PARTIE. — L'EUROPE
Achille à la cour de Lycomède , déguisé en fille sous le nom de Pyrrha, avertit que rufus est version du grec TTvpfov, et ajoute qu'il s'appeloit Pyrrha, quoniam capiU'is fiavis fuît : en sorte que voilà /Tt/ppà? traduit ici ^2x flavus. Flavus signifie blond ; quatit à rufus, if désigne la couleur qui n'est pas tout-à-fait rouge , rufus , color non plan} ruber (i). Hygin n'attachoit donc point du tout à TTvppoç l'idée de basané.
riuppov, en parlant des Budins , s'entendra donc uniquement du teint roux ou de la couleur rousse des cheveux des Budins ; de même que yXeujiùr se dira de leurs yeux pers.
M. Coray ne me semble pas interprète plus exact, lorsqu'il fait, dans sa version, une seule et même phrase, de deux phrases très-distinctes. Hippocrate, après avoir dit que la race scythique, dont les Budins sembleroient avoir fait partie, aies cheveux et le teint roux à cause du froid , en donne ensuite la raison dans une phrase explicative de la précédente. Or { c/è ) , par suite du froid, dit-il, la blancheur s'altère, et le teint ( de Manc qu' il était ) devient roux.
M. Larcher n'a pas bien entendu , non plus, ni le  (or), qui annonce la proposition explicative, ni vi XiuKÔvti t'mxtûtTOj, qu'il rend par la blancheur s'en-
(1) Maniai, lé. 14. Pline lui-même (lih. 10, cap. zç) établit une différence entre rufus et niger ou nigrescens [basané], puisqu'il cite un oiseau qui du niger passe au rufus. Grues, dit-il /. /., senectute nigrescunt: merula ex nigra rufescir.
2o4 GÉOGRAPHIE d'HÉRODOTE,
fiamme. II s'agit ici non d'inflammation, mais d'altération; idée qu'a très-bien aperçue M. Coray, et que renferme le ne borea penetrabile frigus adurat de Virgile ( 6^, i,p3 ). La version de M. Delille ne la représente pas ; mais M. Heyne la remarque dans son docte Commentaire,
Dans la définition précitée de Platon, ipa<6ç, qui s'y trouve, mérite d'autant mieux d'être noté, que H. Est. l'indique k l'article ipo/à, puis l'oublie entièrement. Hésychius , qui ne i'oublie pas, lui donne (ÀXom pour glose : mais Alberti , d'après un ms. , enseigne que (pailv n'est pas t^îxay, mais une couleur composée de noir et de blanc , X'î'i"* oi/vâtTiv c-x. /xiXctvoç nof MukoÎI, vtymv /j.vivov [fjLuivov, gris, noir- gris , autre mot omis par H. Estienne).
M. Schneider a fait, sur ipouoç, cet important article : « <S>a/oç , noir, noir-gris ; fuscus , pullus : comme Jùscu vox (une voix sourde, une voix couverte J , opposée à voix claire (Dion. Cass. p. 999 , Sextus Emp- p. • 3 3 ) > (pcua^; , Lycoph. 3 34» f'^^P'^i <pa.iov(jv JbfMv, quod est, wvtt (poin^v , perinde ac , XctiJi--mu£sv , de (pacç ou de ipeuoç. »
A ces notes de M. Schneider sur (fcuàç et (p<woti£ff, il n'est pas hors de propos de joindre son article lùixqioç (ij.
« 2o/iipèf. métaph.' ip&ii'i) tra/xipij , entre blanc et noir,
(1) Ici j'ai cru devoir changer quelques mots à la version de M. Schneider.