VI INTRODUCTION
1** La baie de Rachçoun, à l'embouchure de la Tafna, port naturel de Tlemcen et d'une des plus riches régions de la province d'Oran.
2" La haie de Men-el-Kéhir, qui un jour sera le grand port d'Oran.
5^ La haie d'Arzeu, au fond de laquelle débouche la Mekerra, formée pur la réunion du Sig-Mekerra et de THabra.
4** La haie d* Alger ^ à ^is!^u6 de la Mitidja.
5** Le golfe de Bougie^ admirable port naturel, débouché des deux Kabylies par la vallée de l'Oued Sahel.
6** Le golfe de Philippevillef où aboutit le chemin de fer de Gonstantine et de Biskra.
7* Le golfe de Bâne^ à l'ouverture de la vallée de la Seybouse, enrichie par ses vignes, ses mines, ses lièges et ses bcstiaui et où aboutissent les chemins de fer de Guelma-Gonstantine et de Souk- Ahras-Tebessa et Tunis.
Cap$ et phares, — La côte est, sur plusieurs points, hérissée d'écueils. Avant Toccupation française, tout bâiiment qui s'échouait était à jamais perdu : l'équipage et la cargaison devenaient la proie des indigènes. Aujourd'hui, les navigateurs n'ont plus à craindre la rapacité des Arabes, mais ils ont toujours à redouter les tempêtes. Le gouvernement a donc fait établir sur les principaux caps du littoral algérien et à l'entrée des différents ports, des phares ou feux, qui éclairent et guident les navires.
Physionomie générale, — L'Algérie est traversée par une portion de VAtlaSy chaîne, ou plutôt ensemble de massifs, — ce n'est vraiment une chaîne qu'au Maroc, — qui part de l'Océan et s'étend jusqu'au golfe de Gabès, sur la Méditerranée.
L'Atlas algérien projette plusieurs branches. Les unes, au nord, forment, sous le nom de Sahel^ une ligne de montagnes à peu près parallèle à la mer, dont elles sont plus ou moins rapprochées ; les autres forment au sud-ouest, le Djebel- Amours et, au sud-est, \e Djebel- Aurès, Ces dernières chaînes bordent le Sahara.
Pour se faire une idée bien nette de la configuration du sol, il suffit, du reste, de supposer que ce vaste système est coupé, suivant un méridien, par un plan vertical : la figure ainsi obtenue représente un immense escalier, dont les marches, irrégulièrement espacées, indiquent assez exactement la superposition des étages successifs à gravir lorsque, parlant de la mer, on s'élève dans l'intérieur des terres.
A une distance moyenne de trente-cinq lieues des côtes, se dresse un dernier échelon qui, géographiquement, forme la limite naturelle delà zone qu'on désigne sous le nom de Tell, A l'est, (outefoisy
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cette divisloil est moins accentuée : la zone du Tell se confond presque avec celle qui lui succède.
Lorsqu^on a gravi le dernier échelon, on se trouve sur les HautS' Plateaux, — Cette région, sauf en ce qui concerne la vallée du Haut-Chéliff, s'incline du nord au sud, en se creusant un peu, et reçoit dans des bassins naturels (cholts et sebkhras) les eaui pluviales recueillies dans le lit des oueds. Au sud, elle se relève insensiblement pour se raccorder au Ejebel-Âmour et au Djebel-Aurès.
C*est à partir de ces montagnes que commence le Sahara.
Les deux versants de TAtlas sont désignés sous des noms particuliers :
Le versant méditerranéen, qui regarde le nord ;
Le versant saharien, qui regarde le sud.
D'où, trois régions distinctes :
Celle du nord, ou méditerranéenne, dont toutes les eaux se rendent à la mer ; celle des Hauts-Plateaux, dont toutes les eaux se réunissent dans les lacs intérieurs (chotts et sebkhras) ; celle du sud, ou saharienne, dont toutes les eaux vont se perdre dans les sables.
