‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois indexChapitre 2 sur 72 · SOMMAIRE DES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

SOMMAIRE DES OBSERVATIONS

Plan nouveau de cet Allas. — Cartes ge'ographiques et plans de batailles exigeant des discussions consignées dans la géographie des trois grands historiens.— Noms des Tacticiens et Ge'ographes célèbres, par nous consultés. .— Aveu fait par avance d'imperfections, rachetées peut-être par des aperçus neufs. — L^IiUnible disciple des dWnviUe a pu se tromper, lorsque les maîtres ont failli tant de fois. — Géographie philologique? Géographie dégagée de toute discussion des tcar(es? — Géographie ancienne cousidéiée par époques, et prise dans les textes mêmes des trois grands historiens et autres. — ^Dans les genres qui, par leur nature, comportent peu de juges, la censure peut en imposer et aux gens du monde et même à des savans. Celle qui tait les découvertes est perfide , mais quel nom donner à celle qui dénonce comme erreurs f même les découvertes. — Mon Philologue dénigré en France par deux compilateurs, tandis que, chez Tétranger, il est cité souvent, traduit parfois avec Tintention annoncée d'en traduire quantité de morceaux.

Allocution à mon savant et conscientieux censeur, et à quatre ou cinq de ses vertueux- amis.

Selon le censeur, mes rco7iKir^a^J,isioriques et militaires et le Philologue qui les contient ont excité de vives réclamalionf! Si cela est, les Minisires Je la Guerre, etc., les ont, bien à toit, encouragées de leurs souscriptions. Mais non, ils n'ont point failli , témoin les fréquentes citations de ces recherches , par les étrangers, et l'honneur qu'ils m'ont fait de me traduire, et l'honneur qni m'est annoncé d'une plus ample traduciioii.

Observations sur le Chevalier da Follard, parfois romancier dans sa tactique ancienne, et parfois, faisant jilîpr les textes grecs à son système de la colonne.— Exposé de divers aperçus. — Historiens et poètes mis à coutribu-

(i) \j'Appendice à ma Géogr. ancienne et aux Batailles des anciens, répétera, pour cause, les Observations préliminaires. La Géographie philologique sera suivie, nous le répétons, d'une Grographie dégagée de toute discussion des textes.

ij OBSERV. PRELIMINAIRES.

tion. — Plans géographiques et mililaires utiles aux Tacliclcns, aux géographes qui y rencontreront des matériaux, aux instituteurs que les récils <]e combats et de sièges et que les termes de tactique arrêtent dans leurs lectures. — Cours graiui't de 22 ans.

Remarques adressées à M. Poppo qui cite fréquemment, 1° mon mémoire sur Thucydide et mon Philologue ; 2° qui , tout en ne me témoignant pas extrême bienveillance, adopte, mot pour mot, neuf pages de ce Philologue traduites en latin. — J. B. Gail quali&é de socors, mot latin mal expliqué par les financiers de la Chaussée d'Antin. — J. B. Gail accusé d'avoir pris un exemplaire broché (e. bro) pour une ville fameuse de la Grèce. — Petits livres d'AioIe de J. B. Gail avec notes {de sa façon) adoptées par de grands critiques éditeurs des grands classiques. — Ce qu'un philologue fameux appelle notes de ma façon se trouve souvent cité et traduit, taudis que les notes du savant fameux ne seront jamais traduites parce qu'elles sont de la façon de tout le monde. — Puisse le reproche de paresse adressé à bien des philologues illustres, les exciter à faire mieux et à ne pas faire Je mail — Par qui a été expliquée la locution géographique rà Iri ©pixjj;. Si c'est par M. Gallerer , pourquoi depuis lui, même dans ces dernières années, s'est-on continuellement mépris? — Scholies inédites de Thucydide. Annonce de secondes études sur cet historien et de nombreuses corrections et améliorations. Voy. infr. p. . . la note relative à cet appendice de mon Thucydide. — Rencontre singulière de Geoffroy i il invite l'Europe savante à l'écouler : et pour élte écouté, ce sont mes propres notes qu'il emprunte et copie; conjecture à la décharge d''un homme qui n'étant plus , ne peut se défendre. Plus d'un philologue se fait qualifier d'illustre , quoique n'offrant pas une seule note de lui en 3o à 4o mille citations : l'auteur de tant de plans géographiques et militaires s'esti- ' mera heureux, s'il est jugé utile et offrant à de plus habiles, de bons matériaux.— Annonce de la biographie de J. B. Gail par J. B. Gail lui-même.

1^' ATLAS que je présente se compose de deux parties qu'on peut unir ou séparer à volonic : 1° des tableaux cliionologiques des principaux faits de l'histoire avant l'ère vulgaire : a» de cent sept planches. Pour les tableaux chronologiques, je renvoie» l'avertissemeni qui les précède (i) , ]e ne parlerai , ici , que des planches et de l'analyse et des index qui les accompagnent, et plus d'une fois

(i) L'Avertissement des Tahleaux chronologiques , primitivement, ne faisoic mention que de la j" Mit. de mon Allas de 5^ planches. Je n'osois me flatter, alors, que 18 mois après seroil terminée la a« édition. Un nouveau frontispice des tableaux chronol. fera mention des \o-j planches de la V e'Jit. de l'Allas-

OBSERV, PRÉLIMmA.IRES. iij

de ma géogragrie d'Hérodote ( i ) qui ne peut se passer de cet Allas. J'ai publié eu 1 8 1 5 un Atlas de 54 cartes destinées à l'intelligence, surtout de Thucydide etdeXénophon ; me proposant , depuis bien des années, de donner la collection complète des œuvres des trois grands liistorieus de l'antiquilé, je devois naturellement commencer par Hérodote, mais une considération puissante m'arrctoit : Mon Thucydide publié avec l'agrément d'un confrère connu par l'aménité de ses mœurs (2) m'avoii iuscitc un rival mécontent (3) : me serois-je fait un ami de M. Larcher qui, doué d'ailleurs de qualités rares , agréoit peu les observations qui contrarioieat les siennes? Libre maintenant et exempt de ces craintes nuisibles aux progrès des sciences , et fidèle à notre plan de considérer , autant qu'il est en nous, la Géographie aucienne par époques, nous donnons , en suivant l'ordre des temps , la Géograpliie , 1° d'Hérodote , 20 de Thucydide, 3o de Xéuophon, 4» de Strabon, 5° oie Théocrite etc.; et en outre les plans des principales batailles décrites par les trois historiens.

