‹ Géographie de Grégoire de Tours, le pagus et l'administration en Gaule;Chapitre 16 sur 36 · Ann. de 1853, p · texte numérisé non relu

Ann. de 1853, p

5. Discours prononcé à V ouverture du Cours de Géographie, à la Faculté des lettres de Paris, par M. Ghéruel, 1858, p. 6.

le nom de régions naturelles. Fondées sur la constitution même du sol , ces divisions en pays ont survécu à toutes les crises politiques et persisté jusqu'à nos jours ^. »

Plutarque rapporte que César a subjugué plus de trois cents nations gauloises^, Josèphe, dans le discours qu'il fait adresser aux Juifs par Agrippa, porte ce nombre à trois cent cinq^. Appien, en deux endroits, à quatre cents.

Dans les Commentaires, César en énumère seulement quatre-vingt-huit; Ptolémée, dajis sa géographie, soixante; Pline, cent quarante-trois; Strabon dit que, sur l'autel de Lyon, étaient représentées les statues de soixante cités de la Gaule ^; Tacite confirme à peu près ce chiffre de soixante cités ^.

Nous trouvons dans les textes des Commentaires la raison de cette divergence des historiens en ce qui concerne le chiffre des peuples gaulois : les confédérations celtiques se composaient : 1° de peuplades principales, celles auxquelles César a eu le plus souvent affaire et dont le nom revient fréquemment dans son récit; 2° de peuplades clientes et subordonnées dont il n'a eu occasion de parler

1. ncJTrep auTcT; Ti-ypàvou toO Àp(i.6vîou -TvapaaTpaT&irsS'euovToç yj toO Na6araici>v PaaiAstu; àXX' cù Kaijapo; Ixei'vcu xai t^; S'uvàji.ewç -h X'.y^a.ç p.èv riOT.xei Tro'Xeiç xarà xparc;, eôvvi Èé TrXsîova rpioocodiov uttwo. Uo^LiziioM B;c5, C. 67. — Voir aussi la Vie de César, c. 15.

2. TaXaTai ir&vxe xai Tpiaxoaîoiç "TcXTiôuvovre; eôveai. Hepi Altùaitùi icu^aîwv,

3. TpioxovTOCJCiç aÙTo; (Koîaap ) £v KêXtoIç ixovciç TrapsTâÇaro, f^.s'xpi TÊtpajcoffia aÙTwv ÊxeipwffaTO Côvyi. Appien, Guerres civiles, 1. Il, 150, p. 409, édit. Didot. — ÊôvyjTeTpaxociK xai TroXeiçunrèp OKTOxoaîa; ix.çcurù'ioi.TO. De Rébus gallicis, fragm., édit. Didot, p. 24.

4. É<ttI ptduo; à^ioXo-yo; £v tw Aou-y^ouvoi» Upw ÊTri'ypaçYiv îym twv l^vixovTa tov àptôaov. Strab. 1. IV, c. 3.

5. At Romae non Treveros mod-o et ^Eduos, sed quatuor et sexaginta Galliarum civitates desci visse (fama fuit). Annal., 1. III.

DE GllÉGOrUE DE TOURS. 6î)

que par exception ; Strabon et Tacite n'ont pas eu à s'occuper (lecelles-ci parce qu'elles n'étaient pas honorées du titre de civil ates. Ptolémée les a négligées dans sa description ; et c'est par un hasard exceptionnel que Pline nous donne cent quarante-trois noms de peuples : le nombre serait réduit d'un tiers, si le naturaliste, en reproduisant l'inscription du trophée des Alpes*, n'avait eu l'occasion particulière d'en mentionner quarante- cinq dont autrement il ne daignait pas parler.

En désignant les peuples gaulois principaux, César s'est servi du mot civilas^ ce qui voulait dire État indépendant, et quelquefois du mot natio^.

Pour les peuples clients et subordonnés, il a employé un mot latin d'origine probablement grecque^, en usage à Rome dès les temps de Numa et de Servius Tullius^, le mot pagvs.

Omnis Helveliorum civitas m qualuor pagos divisa est^. In Gallia^ non solum in omnibus civitaiibvs atque in omnibus pagis partihusque , sed pœne eliam in singulis domibus factiones simt^.

In pace nullus communis est magislralus^ sed principes

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