‹ Géographie de l'AlgérieChapitre 30 sur 51 · X. — Agricnltarey prodactions · texte numérisé non relu

X. — Agricnltarey prodactions

La principale culture du département est celle des céréales: elle occupe encore aujourd'hui 89 pour 100 de la superficie cultivée. — En 1896, d'après les rôles des impôts, les indigènes ont cultivé environ 640,000 hectares (58,146 charrues).

La plaine d'Eghris produit du blé dur et de l'orge de qualité supérieure ; celles de THillil, du Sig et de la Mekerra fournissent des blés excellents et le territoire de Tlemcen est réputé pour sa fécondité.

Les cultures maraîchères , qui exigent beaucoup d'eau, sont nécessairement limitées. Le marché d'Oran tire en partie ses légumes des villages de Bou-Sfer, d'Aïn-el-Turk et de Christel; le surplus provient d'Espagne; celui de Mostaganem est alimenté par les colons de la banlieue et des communes voisines. 11 en est de même à Mascara, à Sidi-bel-Abbès et à Tlemcen : la culture des légumes y complète celle des céréales et constitue au profit des jardiniers une source importante de revemis.

Comme cultures industrielles f une seule est k citer, celle de la vigne. Depuis quelques années, la plupart des colons s'y adonneiit avec ardeur : tout propriétaire aisé veut être vigneron. Au 51 décembre 1896 les vignobles couvraient 50,922 hectares et donnaient 1,590,009 hectolitres de vins, dont quelques-uns ont une réputation justifiée. — Les principaux points de production sont Tiaret, Mascara, Pélissier, Mostaganem, Saint-Cloud, Oran, Misserghin, Valmy oi Tlemcen. Les vins des vignobles de Mascara rappellent ceux d'Espagne.

La culture du tabac a été un moment prospère ; mais depuis que l'administration a baissé ses prix d'achat, elle diminue d'année en innée et ne compte que pour mémoire dans la production générale. — Il en est de même de celle du coton : encouragée à son début par le gouvernement, qui accordait aux planteurs des prix spéciaux el des primes en argent, elle a été pendant cette courte période Tobjet de soins assidus, notamment dans la plaine du Sig et dans celle de la Mina ; mais elle a été délaissée à partir du jour où Taduiinisdaliou a ce;>sé de primer ses produits.

1 ;-' Lô^îiû^ie cfcsmvreét la ramie, végétal javanais qui donne uno fibre plus belle que le coton, sont cultivés dans quelques localités, mais dans des proportions très réduites.

Parmi les arbres à fruits, les espèces les plus répandues sont les amandiers, les oliviers et les figuiers. On les cultive de préférence aux autres, parce qu'elles sont les plus robustes, qu'elles réussissent le mieux sans irrigation, qu'elles produisent le plus et coûtent le mioins. — Le pécher donne de bons produits ; mais l'arbre par excellence c'est l'olivier. Dans le Dahra et dans l'arrond. de Tlemcen, il couvre des étendues considérables. Un certain nombre de communes possèdent de belles pépinières.

Aux environs d'Oran, de Mostaganem, aussi bien que dans la partie du territoire de Bel-Abbès comprise dans la vallée de la Mékerra, la culture des arbres fruitiers n'est qu'un accessoire de l'exploitation agricole; les vergers sont en grand nombre, mais leur entretien nécessite des frais d'arrosage que la vente des produits ne couvre pas toujours. Dans l'arrondissement de Tlemcen, où Feau abonde, il en est différemment : les jardins sont peuplés d'oliviers, de caroubiers, d'amandiers, de cerisiers, d'abricotiers, de pruniers, de pommiers, de groseilliers, etc., etc. ; — on y compte aussi des noyers d'une magnifique venue.

Le nombre des apiculteurs est de 8,270; sur 51,709 ruches à miel, dénombrées dans le département, en 1896, les indigènes en possédaient 48,958.

En dehors des produits que nous venons d'énumérer, il en est un d'une nature toute spéciale et dont l'exploitation entre pour une large part dans le mouvement général du commerce oranais; c'est l'alfa.

L'alfa [sii'pa tenacissima des botanistes) est le nom arabe donné à une gramînée très répandue dans le Tell des trois départements, et qui couvre les sept dixièmes des Hauts-Plateaux« On l'emploie dans la fabrication des pâtes à papier et ses tiges servent à la confection d'articles aussi nombreux que variés : « tresses, cordages, filets, crins artificiels, sacs, tapis, nattes, objets de chapellerie, de tannerie, de vannerie, et même de tapisserie pour les départements, etc. Dans le seul départ. d'Oran, il couvre plusieurs millions d'hect. ; il s'y étend en masses profondes : 1** dans la plaine d'Ël-Gor, en avant de Sebdou; 2"* dans celle de Hammam, en avant de Daya; 5" sur le plateau au N. du Kreider, avec rayonnement sut* Ël-May ot Âmia-Gherguia, jusqu'h Guetifa; 4** dans la région qui s'étend au sid de Tiaret. {V, chap. xu.)

Les terrains à alfa exploités comprennent une superficie totale de 553,000 hect. et produisent 940,000 quint. Presque tout le bétail

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