CIV. — RVSPE
Ruspae était une ville de la Byzacène qui n'était pas sans importance. Elle était située sur le littoral, entre la ville d'AchuUa et le municipe d'Usula. La table de Peutinger fixe Ruspae à six milles d'Usula. Mais Ptolémée la place plus au nord, à la hauteur du Ras Kapoudia, et cette donnée répond parfaitement à la signification du mot Ruspae, de sorte qu'il faudrait lire dans la Table vingt-six milles au lieu de six. Ruspae serait donc représentée par Henchir Sbia, situé à quatre milles ouest du Ras Kapoudia. Son nom est resté au Koudiat Rosfa, qui est près du Ras el- Louza, et pour quelques-uns même ce serait remplacement de Ruspae. Le Merasid de Safi ed Din fait mention de la ville de Rosfa, située en, Afrikia sur le bord de la mer. Ruspae fut surtout illustrée par Fulgence, son très saint Évêque, célèbre aussi par sa science ; c'est grâce à lui que le nom de Ruspae est universellement connu. L'auteur de la vie de saint Fulgence, le diacre Ferrand, dit que Ruspae était une belle ville et qu'il y avait dans son sein des sénateurs illustres ^ Un de ceux-ci, nommé Posthumien, doïina au saint Évêque une de ses propriétés pour y élever un monastère-.
ETIENNE. Il figure le cent deuxième sur la liste des Évèques de la province Byzacène qui se rendirent, en 484, à la réunion de Carthage convoquée par le roi Hunéric et forent, par Tordre de ce prince, exilés avec leurs autres collègues.
FVLGENCE. Il fut sacré Évêque en 508, alors que le rolTrasamond sévissait contre les catholiques, et il mourut en 533, après vingt-six ans d'épi scopat. C'est ce que Noris a établi d'après l'auteur de la vie de saint Fulgence, qui est, à ce que l'on croit, Ferrand, diacre de Carthage^ Il fut deux fois exilé par Trasamond et déporté en Sardaigne, où il mena la vie de moine qui avait fait aussi et qui fit encore ensuite ses délices à Ruspe. Il y rentra, après que, grâce à la bienveillance d'Hildéric, la paix fut rendue aux Églises et que les Évèqaes purent reprendre leurs sièges. Il fonda à Ruspe un monastère dont il confia la direction à l'abbé Félix. On honore saint Fulgence le premier et le dix-neuf janvier.
FELICIEN. Étant encore simple prêtre, il avait été, en Sardaigne, le compagnon d'exil de saint Fulgence, dont il fut le successeur immédiat 2, non sans une intervention surnaturelle de son prédécesseur 3. Il assista, en 534, au Concile de Carthage réuni par Réparât. On s'y occupa ^ des privilèges des monastères sur la demande qu'il en fit luimême, afin de savoir la conduite qu'il devait tenir au sujet du monastère de Ruspe. C'est à lui que fut dédiée la Vie de saint Fulgence que nous avons encore.
JVLIEN. II signa la lettre du Concile de la Byzacène que quarante-trois Évêques adressèrent, d'un commun accord, en 641, à l'empereur Constantin, fils d'Héraclius, contre les erreurs des Monothélites ^.
1 Hist. Pelag. Lib. 2. cap. ult.
2 In vita. n. 1.
3 Ibid. n. ult.
4 Hard. 2. 1 177 s Ibid. 3. 740.
Ruspe a eu plus tard des Évêques titulaires :
Vincent de Via, 19 décembre 1757 ;
Emmanuel Obeler, janvier 1778;
Georges de Varels, septembre 1796 ;
Edouard Bède Stater, 15 juin 1818 ;
Antoine Marie Buhadgiar, des Mineurs Capucins, auxiliaire du Vicaire apostolique de la Tunisie, par bref du 8 août 1884;
Spiridion Poloméni, promu au consistoire du 11 juillet 1892 et sacré à Carthage le 5 juillet précédent.