VI. — ABSASALLA
Le nom d'Absu-Salla est punique ou lybien comme les précédents et peut-être est-il composé d'il 65a et de Salla. Absa pourrait d'ailleurs n'être qu'une altération à'Apisa dont nous parlerons plus loin. Quoi qu'il en soit, les anciens géographes ne parlent point d'Absa-Salla et nous ne connaissons de cette ville épiscopale qu'un seul évêque.
DOHINIQVE, dont le nom se trouve parmi ceux des évêques de la province Proconsulaire qui écrivirent à Paul, patriarche de Constantinople une lettre, laquelle fut lue au concile de Latran, en 649 '^>.
Il est évident qu'une ville lybienne, très ancienne par conséquent, a dû avoir des évêques bien avant la seconde moitié du VIP siècle, mais leurs noms nous sont restés inconnus.
(1) Hard., Cono., t III, p. 760.
VIL — ABTVNGA.
Le nom de cette ville varie beaucoup dans les auteurs anciens. Saint Optât l'appelle Autumni^^^ et saint Augustin Aptugna^^\ Aptuca^^\ Aptuga^^\ Abtunga ^^\ Aptungi^^K Saint Optât la nomme aussi Autumgi^'^K Dans unrescrit de l'empereur Constantin, elle est nommée Aptugni^^K Son nom ne s'écrit donc pas toujours et partout de la même manière, ce qui ne doit pas beaucoup nous étonner après les variantes que nous avons observées dans les noms précédents. Il suffit de remarquer, en effet, que les Latins se trouvaient en face de noms puniques ou ly biens qu'il leur était très difficile de saisir et de rendre. Une première observation à faire au sujet d'Abtunga, c'est que le B se change très facilement en P et en V. Nous aurons encore à faire cette observation pour d'autres noms. Une seconde observation porte sur Tunga qui se change en Tuga, Ticca, Tugni, Tumni, Enfin nous observerons que la finale de l'ethnique varie ici comme pour bien d'autres noms de villes africaines; nous trouvons, en effet, les formes Ahtugnensis et Aptugnitanus , Abtungensis et Abtungitanus, sans parler des autres.
(1) De schi8m.f lib. I, cap. xxvii.
(2) Contra Oresc, lib. III, cap. LXIX, et alibi.
(3) Ad Donat, poit CollaU^ cap. zzxii, n. 55.
(4) Ihid,
(5) Cont. lut. Petit., cap. XVI, n. 28.
(6) JEpUt.j 162.
(f) De sohitm,f Ub. L
(8) Omt. Oreso., lib. III, cap. LXZ.
Abtimga était un municipe, comme on le voit parles Actes de la justification de Félix <i>. On y fait mention de son forum, de ses magistrats, de ses duumvirs, et parmi ceux-ci à'Alfius Cœciliarms, de Quintus Sisenna et du prêtre païen Speretitis, dont les noms se retrouvent dans les monuments épigraphiques de Thignica, de Chidibbiaet d'Avitta-Bibba ^^\ toutes villes de la région centrale de la Proconsulaire et dont la position est connue. Les mêmes Actes nous apprennent que les villes de Furni, de Zama et de Zigua n'étaient pas bien éloignées d'Abtunga. Or, la position de Furni et de Zama est connue aujourd'hui. Nous devons dire aussi que l'antique Thignica porte aujourd'hui le nom de Tunga dans la langue des indigènes et que c'est dans ses environs que se rencontre une localité appelée Aïn-Tuneg, laquelle représente peut-être l'ancienne Abtunga. Quelle que soit la valeur de cette hypothèse, il nous semble à peu près certain que Thignica et Abtunga étaient voisines l'une de l'autre.
Abtunga ne pouvait être, au reste, très éloignée de Garthage, d'après ce que dit saint Augustin de l'ordination de Gécilien faite par l'évêque Félix (3) : « La coutume de l'Eglise catholique, ài\ril^ veut que ce soient, nonpointles évêques de la Numidie, mais les évêques les plus voisins, qui ordonnent Vévèque de Carthage, »
FÉLIX L II était évêque de l'Église d'Aptugna en 311 ; car c'est en cette année qu'il sacra Gécilien. Les Donatistes, voulant exclure Gécilien de l'épiscopat, imaginèrent de dire que Félix, son consécrateur , avait commis le crime
(1) Apud Balva, Mise, t. II, p. 81.
(2) Corpm, n. 1407, 1351 et 805.
(8) Brev, Odlat., cap. xvi, n. 29.
de livrer les saints livres et que, à cause de cette souillure, la consécration de Cécilien était irrégulière et invalide. C'est pourquoi Tempereur Constantin ordonna au proconâul Elien de faire une enquête publique sur la vie de Félix d'Autumni. La cause fut examinée en 313 et Elien y prononça la sentence suivante ^^^ : « Il est manifeste que le saint évêque Félix est justifié de l'accicsation d'avoir brûlé les insù^ments sacrés, puisque personne n'a pu, en aucune façon, prouver qu'il ait livré ou brûlé les très saintes Ecritures; l'interrogatoire de tou^ les témoins, reproduit ci-dessus, prouve en effet, qu'aucune des Écritures divines n'a été soit changée, soit corrompue, soit brûlée. Les Actes prouvent même que le pieux évêque Félix n'était point présent dans ce tem^pS'là, qu'il n'a point trahi sa conscience et n'a rien ordonné de pareil, » Saint Optât ajoute que « lavé et justifié de cette accusation in f amiante, il sortit de ce jugerrient à son grand honneur ^^h
HA6NVS. Le nom de son siège varie extrêmement dans les manuscrits, mais nous croyons devoir attribuer cet évêque à Abtunga. Magnus donna son sentiment le huitième dans le concile de Carthage, sous Gratus, en 349. C'est par suite d'une erreur évidente que les Décrétâtes le nomment Auguste ^^\ Le canon « si l'on doit ordonner ou non ceux qui sont obligés à rendre des comptes » fut fait sur sa demande.
(1) Optât, de schùm,^ ibid., lib. I, cap. xxvii.
(2) Apvd Baluz, Mise, t. II, p. 81.
(3) Décret,^ lib. I, tit. Xix.
FÉLIX II. U assista, en 411, à la conférence de Carthage, où il rendit ce témoignage de son Église <^^: « Elle est tout entière catholique. »
SATVRVS. Son nom se trouve parmi ceux des cinquanteneuf évéques qui souscrivirent, en 525, au concile de Carthage, présidé par Tévêque Boniface^*>. Il y signa ainsi : Saturas^ èvêque du peuple (TAptugni.