CLIMAT. S
Le climat saharien est celui des Taiiations extrêmes : il arrive assez souvent que, dans l'espace de vingt-quatre heures et sous l'influence du rayonnement nocturne, le thermomètre descend à 5 degrés au-dessous de zéro après avoir atteint plus de 50 degrés au-dessus.
Les vents généraux soufflent depuis le mois d'octobre jusqu'au mois de mai, dans la direction du nord-ouest ; après le mois de mars, cependant, ils varient tantôt du nord à l'ouest. Ces variations sont de courtes durées. Pendant l'été, leur action est subordonnée aux causes locales : ainsi le long de la côte, il fait grand calme, et la chaleur est tempérée par la brise de mer. Dans l'intérieur, l'air est plus échauffé; parfois le vent du sud, qui occupe les régions supérieures, s'abaisse et rase le sol : c'est le simoun des Arabes, le siroco des Espagnols. Il souffle du sud-est, et élève la température jusqu'à 45 degrés centigrades. A ce point, le soleil est obscurci par des tourbillons de poussière, le ciel prend une teinte rougeâtre et de brûlantes effluves se succèdent, qui enlèvent à l'atmosphère toute son humidité. Toule fonction vitale est alors suspendue chez les végétaux; tout ce qui est herbacé se flétrit et meurt.
Le vent du nord a toujours une température très basse vers le milieu de l'hiver; il est en même temps très sec, et, quand il persiste, il frappe de stérilité tout ce qu'il touche directement.
Sous le rapport des pluies, aussi bien que sous celui du climat, le territoire peut être divisé en deux zones distinctes. Dans la première, qui comprend Alger, la Hitidja et la région montagneuse du Tell, la quantité de pluie varie d'une année à l'autre entre 700 et 800 millimètres; dans la seconde, sur la partie septentrionale des Hauts-Plateaux, elle ne dépasse pas ordinairement 500 millimètres ; enfin, au sud des Hauts- Plateaux, et dans la région saharienne, c'est à peine si elle atteint 200 millimètres.
Des observations relevées par le service météorologique du gouvernement général pour une période de 50 années
(1851-1880), en ce qui concerne le territoire d'Alger et de sa banlieue, il résulte que si toute la pluie tombée dans Tannée restait sur le sol sans être absorbée par la terre ou évaporée par le soleil, on recueillerait en moyenne, dans les douze mois, une nappe d'eau profonde de 745 millimètres.
T. — Curiosités naturelles.
Outre le nombre infini d'aspects variés qu'il doit à ses montagnes, le département d'Alger présente plusieurs curiosités naturelles dont les plus célèbres sont les gorges de la Chiffa, parcourues par le torrent de ce nom au-dessus de son entrée dans la Mitidja, le long de la route et du chemin de fer d'Alger à Médéa; les charmantes gorges de VOued-el-Kéhir, en amont de Blida; les gorges de VEarrach, du Hamiz, du Boudouaou, les gorges de Palestro, que descend l'isser et que suit le chemin de fer d'Alger à Tunis; d'ailleurs les défilés pittoresques ne se comptent pas dans cette province montagneuse, notamment dans la Grande Kabylie, pays essentiellement beau, en même temps que d'une fraîcheur bien rare dans l'Afrique du nord. Certaines parties du Djurdjura sont dignes des Alpes et des Pyrénées, bien que beaucoup moins hautes. Célèbres sont aussi les monts de Teniet-el-Haâd avec leurs splendides forêts de cèdres; les vallées étroites, encaissées, formidablement profondes de YOuarsenis ; les gorges de V Oued^Alléla, semblables en petit à celles de la Chiffa, sur la route d'Orléansville à Ténès en amont de Montenotte; etc., etc. Dans toutes ces montagnes, il y a une infinité de cascades, de cascatelles plutôt, qui manquent presque toutes d'eau en été; telle est, entre autres la cascade de r Oued-el'Melah, qui tombe d'une terrasse de travertin à 8 kil. en aval de Djelfa; les grandes sources sont rares : on peut citer les fontaines de V Oued-el-Mokta, branche supérieure de l'Harrach, les sources de Djelfa (500 lit. par seconde), h 2 kil. en amont de Djelfa, et le Rocher de sel, entre Boghari et Djelfa.
