LES BUDINS ET LES GELONS
[ Voyez Hérod. 4> 2.1, 22, &c. ] SOMMAIRE.
Silence des historiens anciens (Hérodote excepté ) sur les Budins. — On a parlé des Budins à satiété , s'écrie le commentateur de Pomponius- Mêlai et l'illustre d'Jnville ne leur donne aucun rang sur sa carte; et les modernes qui ont traité de l'histoire ancienne , se sont fortement mépris. Des recherches sur les Budins sont donc encore à faire. — Le C." J. Potocki à consulter; ses notions locales', utilement rapprochées du texte d'Hérodote.
iJ' Section. Texte d'Hérodote sur les Budins et les Gelons , et notes sur ce texte. Application des détails géographiques d'Hérodote à la géographie moderne.
II.' Section. Conséquences historiques et géographiques résultant du texte d'Hérodote. — I. Quelle position, il seroit facile d'assigner aux Budins sur les cartes modernes. — reAwra/. Conjecture sur les TiiAo) de Strabon , qualifiés de peuple scythique. — II. Quelle'difference existe entre les Budins et les Gelons. Les Hellènes donnoient aux Budins ,
prûbablement Scythes d'origine, le nom de Gelons; dénoîiiination justement blâmée par Hérodote, qui, au reste, ne cherche pas le motif (politique peut-être) de cette synonymie. Mots susdalois et grecs extraits d'un dictionnaire russe. Circonstances et faits racontés par Hérodote , lesquels portent A'I. Rennel à croire que le pays des Budins se trouvait dans celui des Susdalois , dont le dialecte est un mélange de scythe et de grec. — III. A qui , des Gelons ou des Budins , attribuer les murs , temples et maisons de bois , 1^ et vctoi. — IV. Les Budins se peignaient-ils le corps , ainsi que les Gelons I — V. Quels étaient leur habillement et leur nourriture!
Notes grammaticales éparses dans cet excursus. Chap. 2i..A«f/ç, l'action de tirer au sort une portion de terrain , et , par extension , portion de terrain. Erreur grave sur y^i^n, dont on fait un nom de peuple. Note de Wesseling adoptée sans le nommer. — Eh mu y-ux^Z <*p|. TO? M. A. 4j 2i> expliqué par le rapprochement de ^^ TOç A. liff M. 4» Il 6. — KctTOmpSt 5 au-dessus de , ne signifie pas toujours au nord : aussi est-il accompagné de -sçoèç iSopjff , 4; -2. — Ib, A7mc\ivovv fMif^oy, nous a donné l'idée de faire de à.7n>xXîvovTi deux rnots, et de lire t^ tfmxXivov t/. — Etti thvJ)iiOV à.va.Qa.ç. — To^tûiraç raé'a?, à tort, ce semble, qualifié âLànvé^mv — (Tctrâc/t, 4)8i, I, son acception souvent méconnue).— Ch. 109. Ev auTtrin— ttwTBâr, non compris. — iJ^m , terme familier aux écoles de Platon et d'Aristote, mais inconnu à Homère. icAt; ses acceptions, son étymologie, d'après un scholiaste de Théocrite. — r^*wwç, yXnuuKZ-m; , avec
notion de Glavx [chouette], — riuppoç signitte-t-il basané, comme le pense M. Corayî — ^S^.ipolgayia. Les Budins mangent-ils des poux! <p^i^<(iiy>i. — r-mv- Tii^û) non compris , et cependant expliqué et par v7n- ^l'ovTiç i7n^iXa.vvov7iç -, et par divers monumens historiques (4, 121 Sq.). n^ç jÎS >(^ n TetvaiJhç. Uç^ç,
dans un seul et même membre de phrase, construit avec un accusatif et un génitif. Conjecture sur cette construction remarquable, et remarquée, mais non expliquée, ih. 4, 4^ i Jy. — dç , restrictif
De tous les écrivains de l'antiquité, Hérodote est peut-être le seul qui fasse mention des Budins. Son histoire est assurément bien connue de ceux des modernes qui ont traité de l'histoire ancienne , tels que Mitfort, Gillies,Rollin. Ils ont néanmoins tous évité de parler de cette grande peuplade, arrêtés apparemment par les difficultés du texte et l'insuffisance des détails. Quant aux interprètes et critiques qui se sont occupés du texte d'Hérodote, ils me semblent avoir parfois mal saisi le sens de leur auteur. Le point de critique que nous annonçons est donc encore à traiter, quoi qu'en dise Joachim Vadianus ( 1 ] , qui s'abstient de parler de ce pffuple, parce que, dit-il, on en a parlé à satiété, de Budinis omnia ad fastidium nota sunt. D'Anviile
(i; Commentaire sur rompoiiiiis-AMa, liv. 1.
ignoroit sans doute ce mot de Vadianus ; il l'auroit encouragé à mettre au moins sur sa carte le nom des Budins,
Ce que d'estimables critiques ( i ) ont négligé , essayons de le faire , aidés de secours qui leur manquoient ou qu'ifs n'ont pas connus. Nous en avons trouvé dans un ouvrage aussi déprécié qu'il est peu connu , à cause de sa rareté, et qui a pour titre, Histoire primitive des peuples de la Russie, ouvrage déjà cité par nous [suprà, pag. 69, note i ).
L'auteur de ce livre promet un peu plus qu'il ne donne; car il manque parfois de critique, et souvent interprète les anciens d'après des traductions fautives. Tout en regrettant que, lorsqu'il parle d'antiquité et de géographie, il soit réduit à avouer (/, /. pag. 51 1 ) qu'il copie presque toujours M. I.archer ; tout en regrettant que ses citations grecques se hérissent d'autant de fautes qu'il y a de mots, on aimera à rappeler ses voyages lointains , entrepris par lui pour comparer avec fruit la Scythie des Russes avec celle d'Hérodote , et pour ajouter aux notions locales qu'il présente en grand nombre.
Nous consulterons donc avec confiance le comte J. Potocki, mais en remplissant une tâche qu'il a souvent négligée. Persuadés que la critique des mots est, en fait de recherches, l'élément premier pour parvenir à connoître l'histoire de l'esprit et des irtsti-
(i) M. Raoul-Rochette les nomme dans son Histoire de l'Etallissement des colonies grecques.