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Les ruines de Gigthis, étalées sur un plateau accidenté, couvrent un espace considérable. Sur plusieurs monticules on distingue les restes de belles constructions. Le port, dont parle Scylax, est situé au sud de la ville, mais au nord il y avait aussi un bon mouillage. L'auteur arabe Tidjani donne à la plaine de Gigthi le nom de Tadjghet ; c'est l'appellation antique avec le ta berbère. Nous verrons que Tacapas au contraire a perdu le préfixe berbère ou lybien. Le forum de Gigthi formait un rectangle de soixante mètres sur quarante ; il était pavé de grandes dalles.
CATVLIN. Il assista, en 411, avec les Évèques catholiques à la Conférence de Carthage, et après avoir répondu à l'ap-
ï Corpus. 27.
pel de son nom, il rendit témoignage de son église * : Elle a, dit-il, l'unité. Ce que Valentinien, diacre de Primien, confirma en ajoutant : Nous n'y avons personne.
La basilique de Gigthi, avec son baptistère et ses annexes, a été mise récemment à découvert.
IL — GIRBA I.
Il est certain qu'il y eut, en Afrique, deux Évêchés portant le nom de Girba, car, au Concile de Carthage, sous Boniface, on trouve à la fois deux Évêques de ce nom, Vincent et Donat, tous deux catholiques et à la tête d'églises différentes.
Pour se rendre compte de ce fait, il suffit d'admettre que la grande lie qui porte encore le nom de Girba a eu plusieurs Évoques, ce qui ne doit pas étonner, puisque toutes les villes d'Afrique un peu considérables formaient des Évèchés. Or, l'île de Girba compta plusieurs villes importantes. La table dePeutinger en compte quatre principales. Ptolémée en nomme deux : Gerra et Méninx, appelée plus tard Girba.
Les deux Évêques de Girba ont pu très bien porter le même titre, et si l'on considère que les manuscrits donnent les variantes Girba, Gerba, Girpa, Girma, Girva, Greba, Gerva, etc., on peut admettre que les deux Évêchés sont ceux de Gerra et de Girba. On peut encore admettre que
i Cog. 1. 133.
Gerva est une altération de Gergis et que Gervitanus est mis pour Gergitanus. Or, Gergis est la moderne Zarzis, ville située sur le littoral, au sud de Girba et dans la même province Tripoli taine.
Rien par conséquent ne nous force à admettre que Tun des deux Évèchés de Girba appartient à la Proconsulaire. Le nom des autres villes de Girba sont : Tipasa, Haribus et Uchium.
Ce point mis en lumière, nous dirons que Girba est appelée par Ptolémée Tile des Lotophages, que les empereurs Gallus furent proclamés dans Tile de Méninx qu'on appelait déjà alors Tile de Girba ^ Strabon et Pline nomment également Tîle et la ville de Méninx. L'île était située près de la petite Syrte et faisait partie de la Tripolitaine. - Girba semble avoir été le nom de Tîle dès la plus haute antiquité, et Méninx, qui était la ville principale, donna à une certaine époque son nom à l'île dont elle était la capitale.
Girba devait sa renommée à la pourpre qui s'y préparait et servait aux teintures réservées aux Empereurs. C'est à ce fait que se rapporte le Procurateur de l'atelier de teinture de Girba de la province Tripolitaine dont il est fait mention dans la notice de l'Empire.
Les ruines de l'antique Méninx ou Girba portent aujourd'hui le nom d'ElKantara qui lui vient d'un pont servant à relier l'île au continent. On y a découvert une basilique à trois nefs. Dans la nef de droite était un riche tombeau recouvert d'une plaque, sur laquelle entre quatre monogrammes et quatre palmes étaient gravés ces mots : Egnatia, puella^ vicsit in pace annîs XXI -. Egnatius
' Victor, de Caes. 31.
* Acad. des Inscr. 1882. p. 180.
était un nom que portaient les empereurs Gallien et Gallus. Girba appartient auj ourd'hui à la Tunisie. Sa population est berbère et nombreuse. L'île fut jadis soumise aux Espagnols.
MONNVLVS. Il assista à Carthage, en 255, au troisième Concile de saint Cyprien sur la question du Baptême. Il y fît connaître son sentiment le dixième '.
