‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienneChapitre 170 sur 181 · IV. — LKPTIS-LA-GRANDE · texte numérisé non relu

IV. — LKPTIS-LA-GRANDE

Leptis, ordinairement surnommée la Grande, parce qu'il y avait une Leptis-la-Petite dans la province Byzacène, était une ville très illustre de la province Tripolitaine.EUe fut, au témoignage de Spartien, d'Eutrope et d'Aurelius Victor, la patrie de l'empereur Sévère. Sur les anciennes monnaies, elle est appelée colonia Victrix Julia. Dans les auteurs, elle est appelée Lepti Majus, Leptis Magna. Ces noms, d'origine étrangère, se mettaient à divers cas et étaient de divers nombres et de divers genres qui devenaient indéclinables dans la langue latine. Salluste et Pline disent que Leptis fut fondée par les Phéniciens, mais il en est de cette ville comme de beaucoup d'autres localités africaines qui ne prirent d'importance réelle que quand elles eurent des relations avec les négociants orientaux.

Leptis était située entre les deux Syrtes, près de la rivière Cinyphe, aujourd'hui l'oued Eaan. Elle fut embellie par Justinien, après qu'il eut repris l'Afrique. Il l'entoura de remparts, y restaura la maison de l'empereur Sévère et y érigea cinq églises nouvelles dont il dédia la principale à la sainte Mère de Dieu, comme Procope le rapporte au sixième livre de son ouvrage sur les édifices de Justinien. Il y avait aussi dans la région de Leptis une station militaire, commandée par un officier chargé de surveiller la frontière et de la protéger contre les incursions des barbares. Il était sous les ordres du comte d'Afrique et du Dux de la province Tripolitaine, comme nous le fait connaître la notice de l'Empire d'Occident.

Leptis, comme les autres villes Lybiennes, fat d'abord administrée par des Sufètes ^ ; elle reçut plus tard le titre de municipe^, puis celui de colonîa Ulpia Trajana'^, Elle obtint enfin de Sévère qui y était né le droit italique^. Le Périple, Strabon et Ptolémée donnent à Leptis le nom de Neapolis, qui désignait proprement un quartier de la ville. Riche et peuplée, Leptis eut à lutter contre deux ennemis qui finirent par avoir raisoïi d'elle : les nomades et les sables mouvants. En vain Justinien la releva; elle reste aujourd'hui tout entière ensevelie sous les sables.

En 883, selon la notice de Léon le Sage, Leptis avait encore un Évêque.

DIOGA. Il était contemporain de saint Cyprien et dans le Concile de Carthage de 255, Natalis d'Oea vota pour lui parmi les derniers : Non seulement moi ici présent, ditil ^, mais Pompée de Sabrata et aussi Dioga de Leptis Magna qui, absents de corps mais présents d'esprit, m' ont fait leur m^andataire, nous pensons comme nos collègues, etc,

SALVIEN. Il était de la secte des Donatistes parmi lesquels il assista, en 411, à la Conférence de Carthage où à l'appel de son nom il dit^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit, sans rien ajouter au sujet d'un Évêque catholique.

Du reste, il est appelé simplement Évêque de Leptis, ce

1 Corpus. 7.

2 Ibid. 8.

3 Ibid. 10.

4 Dig. 15. 8. 11.

6 Hard. 1.178.

6 Cogn. 1. 208.

qui, à la rigueur, peut désigner un Évèque des Castra Leptitana situés dans la montagne même de Leptis.

Nous croyons, en effet, que TÉvêque Primulien, dit de Luci magna, maximianiste, appartient à Leptis Magna et qu'il y a dans son titre une erreur de copiste.

CALLIPEDE. Il figure le premier des cinq Evêques que comptait la province Tripolitaine en 484, lorsqu'ils se rendirent à Carthage, sur Tordre du roi Hunéric, et furent, après cette réunion fameuse, exilés avec tous les Évèques catholiques.

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