Le Tdl. — Le Tell sMtend de la Méditerranée au plateau central, qu'il englobe en partie. C'est à proprement dire la portion essentiellement cultivable du territoire algérien. Il est compris entre le littoral et une ligne sinueuse qui part de la frontière du Maroc, au sud-ouest de Sebdou, passe un peu au sud de Sebdou, de Day«, de Saîda, de Frenda, de Tiaret, de Teniet-eMlaâd, de Boghar, d'Aumale, de M'Sila, de Barika, de Batna et de Khenchela, et se termine à Aïn-Boudriès, sur la frontière tunisienne, au sud-est de Tébessa. Mais cette ligne est purement fictive : en plusieurs points, en effet, — dans la province de Constantine surtout, — les Hauts- Plateaux ont de bonnes terres de culture qui se confondent avec celles de la première zone.
Le Tell fournit en céréales : le blé dur, le blé tendre, Torge, Tavoine, le seigle, le maïs, les fèves et le bechna (sorgho) ; comme plantes de spéculation plus lucrative, il fournit le tabac, le lin et la ramie. Les oliviers y sont innombrables ; les vignes y sont déjh nombreuses.
Le* HauU-PIateauz. — L'ensemble à%& Hauts-Plateaux constitue une vaste terrasse élevée de 900 à 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer, et à laquelle on arrive d'échelons en échelons, par des pentes assez douces. Cette région présente à FœH d'immenses plaines légèrement ondulées et dont la largeur varie beaucoup.
On y trouve, outre un grand nombre dn plantes du Tell, un ccrbin nombre de plantes spéciales aux Plateaux eux-mêmes : le
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guettof, le drin, le diss, le semara et Talfa. Toutes ces plan'cs ci graminées noarrissent les troupeaui des Nomades. La chair du mouton leur emprunte un bouquet fort délicat ; il en est de même de celle du gibier : perdrix, lièTres, gazelles, etc., etc., qui abonde.
Le Sahara. — Le Sahara algérien commence au-dessous de Géryrille, dans la province d'Oran, à Laghouat, dans celle d*Alger, et au-dessus de Biskra, dans celle de Constantine.
De toutes les descriptions qui ont été faites dans ce pays, la plus exacte dans son ensemble nous parait être celle que le général Daumas a donnée; nous la reproduisons ;
« Le Sahara présente, sur un fond de sable, ici des montagnes, là des ravins, ici des marais, là des mamelons ; ici des villes et des bourgades, là des tribus nomades. Les montagnes, toujours parallèles à la mer, sont dans la lone nord, élevées, rocheuses, accidentées à Test; mais elles s*abaissent graduellement en courant à Touest et se fondent enfin par une succession de mamelons et de dunes mouvantes que les Arabes appellent Areg, Arouq Erg (veines) ou Chebka (filet), selon que le système en est simple ou composé, l'resque toutes sont abruptes sur le versant qui fait face au Tell ; et, du côté du sud, toutes, après plus ou moins de convulsions, vont mourir de langueur dans les sables. De ces montagnes, descendent, à la saison des pluies, d'innombrables cours d'eau dont les lits desséchés au premier soleil, usurpent, huit mois de Tannée, le nom de rivière (oued). L'hiver, c'est un réseau de torrents ; l'été, c'est un résenu de ravins.
Dans la première zone, les centres de population, quoique beaucoup plus nombreux que dans le Tell, sont quelquefois séparés entre eux par des espaces complètement nus, complètement stériles et distants de plusieurs journées de marche. Cependant, sur toutes les lignes, dans toutes les directions, des puits échelonnés servent à la fois de lieu de station et d'indication pour les routes. Il est rare de voyager trois jours sans en trouver un. )>
La population saharienne comprend les Nomadei et la population fixe.
Les Homadet. — Les Nomades ont leurs tentes autour des villages (ksour), dans un rayon plus ou moins étendu.
Pendant l'hiver, ils avancent au sud, vers un climat plus doux, conduisent leurs troupeaux dans de vastes pacages abondamment couverts de plantes fourragères (diss^ alfa, drin et autres graminées), de genêts et d'alendes, de genévriers et de térébinthes. Ces plantes croissent et se multiplient dans les terres qu'humectent plus ou moins longtemps les eaux des r*dirs, bassins naturels formés dans
le lit des oueds, ou daus Iw valiéet ijui gardoDt les mui pluviales, (hi les trouve également dans les Daya», Bortei d'oas» inhabiléei.
abondamment pourvues d'eau el disséminée!, ainsi que les chotts, lurdes lignes dont la direction générale est du nord-est au sud-euesL