‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois indexChapitre 3 sur 72 · XX OBSERV. PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

XX OBSERV. PRELIMINAIRES

cKirr^i Aa.yM\ir/.riçv.y'iT\nçii'J.cic(;; exemple bien favorable à la question de l'e'pithrace. On en donnoit une absurde version qui mettoit Leprée dans la Laconie et dans l'Elide : M. Hermann l'a bien explique'. Mais mon explication de beaucoup antérieure à la sienne (i) ne lui doit rien, pas plus que je ne dois à M. Schweighaeuser dans les exemples suivants d'He'rodote.

1 , 20. Oymç avT£7rpost!?wç|3o'j)i;i;/7raiM. Scliw. propose en 1816, une construction donne'e par moi en 1814.

I, 19, I. flç ëzaTTOî aÙTici'j «TrixvsoiTo. M. Scliw. âonne Ut cuique commodum erat, etc. : c'est résoudre une grande difficulté; mais avant lui , j'avois proposé : selon que chacun d'eux le pouvait, ou en ni'oil la faculté.

1 , 3i , 3 sq. Tmv -n-vidwj tïi-' ,swfiyjv , excellente leçon publiée en i8i4 par moi dans mes extraits d'Hérodote, petit livre d'école : en 1S16 par M. Scliw.

I, 33. i-0T:iu.T!ZTa.i dimiltilur , Wesseling. Au lieu de l'acception passive, j'ai proposé en 1814 le sens transitif; et M. Scbw. l'adopte en tSi6.—Ibid. àpa^ia. Bonne leçon abandonnée avant nous; mais adoptée depuis moi, par M. Scliiv. qui , non pas dans son livre, mais dans une note porliculière, m'écrit : vous avez bien raison de rétablir la leçon à^mâiot..

1 , 35, I. l-jii.tf'iari iyjj^tvoç. Valla Iraduisoit in calamitate positus. M. Scliw. ne trouvant pas l'énergie du grec rendue, a traduit, in calamitate slrictus. Mais j'avois fait le i''' pas, en abandonnant le positus , et en lui substituant in calamitate implicatus.

1, 66, I. Auuoû/j'/M tô t/jov £iT3t,a:vot. Un Hiéron étant, parfois, sans édifice , M. Schw. renonce à la version bdtir de Larchcr. Même faute corrigée , 2 , 44 ? ' > P*"" M. Schw. , et auparavant , par nous.

•>, , 10, I. Aïvov loi.p'hv.-jixév. Depuis plus de 10 ans, je rejette le Zap^iavKÔv de Larclier; M. Sch« . en fait autant, mais 10 ans après moi.

a, i55, 1. AvxirXiovTi àKo SxiJ.TijYn , âvoo. Ici, Valla, Wcsseliiig ■ orroient, Valck. se laisoit. J'ai suppléé au silence de run,ii la mc-

(1) Voy. 1°, mes AdJUions , pi. Go. a°, 8<iogr. d' Hérodote , t, II , p. 71 , 92.

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. xx.j

prise des autres. M. Schw. m'a fait l'honneur d'adopter mon idée, ou de se rencontrer avec moi.

1, i8i,3, iv T-J vÔM. M. Schw., depuis moi, restitue cette leçon et Ja substitue à la misérable leçon h tw vvîw, qu'adoptent Wess. Larcher et autres.

7, 114. %r.opi-jo-J-o v.7.-k -kç -/E'^-Joa;. Ici M. Scliw. en 1816, rejette le vers les ponts de Larcher; et le ad pontes de Valla, Gronove et Wesseling. J'en avois fait autant en 1812.