Les cartes géographiques et plans de batailles ont néccisiié des discussions de texte , souvent même des mémoires fort étendus; ces discussions et ces mémoires se trouvent , soit dans ma Géographie (des trois grands historiens) dont les deux premiers volumes (4) paroissent sous le titre de Géographie d'Hérodote; soit dans six volumes du Philologue qu'on pourra se procurer séparément. En

(i) yautoW dû Viii)fe]eT Essais sur la géographie d'Hérodote. lE,a effet, à la suite d'une gcogniphie, d'abord grammalicale et philologique, je donnerai une géographie ancienne, dégagée de loule ducussion.

(a) \oy, pref. de ma Traduclioti frauçoise de Thucydide, p. 2.

(3) Et cependant, jamais je ne m'étois permis la moindre censure d'un ouvrage digne d'*Moges, malgré ses nombreuses imperfections, puisque M. Levesque traduisoit Thucydide poUr la 1" fois. Je dis pour la 1'* fois : car on ne peut appeler traductions, celbs de d'Ahlancourt et de Cl. S ; M. Levesque n'éloit devenu rival, mécontent, que par ce qu'on l'y avoit invité.

(4) Ces deu\ i"' vol. qui contiennent un essai sur la géographie d'Hérodote, font partie du Philologue. On peut se les procurer séparément avec un titre particulier ainsi que six vol. du Philologue souvent relatifs aux batailles. Yoy. le fol. verso du frontispice de la Geogr. d'fle'rcdote.

iv OBSERV. PRÈLIMmAIRES.

faveur de ceux qui n'ont pas ces six volumes , j'en ai extrait des fiagmens dans mon analj-se des cartes et plaus. Ce qui paroîtroit incomplet , se retrouvera dans le texte grec des trois grands histo riens , ou dans leurs traductions latines et françoises.

Pour l'intelligence de ces batailles, j'ai consulté les textes grecs avant tout ; et j'ai ensuite soumis le résultat de mes recherches aux plus célèbres tacticiens. MM. les Généraux INIarescot, Solémy , Carnot, Sorbier, plusieurs Ministres de sa Majesté, (i) et plusieurs militaires distingués ont daigné m'aider de leurs conseils et me tracer plusieurs -plans. ( Philol. t. i. p. 4 ) A côté de noms illustres, qu'il me soit permis de placer celui de M. Fadeville, jeune militaire, et l'un de mes anciens auditeurs, quia bien voulu "' me dessiner aussi divers plans. Quant aux cartes géographiques , j'en dois plusieurs à M. W. Gell , savant géographe anglois; deux à M. Lelronae ; sept à M. Barbie du Bocage, qui a bien voulu en dresser plusieurs conformément à mes mémoires, et porter l'indulgence jusqu'à me dire que mes observations pourroient bien lui êire profitables : eu sone que mon confière me parloit de sa recon- . noissance, lorsque je ne trouvois pas d'expressions pour lui témoigner la mienne. Maisle jilus grand nombre est de l'un de mes auditeurs el amis j^ M. Isambert, dont le zcle est au-dessus de tout éloge ( Voy. ma géographie d'Hérodote, t. i, p. i4 ).

Je crois avoir mis, à ce travail , toute l'application dont j'éiois capable. Malgré tant d'efforts, je doi* lo <!■■ c, ci Taveu que j'en fais n'a rien de pénible pour l'amour propre (2) , un assez grand nombre de fautes m'aura nécessairement échappé : ici, des répélitions ; là , des lacunes; ailleurs, des erreurs combattues par nous et cepen-

(1) Parmi lesquels, M. le marquis de la Maison-Fort, à qui rou devra bicnlût , je Tesptre, des reclierclms sur les Sc^ llies.

(t) Il n'y a d'infaillibles que les Philolci^iies compilateurs el faiseurs de r<!i)ertoires qui, très-iuiics sans doute, ne donncnl pas le droil de juger ceux qui se donnent la peine de chercher nxec csimir de trouver. L'averlisseuient de mou Hérodote, p. xw, et de ma gcogr. d'IIcrodolç, cl le prospectus de mon l'Iiilo- Iciguc , fuul assez coiiuoUrc mon admiration et ma Iiaulc esUmc pour les vrais pLilologue».

OBSERV. PRELIMINAIRES. v

dant reproduites (i); ailleurs encore pas assez de précision dans les échelles, pas assez d'exaciiiude dans la configuraliou des côles de la Grèce, par exemple. (2) Ces fautes et autres (3) je les confesse à l'avance j et je consens, comme je le dois, aies rectifier, pourvu que le censeur qui voudra bien me les transmettre, ne s'enorgueillisse pas trop des remarques qu'il répétera d'après dos maîtres en géograpliie ; pourvu qu'il considère que, lorsque les maîtres ont failli tant de fois , l'humble disciple et admirateur des d'Anville a pu se tromper ; que pour diminuer le nombre des me'prises , je me siiis engagé dans une route neuve et difficile à parcourir. Sans dédaigner 1 es auteurs de répertoires (4) , j'ai désiré faire mieux que ces utiles érudils , cherchant des vérités géographiques dans des textes grecs laborieusement discutés; dans le sens des désinences (5) , et dans

(1) Ainsi, après avoir démon Iré que les Tlijniens et les Bilbyniens sont un seul et même peuple, j'ai laisse', avec cl d'après d'Aqville, subsister les deux provinces qu'où leur attiibue. Ainsi, les Bebryces (que des textes de Théocrite mal interprëlës mettent à l'entrée du pont Euxin, immédiatement à la sortie des

Cjanées) sont laissés à l'emplacement inexact qu'on leur attribue. Avant d'essayer certaines corrections, ne devois-je pas attendre la décision des grands maîtres. Ainsi, p). ]g, Delphes ou Pjlhoj ce que nous prouverons être fautif, etc., etc.

(2) J'espère donner bientôt la Grèce de Thucydide; et là, je profiterai des documens que nous devons à divers François, Anglois, Russes, etautres.

(3) A côté des cartes bien gravées, diverses caries gravées par un artiste médiocre (la pi. 82 par ex,). Mais celte carie, telle qu'elle est, j'ose le dire , corrige des erreurs et présente de véritables découvertes. Voj. Esnais sur les pre'p. , p. 86, notre censure de la carte de ÏHeUade.

