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AGRICULTURE; PRODUCTIONS

Les cultures Tarient suivant la nature du sol et le climat, comme aussi suivant les moyens d'irrigation dont on dispose. I^es mdigènes se livrent principalement à la culture des céréales : cependant en Kabylie ils cultivent les arbres fruitiers, surtout Folivier et le figuier; dans le sud, la production principale est celle des dattes.

Les superficies cultivées en céréales par les indigènes ne peuvent être connues exactement, par suite de Fabsence du cadastre en Algérie. D'après les rôles d'impôts de Tannée 1896, elles se seraient élevées à 85,612 charrues, la superficie de la charrue étant en moyenne de 14 hect., soit une superficie totale de 1,197,566 hect. environ. Le nombre des palmiers recensés pendant la même année a été de 442.000 : ils sont tous situés en territoire de commandement.

Les céréales (blé tendre, blé dur, orge, etc.) sont cultivées sur une vaste échelle dans la Mitidja; elles le sont sur une échelle moindi*e dans les plaines de l'arrondissement de Tizi-Ouzou. Elles rendent en moyenne : aux Européens ; le blé, 12 qumtaux à l'hectare; Toi^e, 12; l'avoine, 15; le maïs arrosé, 18; le maïs sec, 6 quintaux; — aux Indigènes : le blé, 6 quintaux; l'orge, 8; le maïs arrosé, 10; le maïs sec, 5 quintaux. L'avoine est d'importation française et n'est cultivée que par les Européens; les indigènes ont quelques cultures spéciales : le bechna, le sorgho et le millet.

Les cultures maraîchères, dites « de primeurs » — petits pois, haricots verts, artichauts, choux-fleurs, pommes de terre — entreprises en vue de l'exportation, s'étendent par groupes plus ou moins resserrés dans les parties voisines du littoral et aux environs d'Alger. Ces primeurs alimentent chaque année les principaux marchés du midi de la France, et môme ceux de Paris.

Les légumineuses (pois, fèves, lentilles, carottes, oignons, piments, etc.) abondent, en hiver, dans la Mitidja, dans les jardins qui s'étendent autour des villes et dans les tribus dont le territoire est irrigué. Dans les hautes terres de l'Ouarsenis et du Djurdjura, les Indigènes utilisent pour leur nourriture le gland doux du chêne ballote, qui remplace les châtaignes.

Les cultures industrielles comprennent :

La vigne, qui a pris depuis quelques années une extension considérable. Les clos les plus renommés par leur étendue ou la qualité de leurs produits, sont situés, les uns sur les coteaux du Sahel, les autres, aux environs d'Alger {Guyotville, VAlma), dans la Mitidja, dans la banlieue de Miliana et autour de Médéa, dont les vins blancs jouissent d'une certaine célébrité. A la fin de la campagne agricole 1895-1896, la superficie plantée de cépages noirs et blancs.

dans toute retendue du département, était de 45,648 hectares, et la quantité de vins récoltés a été de 2,157,212 hectolitres.

Le tabac est cultivé ayecsoin. En 1896, 4f,490 planteurs ont récolté, sur 5,564 hect., 4,527,744 kilog. de tahac. Les produits les plus en faveur sont connus sous le nom de chebîi : ils sont livrés par la tribu des Ouled-Ghehel, qui habite la Mitidja. — Contrairement à ce qui se passe en France, chacun, en Algérie, a le droit de s'adonner à celte culture, de manipuler et de vendre ses produits.

Le lin, et plus particulièrement celui de Riga (Russie), qu'on exploite seulement pour la graine, le prix élevé de la main-d'œuvre ne permettant pas encore d'utiliser la filasse fournie par la paille.

Les plantes et fleurs à parfums, qui donnent lieu à des exploitations considérables. On les cultive notamment à Ghéragas, k Boufarik et k Blida.

La culture des arbres fruitiers est entreprise sur plusieurs points, et avec un égal succès. Les espèces particulières au midi de la France (amandier, azérolier, figuier, jujubier, grenadier, néflier du Japon et oranger) réussissent parfaitement dans la zone du littoral algérien. Blida, Boufarik, Gherchell et Koléa sont renommées pour leurs orangeS; dont la plus grande partie est exportée en France. Les espèces à feuilles caduques (cerisiers, framboisiers, groseilliers, pêchers poiriers, pommiers, etc.) ne donnent de bons produits que dans la région supérieure des arrondissements de Médéa et Miliana. — L'olivier prospère à toutes les températures ; mais on ne le voit en épais massifs que dans la Grande-Kabylie, dont il constitue l'unique richesse. Un grand nombre de communes possèdent de belles pépinières.

Enfin on compte dans le département (1896) 70,966 ruches à miel dont 6,520 seulement appartiennent aux Européens.

L'élevage du bétail est pour les indigènes une source abondante de revenus. En ne tenant compte que des animaux soumis à Timpôt Zekkat, on constate qu'ils possédaient, en 1896, 5,549,477 têtes de bétail, ainsi réparties : 99,951 chameaux, 270,490 bœufs, 2,156,051 moutons, 1,045,025 chèvres. Ils possèdent en outre beaucoup de bêtes de somme (F. Introduction, chap n). On estime les fromages de Dely-Ibrahim.

Le service forestier s'étend, ainsi que nous l'avons dit (V, chap. iij sur 709,488 hectares.

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