‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 97 sur 178 · I." PARTIE. L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. L'EUROPE

c'est-^-dire , entre clair et sourd, comme, dans les couleurs, çaioi tient le milieu entre Mukoç et //le'Aaj. lojuipyi ipwni répond kfusca vox des Latins.

Ces articles du savant Allemand donneront lieu aux remarques suivantes :

i.° <Pcuoi signifie fus eu s , ^auùv^i; est .expliqué par >yti/ji.-mvc^ç. Le schol. de Théocr. , 8 , 65, explique le composé Act/X7n!ti£jf par Xa/u.Trgju' ov^v, « 7!vj>fa.v. Voyez il/, les deux étymologies données par ce scholiaste, et de plus , ÏA/ex. de Lycoph. 333, dont X traduit Mcû^ç (pcuoug}» JbfMiVy par Mcerœ fuscum corpus. Notons, en passant, dit le scholiaste de Lycoph., que AlyERA, chien, en général , se dit en particulier de l'un des chiens d'Oriou , qui s'appelait Mœra ; et de plus, dit un autre scholiaste , qne/^^ se dit d'une chèvre blanche-noire, MuKofjiîXouvot. où^.

2° <t>atoç venant de ipÔM, signifie fuscus , subniger. Ceci demande explication.

(bauù a pour notion primitive , je fends , j'ouvre , donc je fais apparaître , je mets en lumière, je brille, je brûle: on a dit <pâù), ipâira, Çoimu, in lucem proféra ; puis <fa.va, (pa.tjm>, çiûvinu , uro. Or, ce qui est brûlé, de blanc tire bientôt sur le noir, par l'action du feu : quœ ustulantur, ex albis fusca funt.

Avoir présenté cette glose , c'est avoir donné l'étymologie certaine defuscus : en effet, foscus vient évidemment du fréquentatif ipâ«&) , ou plutôt ipoLvaxu,je brûle, je tire sur le noir. Les Latins, en employant le mot^jo/j pour désigner une couleur ^r/V^ ou noirâtre,

Zo6 GÉOGRAPHIE d'hÉRODOTE ,

se sont tenus bien près de l'analogie : en prononçant fuscus, on songe sur-le-champ à l'étymologie (pa.ù<!Ka>, et à l'idée de fréquence ( indiquée par la forme cwa ) , à la notion d'action répétée du feu , qui conduit à la notion de noirâtre; tandis qu'avec (pauoç, si voisin de (pâof, lumière, on est bien loin de la notion de noirâtre : 1"/ , qui a un sens si remarquable dans les désinences de quantité de noms et de verbes , auroit-il ici un sens , celui de tendance à , celui de désir, de fréquence. Je m'arrête à cette conjecture , que je tâcherai d'appuyer d'exemples analogues.

Page 1