X. — AGBIA
Les documents ecclésiastiques nous offrent ce nom avec des variantes très nombreuses et considérables. Ainsi nous lisons Aga, Aggya, Anguia, etc. C'était pourtant une ville bien connue, que les anciens géographes nomment tous ^2) et qui se trouvait sur la grande voie de Garthage à Théveste, à six milles de Thignica et à sept milles de Musti. Il n'a donc pas été difficile de la retrouver dans les grandes ruines qui avoisinent la source nommée encore aujourd'hui Aïn-Edjâ. On y remarque une cidatelle byzantine, dont les hautes et solides murailles, flanquées de quatre tours carrées, sont construites avec des matériaux empruntés aux monuments du municipe romain.
Au IP siècle, Agbia était composée déjà d'un bourg et d'une cité, comme on le voit à la fin d'une dédicace que Cincius Victor fit^^^ d'une statue de la Fortune :
(1) Cognit., I, n. 206.
(2) Itin. Anton. — Tah. Peut. — Ptolémée, etc.
(3) Corpus, n. 1648.
DEDIC. ET EA DIE DECVRIONIB PAQi ET CIVITAT SPORTVLAS A VIII ET VNIVERSIS CIVIBVS EPVLVM DEDIT
A Tépoque de Dioclétien, Agbîa jouissait du titre de municipe, comme le prouve le texte suivant (^> :
MAGNIS ET INVICTIS DDDD NNNN DIOCLETIANO ET MAX!
MIANO PERPETVIS AVGG ET
CONSTANTIO ET MAXIMIANO NOBB CAESARIBVS
RESPVBLICA MVNICIPI AGBIENSIVM DEDICANTE
M IVLIO T ullia NO PROCONS PA MAIESTATI EORUM
DICATO
Au temps de l'empereur Gratien, la ville portait encore ce titre(2^ qu'elle avait probablement obtenu de Septime Sévère W.
La proximité de Musti explique pourquoi ce fut Tévéque de cette dernière ville, Victorien, qui représenta celui d'Agbia à la conférence de Carthage^*>. Agbia était chrétienne de longue date, puisqu'elle avait déjà un évéque au commencement du ni* siècle. Cet évèque était
QVINTVS qui se rendit à Carthage pour le troisième concile de saint Cyprien sur le baptême, en 255 (^>. Il y vota le soixante-cinquième, dans le même sens que le primat de Carthage.
PASCHASE. Après avoir chargé Victorien, de Musti, de le représenter à la conférence de Carthage, en 411, il y
(1) OûrpuSj n. 1550.
(2) Ibid., n. 1552.
(3) Ibid.j n. 1549.
(4) Cognity I, n. 126.
(5) Hard., Conc^ 1. 1, p. 174*
assista lui-même, et lorsqu'on fit l'appel, il dit^^^ : « Je suis présent y fai Vunité, » c'est-à-dire je gouverne seul rÉglise d'Agbia, sans y avoir d'évôque donatiste.
FORTIS. Il signa le dernier la lettre (jue les Pères du saint concile de la Proconsulaire adressèrent à Paul, patriarche de Constantinople, pour le détomner de Terreur des Monothélites^^^. Cette lettre fut écrite après la mort de Fortunius de Carthage et avant l'épiscopat de Victor, c'est-à-dire avant le mois de juillet 646, date de l'élection de Victor. Aucun des deux, en effet, ne la souscrivit, et la première signature qu'on y lit est celle de Gulosus, évéque de Putput.