I. — N01B9 FomiAtlon, Sltiuitl<Ni, Umltcs, Saperflele
Le département d*Âlger doit son nom à la ville d'Alger, ancienne capitale de la Régence, aujourd'hui capitale de TAl-* gérie.
II a été formé d'un certain nombre de tribus indigènes, successivement annexées an territoire d'Alger et érigées d'abord en districts, puis en arrondissements.
II est situé dans la partie centrale de l'Algérie, entre le département d'Oran et celui de Constantine. Du temps des Romains, son territoire faisait partie de la Mauritanie CéiOr rienne. Il s'étend sur le littoral, et sur une longueur de î^80 kilomètres environ, de l'Oued-Aberri, par i®55' de longitude occidentale, à l'Oued-Kherouli, par 2® 17' de longitude orientale, et, de chacun de ces points, se prolonge en lignes sinueuses au delà du 31« parallèle, jusqu'à Goléa.
Il est borné au nord par la Méditerranée, à l'ouest ^ar le département d'Oran, à l'est par celui de Constantine, au sud, par le Désert. — Il n'a qu'une limite naturelle : la mer; les autres sont conventionnelles.
La superficie est de 17,077,204 hectares, dont 3,600,000, environ, dans le Tell. 11 est donc dix-sept fois et demie plus élenda que le département de la Gironde, le plus vaste des départements de Fiance.
Sa plus grande longueur en ligne droite, du nord au sud, entre Alger et Goléa, est de 700 kilomètres ; son pourtour peut être évalué à 2,500 kilomètres.
1I« — Physionomie générale.
Le département d*Alger est traversé, de Touest à Test» . par. les deux grands jn^ssifs qui constituent le système orographlqûe de 'l^AÎ^ij^i ^^ massif Tellien et le massif Saharien. . . . f^e preiji\e,r de ces massifs est composé de parties distinctes, • ^Éèpàçéçsî par de grandes Vallées et de larges plaines, il comprend :
1<^ Le massif de VOuarsenù, qui se partage entre le dépar« tement d*Oran et celui d'Alger. Il se dresse entre le Chélif, au nord, à Test et au sud-ouest, et la Mina, à Touest. Son plus haut sommet, — celui auquel il doit son nom et que les Arabes appellen* VŒU-du-Monde^ — est situé au sud d'Orléansville; il atteint 1,985 mètres. Parmi les pics qui s'y rattachent, on distingue, dans la région du Teniet-el-Ilaâd, le Djebel'Echchaou (1,804 mètres) et le Ras-el-Pmril (1,787 mètres).
2^ Le massif il/^eWen, ainsi nommé parce que la ville d'Alger est sur l'un des points de son contour extérieur. Il s'étend de l'ouest à Test sur plus de 350 kilomètres de longueur, entre l'embouchure du Chélif et celle de Tisser-Oriental. — Les parties les plus saillantes de cette longue chaîne sont : les montagnes comprises, sous le nom de Dahra, entre le Chélif et la mer, du cap Khamis aux approches de Ténès, et dont les derniers rameaux seulement, du côté de Test, confinent au département d'Alger ; — le Zaccar, formé de deux parties: le Zaccar6Aar2»i, ou de l'ouest (1,580 mètres), qui se dresse au-dessus de Mlliana, et le Zaccar CherguU ou de l'est (1,530 mètres), qui domine la vallée d'iluramam R'ira ; — le Djebel des Beni-Salah (1 ,629 mètres) et le Jfoiczaïa (1,608 mètres), séparés Tun de l'autre par les gorges de la Chiffa et situés, le premier au sud et le second ^ uu
sud-ouest de Biida ; — enûn, le Sahel d'Alger^ pâté montagneux très accidenté, entre la mer et la plaine de la Mitidja et qui, du pied du mont Chenoua (907 mètres), situé à Test de Clierchell, s*étend jusqu'à rembouchiire de rHarrach, sur une longueur de 80 kilomètres environ. Son altitude moyenne est de 250 à 300 mètres ; il a pour point culminant le Bouzaréa (M? mètres), au nord-ouest et à 7 kilomètres d* Alger.