(4) A l'aide de ces répertoires, j'aurois ciic par ex. de nombreuses peuplades deThraces, desDobères, de Pœoplcs, de Péouiens, soit d'Europe, soit d'Asie; et à mon tour, je faisois, sans beaucoup de fatigue, un ample répertoire; mais j'ai préféré faire moins et miens. Si parfois , à force de recherches , j'y suis parvenu, on me pardonnera dans ma géographie d'Hérodote et airties, d'avoir tantôt épuisé la matière, cl tantôt de l'avoir, pour cause, seulement effleurée.

(5) Témoin, entre vingt exemples, la désinence <a dans fi 'OhxiiiTTÎx, laquelle, seule, antérieurement à toutes les considérations historiques et logiques, a éveillé mon allention, et m'a conduit à celle vérité qu'il n'y avoit jamais eu de ville d'Olympie. Témoin la Daulie, que le savant M. l'oppo (Tliuc. t. Il, p. 298) croît être hameau, mais que sa désinence me porleroit à regarder comme territoire.

vj OBSERV. PRÉLIMINAIRES,

celui des prépositions , pour la première fois (i) ccnsidére'es soigneusement , sous les rapports géographiques. Que la censure soit exercée ; mais que le censeur rende quelque justice à des vérités qui peuvent racheter ces taches dont le poète disoit , (juas aitt incuria fudit , mit humana paruni cinnl ualura : pourvu encore que non content de faire ces découvertes, il ne les dénature pas, ou même ne les dénonce pas comme erreurs ; les condamnant arbitrair ement comme coupables du seul crimede n'être passonouvrage : car il faut que, malgré moi , je fasse une pénible révélation, et que je m'adresse directement au censeur lui-même. « Pourquoi, luidirai-je, avant d'envoyer , à l'imprimerie, l'article qui me concerne (2), un article auquel votre nom que vous avez refusé eût servi de correctif, pourquoi vous, mon ancien ami, n'êtes-vous pas venu me voir ' je vous eusse épargné ce qu'il me coûte d'appeler une honteuse iniquité. Je vous aurois dit: vous avez condamné mou opinion sur l'Olympie : vous avez cru que , dès que vous aviez ^^r\c,\o\ii àe\'\ezà'ne,l' Inslitiil a prononce [Z). Vous, mon cher ami , qui, avec de l'esprit, n'avez encore fait aucune découverte

(i) La préface et la table de mes Essais sur les prdp. et VIndex de ma géographie d'Hérodote prouveront que les criliques du i" ordre avoient entièrement négligé le sujet que j'annonce. JVu ai déj.i publié un volume; lorsque j'aurai recueilli en 2 ou 3 volumes un assez grand nombre d'exemples; alors , revenant .sur mon sujet, je publierai, en un petit nombre de pages, mon snppléiiient à la grammaire grecque. J'y reviendrai dans ma Biogcaphie, où nous parlerons de ce que nous avons fait pour l'enseienemont Ju grec.

(a) Quantité d'articles dei biograpbies sont faits par les parties intéressées , qui, de leur vivant, soignent leur immortalité. Le mien avoil élé fait, d'abord, par un de mes auditeurs. Avant de l'envoyer , il me l'avoit lu. — Citez les faits , lui dis-je; mais supprimez les éloges: je n'en veux pas, et d'ailleurs, ils seront supprimés par l'éiudit reviseur des articles sur les liellcnistes. On fit plus que je u'avois prévu; M, le réviseur supprim.i les éloges que .s'obstinoit à me donner un disciple ami , et les remplaça par des calomnies. Ailleurs , je parlerai du censeur et de ses obéis^ants «mis.

(3) Selon M., Ul confrères de M. Gail n'ont point approuvé. Il falloit dire des (ou deux) confrères. Je ne veux pas dire plus : car il seroit fàcbeux que beaucoup de savans eussent clé scandalisé» d'une découverte. — Mon opinion sur Plaide, sur Marathon, Delplia, a été égaleinonl ridiculisée; mais voy. '"/'■ P- 'îi f J' f'idfx , p. a3 S(}. ay fq. etc.

OBSERV. PRÉLIMIINAIRES. vij

quelconque, vous bornant modestement à compiler, vous avez tort de vous croire, à vous seul, le représentant et l'oracle de la science. Votre jugement n'est pas celui de l'Iuslitut : car mon opinion, apparemment jugée non paradoxale, vient d'être insérée dans les mémoires de l'Académie, et divers savans d'Angleterre, d'Allemagne et de France l'ont qualifiée de découverte.

Après avoir appris à vos lecteurs que mes recherches militaires (que ce Philologue qui les contient ) avoient pareillement excité de vives réclamations, vous rangez, au nombre de mes rêves, ma bataille de Manlinée : c'est flatter la passion surtout d'un certain adversaire; c'est faire repentir plusieurs Ministres et spécialement celui de la guerre (i) des encouragemens qu'ils ont daigné accordera mes recherches sur les batailles des anciens, et à ce Philologue assez souvent cité, et même, parfois, traduit en Allemagne. Mais en me nuisant, en vons efforçant de rendre inutiles tant de sacrifices pécuniaires que j'ai faits à la science, vous les avez trompés : car d'après ce mémoire qui , proscrit par vous , a obtenu d'honorables suffrages, il faudra désormais , suppléant au sileuce de Follard de Barthélémy, de Larcher et de tous les modernes qui, chez l'étranger, comme chez nous, ont écrit sur l'histoire ancienne, restituer à la chronologie et à l'histoire une bataille importante; et , au lieu de deux batailles de Manlinée, en placer désormais trois dans les époques de l'histoire et dans les batailles des anciens.

Il faudra désormais admettre et mon opinion sur Mardonius qu'on a mal jugé d'après des icAtca mal interprétés, et mes recherches historiques sur Silalcès de qui RoUin (2) se borne à dire

(i) Tandis que, choz l'étrauger, on daigne citer, traduire, parfois, mon Philologue, avec l'intention annoncée d'en traduire quantité de morceaux, on met, ou du moins, on a mis tout en œuvre auprès d'un ministre pour déconsidérer ce même Philologue. On ne manquoit pas sans doute de montrer à son Esc. ou de citer les deux biographies qui le dénigrent et d'ajouter : roui le voyez, Monseigneur, M. Gail se tail : donc il esl honteux de son Philologue. Donc, nous sommet des censeurs honnêtes gens! Fort lieureusement, leurs Exe. n'ont pas encore été convaincues : et grâces à leurs lionojables suffrages, je continuerai le Philologue dont 5 à 6 vol. se distribuent séparément.

