VIII. — ABZIRI
Pline ^*^ cite Abziri parmi les trente villes libres, c'està-dire parmi celles qui, en Afrique, jouissaient de leur autonomie. Ptolémée la nomme Abdiri et la place sous la dépendance de Carthage (*>. Les documents ecclésiastiques nous offrent la variante Auzi7H et Ton voit, par les Actes de la conférence de 411, que cette ville se trouvait dans le voisinage de Culusi et de Uthina. Or l'emplacement de cette dernière est connu et nous la retrouvons dans les ruines appelées Henchir-Oudna. Abziri ne devait donc pas être très éloignée de Carthage. Quant au changement du B en V et du D en Z, ce n'est pas une chose nouvelle. Rien de plus fréquent, chez les Africains, que ces variantes,
(1) (hgnit,, I, n. 128.
(2) Hard., Orne., t. II, p. 1082.
(3) Jlùt. nat., lib. V, cap. LV.
(4) Qeog., lib. IV, cap. in.
inévitables, puisqu'ils parlaient deux langues et que la plupart de leurs villes portaient des noms puniques qu'ils latinisaient en les accommodant à leur oreille.
VICTOR, n siégea au concile tenu à Garthage par Genethlius, en 390, et il fut nommé le premier dans la préface de ce synode ^^^ : « Soiùs le quatrième consulat du très glorieux empereur Valentinien et le troisième du clarissime Néotenics, auœ calendes de juin, à Garthage^ dans la basilique rendue de Perpétue y après que Vévêque Genethlius eût pris place avec Victor d'Abziriy un autre Victor de Puppiana et leurs autres collègues des diverses provinces, etc.
FRVCTVEVX. Nous lisons, dans les Actes de la conférence, qu'il se rendit à Garthage, en 411, pour prendre part à cette assemblée. Mais il ressort des mêmes Actes qu'il était absent, lors de l'appel de son nom, soit qu'il fût retenu par la maladie, soit qu'il fût empêché par quelque autre motif. En effet, après la lecture de son nom, Vincent, èvêque de V Église catholique de Gulusi, dit : « iZ est à Garthage; il a sa manière de voir. » Alors l'évêque donatiste Adéodat fit observer 'que c'était le diocèse de l'évêque donatiste Félicien d'Uthina, lequel y avait un de ses prêtres ^^^.
VIGTORIN. Il signa la lettre que les évêques du saint concile de la Proconsulaire adressèrent à Paul, patriarche de Constantinople, contre les erreurs des Monothélites, et dont une copie fut produite par le pape Martin au
(1) Hard., Conc,, t. I, p. 961.
(2) Qfgnit, 1, n. 12^
concile de Latran, en 649. Il signe : Victorin, par la grâce de Dieu, évêque (PAuziri, comme ci-dessus ^^K
Nous avons encore ici une ville antique et qui témoigne de ses convictions profondément catholiques à l'époque du schisme. Avait-elle des évêques dès Tépoque de Tertullien, comme Uthina sa voisine? Nous Tignorons. Mais elle dut, à cause de sa proximité de Carthage, connaître de bonne heure la vérité.