3® Le massif du Djurdjura^ dont on aperçoit d'Alger les cimes dentelées et qui, de Touest au nord-est s*étend de TOued- Isser à Bougie, sur une longueur de 90 kilomètres en dessinant une ligne concave vers le nord. Ses plus hauts sommets se dressent entre le Sébaou et l'Oued-Sahel, au sud-est de Drael-Mizan et de Fort-National ; ce sont : Agoum-Anirous (1,280 mètres); — Haïdzer (2,082 mètres); Ras-Timedouine (2,305 mètres); — ElKalaa (1,677 mètres); — Lella-Kredidja (2,308 mètres) ; — et, en remontant au nord-est : Aze-rourKTohor (1,884 mètres) ; —Tmier^ (1,756 mètres).
¥ Le massif du Dira (1,810 mètres), au sud-ouest d*Aumale, sur la route d*Alger à Bou-Saâda. Il forme, du nord au sud-ouest, un arc de cercle qui se termine, à Touest, par le Kef-Lakdar (1,464 mètres). — Le Dira sépare le Tell des Hauts-PJateaux.
La partie du massif Saharien qui traverse le département d'Alger n'offre rien de remarquable. Les plus hauts sommets se trouvent entre Djelfa et Laghouat ; ce sont : le Senelba (1,570 mètres) et le Sera (1,482 mètres), à l'ouest, etlefiou- Khaïl (1,500 mètres) à Test.
La région des oasis commence au pied même des dernières pentes du massif.
Entre les différentes chaînes du Tell s'étendent de vastes plaines dpnt quelques-unes sont renommées pai* leur fertilité ; nous citerons :
La plaine orientale du Chélif, qui s'étend de TArba des Djendel, où le fleuve, changeant de direction fait un long coude et tourne du sud à l'ouest, jusqu'au delà d'Orléansville ; — plaine unie, étroite, sans arbi es et dont le sol est
PUYSIONOMIE GÉNÉRALE. 5
formé d*alluvions. Elle est longée par le chemin de ferd*Alger à Oran et par la route nationale qui relie ces deux villes.
LdL plaine de la Mitidja^ qui, de TO. au N.-Ë.,s*étend du Sahel d*Âlger aux pentes inférieures des montagnes de Blida sur une longueur de 90 kil. et sur une largeur moyenne de 22 kil., ce qui donne une superficie de 2,000 kil. caiTés, ou 200,000 hect. Elle est longée, comme la plaine du Chélif, par le chemin de fer et la route nationale d*Âlger à Oran, et sillonnée de nombreux cours d'eau. Son territoire est le mieux cultivé de l'Algérie : céréales, vignes, tabacs, plantes potagères, arbres fruitiers, tout y vient à souhait. La plaine dei hserSy qui, s*étend,parallèlementau rivage, de TOued-Isser àl'Oued-Sébaou et qui est, pour ainsi parler, « le vestibule des pays kabyles ».
Le pays est boisé (709,488 hect.). Voici, d'après la dernière statistique officielle, établie en 1896, l'inventaire des arbres de toute nature du département d'Alger. Arbres fruitiers à feuilles caduques, appartenant aux Européens, 647,967 ; appartenant aux Indigènes, 1,955,928; total : 2,601,895. — Bananiers, orangers, citronniers, etc., aux Européens, 496,256; aux Indigènes, 81,574; total : 577,810. — OUviers greffés, aux Européens, 472,468; aux Indigènes, 896,756; total : 1,569,204. — Mûriers, aux Européens, 75,266; aux Indigènes, 12,761 ; total : 88,027. — Forestiers, résineux, économiques et d'agrément, aux Européens, 1,655,618; aux Indigènes, 5,128,749; total : 6^784,567. — Total général: 11,421,505.