TI. — Histoire.
« L'histoire de TAlgérie, a dit quelque part Ernest Renan, se divise d'après le nombre des conquêtes étrangères qu'elle a subies. Les victoires successives des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Arabes, des Français, sont les jalons qui coupent la monotonie de ses annales. »
Au temps de l'occupation romaine, le territoire qui constitue de nos jours la province d*Alger faisait partie de la Mauritanie césarienne dont, sous Juba II, Julia Cœsarea (aujourd'hui Cherchell) était la florissante capitale. De Ténès à Bougie et du littoral aux Hauts-Plateaux on retrouve ici et là, éparses sur le sol ou plus ou moins profondément enfouies, des ruines qui attestent le génie créateur de ceux qu'on appela les (( maîtres du monde d.
A la chute de l'empire, la ville d'Alger {Icosium) fut détruite par les Vandales. Réédifiée au iv« s. de l'Hég., par Bologguînibn-Ziri, de la dynastie arabe sanhadjienne, Icosium prit le nom à'El-Djezaïr (les îlots) Beni-Mezranna, à cause des îlots qui faisaient comme un port à la ville, et des Beni- Mezr'anna^ puissante tribu qui occupait la Mitidja et le Sahel d'Alger. Au commenc. du xvi« s., El-Djezaïr était gouvernée par Selim-ben-Teumi, chef des Beni-Mezr'anna.
Maîtres d'eux-mêmes, les Algériens se créèrent en peu de temps une flotte nombreuse et prirent la Méditerranée pour leur domaine. Leurs reïss {capitaines) couraient sus à tous les navires, allaient ravager les côtes d'Espagne, de Provence et d'Italie, et enlevaient, pour les conduire en esclavage, tous les malheureux qu'ils avaient pu surprendre.
Au commencement du seizième siècle (1505), et sur les instances du cardinal Ximenès, son premier ministre, Ferdinand le catholique résolut de faire aux pirates musulmans une guerre sans merci : Oran fut prise en 1509, et, l'année suivante, Pierre de Navarre se présenta devant Alger k la tête
d*une escadre. — Alger capitula; son chef, Selira-ben-Teumî, s'engagea à ne plus armer en course et à payer pendant dix ans un tribut au roi d'Espagne.
Pierre de Navarre n'avait qu'une médiocre confiance en la parole des corsaires; il fit élever une forteresse {E. Pégnon) sur l'un des îlots situés en avant du port, braqua ses canons sur la ville et déclara qu'aucune barque ne pourrait entrer ni sortir sans son autorisation. — Ben-Teumi supporta ce joug pendant six ans, puis finit par invoquer le secours d'un bandit nommé Baba-Aroudj, que les chroniques du temps désignent sous le nom de Barberousse, — A dater de ce moment (1516), l'histoire ouvre un nouveau registre.
Aroudj se rend à l'appel de son nouvel allié ; il dresse une batterie à cinq cents pas de la forteresse espagnole qu'il canonne pendant un mois sans pouvoir l'entamer, se crée des partisans parmi la populace, intrigue, conspire, fait étrangler Ben-Teumi et se proclame souverain d'Alger. — Aussitôt après, il forme, avec une horde d'aventuriers venus de tous pays, une milice à laquelle il donne une organisation spéciale : les membres seuls de cette milice peuvent concourir aux emplois; à l'exception des renégats étrangers, nul ne peut en faire partie s'il n'est originaire de Turquie; enfin, pour mieux soustraire la troupe aux influences locales, les fils mêmes des miliciens en sont exclus s'ils sont nés à Alger.
Son gouvernement (odjac) ainsi constitué, le corsaire-roi, que son frère Kheir-ed-Din est venu rejoindre, ravage la Mitidja, s'empare successivement de Ténès, de Médéa, de Miliana, puis de Tlemcen (1518). Les troupes espagnoles viennent l'assiéger dans cette dernière ville. Pressé par l'ennemi et manquant de vivres, Aroudj se décide à fuir; un alferez ou lieutenant l'atteint sur les bords de TOued-Isly près d'Oudja, et lui tranche la tête.
