‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 15 sur 198 · IV** ET V* SIÈCLES · texte numérisé non relu

IV** ET V* SIÈCLES

I. — En 314, au moment de la célébration du concile d'Arles, où furent réprimées les fureurs des Donatistes, l'empereur Constantin écrivait au proconsul d'Afrique en ces termes (2) : « J'ai cru devoir enjoindre à votre sollicitude d'envoyer à Arles, aussitôt après la réception de ma lettre, ledit Cécilien, avec quelques

(1) Epist. LXXI.

(2) Hard., Cono., 1. 1, p. 260.

évêques qu'il aura choisis. De plus, chacun de ceux de la Byzacène, de la Tripolitaine, des Numidies et des Maurètanies devra conduire quelques-uns des siens qu'il aura choisis dans sa province. Mais on devra aussi faire venir les èvêques opposés à Cécilien. Tous auront droit aux transports impériaux pour traverser l'Afrique et la Maurétanie et passer de là en Espagne par le détroit, »

La province Byzacène avait donc aussi déjà ses évêques distincts, ainsi que la Tripolitaine et c'étaient, je pense, leurs primats ou doyens qui devaient, tout comme Gécilien, choisir d'autres évêques pour les amener avec eux au concile. Les souscriptions de ce concile attestent que Gécilien, évêque de Carthage, amena Lampade, évêque de la cité d'Uthina, Victor, évêque de la cité d'Utique, Fauste, évêque de la cité de Thuburbo, Anastase, évêque de la cité de Bénévent. La Numidie et la Maurétanie Césarienne furent aussi représentées au concile d'Arles : mais on ne sait si les autres provinces y envoyèrent des représentants.

n. — En 348, révêque Gratus réunissait encore à Carthage un concile des diverses provinces de TAfrique^^). Parmi les évêques qui y donnèrent leur avis, il y en eut de la Numidie et de la Byzacène. Abondance d'Hadrumète fit même mention d'un concile qu'il avait fait célébrer antérieurement dans sa province : a II a été décidé dans notre concile , dit-il ^^\ qice l'usure ne serait pa^ permise au clerc. Si cette décision paraît juste à votre sainteté, c'est-à-dire à Gratus, primat de Carthage, et à

(1) Hard., Conc., t, I, p. 685.

(2) md., p. 688, can. XIII.

ce concile, qu'elle soit de nouveau approuvée ici par un décret.

m. — Les canons du troisième concile de Carthage, tenu sous Aurèle en 397, sont envoyés « à nos frères bien aimés et co-èvêques des diverses provinces de Numidie, des deux Maurétanies, de Tripoli et de la province Proconsulaire '^^K Du reste, il y a de nombreuses variantes dans les manuscrits qui nous ont conservé les actes des conciles généraux tenus à Carthage sous Aurèle. Un manuscrit d'Einsiedlen dit que les évéques étaient venus à Carthage de la Byzacène, de la Maurétame Sitifienne, de la Tripolitaine , de la Numidie, de la Maurétanie Césarienne et de l'Espagne. Par cette dernière province on entendait peut-être la Tingitane. Celle-ci est parfois nommée formellement dans les manuscrits grecs. D'autres manuscrits mentionnent deux Numidies.

IV. — Chacune des provinces de l'Afrique était gouvernée par son primat, appelé de ce nom, non parce qu'il était, comme ailleurs, évoque de la ville métropolitaine, mais parce qu'il était le plus ancien de l'épiscopat dans sa province. Aussi, souvent des villes très peu importantes eurent-elles un primat qui avait pouvoir de réunir des conciles et de mettre fin aux controverses des évéques. L'Église de Carthage seule eut toujours pour primat, non pas le plus ancien de la province, mais son évêque propre qui était l'exarque de tous les autres, sans qu'on tint aucun compte de son ancienneté, ce qu'expliquaient et la dignité de son siège et la manière même dont l'Église d'Afrique s'était établie.

(1) Hard., Cotic., t. I, p. 969.

V. — C'est au IV* et au V* siècles que les Églises d'Afrique furent le plus nombreuses. Nous ne les connaissons même pas toutes et les monuments épigraphiques sont venus en révéler de nouvelles jusqu'en ces dernières années. Mais, en voyant en Afrique un si grand nombre d'Églises, il ne faudrait pas croire qu'il s'y trouvait tout autant de grandes viUes. Il faut savoir, en efifet, qu'il y eut des évêques jusque dans des bourgades lorsqu'elles étaient assez importantes.

LES PROVINCES DE l'ÉGLISE d'aFRIQUE AU VI* SIÈCLE

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