(2) Hist. Ane. t. I, p. 535 et non 533 (édit. de la veuve Estienue, Paris, 1738), comme le dit la table des matières.

viij OBSERV. PRÉLIMINAIRES.

qu'il fit alliance avec Athènes, mais que je crois avoir justement représenté comme digue, par ses talens militaires et la supériorité de ses vues administratives , du surnom d'Epaminondas de la. Thrace : sujet historique que le rapporteur des travaux de l'Institut juge absolument neuf (i), et qui a paru tel à deux savans Allemands qui l'ont adopté et traduit eu latin (2).

Dans une biographie postérieure à celle de mon censeur , un de ses confédérés a répété, fidèle écho, 10 que moii opinion sur rOlympie et sur les batailles de Mantinée et de Marathon même étoit paradoxale; 2o qu'à la vérité, j'avois prouvé du zèle dans mes cours, mais un zèle sans succès.

J'ai répondu aux clameurs contre mes recherches militaires et géographiques. R.épondons brièvement aa second grief. J'ai prouvé du zèle : maisle zèle (témoin, par exemple^ mon cours gmiuit de 22 ans) est-il donc peu de chose ?

Imprudent ami de mon censeur ! ce zèle sans exemple dans notre Université de France (3) ne devoit-il pas vous commander respecta ma vieillesse, à une vie dévouée toute entière, gratuitement (4) et obscurément à l'enseignement du grec dans notre Université? Eu voulant ( bonheur que vous n'obtiendrez pas ) troubler le repos de mes vieux ans, vous avez aflligé de nonibreux auditeurs.

Mon cours , dites-vous , a eu peu de succès. Vous mentez à votre conscience : car c'esl dans l'intervalle de ce cours gratuit de 11 années que j'ai composé, i » me' «■«<«" J'" '" désinences , ouvrage, dit M. Augerde l'Académie Françoise, qui sera utilement consulté pour la confeclioa du dictionnaire de l'Académie Françoise :

(1) Rapports de l'Ijislilut, année i8i3 , p. aa. (a) Ainsi que M. Poppo , l. II (le son Thucydide.

(3) « Peiidaut que les révolutions se succédoicnt , dit le second censeur, M. Gail uniquement occupé de ses travaux, scn^bloit comme Archimède, élraager à ce qui se passoit .luloui' de lui ». Voilà certes uo éloge, mais dont TeOeC est eiiticrcinent détruit par l'impertinent mensonge qui le précède, et par ce qui le suit.

(4) En outre de ce cours graluU do 2î ans donne si utilement au Collt''ge Ru) al, l'ai été, aussi gratuitement , profeiseur Irois ans, au collège Louis-Ie-Grand.

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. ii

1° Grammaire Grecque, où je combals les savans du premier ordre qui faisoient de l'étude du grec une science occuJte, oii je renverse le triste échafaudage de nombreuses conjugaisons et le système des figuratives et des pénultièmes, où je corrige quantité de fautes graves , de barbarismes qui déshonoroient l'enseignement de l'Université. 3° Ces essais sur les prépositions considérées sous les rapports (fort négligés) de géographie, de tactique, etc., etc., etc., ouvrage qui sera un utile supplément à nos grammaires grecques. Mon cours a eu peu de succès .' vous meuiez à votre conscience: car, vous le savez, le cours élémentaire qui, suivant roxpression de monsieur Let. , a décidé plus d'une vocation , avoit jusqu'à 3oo et 4oo auditeurs par séance ; et parmi les auditeurs qui ont passé du cours élémentaire au cours de littérature , cinq à six ont obtenu en huit à dix ans le prix de l'Institut : parmi eux , je nommerai M. Letronne , M. Chanipollion, M. Rolle, mon fils, etc., etc. Ce cours a donc eu le plus grand des succès ! voyez ce qu'en dit le livre intitulé, Harangues des Historiens grecs par M. Longueville, jeune savant plein d'honneur, et d'ailleurs bien digne de foi , puisqu'il est l'ami de l'un de mes ardens adversaires.

Les biographies de mes deux censeurs , traduites chez l'étranger , discréditent à l'avance et mon Philologue et les recherches militaires qu'il contient , et mon atlas et ma géographie d'Hérodole. Je devois donc, mêmedansl'inléiètde la science, ne pasattendrel'époque de la publication de ma propre biographie, et vaincre ma répugnance à révéler les perfidies (i) de cinq à six anonymes , à signaler des calomniateurs qui, audacieux de mon vivant {me l'/Vo , vidente , legente, audienle), s'eCforceront , quand je ne serai plus , de donner quelque couleur k leurs calomnies. Ma résistance m'attirera de nou-

(i) «M. Gail, dit encore mon censeur, indique comme imprima à Ebio , un Anacréon désigné dans un catalogue par les lettres e , bro. n. Quoi ! Ton se permet en i8ii un si impudent mensonge, lorsqu'en 1806 , p. xvj des Obs. préiim. de ma clef d'Homère et pass. , j'avertis que c'est M. le ministre iSIaron qui a luimême , pour plusieurs causes , corrigé l'index bibliographique de mou Anacréon I Et quand bien même j'aurois commis la faute, est-ce donc d'après une faute, même grave, que l'on juge la vie entière d'un homme?

X OBSERV. PHELIMI^AIRES.

velles et viruleaies attaques (i) ■ mais ma vie toute entière sera mon apologie et ma meilleure réponse. Jamais je ne nuisis à personne ; j'ai fait du bien à plusieurs, même à deux de mes dénigrants censeurs : j'ai payé ma dette à l'Université de France par aa années d'enseignement gratuù (2). Une vie laborieuse , utile et pure m'élèvera donc au-dessus de toute crainte , dût une puissance malfaisante s'accroître et me fermer tout accès auprès des journaux accrédités ! (au reste leur silence me sera désormais moins nuisible; car mes ouvrages sont maintenaut tirés à fort petit nombre : ma géographie d'Hérodote a moins de 400 exemplaires in-8°).

