LIPPI. PII. FELICIS. AVG. TRIB
an. 246. POT. III. COS. P. P. ET
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(1) Nous deyons ayertir une fois pour toutes que henchir signifie mine; oued, rivière; djebel^ montagne; fahs, plaine; koudiat^ colline j fedj, défilé, col; aïn, source.
(2) Corpus, n. 814.
Dans un fragment de pierre employé à l'aqueduc de Carthage, on a reconnu un monument d'Henchir-en-Naâm qui donne à la ville le titre de {civita)s Abh[ir) Gellens(isY^^, Malgré ces témoignages nous ne pouvons affirmer que Abbir-Gella représente Abbir-Ma j us ou Abbir-de-Germanicus, ni déterminer si elle est distincte de Tune et de Tautre. Nous ne pouvons dire davantage si Abbir-de-Germanicus représente Abbir-la-Petite ou Abbir-Minus. 11 faut constater seulement que sur six évoques , qui ont pris le titre d'Abbir, un seul, Félix I, a souscrit comme évéque d'Abbir-Majus et deux, Successus et Candidus, ont souscrit comme évéques d'Abbir- de -Germanicus. Les trois autres sont dits seulement évoques d'Abbir sans qualificatif. Dans ce cas, il n'est pas toujours aisé de déterminer à laquelle des deux ou trois villes du même nom appartient Tévêque en question. Les monuments épigraphiques compliquent parfois les choses, puisque nous ne pouvons dire si Abbir- Cella et Abbir-de-Germanicus, Abbir-Majus et Abbir-Minus sont quatre villes différentes, ou si ce sont deux villes qui auraient porté divers noms. Et alors encore nous ignorons si Abbir-Majus est la même que Abbir-Cella et si Abbirde-Germanicus est la même que Abbir-Minus. Cette dernière dénomination n'est au reste signalée nulle part ; elle est seulement à supposer après le nom de Abbir-Majus. Tout bien considéré pourtant, il est à croire que Abbir-Majus et Abbir-Cella sont plutôt une seule et même ville représentée par les ruines d'Henchir-en-Naâm et que Abbir-Minus et Abbir-Germaniciana sont aussi une seule et même ville, dont la position n'a pas encore été déterminée. Les anciens géographes ne nous parlent ni d'Abbir-Majus ni d'Abbir-
(1) Corpus, n. 893.
Minus, ni d'Abbir-Cella ni d'Abbir-de-Germanicus. Ils mentionnent bien une Germaniciana, mais cette ville est bien loin dans la province Byzacène et c'est ime cité épiscopale dont nous parlerons en son lieu. Ils ont pu, il est vrai, les désigner sous d'autres noms et nous savons en effet qu'il y eut plusieurs fois de ces mutations, mais Abbir est un nom punique ou lybien qui n'a pu être changé qu'en un nom latin ou grec, en attendant qu'il soit devenu arabe et qu'il de- • vienne maintenant français.
En 411, il n'y avait point à Abbir-la-Grande d'évêque donatiste, comme l'affirma l'évéque catholique à la conférence de Carthage, en disant de son Eglise : elle est tout entière catholique ^^K Le nom de cet évêque était :
FÉLIX L II est dit évêque d'Abbir- la- Grande, et il témoigne avoir assisté au concile de Carthage tenu sous Aurèle et avoir souscrit alors avec les autres au mandat <2) par lequel on avait pourvu, après la convocation de la conférence, à ce que sept évêques, autant de conseillers et quatre conservateurs y soutiennent la cause de l'Église catholique, comme ils le firent en effet, en 411.
L'Église d'Abbir-la-Grande, toute catholique en 411, établie dans ime ville déjà et depuis longtemps importante en 246, devait remonter à une haute époque et avoir eu avant Félix ime longue suite d'évéques.
FÉLIX tl. Il est nommé Félix d'Abbir dans l'ouvrage de Victor de Vite et Félix d'Abar dans la Notice de l'an 482. Il fut, en effet, du nombre des confesseurs exilés
(1) (JollaL Carth, Cognit^ I, n. 133.
(2) IHd,, n. 55.
