MEMORIA DOMNI PETRI ET PAVLI
A Henchir-Berriche, en Numidie également, un chapiteau de colonne porte le texte suivant :
HIC MEMORIE SANCTO (<ic)
RV PAVLI PETRI DONATI Ml QINIS BARIOtS
La Memoria sanctorvm Apostolorum Pétri et Pauli est mentionnée aussi sur les monuments de Henchir-Taghfagt, en Numidie, du Gastellum-Tingitii (Orléansville), en Maurétanie, de Eherbe, dans la même province. A Novi, près de Césarée de Maurétanie, le nom de Pierre était gravé sur un marbre de la manière suivante :
Il 7 avait à Carthage une basilique dédiée à saint Pierre et une autre dédiée à saint Paul. Saint Fulgence apporta de Rome des reliques de saint Pierre et de saint Paul pour une basilique de Ruspe, sa ville épiscopale.
On vénérait dans une basilique d'Aïn-Tixter, qui est de la Maurétanie sitifienne, des reliques des apôtres saint Pierre et saint Paul avec celles de saint Cyprien et d'autres évêques martyrs africains.
Si ce culte pour les saints Apôtres ne marque pas qu'ils furent les fondateurs des Eglises africaines, ils témoignent du moins que ces Églises lear furent, dès l'origine, profondément attachées.
ses lettres à Quintus<i> et à Jubaïen^^^, il dit (jue son prédécesseur Agrippin réunit en sjoiode un grand nombre d'évêques, qui^ à cette époque, gouvernaient l'Eglise du Seigneur dans la province d'Afrique et en Numidie. Saint Augustin porte le nombre de ces évêques~7 à soixante-dix ^3>. Il y a, écrit-il à Jubaïen, un grand nombre d'années, un temps considérable, que, sous Agrippin^ de bonne mémoire^ une assemblée d'évêques a pris cette décision. Le patriarche Sévère dit (jue ces évoques étaient au nombre de quatre-vingt-sept et qu'ils vinrent d'Afrique, de Numidie et même deMaurétanie^*^ Il n'est pas douteux que par un grand nombre d'années^ un temps considérable, saint Cyprien n'indique le second siècle plutôt que le troisième. Le nom d' Agrippin que portait l'évéque de Carthage paraîtrait marquer le premier siècle, car la coutume était alors de prendre le nom des princes régnants. Or, si, au second siècle, il y avait au moins soixante-dix évêques dans la province proconsulaire et dans la Numidie, il est certain qu'à cette époque l'Église africaine était déjà dans sa vigueur et qu'elle s'était étendue au loin, de sorte qu'on peut, avec raison, en reporter l'origine au premier siècle luimême. Comment croire, en effet, qu'on ait pu, dès le début, établir tant d'évêchés, et qu'il y ait eu, tout d'un coup, un si grand nombre de villes, des chrétiens en tel nombre, qu'il ait fallu donner un évêque à chacune d'elles, alors surtout que les prédicateurs de la foi durent trouver en Afrique des mœurs qu'ils ne purent corriger et
(1) IJpist.^ LXXI. — cf. Bacchin., de JEccl, Hier. OTig,y p. 315.
(2) Ep.^ LXXIII. — cf. Justelli, Prœf. ad cod. ean. Eool. afric^ p. 17.
(3) De unit. Bapt. eont. PetU.^ cap. XIII, n® 22. C4) Arialecta spicil »ole»m.^ t. IV, p. 343.
changer qu'au prix de grandes peines et d'une longue persévérance? Ceci me force à croire encore (jue, même avant la fin du premier siècle, il se trouvait déjà des chrétiens en Afrique, et particulièrement à Carthage. Ceux-ci se seront rapidement répandus dans les provinces, en les gagnant de proche en proche, à leur foi, et auront ainsi jeté les bases de cette Église qui devait être, plus tard, si grande et si florissante.
