‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 65 sur 178 · I.'^ PARTIE, — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I.'^ PARTIE, — L'EUROPE

Carcinitis ; mais tout annonce qu'il en éloit autrefois bien autrement» Hérodote l'affirme ; et , quand il ne fe diroit pas , on sait que c'est un pays plat , marécageux, couvert d'eaux en tout sens. Vraisemblablement, autrefois l'une des branches actuelles du Dniester, branche qu'Hérodote désigne sous le nom SHypacyris, y versoit ses eaux.

AI. Rennel, un peu trop enclin à taxer les anciens d'erreurs, admet cette explication. N'en est-ce pas assez pour justifier Hérodote aux yeux de ceux pour qui les cartes modernes ne sont pas toujours décisives î

Au reste, du temps d'Hérodote, 4> 58, personne ne pouvoit rien dire, ni des parties supérieures , à travers lesquelles se dirigeoit le cours du Borysthène, ni de sa force, ni de son étendue.

J'ai dit les parties supérieures, tÔ KanTnp^, 4> 5 3- M. Schw. traduit ce terme grec par ultcrius : mais cette version étant inexacte grammaticalement, et ne montrant pas une vérité au géographe, traduisons, avec Wesseling, par superiora, version admise par le comte J. Potocki.

Hérodote, 4> 5 3» donne à l'espace de terre qui est , entre les deux fleuves, comme Yembolon (1) du pays, un nom remarquable, celui de promontoire (2) d'Hippolaus ; preuve, ce semble, que, dans sa pensée, cet

(') hfjiÇoMy , éperon de vaisseau, et, figurément.^w'w^ de terre. (i) ' Ax^a, signifie jointe de terre, ou. promontoire, lequel parfois contient un territoire d'une assez grande étendue.

i4o GÉOGRAPHIE D'HÉRODOTE,

espace, plus long que large, répondoit au corps d'un vaisseau; et que, par conséquent ,• le Borysthène n'étoit pas le Dnieper lui-même , mais la rivière Chesternia, qui, avec le fleuve Hypanis, fait du territoire intermédiaire une longue péninsule, dont la tète ou l'extrémité formoit un embolon. Cet espace seroit immense, si l'on prend le Borysthène dans cette branche du Dniester qui passe à Ecatherinoslaw.

Le cinquième fleuve est le Panticapée ( Konskie Wody. P. ) : il vient du nord , comme le Borysthène , sort d'un lac et mêle ses eaux avec lui (4> 54)- Entre ces deux rivières , habitent les Scythes géorgiens. M. Larcher les appelle cultivateurs, pour les distinguer des Scythes laboureurs [aroteres, J. P.). Imitons Pline et le judicieux C" J. Potocki, qui, tous deux, emploient le terme géorgiens , qui rend bien littéralement le grec y.up^i.

Le sixième est i'Hypacyris , qui vient aussi du Jiord et se jette dans la mer, près de Carcinitis, en laissant à droite le pays d'Hylée et la course d'Achille (4,-65).

Cet Hypacyris, dit le C.'^ J. Potocki, est aujourd'hui un ruisseau. Mais, comme tous ceux des steppes, il forme à son embouchure un limon considérable ; on l'appelle aujourd'hui C^erna reka.

Le septième est le Gerrhus (4, 56), qui s'écarte avec effort du Borysthène dans ( et non vers ) l'endroit où ce fleuve commence à être connu : il s'en éloigne avec effort ( iwî'^çui ) , depuis le Gerrhus , pays qui lui

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