PROCVLVS. Il était de la secte des Maximianistes avecles* quels il assista, en 393, au Concile de Cabarsussi. Il en ^igna la lettre synodale en son propre nom et au nom de Gallonius son collègue -.
QV0DVVLTDEV8. Il fut l'un des Évèques catholiques qui, en 411, assistèrent à la Conférence de Garthage. Lorsque, à rappel de son nom, il eut répondu ^ : Je suis présent^ le donatiste Evasius se présenta contre lui et dit : Je le connais. Et lui-même répondit à son appel ^ : J'ai donné ^mandat et j'ai souscrit.
VRBAIN. C'est lui que Victor de Vite mentionne parmi ceux que le roi Genséric exila vers Tan 450 ^ : Si par hasard^ dit Victor, quelqu'un^ comme cela arrive d'ordinaire, lorsqu'on prêche au peuple de Dieu, nom^ ^mait Pharaon, Nabuchodonosor, Holopheme, ou tout autre tyran semblable, on l'accicsait de désigner ainsi /a personne du roi et aussitôt il était condamné à
1 Hard. 1. 163.
3 Aug. serm. 2. in ps. 36. n. 20.
3 Cog. 1. 126.
* Ibid. 199.
sPers. Vaud. 1. 7.
l'exil. Ce genre de persécution était pratiqué ici ouvertement, là en secret, afin de supprimer par ces indignes ^nanœuvres les hom,mes les plus pieux. C'est ainsi que notes avons vu alors exiler bon nombre d'Èvêques, co'inme Urbain de Girba, le métropolitain Crescent de la cité d'Aquœ qui était le Primat de cent vingt Evéques, Habetdeum de Theudala, Etestrate de Sufés et les deux Tripolitains Vincent de Sabrata et Cresconius d'Oea. Il est vrai, Victor semble mettre Urbain parmi les Évêques de la Byzacène ; mais la vérité est qu'il ne suit aucun ordre, car Habetdeum est cité entre les Évêques de la Byzacène, bien qu'il soit de la Proconsulaire. A la fin de son texte il faut donc lire deux autres Tripolitains.
L'Évêque Urbain est honoré le vingt-huit novembre.
FAVSTIN. Il figure le troisième des cinq Évêques de la province Tripolitaine mentionnés avec les autres par la notice de 482 et qui furent envoyés en exil par le roi Hunéric après la réunion de Garthage en 484.
VINCENT. Il assista comme légat de la province Tripolitaine au Concile de Garthage réuni sous Boniface en 525 et il signa un des premiers en cette qualité ^ . Il est encore fait mention de lui dans ce même Goncile, lorsque, au second jour, les Évêques qui avaient apporté la lettre du Concile de Junca à Boniface, demandaient que Vincent, Evêque de Oirba, de la province Tripolitaine, fût mis en demeure de rendre les centres de population qu'il paraissait avoir usurpés sur l'Eglise de Tam,al-
* Hard. 2. 1081.
luma ^ Il est appelé dans les Actes Évêque de Gerva ou Girva et il est question du peuple de Sasisa, d'Umbriana et de VîUa Minor. Assurément ces populations appartenaient au continent et non à Tile de Girba, et dès lors nous serions inclinés à considérer Vincent comme Évêque de Gergis.
m. — GIRBA IL
La seconde Girba, si ce n'est la même que Gergis dont nous avons parlé, et si ce n'est Gerra, seconde ville de l'île de Méninx, ne saurait être que le titre du second Évêque de rile de Girba. Nous en avons parlé amplement à l'article précédent. Nous ajouterons que Gergis, aujourd'hui Zarzis, est située sur le littoral, au sud de Girba, à cinq milles à Test de Zitha. Le stadiasme met la tour de Gergis à cent cinquante stades de Méninx.
6ALL0NIVS. Il ne put assister, en 393, au Concile de Cabarsussi ; il y fut représenté par son collègue Proculus qui signa pour lui la lettre synodale. Son titre n'est pas indiqué, mais il est probable que c'était aussi un Évêque de Girba 2.
DONAT. Il souscrivit le dernier au Concile de Carthage réuni sous Boniface en l'année 525 2.
« Hard. 2. 1085.
^ Aug. 2 serm. in ps. 36 n. 20.
^ Hard. 2. 1082.