‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 70 sur 178 · I," PARTIE. — L'EUROPE. I · texte numérisé non relu

I," PARTIE. — L'EUROPE. I

Gètes (4> 93-9^)- Cette partie des cotes du Pont- Euxin étoit donc au pouvoir des Gètes; et ies Crobyziens se trouvoient probablement à l'ouest de la route que suivoit Darius , mais au sud des Gètes.

Les Trauses, selon Est. de Byzance, sont les mêmes que les Agathyrses. Ils étoient donc au moins deux peuples voisins. Hérodote met les Agathyrses au-delà. du Danube, dans la Transylvanie; d'autre part, il met les Trauses ( 5, 3 et 4) au nombre des nations thraces séparées des Agathyrses par l'Ister. Les Trauses, peuple thrace , habitoient donc alors au midi de l'Ister, à l'ouest des Gètes.

M. Larcher suppose , d'après un passage de Tite- Live , que les Thraces habitoient au sud du mont Hacmus , dans cette partie de la Thrace qui avoisine la mer Egée. Mais d'Hérodote k Tite-Live, quel immense intervalle de temps 1 Les hordes barbares changeant continuellement de place , les Trauses ont pu émigrer vers le midi.

Les Trauses habitoient probablement au-delà, de l'Harmus, entre cette chaîne de montagnes et l'Ister.

Hérodote donne l'énumération des principales ri-j vières qui tombent dans l'Ister sur ses rives droite et gauche.

Les rivières de la droite, c'est- h-dire de la Thrace, sont nommées dans l'ordre suivant : l'Atlas , l'Auras et le Tibisis, tous trois grands fleuves coulant des sommets du mont Hxmus vers le nord, -Tr^ji ^cpriv, 4; 49 > '• Viennent ensuite, en traversant la Thrace,

et fe pays des Thraces Crobyziens (cAà epuixtii n^ -mv KpoCu^av ) , i'Athrys , le Noès et l'Artanès.

De la Paeonie et du mont Rhodope coule le Cius, qui traverse l'Humus f /. /. ).

L'Angrus, coulant de l'IIIyrie vers le nord, traverse ia plaine Tribaiiicfue ( tuS^iov Tp. ) , et se jette dans le Brongus.

L'Angrus et le Brongus, dont l'un se jette dans l'autre, sont la Morava et la Nissava, fleuves de la Servie.

Le Cius d'Hérodote, qui est l'Oscius de Thucydide, le Scaeos de Strabon, l'QEscus de Pline, est évidemment la Zeker, ou Iskher, grande rivière de la Bulgarie, qui se jette dans fe Danube, vers le 22" degré de longitude, et qui traverse la ville de Sophie. C'est, en effet, la seule rivière de ces contrées qui dépasse la chaîne de l'Haemus, vers le à^T.." degré 30 minutes environ de latitude. La grande carte de M. Barbie n'exprime pas que la chaîne de l'Haemus se prolonge jusque là, quoique Hérodote l'étende jusqu'à la haute chaîne qui sépare aujourd'hui la Bulgarie de la Servie.

Avant de traverser cette partie de l'Haemus, sous le 42." degré (ce que ne désignent pas les meilleures cartes) , l'Oscius a déjà parcouru une vaste plaine entre i'Haemus et le mont que Thucydide appelle Scommius , et Hérodote le mont Rhodope. L'un, en effet, se rattache à l'autre.

C'est dans le Scommius de Thucydide , ou dans le Rhodope d'Hérodote, près des sources de l'Hébre, du

Page 1