‹ Géographie de l'AlgérieChapitre 5 sur 51 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Pendant Pété, les Nomades se dirigent vers le nord, s'arrêtant dans les plaines dont la végétation tardive leur offre des ressources en herbages, puis ils descendent dans le Tell où ils échangent contre des grains une partie de leur bétail et de leurs lames, et les divers produits de leur industrie, burnous, haïks, tapis, etc. Us reviennent en novembre passer Thiver dans leurs familles. Le Tell est donc, à proprement dire, le grenier du Sahara.

Ces migrations périodiques s'effectuent suivant des règles établies de longue date, et que les Nomades transgressent rarement.

Dans le sud, chaque tribu a ses terret de parcours j et elle ne pourrait, sans courir le risque d'être rudement châtiée, conduire ses troupeaux dans les pacages réservés à d'autres tribus. Quand il y a contestation sur le droit d'usage en tel ou tel point, le différend est presque toujours soumis à l'arbitrage des marabouts, dont la décision fait loi.

Lorsqu'ils descendent dans le Tell, les Sahariens s'installent avec leurs troupeaux dans les endroits qu'ils ont eux-mêmes choisis après s* être entendus avec les détenteurs du sol, qui leur abandonnent le droit de pacage soit en vertu de traditions séculaires, soit à la suite de conventions amiables débattues librement, et en dehors de toute in gérance administi'ative. Les agents de l'autorité, en territoire civil, et les officiers de bureau arabe ou leurs adjoints, en territoire militaire, n'interviennent que pour remplir, le cas échéant, un rôle d'ordre et de police, et empêcher les Nomades de s'épandre en dehors des terrains dont ils ont acquis, ou obtenu, la jouissance temporaire.

Le* Sédentaires. — La population fixe du Sahara est celle qui réside dans le ksar (au pluriel ksour) et dans les oasis.

Le ksar est généralement un village fortifié, de difficile accès, construit ordinairement dans les plis ou sur le flanc d'une montagne, et dans lequel les Nomades déposent leur réserve de provisions et leurs denrées. Chaque tribu saharienne a ainsi à sa dispo^ sition deux ou trois magasins. Les maisons de ces petits centres sont le plus ordinairement construites en terre séchée au soleil ; les rues sont étroites, tortueuses, mal aérées ; la population, de sang mêlé et très restreinte, est, presque partout, chétive et malingre.

Oaiis, — Autour de chaque ksar s'étend, sur un espace plus ou moins vaste, un terrain propre k la culture, irrigué par l'eau des sources ou par l'eau des puits et couvert de dattiers qui constituent sa principale production. — C'est précisément cette partie irriguée du terrain qu'on désigne sous le nom d'oasis.

L'oasis est presque toujours protégée par des tours crénelées,

Page 1