‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 34 sur 198 · MERITO FECIT · texte numérisé non relu

MERITO FECIT

Assuras était assurément une ville importante, très ancienne, et elle fut des premières à recevoir les vérités évangéliques. La ville s'étendait sur un plateau aux deux tiers entouré de ravins. Deux ponts avaient été jetés sur le ravin dans lequel coule la rivière. On remarque encore parmi les ruines, l'arc de triomphe de Caracalla et deux

(1) Chrpus, n. 1798.

(2) lUd., n. 681.

(3) 3phem,, t. V, n. 441. — Cf. An, Comt, 1888, p. 423.

autres portes triomphales, les restes d'un théâtre, d'un temple, de deux grands édifices et des mausolées.

FORTVNATIEN. Saint Cyprien écrivait, à son sujet, à révéque et au peuple d' Assuras, vers l'an 252<^> : J'ai été vivement et douloureusement surpris, mes très chers frères j en apprenant que Fortunatien, votre ancien évêque, après sa lourde et profonde chute, chercha maintenant à agir corrmie si rien n'avait eu lieu et commence à revendiquer son évêché, etc. » Cet évêque, en effet, avait été déposé parce que, au temps de la persécution de Dèce, il avait trahi misérablement la foi qu'il avait promise à Dieu et offert des sacrifices aux idoles.

ËPICTÈTE. Il fut fait évêque à la place de Fortunatien après que celui-ci eût perdu son siège comme coupable d'apostasie. C'est à lui que saint Cyprien écrivit la lettre que nous venons de citer. Épictète mourut avant 255, martyr probablement, car il est honoré comme tel le 9 janvier, selon le Martyrologe de saint Jérôme.

VICTOR. — n assista, en 255, au concile de Carthage, le troisième célébré par saint Cyprien sur la question du baptême. D y donna son vote le soixante-huitième <2>.

PRÉTEXTÂT. Il était de la secte des Maximianistes et il est nommé parmi les évêques qui se réunirent à Cabarsussi en 393 (3>. Il avait été, d'après saint Augustin ^*>, un des douze consécrateurs de Maximien et l'année suivante

(1) Ép. Lxxrv.

(2) Hard. Orne., 1. 1.

(3) Aiiff, in pg, XXXVI, serm, II, n. 20.

(4) Contra Litt, Petit., 1. I, cap. x.

il fut condamné dans le concUe de Bagaï par les partisans de Primien^^). Saint Augustin parle ainsi de sa mort^^> : Ne lit-on pas que Prétextât d'Assu?*as, bien que condamné dans un concile , attaqué et accusé par vous (Donatistes) dans un acte proconsulaire, a, malgré cette condamnation, conservé sa dignité et est m^rt dans votre communion^

R06AT. Après la condamnation de Prétextât, les Donatistes élurent pour le remplacer Rogat qui était de leur secte. Mais cet évêque ayant abandonné le schisme, se fit catholique et eut beaucoup à soufirir pour sa foi de la part des Donatistes. Voici ce qu'en a rapporté saint Augustin ^8> : A la place de Prétextât d' Assuras, un des leurs, ils en avaient déjà ordonné un autre ^ du nom, de Rogat, lequel est maintenant catholique et à qui leur armée, c'est-àdire la troupe des Circoncellions, a coupé la langue et la m^ain. Saint Augustin écrivait ceci en 418. Il faut donc croire que Rogat était rentré auparavant dans le sein de rÉglise catholique, mais pas avant 397, année où les fidèles d' Assuras avaient déjà un évéque catholique, car ils n'en auraient pas élu un second, s'ils avaient su dès lors que Rogat était devenu catholique.

ÉVANGELVS. On trouve plus d'une fois le nom d'Évangelus dans le recueil des canons de l'Église d'Afrique, ainsi (*> : « Sous le consulat de Césaire et d'Atticus, le 7 des ides de septembre, dans la sacristie de la basi-

(1) Contra Oresc,^ lib. VIII, cap. iv.

(2) Epist. contra Donat,, c. XVIII.

(3) De Gestis cum Emerito^ n. 9.

(4) Hard., Cane,, 1. 1, p. 882.

liqtùe restituée^ Vèvêque Aurèle siégeant avec ses collègues^ les diacres étant av^si présents, arrivaient encore Victor de Puppiana, Tutus de Migirpa, Evangelus d' Assuras^ etc. » Or, ce concile était le troisième des conciles d' Aurèle, et il fut tenu en 397. On trouve encore Evangelus cité dans le même recueil et on voit qu'il assista à un autre concile de Tannée 401, oii l'on traita de Tordre à rétablir dans Téglise d'Hippone-Diarrhyte<^>. Dix ans plus tard, il vivait encore et il se rendit pour la troisième fois à Carthage à l'occasion de la conférence qui eut lieu entre les évéques donatistes et les catholiques. Dans cette réunion, il répondit à l'appel de son nom : « Je suis présent^^. » Aucun compétiteur ne se présenta pour dire qu'il le connaissait. Mais le donatiste Pétilien ajouta : « Celui que nous avions là est mort^ il peut le dire. »

PÉRÉGRINVS. La Notice le mentionne le dix-neuvième parmi les évéques de la province Proconsulaire qui, en 482, convoqués par le roi Hunéric en assemblée générale à Carthage, furent envoyés en exil pour les pimir de leur profession de foi catholique. Au nom de Peregrinus on a ajouté la note : « en exil ici^ » mais à Carthage sans doute. Car les ministres du roi disent d'après Victor de Vite^^^ : « Le roi a ordonné que vous ne revoyiez jamais plus vos villes ni vos égUses, mais que vous soyiez transportés au loin et mis au rang des colons pour cultiver les champs. » Cette mention, du reste, peut très bien signifier que Pérégrinus fut exilé au heu même où se trouvait l'annotateur.

(1) Hard., Conc,, t, I, p. 986, can. LXXTIII.

(2) CognU,, I, n. 120.

(3) Hist, Pen, Vand,, lib. IV, cap. V.

Plus tard, Assuras eut des évêques simplement titulaires, dont voici les noms :

Pierre Gioéni, en 1743;

Jean-Baptiste Maygrot, en 1753;

Jean-Dominique de Sainte-Thérèse, en 1756;

François-Xavier de Scheben, en 1765;

Sébastien de Cahuzac, en 1780;

Biaise de Palma, en 1798;

Benoit de Zramoli, en 1803;

Rodolphe Sala, en 1818;

Ceslas Reynen, vicaire apostolique de Curaçao, en 1886.

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