‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 14 sur 198 · PREMIERS SIÈCLES · texte numérisé non relu

PREMIERS SIÈCLES

I. — On ne peut douter que le siège de Carthage n'ait été le. premier, non seulement par son rang, mais encore par son ancienneté, sans qu'il soit nécessaire

d'adopter la tradition d'après laquelle saint Crescent, disciple de saint Paul, aurait occupé vingt ans ce siège primatial. On voit, en effet, que les premiers conciles, célébrés en Afrique, ont été convoqués par les évêques de Carthage. Saint Cyprien fait mention tout au moins de deux conciles, dont il dit expressément que Tun d'eux fut réuni par Agrippin et que l'autre a été tenu depuis longtemps, bien qu'il ne désigne pas l'évéque qui l'a présidé^^>. A l'époque de saint Cyprien, l'Église d'Afrique formait une province, sous xm seul primat, car il dît lui-même (^> : « Noire province est très étendue^ caria Numidie et les deux Maurétanies lui sont jointes, » Néanmoins il n'a mentionné nulle part, dans ses écrits, les primats des provinces, dont parlent si souvent dans la suite les Africains.

n. — Mais saint Cyprien nous apprend, d'autre part, que, même avant son épiscopat, la Numidie était regardée comme une province ecclésiastique différente. En effet, dans sa lettre au pape saint Corneille, sur l'hérétique Privât, il dit ^^^ : « Je vous ai fait connaître, mon frère, par V intermédiaire de Félicien, l'arrivée à Carthage de Privât, ancien hérétique, justement condamné dans la colonie de Lambèse, il y a plusieurs années, à cause de crimes nombreux et énormes, par quatrevingt-dix évêques, » Or, cette colonie, oii l'on voit se réunir tant d'évêques, était située au fond de la Numidie, au sud de Cirta et séparée de Carthage par une distance considérable. Il est donc évident que ce concile de

(1) Epist, LXXVI. Item, Epist, LXXL

(2) Epist, XLV, selon l'édit. d'Anvers.

(3) Epist, XLV.

Numidie fut convoqué, suivant Tusage d'Afrique, par révoque qui était primat ou doyen des évêques de cette province. On remarquera aussi que Lambèse était alors le siège du légat gouverneur de Numidie. Saint Cyprien ajoute que le même Privât fut de nouveau condamné par Donat évêque de Carthage, c'est-à-dire en dehors du concile de Lambèse : « Vous n'ignorez pas, dit-il, qu'il a été de plies, très sévèrement censuré par les lettres de nos prédécesseurs Fabien et Donat. » En conséquence, lorsque Cyprien dit que sa province était très étendue, il a voulu désigner toute l'Église d'Afrique, dont les primats gouvernaient chaque province comme métropolitains, tandis que lui-même les dirigeait toutes en qualité d'exarque.

III. — Mais si la Numidie formait déjà, à cette époque, une seconde province de l'Église d'Afrique, nous devons croire que les Maurétanies en formaient une troisième, puisque saint Cyprien la nomme en troisième lieu. On lit, en effet, dans le préambule du troisième concile de Carthage ^^> : « Plusieurs évêques de la province d'Afrique, de la Numidie, de la Maurétanie, avec des prêtres et des diacres, s'étant réunis à Carthage, aux calendes de septembre, etc. » Ce concile fut célébré en 255. Il est donc permis de conclure que les deux Maurétanies formaient alors une province de l'Église d'Afrique et que cette province était la troisième, puisque la Numidie fut toujours considérée coname ayant le second rang après la province Proconsulaire.

(1) Hard, ConCf t. I, p. 159.

IV. — Tel était Tordre des provinces au ni* siècle, il devait être le même au siècle précédent. Pour la Maurétanie, elle avait assurément des chrétiens à cette époque, car les monuments l'attestent. Pour la Proconsulaire et la Numidie, nous avons le témoignage de saint Cyprien. Il dit, en effet, qu'Agrippin convoqua en concile à Carthage les évoques qui, à cette époque, gouvernaient l'Eglise du Seigneur dans la province d' Afrique et dans la Nwnidie^^K Les évêques de Maurétanie étaient sans doute trop peu nombreux ou trop éloignés de Carthage pour y être convoqués dans cette circonstance.

g II

LES PROVINCES DE l'ÉGLISE d'aFRIQUE AUX

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