DEUXIÈME INDEX
( Voyez, à la fin de l'Avertissement, l'articïç Abréviation. )
HERODOTE, i." section.
I . A^E MONDE d'Hérodote. C'est dans son iv.* livre qu'Hérodote expose son système : là, après avoir annoncé l'expédition des Scythes , et donné l'admirable description de la Scythie, il vient à nommer les Hyperboréens.
A ce nom d' Hypcrborcen , il se demande comment il n'y auroit pas, du côté opposé, un peuple qui s'appelleroit Hypernotkn.
« En efFet, dit-il, je ne puis m'empêcher de rire ( 4> » 36, 2) de certains géographes qui, sans autorité comme » sans principe quelconque, donnent la circonférence de » la terre , pensent que l'Océan coule autour de la terre » ronde et comme travaillée autour, et font FAsie égale à « l'Europe. «
Hérodote ensuite décrit son monde, nomme la Libye, l'Asie et l'Europe (4, 4-)> d'abord toutes trois ensemble, puis chacune en particulier.
Voyez ma Géographie d'Hérodote, tom. I, pag. i sq,
z. La haute Asie. Voyez n.° 4> l'Asie en deux cadres.
Hérodote divise l'Asie en deux parties; l'une, appelée basse Asie [ni; Kmaç là. yJ.7to, 1,72, 2) , vulgairement nommée Asie mineure; l'autre, // hante Asie, qui s'étend depuis le fleuve (i ) col de l'Asie ( i , 72) jusqu'h l'Indus , terme des connoissances géographiques de notre historien [tjà^i "wç
Selon lui, /e col ( aii-)^v ) de l'Asie étoit à-peu-près dans la direction de l'Halys, du sud au nord. Fidèles à son plan, nous avons en conséquence placé là les limites de la basse Asie, et non à l'entrée de la Syrie, où véritablement finit la péninsule asiatique, c'est-à-dire, la basse Asie. (Voyez n.° 8.)
A cette partie, appelée a.l-)^v , aboutissent, du côté de l'occident, l'Arménie et la Syrie.
La haute Asie d'Hérodote se divise en vingt satrapies. Les7%8%9% io% i i% 12% 1 3', i4', 1 5% i6% 17% i8', 19^ et 20.'' satrapies sont comprises dans cette carte. Nous ne parlons pas des six premières, qui se trouvent décrites dans l'analyse des cartes qui les renferment (comme n.° 8).
La première remarque à faire sur cette division politique, c'est que les numéros des satrapies ne sont point mis dans l'ordre géographique. En effet, la 19." satrapie par exemple, se compose des peuples des cotes du Pont- Euxin , et la 20.' de ceux de l'Inde. Darius, en les formant, paroîtroit avoir suivi l'ordre des conquêtes de chacun de ses pays, et non l'ordre rigoureusement géographique. Ce texte, ^çiTaptraç— w ÎKS-çi^ vf(xaiv, 3, 89, i , en donne une preuve incontestable.
(1) Sur lequel II y a des portes (j'j/cs, 5, j2 ) et une garde nombreuse.
En conclura-t-on que les peuples d'une même satrapie ne fussent pas en général limitrophes les uns des autres, en ordre géographique î Non : on ne peut supposer en effet que Darius ait soumis à i'autorité d'un même satrape des peuples situés, les uns à l'extrémité de i'Inde, et les autres dans l'Arménie, comme les Caspiens et les Pactyiens. Ailleurs nous chercherons la solution de cette difficulté, qui tient à ce qu'il existoit plusieurs peuples du même nom, tels que les Pactyiens, qui se trouvoient tout à-la-fois dans la 20/ et la 13.' satrapie, et les Caspiens, faisant partie de la 11/ et de la 15/ satrapie.
3. Golfe Persique ou mer Erythrée (H. I, i ). Cette carte, qui comprend, non-seulement la mer Erythrée, aujourd'hui golfe Persique, mais encore une partie de l'empire de Darius fils d'Hystaspe , doit beaucoup à la carte de l'empire d'Alexandre par M. Barbie , à celle de l'Arabie par M. Mentelle , et sur-tout à l'ouvrage du major Renne! sur la Géographie d'Hérodote. En donnant une portion de la grande carte de l'empire de Darius, par l'illustre Rennel, nous y joignons les noms et positions d'Hérodote : par là, nous restons fidèles à notre plan de distinguer les époques.
4. L'Asie en deux cadres , dont l'un donne l'Asie dans sa forme réelle ( 1 ) ; l'autre , conforme aux idées géographiques d'Hérodote, nous a été inspiré par ce passage de notre géographe, ici Ji ttùyiw oinvf -ni; j^wgj;? â.-m.(rnç ( i, 72, 2 ).