Kheir-ed-Din lui succède : en politique habile, il fait au sultan de Constantinople hommage de sa principauté, et se reconnaît volontairement tributaire de la Sublime-Porte. — Le Grand Turc accepte avec empressement ; il nomme Kheir-ed-
Din gouverneur de la province d* Alger sous le titre de Dey et lui expédie en toute hâte 2,000 hommes de ses meilleures troupes. De cette époque date la prise de possession d'Alger par les ottomans, et le même fait^qui s'était produit en Asie va se reproduire en Afrique : les Turcs se substitueront aux Arabes comme défenseurs de Tlslamisme.
De l'avènement de Kheir-ed-Din à la conquête d'Alger par une armée française, la Régence n'a pas d'autre histoire que celle de sa milice.
L'odjac se soustrait peu à peu à la tutelle du Grand Turc et se transforme en une république militaire. La milice, formée des janissaires et des reïss, est souveraine et maîtresse. C'est elle qui élit les deys, et qui les détrône, quand elle ne les assassine pas. Les janissaires contiennent les Arabes et pillent les tribus ; les reïss promènent impunément leur pavillon de Gilbraltar à l'Archipel, désolent le littoral et capturent tous les navires qu'ils rencontrent. Telle était l'importance des prises, qu'à la fin du dix-septième siècle on comptait 50,000 prisonniers chrétiens dans les différentes parties de la Régence.
L'Espagne, la France, la Sicile et l'Angleterre tentent inutilement, et à plusieurs reprises, défaire cesser ce brigandage: les Espagnols sont chaque fois repoussés avec des pertes énormes ; les Français et les Anglais bombardent et incendient Alger, — mais toujours et en moins de quelques mois, la ville est rebâtie et sa marine reconstituée. Précisons :
Un général espagnol, Diego de Yéra, se présente avec 40,000 hommes et attaque la place; après un combat de quelques heures, ses troupes se débandent et regagnent précipitamment leurs vaisseaux (1516). — Hugo de Moncade, viceroi de Sicile, obéissant aux ordres de Charles-Quint, débarque avec 7,000 hommes (1518). A peine a-t-il pris position, qu'une tempête jette ses navires à la côte, et il est forcé de se retirer en abandonnant aux Turcs un matériel immense. — Plus tard (1550)^ le Pégnon, qui se dressait comme une
menace perpétuelle devant les Algériens, est pris par la milice, malgré la défense héroïque de Martin de Vargas. Jaloux de venger son lieutenant, Charles-Quint se présenta devant la ville à la tête d'une armée de 24,000 hommes (1541) : il avait avec lui Téiite de ses troupes et ne doutait point de la victoire. Cependant une horrible tempête dispersa sa flotte et il dut fuir eu toute hâte après un comhat désastreux.
La France fut plus heureuse que l'Espagne : le duc de Beaufort détruisit la marine algérienne (1665) ; Duquesne (1682-1683), et après lui M. de Tourville (1685) canonnèrent Alger et la brûlèrent en partie ; trois ans après, et peur punir une nouvelle insulte, le maréchal d'Ëstrées jeta dans la ville près de dix mille bombes (1688). Ces représailles donnaient à notre honneur national une apparente satisfaction ; mais elles ne modifiaient en rien la situation : Alger était, en effet, aussitôt réédifiée, et les habitants continuaient leurs pilleries. Les Espagnols qui avaient particulièrement, à en souffrir, tentèrent un nouveau débarquement, sous les ordres du général O'Reilly (juin, 1775) ; cette fois encore ils furent défaits. Lord Exmouth les vengea plus tard(l 816), en incendiant la marine algérienne ; mais il n'était point de retour à Londres, que les corsaires avaient une flotte nouvelle et ravageaient les côtes. L'heure était proche cependant où le gouvernement français, à bout de patience, allait purger la Méditerranée.
A la suite de discussions soulevées par le dey Hussein, qui réclamait une somme de cinq millions pour solde définitif de fournitures de grains faites à la République française vers la fin du xviii^ siècle, notre consul général près la Régence, M. Deval, fut brutalement et publiquement outragé : Hussein le frappa au visage avec un chasse-mouches (1827).