7, Il3, T7r;,ootzJovT2,- -a nâyy^iov tjo'o; ,S. à. H. xal AÔS/.paç , etc. Ni la version de P,l. Schvr. ni ses notes n'offroient le moindre vestige de cet ûirsp géographique. M. Schw. y est revenu dans son Lexicon Herodoteum (i), et l'a fort bien expliqué, par ce seul mot, trans Pangœitm. Mais pourquoi, d'un seul mot, m'enlever encore, ici, le mérite d'avoir résolu une difficulté géographique? Car, avant moi, Valla mcttoit les Dobères au-dessus du Pangée; et, selon M. Larcher, Xerxès avoit passé au-dessus du Pangée et le long des Dobères et des Pa;oniens, quoique Xerxès eût le Pangée entre les Pœonieus et lui. Voy. mes additions, 1' Index, p. 1 20 , 59. A.i!leurs , jepromeraiqii'a tout moment, les critiques ^« i" ordre confondent imèp avec le gén., et v-hp avec l'accus.; et que depuis moi plusieurs de ces critiques du i" ordre, j'en promets la preuve, ont évité, sans me nommer, la très-grave méprise que je me suis ellorcé de corriger.

Eîç , £5. Cette préposition qui régit l'accusatif se met parfois , pour h préposition qui régit l'ablatif. Telle est la doctrine des idiotismes grecs, de M. Hermann (3= édit., p. Sgî), qui , certes , n*a ni pu ni voulu corriger toutes les inexactitudes de ses devanciers. M. Schw. la combat très-bien dans son Lexicon Herodoteum. Mais ,

(i^ Dans sonPolybe, écrivain ëroinemment géographe, M. Scliw. considère bien raremenl les pre'p. sous le rapport géographique. Il le fait bien plus dansson Lexicon Herodoteum? Seroit-ce d'après mon exemple.' Si cela étoit, je m'eslimerois bien heureux, en exprimant toutefois le regret que dans ce même lexicon où Ton considère les prép. sous le rapport géographique, on ne^ rapproche jamais les prép. des noms de pays avec lesquels elles se construisent. Cette omission de noms de pays, chez un écrivain géographe, me semble ôter^ bien du prix à un Lexicon d'ailleurs bien précieux , et nécessiter la composition d'un nouveau Lexicon Herodoteum ! ce travail m'occupe.

xsij OBSERV. PRÉLIMrNA.lRES.

ici encore , qu'il me soit permis de dire que, dans mes essais sur les prépositions ( depuis la p. Sg jusqu'à la p. 74) , et autres petits livres d'école , je l'ai combattue long-temps avant M. Sclnv.

C'est le cas d'expliquer (avec variante iue'dite) cette phrase de Thucyd. 1, Il5, 3, wXïOs-av-j; — oaripo-j; ÊAxÇov tm-j Zxuiwv , 77. u. -. ïfjov; 3. âvâpxç xx't ■/.ariOivro èç Arili-vov , xxl ppouoàv iyy.aTo.'kiTcivTei àvr/ûpr,7x-j : il y est question d'une bataille entre ceux de Samos et de Milet, laquelle eut lieu la 6"^ année de la trêve de 3o ans, conclue entre Athènes et Lacédémone, après la conquête de l'Eubée par Périclès (Thuc. 1, 1 14)- J'ai adopté cette version : Alhenienses-Samumprofectiohsides a Samiis accepernnt , 5o piteros , totidenique viros qiios in Lemno deposuerunl ; et prœsidio ihi relicto discessenint. Mais elle est loin d'ctre littérale : car èj Af.uvo-j dépend d'un verbe de mouvement sous-entendu, et non de y.arî'jîVTo, verbe de repos. Quant à syy.cuTxXntô'mç (ppo\)pàv , le Schol. l'explique par è; liuov. Mais c'est à Lemnos où l'on a déposé les otages (et non à Samos) qu'est laissée la garnison (layoo'jpà). A-U lieu de è; Siixov, il faut donc probablement lire es Arifivovj et cette conjecture indiquée par la logique devient certitude à la faveur de la scholie inédite (t) 3ii. Tcvç Ôyxpo-Ji, à cause des otages.