Le Clievalier de FoUard'ne juge ni Mardonius ni Sitalcès; il se tait pareillement sur les batailles de Mantince et de Marathon que j'ai soigneusement discutées. Il ne dit rien de la première bataille de Mantinée, (3) parce qu'apparemment avec l'inintelli-

(i) Ils diront, parce que je résiste , que je suis un ennemi du repos d'autrui , un homme aimanta guerroyer j qu'il seroit d'un homme supérieur de se laisser calomnier, déchirer^ qu'on ne lit pas des biographes (que l'on traduit chez l'étranger), des libelles dont a fait des livres de bibliotbèquej des articles virulents (dont leurs auteurs ont fait tirer de uouibteus. exemplaires qu'ils montrent innocemment à des curieux), etc., etc. Et moi, je leur répondrai, que s'ils continuent leur rôle de libellistes anonymes, sHls ne donnent pas , en se nommant, le correctif à leurs diatribes , je les nommerai moi-même, je rendrai publique la perfide correspondance du coryphée de la coterie; et à la suite d'un exposé des services que je me suis effaicé de rendre, je prierai ce coryphée et ses confédérés, philologues compilateurs, de m'indiquer une seule note de leuryaçon. L'un d'eux a de l'esprit : puisse le reproche d'inutilité que je lui adresse l'eiciler à faire mieux , et i ne pas laue le niall

(î) A ces vingt-deux années, joignez trois années de professer. .t et de leçous également gratuites au colUge Louis-le Grand. Deux proviseurs des Collèges Royaux de Paris (parmi lesquels, M. Auvrai), et' la moitié des professeurs de l'Université de France ont suivi mes cours. Aussi, quand je ne serai plus, disoit dernièrement un journal , l'Université de France me proclamer.! l'uu de ses plus zélés bienfaiteurs.

(3) Sur cette i" bataille, voy. mon 2' Index, p. 47. — Sur la V bataille, voy. ibid. , pi. 76, 77, p. 60 iij. Follard place à la droite de l'armée ce qui eut lieu h ta gauche, — Ibid. u* Index, p. 63, parle d'im.igination , n'étant autorisé, ni par Xcn. , ni par ïiioAoTC. — Ibid. admire dans Xénophon ce qu'il ne dit pas. — fbid. p. 6{ , lign. 3 sf/., Follard, inventeur dans ta description de la bataille de Mautiuce, fait moins admirer Epamiuondas que

OBSERV. PEELIMl>\YIRES. xj

gible iiiterprétalion du texte de Thucydide par d'A-blancourt , il ne pouvoit faire de la tactique. 11 parle de la deuxième (dite à tort la première) , parce que le texte de Xe'nophon a moins embarrassé d'A.blancourt. Mais même avec des facilités, la seconde bataille de Manlinée par Follard est un roman où ce savant fait plier les textes grecs à son système delà colonne (i). Non seulement les traducteurs d'Ablanconrt et Durié sont pour lui des oracles : mais de plus , quand il les cite, il annonce, ici, que c'est Thucydide qu'on entend (i) : là, que c'est Hérodote qui raconte (3)i Dans une partie du Siège de Platée (p. 48 ) dont le texte grec est souvent mal rendu par Juste-Lipse et par Follard , ce dernier j^e trouve exempt de fautes , parce que le passage difficile est omis par lui et par d'A.blancourt son guide : assertion que nous justifierons dans nos batailles des anciens.

Le nom de Follard, même en fait de tactique ancienne , est une grande autorité , en France et chez l'étranger. Je devois donc, (4) sans nuire à une réputation d'ailleurs méritée , prouver qu'il étoit admiré , souvent sans motif , des hellénistes non tacticiens et des tacticiens non hellénistes : je devois , en relevant ses méprises helléniques, m'efforcer de remplir des lacunes existantes dans l'histoire de la lactique des anciens.

Les index de mon y4clas et de ma géographie d'Hérodote annoncent des recherches géographiques et militaires. Peut-être paroîtrai-je offrir des découvertes lorsque j'avertis qu'en mille passages les grammairiens et les géographes se trompent soit en traduisant >t 0),ju7r6a par la ville d'Olympie (car il n'a jamais existé de villed'01ympie),soiten déclarant synonymes i; &piv.r, et ri èrziSpim,:;

l'incapacité de ses adversaires» /Jid. et p. 68, il fait attaquer par l'aile droite, tandis que ce fut l'aile gauche qui attaqua l'ennemi. Follard paroît n'avoir pas compris le terme de tactique, 'én^ohcv, le marteau. — Ib. p- 71 , u'a pas saisi dans son ensemble le beau plan d'Epaminondas.

(i) Voy. ibid. p. 70.

(a) Voy. Polybe de Follard, t. I, p. la,

(3) /iid. t. V,p.3o4.

(4) Voy. au 2« Index, pi. 77, p, 62, liv. V et VI, le plan de Follard.

xij OBSERV. PRÉLIMINAIRES,

({u'il faut admettre sur nos cartes la dénomination géographique ou du moins politique d'épithrace ou villes épithraces , ou villes et colonies grecques situées sur le littoral de la Tlirace (pi. Sg) , ce qui restitue à l'iiistoire et à la géographie une région égale en durée à la puissance d'Athènes et de Sparte ; que l'epilhrace est une de ces locutions géographiques, qui, tenant à des circonstances politiques , naissent et meurent avec elles; que très-probablement, les irois grands historiens n'ont pas connu de ville de Delphes '^P^' '9)j 1"^ chez eux, ci AeV^oV, les Delphieiis , rappelle les 11 bourgades habitées par les Delphiens ( Thuc. Schol. i, 112, 3), et non la ville de Delphes; que chez eux, il n'a pas plus existé de ville de Delphes, qu'il n'exista de ville d'Athènes avant Thésée; que placer, sur les cartes, Delphes , comme nom de ville , c'est aller contre le génie de la langue et commettre un anachronisme; qu'à ia vérité Pausanias (10, 8, p. 818, 45, 2) donne aux Delphiens une ville proprement dite , une astu (a<rTu) , mais qu'il a pu être induit cil erreur par la polis (roXt;J d'Hérodote (8, 36 , 2) , mot qui vulgairement rendu par ville , a donné lieu ii une création gratuite de quantité de villes ; qucP^tho ( Iljflw ou Ae/yi; Trirpsc Tliéocr. ep. i. résidence de l'oracle indiquée par le ttuSuàv MavTEÏou de Sophocle El. 8, 02, 33), où tout récemment encore, un savant voyoit l'oracle de la ville de Delphes , a pu s'appeler ville du temps de Strabon (g, p. 640) ou de Justin ; mais que Larcher , Dutheii , et les (l'Anvillc, bien à tort, qualifient du nom de ville la Pytho des temps anciens (Voy. 7.' index p. 23 sq.) ; que iiam (^Iliéron) , enceinte iV7c/ite, doit s'entendre, non d'un cdilice consacre au culte, mais d'une étendue de terrain consacré , tantôt sans édifice, et tantôt avec édifices et monumens nombreux , avec forêts et bosquets ; ce qui rend raison d'obscénités que le savant Larcher el même l'illustre Barthélémy font commettre dans les teuiples; qu'il est plus qu'inexact de rendre par le sea\ mol temple , deux termes aussi distincts que vxoç (naos) , temple proprement dit , et hoov ( Hicron ) , enceinte sacrée qui pouvoit n'avoir pas de temple; qu'il faut absolument, la confusion des mots amenant la confusion des idées, i" retirer à t pov l'acception àeti-mplc , qu'il n'a pas, et la restituer

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. xiij.