A la nouvelle de cette inqualifiable injure, le ministre des affaires étrangères enjoignit à M. Deval de cesser tout rapport officiel avec le dey, puis prescrit au capitaine Collet de se rendre à Alger avec six bâtiments de guerre et d'exiger une éclatante réparation.
Non seulement Hussein repoussa dédaigneusement toutes
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les sommations que lai adressa le chef de Tescadre, mais encore il enjoignit au bey de Constantine de détruire de fond en comble le comptoir de La Galle et nos autres établissements de commerce.
Un blocus rigoureux fut établi devant Alger.
En 1829, on crut, sur de faux avis, que la milice désirait conserver la paix. M. de la Bretonnière, qui commandait alors Tescadre, reçut donc mission de se rendre auprès du dey et d'entamer, s*il était possible, de nouvelles négociations. Hussein reçut le plénipotentiaire français en présence du consoi de Sardaigne et parut vouloir se prêter à un accommodement; mais après deux conférences successives, il rompit Tentretien et congédia notre ambassadeur. M. de la Bretonnière regagna son vaisseau. Gomme il quittait le port, toutes les batteries de la ville et du môle firent une décharge générale et le navire la Provence, au grand mât duquel flottait le pavillon parlementaire, fut criblé de boulets.
Il fallut renoncer à toute idée de conciliation ; la guerre, à laquelle on s*était de longue main préparé, fut enfin résolue. Le général de Bourmont, alors ministre de la guerre, fut nommé commandant en chef de Tarmée expéditionnaire, et le vice-amiral Duperré reçut le commandement de la flotte. L'effectif de l'armée de terre s'élevait à 37,877 hommes de toutes armes ; l'armée navale comprenait iOi bâtiments de guerre, 27,000 marins et 400 bateaux marchands affectés aux transports.
La flotte partit de Toulon le 25 mai 1830 ; le 14 juin, l'armée débarquait à Sidi-Ferruch ; battait, le 19, les contingents arabes réunis sur le plateau de Staouéli ; livrait le 24, un nouveau combat et remportait une nouvelle victoire, puis, le 29 à l'aube du jour, marchait sur Alger, qu*elle investissait deux jours après. Le 4 juillet toutes les batteries de siège ouvraient leur feu.
La lutte fut courte : les canonniers turcs qui défendaient le
fort de l'Empereur se conduisirent avec une incontestable
bravoure ; mais, écrasés par la mitraille, ils renoncèrent à 1»
lutte et firent sauter la citadelle. Hussein comprit alors qu'il était perdu et il capitula.
Le lendemain, 5 juillet, à midi précis, les troupes françaises entraient dans la ville.
La capitulation d'Alger ne donnait à la France que le terlitoire occupé par ses soldats : peu à peu, cependant, queJques-uns des Européens qui avaient suivi Tarmée acquirent j par voie d'achat ou de concession une partie des maisons d'Alger appartenant au deylik et des propriétés que possédaient les indigènes sur les coteaux de Mustapha et posèrent ainsi les premières assises de la colonisation.
En 1852, un premier essai de village fut tenté : des familles alsaciennes venues au Havre dans Tintention de s'embarquer pour l'Amérique se trouvèrent contraintes, par des circonstances particulières, de renoncer à leur projet. Ne sadiant qu'en faire on les transporta gratuitement dans la banlieue d'Alger, à Dely-Ibrahim et à Kouba, où elles furent installées par les soins de l'administration.
L'année suivante, de nouveaux colons se présentèrent : on les plaça dans la zone militaire, sous la protection des camps retranchés; puis, petit à petit, à mesure que nos troupes pénétraient plus avant dans l'intérieur, le nombre des immigrants augmenta dans une proportion de plus en plus sensible. — C'est ainsi que, de 1850 à 184S, furent progressivement créés 45 centres de colonisation dans les anciens beylicks d'Alger et de Titery.