(i) A l'occasion de celte scbolie inédite , j'annonce à mes lecteurs une a* édil. de ma traduction de Timcydide avec riche moisson de ^ ariantcs inédites, dont je cite au basard les suivantes : tous les mots ont leurs accents. Mes var. soit de Thuc. , soit de Xén. en sont privées. Vous avez eu raison , M. B. , et vous, de regretter cette privation d'accents. Mais 1", j'avois une ra'son (voy. mon Xén., t. VII, a, a) . i",même sans accents, ces var. ont été jugées bien précieuses par MM. Wyttcnb. Beck et autres. Voici, au reste, un foible ccbantiilon d'un nouveau recueil.

2, 41» Tw TOAe^'û] i'TTehHvTt. thoTfàxojç eï^rev àvri rou tTSMvT^évTi , xjî; cts- ^iv^tv TTxSôvTi. Variante inédite d'après laquelle il s'agiroil d'ennemis qui auroient soulTcrt irruption (ce qui peut-être seroit plus logique), et non d'ennemis qui eussent marché contre Athènes.

a, 89, 9, i Si àym. Des Scboliastes donnent riviç àieà ii rsO; iTiX6yi>vi\ et Gottl. corrige à{>' à Se ^ cl Gauer ùtô roO i Se. Mais avec noire Ms inédit, lisons à.v&Se, et proposons d'expliquer cet otTôiàe écrit d'un seul mol par «t' SiSs pour cvreBiev cxinde. Au reste, «t' wîf qui répond à notre à partir il'ici, et plus litt. à noire d'ici, est chez les anciens Grecs, sans exemple , ou du moins inconnu de moi.

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. xxiij

Que conclure de ceci et des obs. éparses dans mon Philologue sur s;, £«? que le sens de cette prép. a été, parfois, deviné par des savans que guidoiile raisonnement, mais qae jamais, du moins en France et en Allemagne (Voy. les Idiot, grecs de M. H. ) , les auteurs de Grammaires et d'Idiolismes grecs n'avoient donné sur iç, si;, un corps de doctrine. Si, avant moi, ce corps de doctrine existoit, pourquoi M. Schweigh. Iraduisoit-il é; bix-jTO'j , in anno , H. I , 192 (àvaScivat) ê; Ai^yoùç, Delphis ; Èç S'â^ado-av anhSeiv par libare in mare (H. 7 , 5j , 2), comme si cet è; étoit topique? pourquoi M. Boissonnade, savant grammairien, traduit-il èj y.oî/iov tôv ÎTTTrov vêzpô; àTrî'zetTo par in cavo equo jacebat corpus? Pourquoi aucun des grammairiens et des lexicographes de nos écoles ne s'estil douté du sens elliptique de è; avec l'ace. ^

Je m'abstiens de éç ou eIs en composition. — Le classical journal (déc. 1823) remarque d'après Porson, je crois, que «icoojtv signifie voir avec allention. C'est en iSaS que je lis cette remarque j mais nous avons enseigné aux enfaus en 181 2 , dans nos Idioli.sines grecs {obs. à M. Hermann , p. iHS et p. i88), ce que l'on nous enseigne en 1823.

EK. Ez est souvent difEcile à comprendre.

Ex. de Thucydide 1, 64, i . Les Alhéniens, au siège de Polidée, xo ix ■zo-j l(;6u.o\) zîly^o; àTtoz^r/hx./-:-;. X traduit, miiriim qui isthmum spectahat; M. Levesque et moi , mur du côté de l'isthme. Hors de V isthme {iv.^oui ?;«), glose d'Abresch, est aussi inexact; car, un tel mur eût éié trop dispendieux et trop long à construire. Je propose : à partir de l'isllime , et attenant à l'isthme.

Autre Iv. facile , accompagné d'un àvà difficile et d'une leçon remarquable. Oa lit dans Thuc. i , 12, 2, à/ îîv— ^i^j^ „ h -nollÇ,

2,96,3. liéxP' Tpxxim xxï Axix/cv, et en marge, yp. liéxpi yitf AxtxlioM nxi6vav. o'vTU yxp 5£7ypi^e.v. L'edit de Bauer indique cette Scholie, mais néglige ces mots du Scholiaste outu ykp Se7 ypxq,m, lesquels chez lui, expriment l'ormellement l'intention de Gupprimer les Graeens qui, selon lui, ne devroient, ici du moins, leur existence qu'à une mauvaise leçon que ne favorise pas mon Ms inédit.

