XIII. — AQVAE
C'est à l'oasis actuelle d'el Hamma, à deux heures de <iistance et au nord de Tozeuz, l'ancienne Tusurus, qu'il faut chercher les Aquse de la Byzacène. Son nom el Hamsignifie les Eaux, et pour le distinguer du Hamma de abès, qui représente les Aquse de Tacapae, on le nomme -^xacore aujourd'hui le Hamma de Tozeuz.
Il est situé sur le bord du Chott el Gharsa et il forme
^a.ne oasis composée de quatre villages. On y compte un
xïiillier d'habitants et cinquante mille palmiers. Les sources
sont minérales. La principale est sulfureuse et coule dans
âeux bassins antiques, voisins l'un de l'autre, le premier
oblong et en partie détruit, le second carré et encore in-
^ct. Bâtis tous deux avec de belles pierres, ils remontent
à l'époque romaine.
lANVIER. Il était donatiste, et assista, en 393, au Concile de Cabarsussi, comme le prouve la lettre synodale de ce
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même Concile, qu'il signa et que saint Augustin nous a conservée dans son deuxième sermon sur le psaume trentesixième, où il Ta insérée tout entière. Janvier était de la secte des Maximianistes qui condamnèrent alors Primien, quoique absent.
Nous attribuons Janvier aux Aquae de la Byzacène parce que la plupart des Évèques du Concile de Cabarsussi appartenaient à l'Afrique propre.
VICTORIHIEH. Il assista, en 411, à la Conférence de Carthage, 011 il se présentait avec assurance parmi les Donatistes, commp évêque d' Aquae, alors qu'il venait de quitter cette dernière ville, n'étant encore que prêtre, et qu'ordonné en chemin par ceux de sa secte, il n'avait même pas pris possession de son siège épiscopal. Aussi, lorsque, dans l'assemblée des Évèques, il se présenta devant le tribun pour dire ^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit, Asellicus, évêque catholique du municipe de Tusurus, dans la même province, se leva et dit : Je prends à témoin le Dieu tout-puissant et Jésus-Christ notre Sauveur, que nous avons quitté le pays des Arzuges le trois des calendes de m.ai, et qu'il n'était que prêtre et non évêque. Il a été ordonné en chemin ; mais cette secte, dont il s'appuie, a déjà là un évêque qui a été surpris en flagrant délit d'adultéré. L'instruction de sa cause est encore p)endante.
Le pays des Arzuges est la région des Merazig actuels qui gardent leur ancien nom. Il se trouve sur la voie méridionale de Nepte à Tacapae et nous voyons par ce récit que les Évèques catholiques et donatistes de cette région
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voyageant ensemble avec les relais impériaux prirent à Tacapa3 la voie de mer qui les mena à Carthage.
CRESCENT. Il était primat de la province, en 455 ou environ, et il avait, dit Victor de Vite ' , sous sa juridiction cent vingt Évéques. Il est mentionné avec d'autres Évoques de la Byzacène qui furent exilés par Genséric, parce que, afin d'exciter la colère de ce prince, on les avait accusés calomnieusement d'avoir mal parlé de lui.
Quant à attribuer Grescent aux Aquse de la Maurétanie, il n'y faut pas songer, car alors la Maurétanie n'était pas sous la domination directe de Genséric, ainsi qu'on peut le constater en lisant Victor de Vite. Cet auteur, d'autre part, nous assure que Genséric s'était spécialement réservé la Byzacène. Et en vérité nous voyons que Grescent est condamné avec les Évêques de Girba, de Sufès, de Theudala et deux autres de la Tripolitaine *.
H.... La notice de 482 porte que, à cette époque, l'église
^'Àquae n'avait point d'Évèque à sa tête pour la diriger, et
2[)uisque le nom de la ville est cité, c'est sans doute que
son Évêque était exilé ou s'était expatrié pour ne pas
tomber entre les mains du persécuteur Arien.
' Pers. Vaud. 1. 7.
* 11 se pourrait que Janvier ait été évêque des Aqu8B Tacapitanee civitatis, le Hamma de Gabès. Car il est dit en Victor de Vite métropolitain de Aquitaniœ cimtatis, qui est une mauvaise lecture.