LXVIII. — IVNGA
Junca, que les anciens géographes ne mentionnent pas^ est connue, dans les annales de l'Église, par le Concile qui y fut tenu, en 524, lorsque Libérât était Primat de la Byzacène^. On y envoya des députés au Concile que Boniface tint. Tannée suivante, à Carthage ^. C'était une ville maritime, comme Tindique l'auteur de la vie de saint Fulgence, en mentionnant le rivage de Junca, près duquel il dit qu'un monastère était situé^. Selon le même auteur, la ville était au fond d'un golfe et elle était voisine de Benne fa, et il confirme ce que nous avons dit ci-dessus du Concile de Junca ^. Procope nous apprend que Junca était à neuf journées de mer au sud de Carthage et que c'était le seul
» Hard. 3. p. 739. a Hard. 2. p. 1085.
3 Ibid. et p. 1086.
port de refuge qui existât sur ce littoral K Gorippe parle de Junca et des champs de Junca, dans sa Johannide ^. Enflbtt, la notice de Léon le Sage atteste qu'en 883, Junca avait encore un Évêque.
Les ruines de cette ville portent aujourd'hui le nom de Ounga ; elles sont situées à quatre kilomètres de Macomades et s'étendent sur la rive droite de l'oued Zitoun.Le port dont parle Procope est le Mersa Sghira, mouillage abrité par la saillie du Ras Ounga et par les lies Keneïs. Parmi les ruines assez effacées de la ville, on reconnaît les vestiges d'une basilique chrétienne et de vastes citernes. Sur le plateau qui les domine, s'élève le Ksar Ounga, forteresse bâtie tout entière avec des matériaux antiques.
VALENTINIEN. Il assista, en 411, à la Conférence de Carthage où il répondit à l'appel ^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. Il ne fit aucune mention d'un compétiteur catholique. Il est, comme le fait remarquer Hardouin, appelé Évêque de Junca dans les manuscrits, mais dans les textes imprimés il est dit Évoque d'Inuca. Noris préférait cette leçon parce qu'il y avait dans la province Proconsulaire, une Inuca, autrement Unuca, située sur la voie de Carthage à Membressa, entre Pertusa et Sicilibba, comme le marquent les Itinéraires. Mais on ne trouve nulle part ailleurs un Évêque de cette ville.
TERTÏLLE. La notice le nomme le cent cinquième parmi les Évêques de la Byzacène qui furent convoqués à Carthage, en 484, avec tous leurs collègues et de là partirent pour l'exil.
1 BeU. Vand.
2 Lib. 6. V. 390 et 477. 7. v. 20.
3 Ck)gn. 1. 187
ÏERECÏHDÏS. Victor de Tonnone en fait mention à l'année 552 et 553 et dit qu'il partit de la Byzacène avec ceux que l'empereur Justinien appelait à Constantinople pour Tafifaire des trois Chapitres. Il ajouta ensuite, au sujet de la mort de Verecundus : Mais Verecundus, Èvêque de l'Eglise de Junca, inébranlable dans la défense des trois Chapitres, passa de la vie présente au Seigneur dans la ville de Chalcédoine où il s'était ré fvr gié, dans l'hôtellerie de notre glorieuse mère sainte Euphémie,
NVMIDIV8. Il signa, un des derniers, la lettre du Concile de la Byzacène, adressée, en 641, à l'empereur Constantin, fils d'Héraclius, contre les erreurs des Monothélites. Dans sa souscription, il est appelé Èvêque de la sainte Église Sofîana Juncis^, ce qui semble indiquer que Junca avait pris le nom de l'impératrice Sophie qui régna avec Justin entre 565 et 578. Et en vérité, un fragment de marbre trouvé à Sidi Gherib, à huit kilomètres ouest de Macomades, porte une inscription gréco-latine qui est une dédicace à l'empereur Justin et à l'impératrice Sophie '-.
ï Hard. 3. p. 741.
2 Corpus. 10498.