En 1845, il parut au gouvernement que la domination française était suffisamment établie et que le moment était venu d'organiser le pays au double point de vue administratif et politique en tenant compte, tout à la fois, des divisions géographiques, des mœurs et des besoins des habitants européens et indigènes. L'Algérie fut donc divisée, par ordonnance royale du 15 avril, en trois provinces distinctes. Chaque province fut subdivisée soit en arrondissements» cercles et communes, soit en khalifats, agalicks, kaïdats, et cheïkats. Suivant l'état des localités ou le mode d'admi-
nistration qu'elles comportaient, ces circonscriptions comprenaient :
Des territoires civils^ sur lesquels il existait une population européenne assez nombreuse pour que tous les services civils y fussent complètement organisés ;
Des territoires mixtes, sur lesquels la population européenne, encore peu nombreuse, ne comportait pas une complète organisation des services civils ;
Des territoires arabes, c'est-à-dire tous les territoires situés soit sur le littoral, soit dans l'intérieur, qui n'étaient ni mixteSf ni civils.
Ces subdivisions furent maintenues jusqu'en 1849. — A partir de cette même année, et suivant arrêté du Chef du pouvoir exécutif, en date du 9 décembre 1848, chaque province est divisée en territoire civil et en territoire militaire (ou de commandement). — Le, territoire civil de chaque province forme un département, administré par un préfet et soumis au régime administratif du département de la Métropole, sauf les exceptions résultant de la législation spéciale de l'Algérie; — le territoire militaire est administré par le général commandant la division.
Cette classification existe encore aujourd'hui.
TU. — Personnages notables.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, l'histoire des départements algériens date seulement de l'occupation française. Nous nous bornerons donc à rappeler ici le nom des personnages, aujourd'hui décédés, qui depuis 1830 ont acquis dans le pay& même une notoriété qui leur survit :
1» Personnages politiques. — De Rangé, représentant de l'Algérie à rAssen]d)lée constituante (1848) et à l'Assemblée législative (1849); président de la commission chargée d'inspecter les colonies agricoles fondées après les événementsde juin 1848. — Leblanc de Prébois, officier d'état-major».
S6 ÂL&ER.
représentant de TÂlgérie à la Constituante (1848); auteur de nombreux ouvrages justement estimés. — Emile Barrault, publiciste de Técole Saint- Simonienne, député de TAlgérie (1849). — Warnier, ancien médecin militaire, membre de la Commission scientifique de l'Algérie (1833), préfet (1870), puis député du département d'Alger (187^); rapporteur de la loi du 27 juillet 1873 sur la constitution de la propriété indigène : un village de la province d'Alger a pris son nom.
— YuiLLERMOz, avocat, transporté en Algérie à la suite des événements de décembre 1851; maire d'Alger en i871 ; député du département d'Alger à l'Assemblée nationale (1871).
— Chasseloup-Laubat, ministre de l'Algérie et des colonies (1859), a signé la première concession de chemin de fer faite en Algérie (1 860) et la convention relative à la construction de la voie monumentale d'Alger connue sous le nom de Boulevard de la République.
2® Administrateurs. — Baron Pighon, conseiller d'état, intendant civil de l'Algérie (1831), posa les premières assises de la législation algérienne. — Genty de Bdssy, maître des requêtes au Conseil d*État, intendant civil (1832), organisa tous les services municipaux. — Comte Gdyot, directeur de l'intérieur (1838). 11 a laissé son nom à un village de la province d'Alger, Guyotville. — Blondel, directeur des finances (1834), directeur général des affaire? civiles (1845), sénateiur sous Tempire. — Mercier-Lacohbe, conseiller d'État, directeur général des affaires civiles et financières (1861), imprima une vigoureuse impulsion à la colonisation de l'Algérie : le bourg de Merci er-Lacombe, dans la province d'Oran, consacre son souvenir 1 — Grasset (Daniel), proviseur du lycée d'Alger (1870-1879), savant modeste et administi^teur consommé. Le personnel enseignant, les élèves et leurs familles honorèrent sa mémoire en lui élevant un tombeau.
5* Magistrats. — BIénervillb, juge, président de Chambre, puis premier président de la Cour d'appel d'Alger; auteur du Dictionnaire de la législation algérienne. On a donné
son nom au bourg du col des Béni-Aïcha, aujourd'hui Ménerville, sur le chemin de fer d'Alger à Constantine.