^3,7,3, h-Néf.y.ov. y.xt "Ofi:,poç c7h Txir^', ri,-^ zUtr y.xî rà ^mui^i^cuoTt T^çAimdSc; hç} liépsç. Variante inédite qu'appuie le contexte, et qui auroit dû être accueillie par les annotateurs d'Est, de Bjzance.

xxivr OBSERV. PRÉLIMINAIRES.

(el uoa k:i-itj.-liz] , la 80' niince après la prise de Troie , les Dorieits occupèrent le Péloponnèse; el dans une longue agitation l'Hellade, quoique ne goûtant pas un repos solide , et ne Jetant point du tout d'éclat, envoyait des colonies hors de son sein (iV.).

A ce même chap. 12^ de Thucydide n° i , se remarque un texte a tort corrigé. Cet excursus doit se pardonner dans un écrit philologique. Voici ce texte :

EtteI xaï [lïrà rà Tpwêzà It EXkàç ëzi iiszx-Ar-xro zz v.xi /iSTM/.iSETo ; X traduit, nain vel post res ad Trojani gestas , gneci adhuc alio migrabant, sedesque suas transferebant , ila ut eorum opes per otium non creverint.

Sur ce passage très-difficile qui n'arrête nul commentateur , consultons d'abord les Mss, el ensuite la logique.

Chez M. Bekker, A,B, E, F, G, II, N (a, b,c, e, f, g, h), portent /.xTw/tJiTo. Puis, ce savant après les avoir cités, ajoute, «on donne vulgo fiô-w/.iÇîro » : et en conséquence du grand nombre des Mss pour xaTaziÇêTO j il rejette fi£TwxtÇ=-To. Pour nous, rappelant ce mot, sœpe plus in uno quant in turba boni , nous proposerons de rejeter ce xaTMxt'Çe-o. En elî'et, chez Thucyd., i, 8, i , olzi^w, et ses composés xaraixiÇa , i , 38 , 2 ; et 2 , 4 • , 4 > |u*/î«aTOtxtÇw présentent [passim ) l'idée Ae fonder. Or, le ch. 12 (liv. 1 ) qvii nous occupe, ollVe l'idée de chaos et non de fondation et de prospérité. Si avec M. Bekker, vous admettez l'idée de prospérité, comment expliquer logiquement le JuvaTurépaç Sk y. ir,; EW.ao'oç du chap. i3"= dont le Si annonce un élut de puissance qui contraste avec l'état de barbarie décrit ch. 12. Rejetant donc la leçon xaTwziïîTO , nous proposerons de conserver et de lire : ym nzrà. rà T. h EXÀi; i-i uît*- ■jirxzd Ts/ai fiSTMzt'JrTo. Mais alors, avec nos devanciers, traduironsnous, nam vel-Grœci adhuc alio migrabant, sedesque suas transjhrebant , mauvaise version adoptée par l'Evesque et par moi? Non, car ce scroit faire un fort contie-seus el prèlcr à ïhuc. une redondance d'idées qui ne lui va pas. Le i"'' de ces mots utraviVaTo [verbe moyen) se dira des Hellènes qui quiiieiit leurs foyers ( voy. i, 2, 5 et 6) : uiTMzt?£To , Verbe passif de l'IIoUade qui est envahie, non par des Hellènes Colons, non par des àiroixoi qui tiennent à la Mère-Pa-

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. xxv

Irie; mais par des étrangers meleques, par des ftîTotxot qui, changeant {uîtà) de demeure, ont entièrement renoncé à la Mère-Patrie. MjTotxia et àKoiMoi renferment des ide'es bien distinctes : u£TO(/!a exprime transport absolu de foyers en pays étranger, mais avec entier retranchement de la Mère-Patrie : tandis que ànotxia exprime aussi transport de foyers , mais un transport qui conserve des liens intimes avec la Mère-Patrie.