V. — Après avoir fixé l'époque où la religion chrétienne fut portée en Afrique, on a un point de départ certain pour en entreprendre l'histoire. D'ailleurs, nous trouvons, précisément à cette époque, un auteur pour nous faire connaître l'état des choses. C'est Pline l'ancien, qui publia alors son Histoire, dédiée à l'empereur Titus. Aussi ne nous écarterons-nous en rien de l'ordre qu'il a adopté. Nous plaçant donc au midi, et tournant ainsi le dos aux Barbares, nous étudierons l'Afrique, en commençant à gauche, c'est-à-dire au détroit de Gadès (Gibraltar) et en continuant ensuite à droite jusqu'à la Grande-Syrte. Sur ce parcours se présentent d'abord les Maurétanies Tingitane et Césarienne, puis la Numidie, enfin l'Afrique proconsulaife comprenant la Zeugitane et le reste de l'Afrique jusqu'aux limites de la province de Cyrène.
MAURETANIE TINGITANE.
Les premières terres, dit Pline ^^^ , sont appelées Maurétanies. Sous le règne de Caïus César, fils de Germanicus^ elles furent violemment divisées par lui en deux provinces. Je reviendrai, plus tard, sur cette division, à l'article des provinces. Le promontoire le plus avancé dans VOcéan est appelé par les Grecs Ampelitsia (cap Spartel), parce qu'il était planté de vignes. Les Africains, dans leur langue, l'appelaient Cotten. Il y avait^ au delà des colonnes d'Hercule, les villes de Lissa (Belgounèch) et de Cotta; il y a maintenant Tingi^^), fondée anciennement par Antée et appelée plus tard par Fempereur Claude Traducta Julia, quand il en fit une colonie, Hardouin^^) pensait que ces colons avaient été amenés en Afrique par Claude.
(1) Hist, nat, lib. V, cap. I.
(2) La moderne Tanger, Tinja des Arabes, l'ancienne Oolonia victriœ Jnlia traduotay selon une inscription qu'on y a découverte.
romae. et. avo
8 AORVM
an T0NIV8
h ERME8.
eO LON. V. IVLI
Tissot, Maur, lïng., p. 49.
(3) Emend, ad lib. Y, Pline, sect. I.
Pline ajoute, de la même ville « qu'elle se trouve^ à trente milles pa/r mer^ de Bélone^ dans la Bétique. »
n. — A vingt-cinq milles de là, continue Pline, sur le bord de l'Océan^ se trouve Julia Constantia Zilis (Arzilla), colonie d'Auguste y qui l'enleva aux rois et la fit dépendre de la Bétique. Depuis le règne d'Auguste, en effet, jusqu'à Claude, les Maurétanies avaient eu pour rois Juba et Ptolémée, dont les noms se lisent sur des médailles nombreuses. A trente-deux milles de là (quarante-huit kilomètres, le mille romain équivalant à un kilomètre et demi), était Liœos (Tchemmich, près El- Araïch), colonie de l'empereur Claude. On retrouve son nom, dans les récits les plus fabuleux des anciens ; ils y plaçaient le palais d*Antée, le combat d'Hercule et le jardin des Hespé^Hdes. La msr y forme un estuaire avec ses circuits tortueux, Ofù, Von prétend encore aujourd'hui qu'était la retraite du Dragon. Il renferme une île qui^ bien que très peu élevée aurdessus des terres environnantes y n'est pas cependant couverte par le flux de la mer. Il y existe un autel d* Hercule, mais à part quelques oliviers sauvages, il ne reste rien de cette fametùse forêt aux fruits dHor.
in. — A quarante milles (soixante kilomètres) de Lixos^ dans l'intérieur des terres, se trouve Babba, autre colonie d'Auguste. A trente milles de là, est la ville de Volubilis ^^\ située à égale distance des deux
(1) Voliibills n'est plus qu'une ruine connue sous le nom de Esar- Faiaonn ; on 7 a remarqué les restes d'une belle basilique et l'inscription suivante :
mers^ c'est-à-dire de l'Océan et de la Méditerranée. A cinquante milles de Lixos^ sur la plage que baigne r Océan, est le Subur (Oued Sbou), magnifique fleuve navigable^ qui passe près de la colonie de Banasa<^l A cinquante milles de M, la ville de Sala^^^, sur la
Q. CAEOILIO Q. FILIO DOMITIANO CLAVDIA VOLVBILITANO DECV 1 mONI MUNIOIPII
VOLVBILITANI AN
NORVM XX Q CAE
CILIV88 /// OA OR A