4i® Hommes de guerre, — Général comte de Bocrmont, commandant en chef de l'armée qui donna l'Algérie à la France : débarquement de Sidi-Ferruch (14 juin), bataille de Staouéli (19 juin), combat de Sidi-Khaleff (24 juin), prise d'Alger (5 juillet 1830). — Maréchal Clauzel, général en chef de l'armée d'Afrique (septembre 1830) : première occupation de Blida et de Médéa; gouverneur général en 1835; expédition de Mascara (1835); occupation temporaire de Tlemcen; première expédition de Constantine (1836); un village des environs de Guelma porte son nom. — Le Maréchal Valée, qui'prit Constantine en 1837, et franchit le premier les Portes-de-Fer (Biban) en 1839. Un village près de Philippeville rappelle le nom de Valée. — Maréchal Bugeaud, gouverneur général de l'Algérie (1840-1847); le maître incontesté de tous les généraux d'Afrique : fit une guerre implacable aux Arabes, brisa la puissance d'Abd-el-Kader et assura véritablement notre domination ; vainqueur des Marocains à la journée d'Isly (1844). Un village voisin de Bône, dans l'Edough, porte son nom. — Maréchal Pélissier, duc de Malakoff, le plus énergique des lieutenants du maréchal Bugeaud. Dirigea de nombreuses expéditions dans les trois provinces; destruction des Ouled-Bia dans les grottes du Dahra et soumission du Dahra (1845); soumission des Flissas (1846); prise de Laghouat (1852). Créé duc de Malakoff après la prise de Sébastopol (guerre de Crimée); gouverneur général de l'Algérie (1861- 1864). Un village des environs de Mostaganem rappelle ce grand homme de guerre. — Maréchal Randon, gouverneur (1851-1857) : expédition de la Grande Kabylie ; combat contre les Beni-Raten; soumission complète du pays; création de Fort-Napoléon aujourd'hui Fort-National (1857). On a donné le nom de Randon à l'Oued-Besbès, colonie voisine de Bône. — Général Jusuf, une des plus brillantes personnalités de l'armée d'Afrique. Après s'être échappé du palais du bey de Tunis où il avait passé son enfance, se mit au service de la
iS ALGER.
France : entré dans Tarmée en qualité d'interprète (1830), il mourut général de division et grand-croix de la Légion d'honneur (1866). Son nom est et restera légendaire parmi les Arabes. — Blandân, sergent au 26« de ligne. Chargé d'escorter (11 avril 1842), avec un peloton de fantassins et 5 cavaliers, la correspondance d'Alger à Blida, est assailli près de Beni-Mered par une nuée de cavaliers arabes : il forme aussitôt sa petite troupe en carré, engage le feu et, plutôt que de se rendre, se fait tuer avec seize de ses hommes. Au bruit de la fusillade, les chasseurs d'Afrique qui gardaient le camp d'Erlon, accourent à toutes brides et les dépêches furent sauvées.
5° Ecclésiastiques. — Mgr Pavy, deuxième évêque (1805- 1866). — Mgr Lavigerie (1825-1892), premier archevêque d'Alger, cardinal et primat de Garthage, fondateur de l'ordre des Pères-Blancs. — M. Bernadou (1816-1891), curé à Alger, plus tard cardinal et archevêque de Sens.
6° Explorateurs. — Le commandant (depuis général) H. MiRGHER, se rendit à Ghadamès (1862) muni de pouvoirs à lui conférés par le gouvernement et conclut avec le chef Touareg Si-Othman une convention qui devait, croyait-on, assurer la sécurité des voyageurs et la sauvegarde des caravanes, ïl a publié, sous le titre de « Mission de Ghadamès » , le récit de son voyage. — L. Ville, inspecteur général des Mines, a fait un voyage d'exploration de Biskra à Tougourt et à Ouargla, et de ce dernier point à Laghouat, par le M'Zab. Les résultats de cette exploration, entreprise surtout au point de vue géologique, ont été consignés dans deux volumes pubUés (1862 et 1868) par l'administration centrale. On a donné son nom à Villebourg, dans la province d'Alger, sur le littoral entre Cherchell et Ténès. — Colonel Flatters, dont un village a pris le nom : c'était le chef de la mission qui avait pour but l'étude du tracé du chemin de fer Transsaharien : assassiné par les Touaregs (16 février 1881) avec presque tous ses compagnons, au nombre desquels il faut citer M. Masson, capitaine d'état-major, — Dianous de la Fer-
ROTiNE, lieutenant au 14® régiment d'infanterie, — Guiard, médecin aide-major, dont un village de la province d'Oran (Aïn-Tolba) a pris le nom, — Bemnger, ingénieur des mines,
— PoBÉGUiN, maréchal-des-logis au 5® régiment de spahis, — Dennery, sous-officier au 3® régiment de. chasseurs d'Afrique.