Les ârrotxot étoient des Colons qui, en quittant la Métropole, lui restoient unis, ou par affection, ou par devoir. Les fieVoixot étoient, ou des individus mécontens qui abandonaoient la Mère-Patrie, ou des peuplades entières qui , aux époques de non civilisation décrites par Thucydide, se voyant contraiutes de quitter le lieu qui les avoit vues naître, cédoient à la force. Les knoiy.ot s'éloignoient de la Mère-Patrie {ành), les psTor/ot s'éloignoient aussi, mais, de plus, changeoient (f<£Tà), pour toujours.

Dans mes secondes études sur Thucyd. , j'examinerai de nouveau et avec d'amples développemens ; i", Skouol , liéToiy.oi; i", ànoiyAcii , peToiziat; 3°, àTTot'/.t'ÇM , ^aîTor/iÇw , termes trop peu expliqués par les Freret et les S'*-Croix. 11 me suffira aujourd'hui d'avoir appelé l'attention de mon savant ami, M. Bekker , sur p-îToistiÇoo , qu'il me semble, bien à tort, abandonner.

ÈK. — Èx d'Hérodote. Nous parlons ( additions, pi. lo, p. 122 ) de U marquant dc\'i(ition ; ailleurs de iz signifiant, à partir immédiatement de ; de iz synonyme de êlw et signifiant au dehors, hors de {Philolog. t. IV, p. 376). Dans mes essais sur les pre'p. p. 80, il est question d'un passage de l'Itinéraire de Xerxès où i/. est fort embarrassant. M. Poppo (t. II, p. 383) cite le texte grec de ce passage difficile, puis dit, ami lecteur , vous avez en main le Jil qui doit vous conduire. Il ne lui en a coûté qu'une ligne pour écrire cela, et pas une seule minute de réflexion : en sorte que sa Géographie de Thucydide, si elle est toute faite ainsi (ce que je me garde bien d'affirmer), n'auroit pas beaucoup fatigué M. Poppo. Pour moi , j'ai fait plus : je cherche, médite , et discute. Ai-je souvent trouvé'? Je n'ose l'affirmer; j'aurai mis du moins de plus habiles sur la voie.

xxvj OBSERV. PRÉLIMINAIRES.

Autre i/., mal ou incomplellement explique par M. le Roi, M. Planche et moi.

Esope dit d'une poule (i" pari, fable 6" de moQ édit. i8i3), qu'après avoir bien couvé des œufs, k?,zv.ùly.'ij-. M. Planche traduit iÇszoXa'iî par lesjit éclore. C'est rendre iz qui, employé elliptiquement, exprime l'action de faire éclore; et nullement xo^KrrTw qui indique le moyen employé par la poule pour faire éclore l'œuf : celui de donner des coups de bec à la coque pour en décider l'ouverture et am'^ner l'éclosion. H. Est. ( Tlies. ling. gr. ) explique bien cet ÈzzoXxTTTM par tundendo eximo , ut ai'is rostro. Mais il falloil y revenir, puisque le lexique de nos écoles donne pour unique version de iY.Mlmrtù, faire éclore, et que de plus, ni le Roi, ni moi, n'avons bien expliqué ce verbe qui tient lieu de deux verbes.

Dans la plupart des notes précitées, M. Sclnv. oublie mon nom. On seroit peut-être dispensé de càerles faiseurs de répertoires qui se bornent à citer : mais c'est un devoir de nommer l'auteur d'une seule ligne, lorsque celle ligne est le fruit de longues méditations.

Pourquoi M. Schweigh. et un autre savant encore, oublient-ils de me nommer ';' Cette mention auroit déplu à des philologues François dont plusieurs ont décrié mes livres d'école tout en les copiant. Mais certes, des savans du i" ordre n'ont jamais songé à entrer dans la conspiration du silence d'Hellénistes envieux.