à vîto;, à qui elle appartient; 2° franciser upov {Hiéron), et inviter les c'trimgers à admettre ce ternie grec dans leur langue ; qu'il faut (recherches faites à l'occasion de l'Hie'ron d'Apollon) rejeter , avec l'ingénieux Macrobe , la doctrine exotérique qui fait d'Apollon Aùzîioç un dieu tueur de loups , et lui préférer, chez les tragiques surtout, la doctrine ésoterique , celle des initiées qui fait Apollon , dieu soleil, dieu purificateur , dieu du jour, doctrine que rappelle AuxàSaç {Lucabas) employé au lieu d'Iro; {année) sur tant d'inscriptions et de médailles.

Ces jours derniers (fin d'avril 1824), un savant se déclaroit , m'a-t-on dit, sans argument quelconque, contre mon interprétation de AOzîioj. Mais après avoir lu mes observations sur Apollon Aùzstoj (Philolog. T. 1 , 298 sq.), des lecteurs impartiaux préféreront peutêtre Apollon dieu du jour , à Apollon tueur de loups. Certes c'étoit Apollon dieu du jour, dieu purificateur, que le grandprètre iuvoquoil, lorsque la peste désoloit Thcbes , et non , Apollon tueur de loups. Apollon Lycien invoqué comme dieu du jour,pourroit être, et sansdoute,étoitégalenient invoqué commeun autre Mars, puisqu'on le représcntoit, à Athènes, portant un arc à sa main gauche. Ou comparoit quelquefois le dieu porte-feu , le dieu Vulcain (Philol. t. i, p. 108), au dieu Mars : pourquoi n'accorderoit-on pas le même honneur à Apollon dans le v. 146 des sept devant Tlièbes d'jEschyle .'

Ces divers aperçus résultent de la discussion de tous les textes des trois grands historiens ; mais citons, en partie, des vérités, résultantes de l'examen des textes de chacun d'eux. Nous mettrons ainsi le public à portée de juger notre travail.

Hérodote. Dans l'itinéraire de Darius (pi. 51 , nous voyons le Bosphore de Thrace désigné sous le nom de Bosphore de la Chalcédonie :■ une carte détaillée de cet itinéraire doit conserver l'antique dénomination , Bosphore de Chalce'donie ; indiquer le détour de Darius vers les îles Cyanées; marquer à l'embouchure du Pont- Euiin, deux hiérons , l'un à droite, l'autre à gauche, tous deux omis par la plupart des géographes , d'Anville excepté qui en donne un; et en outre, indiquer l'Artiscus qui traverse l'Odrysie , et sur ses bords , le monument de pierre érigé par Darius , elc , etc.-

xiv OBSERV. PRÉLIMINAIRES.

Ea suivant Xersès (r)dans sa marche (pi. lO), ou voit, i" que l'on a tort de mettre agora en avant de cardia; 2° que la Maronée, la Dicée ne sont pas plus villes que l'Olympie ( pi. 3o ) , que la Némée, que la Daulie, qu'Uranopolis (pi. 17); 3° que le mont Pangée ne renferme pas la portion de Dobères et de Pœoples nommés par Hérodote ; que Xerxès, dans sa route, n'a point passé le long de ces PaeonienSj comme lepensentLarcheretautressavaus, ne tenant aucun compte des prépositions, car Xerxès avoit le Pangée enlre lui et les Pœoniens (additinns , p. 121); 4° qu'une lacune solemnellement annoncée dans l'itinéraire de Xerxès n'existe pas ; 5° que la flotte de Xerxès ne passa point pi es de Torcne, puisqu'elle coupa court du Cap Ampelos au Cap Canastraeen (2"^ index , p. 12, 1 3) , etc. , etc. , etc.

Suivant les Perses dans leurs diverses batailles , nous avons marqué sur la carte des Thermopyles (pi. io) trois points- bien distincts. Sur celle delà Doride, delà Locride,de la Phocide , (pi. 18) , suppléant à une omission grave de d'Anville , nous avons indiqué artemisium mer, et artemisium , hiéron d'Artemis {Diane) : omettre celte distinction, c'étoit supprimer un point de départ, et un moyen de calculer les distances , etc. , etc., etc.

II. Thucydide. D'Hérodote arrivant à Thucydide, nous avons insisté sur l'une des plus mémorables batailles navales de Grecs contre des Grecs, la bataille des Sybotes (pi. 34).

Ce que les cartes antérieures laissoient à désirer nous a été, en partie, révélé par des textes. D'après les textes, nous avons cru pouvoir affirmer en 1817 , fort long-temps avant la publication du voyage de M. Pouqueville, des vérités géographiques indiquées , pi. 34 (et Philol. T. 4, p. iSg — 155) , et remarquer plusieurs erreurs ou omissions de d'Anville (Phil. ib. p. 1 48) et autres.