7® Archéologues. — Berbrugger, directeur de la bibliothèque et du musée d'Alger, membre correspondant de l'Institut : on lui doit des ouvrages sur l'archéologie africaine et sur la domination romaine dans le nord de l'Afrique. — Léon Renier, membre de l'Institut, qui a recueilli et publié les inscriptions latines de l'Algérie.
8® Orientalistes. — D' Perron (Nicolas), médecin et orientaliste célèbre, directeur du collège arabe français d'Alger (1857); inspecteur général des écoles arabes françaises de l'Algérie (1864). A traduit en français, entre autres ouvrages, le Traité de jurisprudence de Sidi Khalil (six vol.), la médecine du Prophète et a publié sous ce titre : Les Femmes arabes avant et après Vislamisme^ un livre très apprécié. — Bresnier, professeur de langue et de littérature arabes à l'École normale d'Alger; a publié plusieurs ouvrages estimés.
— De Slanb (1801-1878), traducteur d'Ibn-Khaldoun. — Ch. Féraud, consul, puis ministre à Tripoli et au Maroc. — Cherbonneau (1813-1882), professeur à la chaire d'arabe. — Brosselard, préfet d'Oran.
9° Savant. — Fournel (Henri), chef du service des mines en Algérie (1842-18418), a découvert plusieurs gisements métallifères ; a publié sous le titre de Richesse minérale de V Algérie, un ouvrage très remarqué.
10® Historiens. — Nous ne citerons que les plus connus : L. Galibert {Histoire de V Algérie ancienne et moderne). — Colonel hkPÈJHE (Tableau historique de r Algérie depuis V occupation romaine jusqu'à la conquête par les Français). — DeMV)Nt-Rond (Histoire de V Algérie). — Pellissierde Ratnaud (Annales Algériennes; Description de la régence de Tunis).
— Général Dauhas (La Grande Kabylie, en collaboration avec le capitaine Fabar; Le Sahara Algérien , en collaboration
m ALGER
avec AusoNE de Chancel). — Le capitaine C. Davaux {Les Kebaïles du Djerdjera), — Le commandant Richard (Scènes de mœurs arabes; les Mystères du peuple arabe), — Le colonel Trumelet, auteur de nombreux livres et mémoires sur l'histoire des Arabes en Algérie.
11^ Botaniste. — Victor Ramel a importé en Algérie plusieurs essences australiennes, notamment Teucalyptus, dont les feuilles fournissent une essence qui possède des propriétés antiseptiques et fébrifuges.
12° Agriculteur. — Hardy. Dirigea pendant plus de vingt ans la pépinière centrale du gouvernement d'Alger (Jardin d^Essai) et rendit aux colons d'inappréciables services.
Vm. — Population^ Langues, Cultes, Instruetlon publique.
La population du départ. d'Alger (population municipale : agglomérée et éparse) s'élève, d'après le recensement de 1896, à 1,526,667 hab. ainsi répartis :
Français 138,139
Israélites naturalisés. ....... 17,092
Étrangers 63,209
Indigènes musulmans 1,284,259
Population à part 23,068
Total 1,526,667
Le chiffre des hab. divisé par celui des hect. donnerait 11,28 individus par 100 hect. ou par kil. carré : ce chiffre serait inacceptable s'il ne fallait tenir compte de ce fait que, dans le S. du départ., les com. indigènes s'étendent sur d'immenses territoires inhabités. C'est ainsi que la com. indigène de Ghardaïa embrasse un périmètre dont la superficie est évaluée à 6,615,711 hect., alors que sa population n'est que de 45,622 hab. Si l'on s'en tient à un document officiel de 1896, la population spécifique de chaque unité administrative serait, en moyenne et par kil. carré, pour l'ensemble du territoire colonisé, de 40 à 41 hab. dans une com. de plein exer-