‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 9 sur 198 · PROCONSULAIRE · texte numérisé non relu

PROCONSULAIRE

I. — Pline décrit ensuite le reste de l'Afrique, qui s'étend au loin vers l'est et vers le sud. Il dit que la région de la Zeugitane ou Proconsulaire, commence à la Tusca avec celle qu'on appelle proprement r Afrique, c'est-àdire la terre des Épis, autrefois la nourricière de Rome.

(1) Lib. I, cap. VI.

Trois promontoires, le cap Blcmc (Ras-el-Abiod) , celui d'Apollon (Ras-el-Mekkî) en face de la Sardaigne, et celui de Mercure (cap Bon) en face de lu Sicile, s'avancent dans la mer et formant deux golfes : celui d'Hippone, près de la ville que Von nomm£ Hippone détruite (Dirutus), appelée par les Grecs Diarrhyte, à cause des eaux qui la traversent (Bizerte). Près de là, mais a>ssez loin de la m£r, se trouve Theudalis, ville exempte. Après le promontoire d'Apollon, et dans l'autre golfe, Utique (Bou-Chateur), ville de citoyens romains, célèbre par la mort de Caton; puis le fleuve Bagrada (Medjerda), et l'emplacement des Castra Comelia (Kalaatel-Oued), ville détruite par un effondrement du terrain. Hardouin pense ^^ que Tertullien y a fait allusion, quand, après avoir énuméré les malheurs d'autres villes, il ajoute ^^^ : « Plût à Dieu que l'Afrique n'ait eu à craindre que ce gouffre et que la ruine des Castra ait été u/ne expiation suffisante. » Ils devaient leur nom à Cornélius Scipion, le premier Africain, qui y avait campé lorsqu'il aborda en Afrique. Ensuite, la colonie de Carthage, sur les ruines de la grande Garthage, pour les colons qus Caïus Gracchus et Caïus César y avaient pompetcsement amenés; la colonie de Maooulla (Rades); les villes de Carpi (El-Meraïsa), de Misua (Sidi-Daouden-Nebi); la ville libre de Clupea (Klibia), au promontoire de Mercure; la ville libre de Curubis (Courba) ; et Neapolis (Nebel).

IL — Vient ensuite une autre partie de l'Afrique propre; c'est le Byzacium, habité par ceux que l'on

(V) In emend.f ad lib. V, Pline, sect. 3. (2) J>e PaUio, cap. ni.

nomme Lyhi-Phèniciens. Le tetTitoire de ce nom. a deux cent cinquante mailles de circuit et est tellement fertile que le sol y rend le centuple au laboureur. Là sont les villes libres de Leptis (Lemta), Adrumète (Sousse), Ruspina (Monastir), Thapsus (Dimas), ainsi que Thenœ (Tina), Macomades (Oglet-Khefifia ) , Tacapœ (Kabès), et Sabrata (Zouara), qui touche à la petite Syrte. Le là à VAmpsaga, la Numidie et l'Afrique ont en longueur cinq cent quatre-vingts milles; la largeur approximative est de deux cents mailles. Tout ce que n/yus avons appelé V Afrique se divise, du reste, en deux provinces, l'ancienne et la nouvelle, séparées par un fossé que le second Africain, c'est-à-dire le jeune, et les rois, fils de Massinissa, prolongèrent de la Tusca jusqu'à Thenœ, ville qui est à deux cent seize milles de Carthage. On appela, dès lors, province nouvelle la partie laissée aux rois par Scipion Èmilien; mais depuis, quand les rois disparurent, elle fut réunie à l'ancienne et ajoutée au territoire des Romains, Les monuments épigraphiques mentionnent ces diverses appellations<^>.

m. — Le troisième golfe se partage en deux, savoir les deux Syrtes, qu'un fond vaseux et le ^flux de la rmr, toujours existants, rendent redoutables. Il y a trois cents milles de Carthage à la petite Syrte qui est la plus rapprochée. Polybe dit qu'elle a cent milles d'ouverture et trois cents de tour. On n'y peut voyager par terre qu'à travers des déserts de sable, remplis de serpents, en se guidant sur les étoiles. Puis viennent des bois où abondent les bêtes féroces; et à l'intérieur, des solitudes

(1) Ephem., t. V, n. 1171 et n. 1219.

peuplées d'éléphants, aujourd'hui refoulés jusqu'au lac Tchad; ensuite, de vastes déserts, et av^delà les Garamantes (Djerma), à une distance de douze jours de marche des Augyles (Audjela). Aurdessus d'eux étaient les Psylles et plus loin le lac de Lycomède entouré de déserts. Les Augyles etiœ-^mêmes sont placés à peu près entre l'Ethiopie occidentale et la région qui sépare les deux Syrtes, à égale distance de l'une et de l'autre.