M. Schweighaeuser u'avoit-il donc aucune connoissance de mes notes? Je devois le croire, avant qu'il me fit l'iionneur de m'écrira : « Mon cher maître , j'ai clé charmé de voir que, sans avoir eu connoissance de vos doctes travaux , j'ai eu le bonheur de me rencontrer avec vous>>. Mais depuis qu'il a acquis la connoissance de ce qu'il appelle mes doctes travaux , pourquoi, dira-t-on, au lieu de réparer un tort involontaire, persiste-l-il à se rencontrer avec vous sans vous n'ommer? (Voyez mes additions, planche io,p. iiosq.) Pourquoi? son excuse trop légitime sera dans sa pre^que-cécilé.

Cet homme vénérable dont la vie pure est illustrée par tant de doctes élucubrations, ne pouvant plus que dicter, étoit dans l'impuissance de me lire et de voir s'il exisloit des rencontres.

Bien d'autres réclamations seroicnt nc'ccssaircs. Je les présenterai

OBSERV. PRÉLIMINAIRES. xxvi;

dans ma propre Biographie. Je me bornerai ici à citer, ou le plus audacieux des plagiats, ou la plus singulière des rencontres. Elle eut lieu en 179'i.

Fort jeune alors, je publiai Théocrite. Un de nos plus célèbres critiques, M. Geoffroy en publia une traduction long-tems après moi, me faisant de très-fre'quents emprunts, entre autres, celui-ci sur les vers i5i, iSadelas'^ Idylle. A la suite de mes remarques, je citerai celles de M. Geoffroy : il invitoit l'Europe savante à l'écouter, lorsque c'étoient mes propres explications qu'il empruntoit.

1°, On pourroit entendre ày-poLToy souto; de l' intempérance de l'amour. J. B. Gail. — A/.oarov Êpwroç, signifie l'inlempérance de l'amour, J. Geoffroy. Cette note de Geoffroy, absolument la mienne quant au fond, en diffère quant à la forme : car GeoOVoy prououce : et moi, j'hésite : on pourroit , ai-je dit.

2°, E;rc;^£îro e'toit livré, effusus erat. J. B. Gail. — ZTzîyii-o était répandu , étoit liK'ré. Geoffroy. — C'est-a-dirc, que M. Geoffroy met en françois, ce que j'ai dit en latin. Il m'a traduit , honneur qu'obtiennent fort peu de traducteurs, et que je viens d'obtenir tout récemment de M. Poppo, qui a traduit 9 pages de mon Philologue.

3", Pindare emploie iTuyû-o en ce sens. J. B. Gail. — Geoffrojappuie pareillement son explication de l'autoiité de Pindare.

4", Eç T-'Àoç w/=To oti-^wj. Ma version françoise et ma version Xaùne tandem , ne dillèrent pas beaucoup de V enfin de Geoffroy.

^"jéiyfzo <fi-j-/a-i, c'est un amant perdu pour toi. J. B. Gail. — Il a pris la fuitej et au figuré, // est perdu, il n'y faut plus compter. Geoffroy. Il y a certes une grande ressemblance entre il est perdu de Gail 5 et il est perdu de Geoffroy.

6°, Geoffroy note le ridicule de cette version, il sortait fréqueni' ment de la maison, résultant da fréquenter domum relinquere de Warton. J. B. Gail n'a point blâmé Warton, mais il a évité le contre-sens.

Le plagiat que je viens de citer est d'une telle hardiesse, que j'imagine un moyen de l'excuser. M. Geoffroy lisant mes notes, les aura approuvées et recueillies avec l'intention de me citer : mais reprenant son travail long-temps après, il en aura oublié l'auteur. Cet oubli étant possible, j'ai dû le présenter à la décharge d'un homme qui n'est plus, et qui n'a parconséquent aucun moyen de se défendre.

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