‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 35 sur 198 · XVI. — AVBVZZA · texte numérisé non relu

XVI. — AVBVZZA

Aubuzza, la même sans doute qu'Abbenza, était un gros bourg de la région de Sicca, qui est représenté aujourd'hui par les ruines de Djezza. Victor de Vite laisse entendre en effet qu'Abbenza se trouvait dans la Zeugitane, lorsqu'il parle de Tévêque Valérien dont nous traiterons un peu plus bas. Il dit qu'un certain Proculus fut envoyé par Genséric dans la Zeugitane pour forcer les prêtres du Seigneur à livrer tous les livres et instruments divins et aussitôt après il cite Abbenza et son évéque.

On a retrouvé à Djezza la dédicace d'un paganicum; elle est ainsi conçue (^> :

GENIO COLONIAE IVLIAE. VENERIAE CHIRTAE NOVAE.... qm AVBVZZA CONSISTVNT. PAGANICVM. PECVNIA SVA. A

SOLO RESTITVERVNT

Aubuzza obtint plus tard le rang de cité^2>. On y remarque une forteresse byzantine, construite avec les matériaux de la ville antique. On y a découvert aussi une longue inscription qui contient une liste de noms qui pourraient fort bien être ceux des saints confesseurs que le roi Hunéric fit réunir à Sicca et à Lares (3). On devait les conduire au désert, mais selon Victor de Vite, ils jalonnèrent la route de leurs cadavres ^^>.

Il y a sans doute une variante assez sensible entre Aubuzza et Abbeza, mais elle rentre tout à fait, comme nous Pavons vu, dans les habitudes africaines.

FORTVNAT. En 411, il se trouva à Garthage au nombre des évoques réunis par devant le tribun et notaire Marcellin, lorsque dans le Secretarium des Thermes de Gargilius eurent lieu, entre les Catholiques et les Donatistes, les discussions connues sous le nom de conférences de Garthage et dont les séances durèrent trois jours. L'Église de Fortunat était restée pure de toute complicité avec les Donatistes. Aussi dit-il expressément ^^^ : « J'ai l'unité. »

(1) Ephem,, t. V, n. 638.

(2) IHd., n. 1261.

(3) Corpwi, VIII, 16396.

(4) Pers. Vànd.y lib. II, cap. IX-XI.

(5) Cognitf I, n. 133.

VALÉRIEN. Il vivait vers Tan 460, sous Genséric, qui, malgré son grand âge, le condamna à un exil cruel. Les Martyrologes Thonorent, les uns le 4 des calendes de décembre, les autres le 18 des calendes de janvier. Mais nous le connaissons surtout par le témoignage que lui rend Victor de Vite^^> en faisant connaître sa dernière épreuve : « Alors arissi, dit-il^ Valérien^ le saint évêque de la ville d'Abbenza, s'ètant refusé courageusement à livrer les instruments divins, fut condamné à demeurer seul y hors la ville ^ avec défense générale de lui donner asile soit dans les maisons, soit dans les champs. Il demeura ainsi dépouillé de tout^ en plein air^ sur la voie publique; il était cependant plies qu'octogénaire. Nous eûmes l'honneur, tout indignes qice nous sommes., de le saluer en cet exil. »

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