IV. — Sur le littoral, il y a deux cent cinquante milles entre les deux Syrtes. On y trouve la ville de Oea (Tripoli) ; le fleuve Cynyps (Oued-Meghar) et le pays du même nom; les villes de Neapolis, Taphra, Abrotonum, la seconde Leptis (Lebda), surnommée la Grande. Au-delà, la Grande Syrte, qui a six cent vingt-cinq milles de circuit, et trots cent douze d'ouverture. Plus loin, habite la nation des Cisipades. Au fond du golfe était la côte des Lotophages, appelés aussi par quelques-uns Alachroès, jusqu'aux autels desPhilènes, frères Carthaginois qui, disait-on, se laissèrent enterrer vivants pour la patrie. Ces autels sont formés de sables. Au-delà, non loin du rivage, le fleuve Triton (Chott-el-Fedjedj) forme un vaste marais qui reçoit de lui son nom. Callimaque le nomme Pallantias et le m^t en deçà de la Petite Syrte, tandis que beaitcoup d'autres le placent entre les deux Syrtes. Le prom^ontoire qui termine la plies grande est appelé Borion. Au-delà se trouve la province de Cyrène.

V. — A partir de l'Ampsaga, c'est-à-dire de la Numidie, jusqu'à cette limite, V Afrique renferme vingtsix peuples soumis à l'Empire romain. Les anciens

manuscrits en donnent cinq cent seize. Outre les colonies déjà citées, on y en compte six autres : Uthina (Oudna) ; Tuburbo (Kasbat), dans la province proconsulaire : Il y a quinze villes de citoyens romains, parmi lesquelles on peut citer, dans l'intérieur : Azuras (Zanfour); Abutuca (Oudeka); Ahoria; Canope, Chilma (Djilma); Simittu (Chemtou); Thunusida (Sidi-Meskin) ; Tubumica (Henchir-Moussa) ; Tunydrwma ; Tibiga (Bir- Magra); les deux Uci, la Grande (Henchir-Douamès) et la Petite; Vaga (Béja); une ville latine, Uzalis (El-Alia); une ville de mercenaires, les Castra Comelia, c'est-àdire au lieu où elle fut autrefois.

On y comptait trente villes libres, parmi lesquelles on peut nommer : Acola (El-Alia); Achar (Sidi-Amara); il t?ena (El-Meden) ; Abziri; Canope; Melzi [OueàrlA^^)\ Matera (Mateur); Salaphi; Tusd^^us (El-Djemm); Tiphica; Ttmica; Theuda; Tagaste (Souk-Aghas) ; Tiges (Tarfaoui); Ulicsubri; une autre Vaga; Visa; Zam^ (Djiama).

VI. — Pour le reste, on peut dire avec raison que ce ne sont pas seulement des villes, m,ais encore pour la plupart des nations; comme les Natabudes, dont le nom véritable Nattabutum, se retrouve dans les ruines de Oum- Guerriguech ; les Capsitani de Gapsa (Gafsa); les Misulani, dont le vrai nom parait sur plusieurs monuments sous la forme Musulam^i; les Sabarbares qu'il faut écrire Suburbures^^\' les Massyles; les Nisives; les Varnacures; les Ethini; les Mussini; les Marchubii, et toute la Gètulie qui sépare t Afrique de l'Ethiopie, c'est-à-

(1) Pour œs noms, voir le Corpus ?t. 4826; 4836; 270; 10667; 9288; 10835 ; 8270.

dire toute la région qui sépare TAlgérie du Soudan. Telle est la description de l'Afrique, faite par Pline. Nous discuterons, du reste, en leur place, les détails qu'il a énumérés.

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