(1) Cette seconde carte, faite d'après celle de M. Malte-Brun , je trouve, ainsi que la carte systématique d'Hérodote, refondue dans les cartes suivantes.
Le savant M. Larcher traduit , ce pays entier forme un détroit qui n'a que cinq journées ; c'est-à-dire que Larcher manque ici le sens littéral, grammatical et géographique de ce passage, et, de plus, efface une image. Pour arriver au vrai sens, demandons -nous de quoi parle Hérodote dans la phrase précédente : de l'Halys. C'est encore ce même fleuve que désigne cZ-nç. Au lieu de commencer la phrase Tp^ir ce pays , montrons l'Halys avec l'historien géographe, et traduisons littéralement : ce fleure (outbç) est le cou de tout le vaste corps de l'Asie , soit basse , soit haute: quant à la longueur du chemin, depuis l'embouchure de l'Halys jusqu'à la mer de Cypre , pour un homme bien ceint, cinq jours y sont employés. Regardez, d'orient en occident, la carte n.° 3 , de la retraite des dix mille : vous verrez la haute et basse Asie, formant un vaste corps, dont la basse Asie est la tête, l'Halys le cou, et la haute Asie le corps ou le tronc. Ainsi Hérodote comparoit l'Asie au corps humain, et ne donnoit pas plus de cinq journées de chemin à la largeur de l'Asie sur la ligne que rHaI)s parcourt du midi au nord. Larcher entend wç ^f«i t. â.7Tamç du pays parcouru par l'Halys ( sa version, ce pays entier forme un détroit, en est la preuve); pour moi, je l'entends de l'Asie toute entière. J'observerai, en passant, que, dans cette phrase, inexactement rendue par notre savant confrère, ditroit est impropre; car un détroit ne s'entend que d'un espace de mer : or, l'Halys ressemble plutôt à un isthme, puisqu'il jouit un continent îi un autre. H. Estienne, au mot At);^V, auroit utilement cité ce passage, sur-tout s'il l'avoit expliqué; et certes il avoit besoin d'explication.
j. 1. La Scythie (i), II, La Libye occidentale. Deux cadres sur une même carte,
Hérodote, 4» 85 sq., raconte rexpédition de Darius contre les Scythes. Pour l'intelligence de ses récits, on consultera utilement les n.°' 5, 8 et 36.
Les cartes, rapprochées de notre Géographie d'Hérodote (2), sur les itinéraires de Darius et de Xerxès (3), donneront lieu aux remarques suivantes :
1." Hérodote, 4> 85, i, désigne le Bosphore de Thrace sous le nom de bosphore de la Chalcédonie (4). Une carte détaillée de l'itinéraire de Darius doit conserver cette dénomination antique , comme on a conservé celle de bosphore Cimmérien (5); et de plus, indiquer le détour de Darius vers les îles Cyanées (6) ; et en outre, marquer, à l'embouchure du Pont-Euxin, deux hiérons , l'un à droite, l'autre à gauche, tous deux omis parla plupart des géographes (7).
3.° D'après ce texte formel d'Hérodote (4, 92 ) , Darius, partant des sources du Téare, rencontra le fieuve Artiscns , qui traverse les Odryses , les cartes doivent donner l'Artiscus ,
(1) Ma Ccvgrapliie d'Hérodote, tom. I, pag. 82 sq., comient des ohervations sur des inexactitudes de l'illustre M. Rennei, des savans Larcher, ie C.'» J. Potocki, et M. Karamsin.
(i) Tom. II, pag. ii^sq. Ce rapprochement , après nous avoir fourni les moyens de rectifier sur divers points les cartes antérieures aux nôtres, sera une nouvelle occasion de corriger nos propres fiiutes e: nos omissions, et d'interroger l'opinion d'habiles géographes.
(j) Géographie d'Hérodote, tom. II, pag. i2j.
(4) Ib. Tom. II, pag. iz4 et 171.
(5) n. pag. 171,
(6) /<*. pag. 171.
(7) D'Anville excepté, qui en donne un. Ih. pag. 17».
omis par divers géographes ( i ) ; et sur ses bords , le mcnument de pierre érigé par Darius (2). Pour la suite de l'itinéraire et de l'expédition de Darius , voyez Géographie d'Hérodote , iom.\\,Y>3ig. 125 ; et /'^. tom. Il , pag, 260 sç., Yexcursus sur les Amazones qui, transplantées en Scythie, s'établissent au nord des Budins , et apparoissent sous le nom de Sauromates.
II. La Libye occidentale sera le sujet d'un excursus dans notre Géographie d'Hérodote.