XI. — Industrie, MlBeSy Sources minérales
L'industrie la plus considérable du département d'Alger est celle de la pêche, à laquelle sont employés environ 500 bateaux, montés par 1000 pêcheurs. On pêche le thon, le hareng, le maquereau, les sardines, les anchois, etc. La vente des poissons produit annuellement une somme totale de 1,500,000 fr. Il existe à Al^^er même et à Castiglione plusieurs ateliers de salaison. L'industrie de la minoterie est représentée par une soixantaine d'établissements dont plusieurs fonctionnent avec des machines à vapeur. On l'exerce plus particulièrement à Alger, à Hussein-Dey, à la Maison-Carrée, à l'Arba, à Blida, à Médéa et à Milianaj à Blida, notamment, on compte 7 grandes minoteries, comprenant ensemble 52 paires de meules etpouvantfomnir par jour 1,000 balles de farine.
Les allumettes chimiques sont fabriquées à Ël-Biar: les bougies^ au Ruisseau; les pâtes alimentaires, à Blida et à Médéa; le chocolat, à Mustapha-Inférieur; le savon et les bottchons à Alger; on distille les fleurs à parfums au monastère de Staouéli, à Chéragas, à Boufarik et à Blida; on fabrique à Joinville Y alcool à' asphodèle; les olives sont triturées dans les usines de Gouraya et de Dra-el-Mizan, etc. Mais la nomenclature de toutes ces industries serait trop longue : il nous sufQra d'ajouter à ce qui précède qu'on compte dans tout le département, 64 minoteiies et meuneries, 38 fabriques de tabac, 165 tuileries, poteries et briqueteries, 50 fabriques de crin végétal (occupant dans diverses localités plus de 600 ouvriers), 38 distilleries et fabriques d*eaux gazeuses, dont 2 d'alcool et d'absinthe à Hussein-Dey, 8 brasseries, 14 fabnques de pâles alimentaires, 7 glacières, une papeterie, une maison de confection de fournitures militaires occupant 350 à 400 ouvriers (Alger), 70 fours à chaux et à plâtre»
Les Indigènes (Israélites, Arabes et Kabyles) ont des industries qui leur sont propres; nous ne citerons que les principales : en première ligne vient celle du tissage : c'est la plus répandue, parce qne la matière première abonde. Les burnous et les haîcks (vêtements de laine) sont tissés par les femmes, dans toutes les tribus. Les plus renommés sont ceux qu'on fabrique dans les ti^ibus de Blida, Mi«
liana, Âumale, Dra-el-Mizan, Laghouat, et chez les Beni-Âbbès. — À Ghercbell) on fait des buraous en coton. Les gandouras (sorte de large chemise en laine, en coton ou en soie) se fabriquent plus généralement à Dellysy à Dra-el-Mizan et à Bogbar. Les flidje (pièces d'étoffes en laine) qui servent pour les tentes : chaque tribu confectionne les siennes. — Lès tapis sont de plusieurs sortes; les plus riches sont' fabriqués dans les tribus d'Âumale, d'Orléansyilie, de Laghouat et de Bou-Saâda. — Les articles de sellerie proviennent de Blida, Médéa, Miliana, Orléansyille, Âumale et Bogbar. — La fabrication des armes constitue la principale industrie des Kabyles : les fusils sont faits à Dellys, Tizi-Ouzou et Bogbar ; le flissa (poignard ou sabre droit et pointu) est fabriqué par les Flissas, dont il porte le nom ; les couteaux viennent de Bou-Saâda. — Les articles de bijouterie comprennent les colliers de femmes, les boucles d'oreilles, les agrafes, les anneaux de jambes, les bagues : la plupart de ces bijoux sont fabriqués à Alger par les Arabes et les Juifs. Quant aux bijoux kabyles, le plus généralement fabriqués en métal blanc, ils proviennent des Beni-Yenni, près de Fort-National, de Dra-el-Mizan et de Bou-Saâda. Les articles d'orfèvrerie (plateaux, aiguillères avec leur bassin, brûle-parfums, timbales ou pots) en cuivre ou en argent repoussé, sont confectionnés à Alger, suivant les vieux modèles indigènes. 11 y a des contrefaçons provenant de fabrique européenne. — La broderie de luxe (or sur velours ou soie) est confectionnée à Alger par les Maures et les Juifs.
Le département d'Alger est riche en minerais métalliques : on y a constaté sur plusieurs points, à l'état de mine ou de minière^ la présence du cuivre, du plomb, du fer, du manganèse et autres métaux. Ces découvertes ont donné lieu k des explorations plus ou moins sérieuses. Les mines concédées sont celles de Mouzaïa (com. de Médéa), Oued-Merdja et Oued-el-Kébir (com. de Blida), pour le cuivre et le fer\ celles de Cap Ténès et Oued-Taffilès(com. de Ténès), d'Oued-Allelah (com. de Ténès et Montenotte), pour le cuivre, le plomb et le fer\ de Beni-Aquil (com. mixte de Ténès), pour le cuivre et le plomb \ Gouraya, Souma, Masselmoun, Djebel-Hadid (com. de Montenotte et Ténès), pour le fer; Guerrouma (com. mixte de Palestro), rOuarsenis, Sakamody et R'arbou (com. de l'Arba), pour le zinc et le plomb. Les mines de zinc et de plomb de Sakamodi et de Guerrouma produisent environ 4600 tonnes de minerais par an .
Les gisements de combustibles minéraux sont rares : on a trouvé cependant des traces de lignite à Bled-Boufrour (12 kil. N. d'Or- Icansville), Cherchell, Marceau, et sur la rive dr. de VOued-Zaouïa,