Nous avons appris de Thucydide qu'aux époques qu'il décrit , le nom de Laconie renferme celui de cette Messénie détruite par I.acidémonc (pi. 85) , et qu'ainsi le nom de Messénie ne doit pas se trouver sur les caries faites pour les époques précitées; que le

(1) Voy. pi. II , 36, 37 , Xerïès tiarersant l'Hellespont , et Giog. d'H. t. II, p i8j-25o, eic

OBSERV. PRÉLIMINA-mES. xv

fameux bourg et port d'Aiilis (pi. 43 ) sur la position duquel diffèrent Delille et d'Anville , doit être placé à l'ouest de Chalcis et non loin de la jetée; que Mycalesse, rapprochée des bords du détroit par de savans Géographes , doit être reculée dans l'intérieur des terres; qn'Jrrhianes, omis par d'Anville, doit avoir place dans les cartes, et que le cap Cjnossème doit être entre Idacus et Arrhianes et non au-delà, comme le veut d'Anville (pi. 37 , et Géogr. d'Hcr. t. 2 , p. 248 57.); qu'il faut désormais , citer , et cette expédition de Mycalesse oubliée par les modernes , quoiqu'elle ait obtenu les honneurs d'une statue à Diilrèphes , exterminateur des Mycalessiens (pi. 43) , et ces sièges de Platée (pi. 25 26, 27, 46, 47 1 48) dont Juste-Lipse et d'autres ont inexactement expliqué les textes, et celte première bataille de Mantinée (pi. 61) dont le nom n'est pas même prononcé par les modernes (à raison des difficultés du texte, et non parce que le souvenir de la 2= bataille avoil effacé le souvenir de la première, comme le pense M. Malte-Brun (quotidienne, 3o septembre i8i6);etrh]Stoire de ceSitalcès qu'on peut surnommer l'Epaminondas de la Thrace, et dont cependant les historiens n'ont pas plus aperçu le royauiue que les commentateurs n'ont discuté philologiquement les textes frecs relatifs soit à sa Thrace Odrysienne , soit à ces Gouverneurs qui relevoient du roi des Odryses, et que les antiquaires Cari, Eckel et autres savans , ont , mal à propos , rangé parmi les rois de Thrace.

m. Xénophon. L'itinéraire des Grecs depuis Sardes jusqu'à Cunaxa, et ensuite depuis Cunaxa jusque dans leur patrie , nous a révélé entr'autres vérités, 1° qu'il falloit rapprocher les Taoques , de plus de trois dégrés de longitude , des côtes du Pont-Euxin (pi. 66, et mon auctarium Xënoph. ç. 3Zq — 38o); 2° que sur la rive droite duPoui-Euxin, où Larcher cite un port (lieu propre à recevoir des vaisseaux), il faut voir désormais, et désormais placer, sur nos cartes , une péninsule inaperçue jusqu'ici {additions, pi. 106). (Voy. pi. 56 et 5; , le Pirée, tel qu'il étoit sous la domiuation des 400.)

IV. ly^ratoK. La Géographie d'Hérodote et sa Scythie nous ont conduits nalurellement à des recherches sur une partie importante

xvj OBSERV. PRÉLIMIMIRES.

de la Russie ancienne et moderne (pi. loi , loa), d'après Strabon; et sur plusieurs points d'antiquités égyptiennes , voy. pi. 9a — gS ; et Polybe ,\)\. 91.

V. Sophocle et Z'AeocnVe. Les poètes méritent, souvent autant que les historiens mêmes, d'être suivis dans leurs détails géographiques. D'après le premier , nous offrons une carte de l'Hiéron et dême de Colone ; et d'après le second, un exposé , en deux cartes , des connoissances géographiques du temps de Théocrite. ~-

Plusieurs Philologues, se faisant appeler illustres par des camarades, ne présentent pas dans 3o à 4° niille notes, une seule note d'eux. Mon travail , qui certes ne se compose pas de notes mises en circulation depuis un siècle, obtiendra doiic, malgré ses imperfections , un peu d'indulgence.

Tant de plans géographiques et militaires et tant de matériaux utiles au Tacticien, au Géographe, à ceux qui aspirent à la noble fonction d'historien, seront accueillis, sans doute, par les jeunes instituteurs que les récits de combats et de sièges et les termes de Tactique (i) arrêtent à chaque instant dans la lecture des anciens. Ils ont, d'ailleurs , été préparés à beaucoup de bienveillance par ce cours élémentaire graltiit de langue grecque qui , fait durant 22 années , au milieu de nos discordes civiles , à une époque oii les fils de la tradition étoient rompus, a conservé le feu sacré et ranimé le goût delà plus belle des langues, et suivant la remarque de M. Letr. , décidé plus d'une vocation.

Sij'aijail quelque bien , c'est mon plus bel ouvrage,

J.-B. G. A M. 1 IIËDËRIC POPPO.

Je croyois, Monsieur, mes observations préliminaires terminées, lorsque mon libraire m'envoya votre Thucydide. Je l'ouvris à l'instant : mes premiers regards se portèrent sur les pages où vous jugez Silalcès,rÉpaminondasde la Thrace. Quelle fut ma satisfaction , lorsque je vis que M. Jul. Oehme avoit textuellement et mot

(1) Les commentateurs et lexicographes n'accordent qu'une médiocre attention aux terme* de tactique : il en est même que ne donnent, ni îï. Estienne , ui HetTcliius, ni Pollux, tels que vofXTU/ùtiiJJCTX de l'jlybe, vmi7MiifnaTa, etc.

OBSERA?. PRÉLIMINA.TRES. xvij

pour mot, traduit de françois en latin 9 pages de mon Philologue (t. 3, p. 354— 364), et <î>ie cette version des 9 pages , vous l'aviez entièrement adoptée : que déplus, vous citiez souvent mon mémoire iurTlmcjdide. Enfin, me disois-je, M. Poppo, autrefois, partial, avoit déclaré qu'il n'auroit rien de commun avec les hommes de la grande nation qui n'écriroient pas en latin ou en grec. Maintenant adouci, ce savant se résigne à voir son ancien dans les rangs des hommes studieux qui s'efforcent de bien mériter de la science.

La pensée des fréquentes citations de mon mémoire sur Tluicydide , et de mon Philologue ; et celte traduction de g pages de mon philologue et le projet qui ni est annoncé d'en traduire un bien plus grand nombre , me rendoient heureux : mais ma satisfaction diminua lorsque je vis que ma découverte de la région épithrace , ou du moins que ma doctrine sur la locution rà iiti 0pi/.r,ç vous ■ sembloit n'être pas de moi; et de plus, que votre assertion n'éloit pas exempte de personnalités. Des personnalités, contre un homme studieux que vous citez fréquemment, dont vous traduisez neuf pages, et dont vous me ferez peut-cire un jour l'honneur de traduire 40 à 5o pages (1) soit historiques soit géograpliiques ; cela surprendra quelques lecteurs ! En me citant, en me traduisant, vous m'accordez un honneur insigne, (car combien de philologues se faisant qualifier d'illustres, lorsqu'ils ne sont que compilateurs de notes mises en circulation , ne verront] anuiis une seule ligne d'eux, traduite en latin)? pourquoi donc m'honorer avec humeur et presque avec colère ? pourquoi me qualifier de glorieux (2) et de Socors ? des habitants de la Chaussée d'Antin qui ont oublié leur "rec et leur lalin de collège ont cru que le latin Socors signifioit

(1) Comme par ei., mes Recherches historiques sur lesBudins; mon Mémoire sur cette question : Tliucydide avoil-'d composé la lolalilc de la guerre du Péloponnèse? En peu de lignes, M. Poppo a soutenu, mais non démontré l'opiniou contraire à la mienne. Yoy. mon Philolog. t. III, p. 285-3i4.