par Hunéric. Or Victor de Vite^^> rapporte à son sujet un trait remarquable, quand il dit que peu avant Tédit du roi, édit qui doit être rapporté d'après Tunique manuscrit de la bibliothèque de Laon à Tannée 482, un grand nombre d'évêqiceSy de prêtres, de diacres et d'autres membres de l'Église, au nombre de quatre mille neuf cent soixanteseize, avaient ètè envoyèsen exil dans ledèsert Et il ajoute au sujet de Félix : « Parmi eux se trouvait le bienheur reux Félix, évêque d'Abbir^ qui comptait déjà quarante-quatre ans d'épiscopat et qui^ frappé de paralysie, était privé de la sensibilité et m£me de la parole. Ayant mûrement considéré qu'il ne pouvait être pw^tè sur une bête de somme, nom obtînmes des gens du roi qu'ils lui demanderaient de vouloir bien le laisser à Carthage, où il ne tarderait pas à mourir, puisqu'il ne pouvait matériellement être conduit en exil. A quoi le tyran répondit avec fureur : s'il ne peut se tenir sur une bête de scmvme, qu'on prenne des bceufs sauvages, qu'on t attache avec des cordes, et qu'ils le traînent jusqu'au lieu que j'ai ordonné. Nous le portâmes donc tout le long du voyage, dit Victor de Vite qui accompagnait les confesseurs, attaché en travers sur un mulet comm£ un tronc d'arbre. » Il arriva ainsi au désert qui s'étend au delà de Theveste et de Capsa et qui était peuplé de Maures sauvages et féroces. Félix est porté le premier après Tévêque Primat de Carthage, sur la liste de 482 et la note d'exil est ajoutée à son nom. Bien que l'annotateur de la Notice ne dise pas que le véritable confesseur soit mort en exil, il y a tout lieu de croire que Félix succomba dans cet aflfreux désert où la tyrannie du roi l'avait fait
(1) Histn Pers, Vand.f Lib. Il, cap. vill.
reléguer, et nous pouvons le regarder comme un de ces nombreux martyrs que l'Église romaine honore le 4 des ides d'octobre.
ADÉODAT. Au Vil® siècle, il signa la lettre que Gulosus, Probus et les autres évêques du saint concile de la Proconsulaire adressèrent à Paul, patriarche de Constantinople, sur l'hérésie des Monothélites et qui fut lue au concile de Latran en 649 ^^\ Il y souscrivit, en ces termes : Adèodaty par la grâce de Dieu^ évêque de la sainte Eglise d'Ahhir. Mais nous ne saurions affirmer qu'il appartient à l'évêché d'Abbir-la-Grande plutôt qu'à celui d' Abbir- 4e-Germanicus.
m. — ABBIR-DE-GERMANICUS.
Nous avons déjà parlé longuement de cette ville épiscopale à propos d'Abbir-la-Grande. Nous ajouterons ici qu'outre Germanicia, ville de Byzacène, il y eut aussi une ville du nom de Germania ou Germanicia dans la Numidie, dont nous traiterons également en son lieu.
Abbir-de-Germanicus doit-elle son nom à une colonie de soldats venus de Germanie et au proconsul Galba qui avait commandé les légions de Germanie avant de venir en Afrique?C'est douteux pour nous, attendu que.les manus-
(1) Hard., Conc.^ t. HI, pp. 742 et 750.
crits donnent la leçon de Germanicia ou Gennaniciana plutôt que celle de Germania. Dès lors il conviendrait do rapporter le nom de cette ville à Germanicus, fils adoptif de Tibère, qui, du reste, devait son nom à ses victoires sur les Germains. En toute hypothèse, Abbir-de- Germanicus était une ville très ancienne puisqu'elle possédait un évèque dès le temps de saint Cyprien, ce qui montre de plus qu'elle avait de bonne heure embrassé la foi chrétienne, à Texemple d'Abbir-la-Grande, son aînée.
SVCCESSVS. Premier évêque connu d'Abbir-de-Germanicus, assista au concile de Carthage, le troisième que saint Cyprien convoqua au sujet du baptême, en 255, comme on le voit par le seizième vote de ce concile qui lui est attribué. Il pensait d'ailleurs, comme saint Cyprien, la question n'ayant pas été tranchée par le siège de Rome, qu'il fallait rebaptiser les hérétiques. Le nom de Successus parait plusieurs fois dans les lettres de saint Cyprien; il se trouve encore nommé comme martyr dans les Actes des saints Lucius et Montan. Et en effet les MartyrologeshiévO' nymiens l'annoncent en qualité de martyr le 14 et le 19 janvier.
ANNIBONIVS. Il assista en 411 à la conférence de Carthage où se trouvait aussi Félix d'Abbir-la-Grande. Mais comme il n'avait point été présent à la réunion de Carthage oii avait été voté le mandat, qu'il ne l'avait point dès lors souscrit en personne, il le signa dans la première séance, en employant une autre formule et en disant : « Jb donne mandat et f approuve. » Les autres qui avaient été présents à la réunion avaient au contraire souscrit en ces termes : « J'ai donné mandat et fai souscrit. »
Il est appelé seulement évêque d'Abbir^i> sans autre qualificatif, sans doute parce que l'autre avait clairement signé Félix d'Abbir-la-Grande.
GANDIDVS. Il souscrivit, en 419, au concile de Carthage, le dix-huitième de ceux qui furent célébrés sous Aurèle et il le fit en ces termes ^2>; Candidus d'AhhiVy autrement Candidus d'Abbir-derGermanicus, autrement Candidus-de-Germaniciay selon les manuscrits.