeurs philologues ont eu l'injustice ou l'ignorance de traiter de paradoxes ces mêmes aperçus sur l'Olympie , sur i'Epithrace, sur la bataille de
( I ) Je ne donne encore que deux volumes. Mais j'espère. Dieu aidant, publier l'ouvrage complet. J'ai discuté quantité de textes géographiques d'Hérodote, de Thucydide, de Xénophon, et même de Théocrite.
(2) Il en est plusieurs parmi eux dont j'ai remarqué ce qui me sembloit parfois inexact. Mais voyez dans le Prospectus de mon Philol. pag. 7 tlpassim, ce que je suis le premier à penser et à dire hautement de ces petites victoires remportées sur des personnages distingués. Lorsque je cite leurs inexactitudes , je ne manque jamais de rappeler que, s'ils se sont trompés , parce qu'ils sont hommes, ou parce qu'ils n'ont pas examiné, ils n'en restent pas moins .au premier rang, et dignes d'hommages et de reconnoissance. Jeteur présente, non des critiques, mais des observ.itions; tribut d'estime et moyen d'alléger leurs nobles travaux.
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Mantinée, qui sont maintenant au rang des découvertes. Qu'auroient-ils dit, si alors j'eusse avancé, ce que je crois avoir démontré depuis , qu'il n'a pas plus existé de ville de Némée, de ville d'UranopoIis , que de ville d'Olympie ; si je leur eusse alors annoncé la réfutation de quantité d'autres erreurs historiques et géographiques ?
J'ai acquitté une partie de ma dette envers M. de Stempkovsky et autres savans. La reconnoisance envers ies vivans ne doit pas faire oublier les morts. C'est une justice de reconnoître que M. le C.''' J. Potocki m'a été fort utile. J'ai puisé, dans son Histoire primitive des -peuples de la Russie, des notions locales, nationales et traditionnelles , nécessaires à l'intelligence du 4-^ livre d'Hérodote. Mais on regrettera que le savant comte ait fait parfois de la géographie, comme Follard (i) faisoit de la tactique, avec des traductions souvent infidèles qu'il déclare ingénument copier mot à mot; que dans ses fragmens sur la Scythie et la Sarmatie (2) , annonçant un dépouillement universel de tous les anciens géographes sur la Scythie et la Sarmalie , ce qui étoit une fort
( I ) De Follard cite son Duryer comme autorité. Le C."^ J. Potocti fait de même. Voyez son Hiiwire primitive , pag. J9 elpassim. — Pag. 91, en protestant de son respect pour M. Larcher , il déclare qu'il le copie presque toujours.
(2) Pag. 8 de cet autre ouvrage du même Comte.
XIV AVERTJSSEMENT.
bonne idée, il en ait excepté Hérodote et Strabon (non parce que leurs textes sont difficiles, mais) parce que, dit-il, Hérodote et Strabon sont dans les maim de tout le monde (i); que, ne s'astreignant pas à discuter, à combiner les textes d'Hérodote et de Strabon, il ait plus d'une fois, comme M. Rennel, éludé les difficultés qu'auroit fait naître cette combinaison, et se soit ainsi privé des résultats lumineux de la discussion; qu'il ait négligé de déterminer, d'après les textes et les connoissaiices qu'il avoit des localités, la position du Gerrhus, rivière, du Gerrhus, pays, de l'Hypaciris , du Syris, des Taures, des Sindes, qu'il confond avec les Cimmériens , &c. &c.
On regrettera qu'il ait fait aussi peu dans son article sur le pays des Budins.
De judicieuses réflexions l'ont conduit à penser que des Budins descendoient les Susdalois. Mais comment, à l'occasion des animaux à tête ou face carrée qui se trouvent dans un lac du canton des Budins, ne s'est-il pas aperçu de l'inexactitude de Larcher , qui voit dans ce lac des animaux à museau carré, tandis que le texte parle, non d'une partie de la tête, mais de la face toute entière? Espérant avoir retrouvé dans le lac Iwanow Ozero, près de Tula, le lac d'Hérodote, comment n'a-t-il pas sollicité, sur
(i) Ma Céagr. d'Hérodote . t. 1, p. 230.