{3) Glorieux! celte épilhéte convient-elle à un homme qui, dans ses ouvrages, accompagne mille fois ses aperçus du signe du doute, et du litre de recherches? seruit-ce ma conversation qui auroit paru orgueilleuse et vaine à MM. ***, illustres philologues de Paris? Car, ces illustres, en qualité de compi- Jaleurs étant peu occupés, ont le temps décrire à tous lessavaas étrangers.

xviij OBSERV. PRÉLIMmAlRES.

en bon trsmçois sot-corps. Mais prompt à me défendre, je leur ai donné le vrai sens de socors; puis, pour détruire une impression défavorable, je leur ai cité ley'/rz/îco-g'rt/fe ^ecw5 dont MM. Séebote et Beck (i) ont accompagne mon nom, voulant non pas honorer mon talent {quod sentio quam sit exiguiim), mais encourager, avec les Heyne et les Wyttenbach, les Heilmann, les Brédow, 22 années de cours gratuit, un zèle qui mal récompensé, n'auroit pas d'imitateur : en sorte que vos personnalités ont tourné à mon avantage. M'abstenant de représailles, désirant d'ailleurs vivre en paix avec un jeune savant dont je reconnois le mérite, concourir avec lui aux progrès des lettres , et obtenir encore de lui l'honneur de me voir traduit, je vais m' efforcer de prouver l'inesactilude de son reproclie.

S'il est fondé, je me vois privé de l'avantage d'une découverte , et d'une partie d'un travail absolument neuf sur les prépositions; et de plus, représenté comme un maladroit plagiaire. Soulfrez donc , qu'usant d'un droit légitime , je vous renvoie , parfois , aux. i\ de mon Philologue (2= part, de la Géogr. d'Hérodote, p. 67—72.)

Je crois y avoir invinciblement démontré que discutant grammaticalement la locution Ta îTriepânviç, je n'ai rien pris à M. Gatterer qui ne montre ni le grammairien, ni l'Iiellcnistc, soit dans sa Thrace méridionale , soie dans son Odrysic ; que je ne pouyois pas plus consulter M. Galterer que je n'aurois songé à notre illustre d'Auville si ce Géographe fort peu helléniste (2) avoit entrevu le sens de ta EKt 0pzz>îç , non en discutant des textes grecs au-dessus de sa portée, mais ensuivant les Grecs dans leurs combats sur le littoral de la Thrace.

Je crois avoir démontré que le mot de M. Gatterer ne pouvoit pas plus m'éclaircr qu'il n'avoit auparavant instruit M. ITcrmann lui-mcme, «[ui, au reste, n'a besoin des lumières de personne (3);

(j) De ma vie, je no leur avois écrit avant d'oblcnir lears encourageants suffrages.

(î) Dans une docte réunion, l'illuslre d'AnvilIcfondoit, un jour, son asserlion sur le sens de ce qu'il appeloit 1.1 prcposilion sh t>)V.

(3) Le fait esl que M. IIcrm.iDu, cjui ne peut pas loul examiner, n'voit

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. xis

que je n'ai pas fait une chose déjà faite , puisqu'avant M. Gatterer , la locution géographique ri Èrri ©oâ/.y;; a été, en Allemagne, en Angleterre , en Fiance , l'écueil tles plus grands critiques , et qu'elle l'a été depuis lui.

Si le point de doctrine qui nous occupe étoit très-connu , pourquoi s'est-on , dans ces dernières années, continuellement mépris ? pourquoi l'un de mes disciples, M. Lelronne maintenant mon confrère, dans une intéressante dissertation et ailleurs, m'invite-t-il à renoncer à mon opinion, et à tiaduire ri é7z\Qpy./.r,; par les affaires de lu Tlirace ?

Pourquoi un critique du premier ordre , M. Hase qui connoît tous les trésors de l'Allemagne et par conséquent les observations de M. Gatterer, traduit-il ïà sr't &pi/.r,; par la Thrace? pourquoi M. Schweigh., quoiqu'averti anciennement par Gatterer, et postérieurement par M. Ilermann et par moi (passim), enseigne-t-ilà présent encore dans son lexicon Herodoleum publié en 1824, que Ta i-i ©pâz»;; signifie la Thrace? pourquoi? c'est que la doctrine de Gatterer restée invisible pour MM. Schweigh., Hase, Lelronne et tant d'autres , n'avoit point encore attiré les regards. M. Poppo a beau vouloir me contester la découverte, je répondrai que l'auteur d'une découverte est non celui qui entrevoit, ou affirme, mais celui qui prouve. Si je l'ai fait avec quelque bonheur ; si ma Théorie a épargné, en partie (i), à M. Poppo l'erreur mille fois répétée par nos devanciers, il me doit un peu de reconnoissance. Je ne lui en demande pas : mais qu'il ne s'irrite point si je persiste à remarquer des rencontres que, certes, je ne qualifierai pas de plagiats, mais sur lesquelles il seroit injuste de me contester mon droit d'aîncL-se.

M. Hermann cite dans ses idiot, grecs, 3" éd. le Aénpsov zsjfisvov

point expliqué , lors de sa publication des idiotlsmes grecs ( i"edit.). la locution rx «T< ©pâzi)^ (*oy- "ia gcogr. d'Hérodote , t. II , p. 6())j et que, s'il a indiqué Texplication, c'est plus, d'après mon mémoire, que d'après le mo( inaperçu de M. Gatterer.

(ij En partie ; car t. I , p. a6, il traduit rx et.- Bfixij; par regiones T/iraeiœ vicinas : mais cette meDtion inexacte de plusieurs régions, ue donne pas l'idée d'une région épkhrace.

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