I. THUCYDIDE
« En gagnant une victoire navale , les Syracusains f déjà maîtres deMessine) espéroient emporter aisément Rhegium. En effet, le promontoire de Rhegium, en Italie, et celui de Messine, en Sicile (4, '^i], étant fort voisins l'un de l'autre, les Athéniens ne pourroient plus en approcher, ni être maîtres du détroit; car le détroit est cette portion de mer qui est entre Rhegium et Messine, k l'endroit où la Sicile se rapproche le plus du continent : c'est ce lieu, appelé Charyhde, qu'Ulysse traversa, dit-on. Comme le passage est étroit, comme l'eau qui l'occupe est la réfusion des deux grandes mers de Tyrrhénie et de Sicile , et que cette eau se précipite, en bouillonant, sur un même point ( If aiJTo), il est, avec raison, réputé dangereux. 3>
Il résulte de ce passage , 1 ° que la portion de mer qui est entre Rhegium et Messine est le détroit qu'on appelle
(r) Phèdre, édit. ad usum Delphini , Londres, 1822 , pag. i 17. (î) Ikid pag. 44j, 2. « colonne.
Charybde ; 2.,° que ce détroit nommé Charybde est comme la limite des mers de Tyrrhénie et de Sicile; 3.° que la mer de Tyrrhénie est au nord-ouest du détroit, et la mer de Sicile, à Test de fa Sicile.
Thucydide confirme cette position de la mer de Sicile ( 4 . 53) dans cet autre passage qui fait mention de l'incursion des Athéniens à Cythères ( olymp. ^-^ ) ou dans la Cythérie :
« Le même été, les Athéniens, avec soixante vaisseaux, deux mille hoplites , un peu de cavalerie et des alliés rassemblés de Milet et de divers autres endroits , marchèrent sur Cythères, île adjacente à la Laconie, à la hauteur de Atalée (wt» Ma^sW).
» Des Lacédémoniens sont une partie de la population de Cythères ; et chaque année, Lacédémone y envoyoit un cythérodice, et de plus une garnison faisant bonne garde.
" En effet, Cythères étoit pour les Lacédémoniens un port où il leur arrivoit, d'Egypte et de la Libye, des vaisseaux marchands : et d'ailleurs les pirates les infestoient moins ; car c'étoit par les côtes seulement qu'on pouvoit les attaquer, la Laconie s'avançant de ses deux flancs vers les mers de Sicile et de Crète. »
Ce paragraphe, qui indique la position de la Sicile, donnera lieu h diverses notes philologiques.
I .° Aoiy^.J)iuuivioi cT^' iiai ttuv TnçjtotKùiv . X traduit, Lacedœmon'i't vero sunt accolœ circumcirca. II résulte de cette traduction et de celle de M. Lévesque, que Cythères a des Lacédémoniens qui habitent autour de Cythères. Mais jetez les yeux sur les cartes 72, S 5 , el vous ne verrez que de l'eau autour de Cythères. Uie a donc la signification , non
de circu/ncirca , tout autour, de tous côtés , ni celle de circuit, comme je l'ai dit, d'après Lévesque, mais celle de in , dans. Des LacéJémoniens (et non LES Lacédémoniens] n habitaient pas auprès de Cyt hères (non erant accolœ ) , mais habitaient dans Cyth'eres ( sed erant incolœ ). Tel est évidemment le sens de wîp/o/Mç. (Voyez, \" \q Schol. grec de Thucydide, donnant à la Cy thérie , deux villes ; celle de Cy thères et celle de Scandée, laquelle longe la mer); 2.° Xénoph. E. , 4-» 8,8, donnant à la Cythérie le port de Phceniconte (c'està-dire, port Phœnicien. Voyez carte n.° 85 ).
2.° Ai's;^^». X et Bauer, et autres, entendent àfs'%« de l'île de Cythères. Mais à.Àx^ dépend, je crois, de wc Aawwf/iciîi' qui précède. On voit, en efFet, sur la carte n.° 72, la Laconie s'avancer de ses deux flancs vers les mers de Sicile et de Crète.