Les forêts les plus remarquables parleur étendue sont situées: au S.-E. de Blida, 18,000 hect. ; — au S. de Médéa, 8,850 hect. ; au S.-O. de la même ville, 12,450 hect.; — au S;-E. d'Orléansville, 51,000 hect.; — à l'O. et à l'E. de Téniet-el-Haâd, 25,000 hect.; — au N. de Miliana, 14,280 hect.;— à l'E. d'Aumale, 55,486 hect.; — au N. et au N.-O. de Boghar, 90,000 hect.; — à TE. de Guelt-es-Stel, 8,000 hect.; — au N.-E. de Djelfa, 26,800 hect.; —au S.-O. de Djelfa, 52,000 hect.
Mais ces forêts ne comprennent point que des arbres do haute futaie : il s'y mêle beaucoup de broussailles.
Sous la domination des Turcs, les Arabes avaient coalume d*incendier leurs forêts, tant pour démasquer les attaquer des tribus voisines dont ils redoutaient les agressions, que pour obtenir par le jet de nouvelles pousses, une nourriture abondante pour leurs troupeaux. C'était leur manière habituelle de procéder aux défrichements. Le sol, reposé par plusieurs années d'abandon, engraissé par les détritus des arbres qu'ils réduisaient en cendres, donnait, au moyen d'une légère culture, une récolte abondante, récolte qu'ils renouvelaient, à des époques plus ou moins rapprochées, suivant leurs besoins.
C'est ainsi que le sol a été incessamment dénudé et que les forêts ont disparu peu à peu des sommets et des pentes des montagnes. Voilà pourquoi, aucun obstacle ne ralentissant la fonte des neiges et l'écoulement des eaux pluviales, les rivières qui sont à sec pendant Tété, débordent pendant l'hiver ; pourquoi encore, dans certains centres, le combustible ligneux est déjà hors de prix. — Il y a donc nécessité de procéder au plus vite au reboisement des montagnes.
Dans l'ensemble du territoire qui forme le département, deux parties méritent une description particulière; ce sont la Grande Kabylie et le M*Zab :
Grande Kabylie. — La Kabylie proprement dite est comprise entre Dellys, Aumale, Sétif et Bougie. Une partie seulement de son territoire appartient à la province d'Alger. Cette partie est bornée : au nord, par la mer; au sud, par les massifs du Djurdjura et du Dira; à l'ouest, par Tisser oriental; à l'est, par la chaîne rocheuse qui s'étend du col d'Akfadou à l'ouest du cap Sigli. Elle est caractérisée pai* une série de hautes montagnes qui se croisent en tous sens, comme les mailles d'un filet et dont les massifs principaux sont séparés les uns des autres par des gorges plus ou moins profondes, au milieu desquelles coulent dans des directions diverses : Visser^ le Sébaou et VOued-SaheU qui, à la fonte des neiges reçoivent toutes les eaux qui descendent des sommets du Djurdjura.
PHYSIONOMIE GÉNÉRALE. t
Les pitons les plus ëlevés de la grande chaîne dessineni dix-sept cols principaux qui font communiquer la partie nord du pays avec la vallëe de TOued-Sahel ; plusieurs d*entre eux vont en s*ëlargissant et présentent un plateau d*une assez grande étendue, couvert d*herbes et de plantes que paissent les troupeaux pendant Tété. Les plus importants de ces déûlés bont : 1» le col de Tirourda (1,760 mètres), qui prend son nom d'un village de la tribu des lUiten : c'est plutôl, à proprement parler, un vaste plateau dont le point le plus élevé, appelé Tachoucht (i,957 mètres), fixe la limite qui sépare les lUiten des Melikeucfa. Il est d*un accès facile et très fréquenté par les voyageurs; 2° le col de Chellata (1,495 mètres), qui descend sur Akbou; 3° le col à'Akfadou (1,385 mètres), situé à Test des Beni-Idjer, et par lequel les tribus de Test passent de la vallée du Sahel dans celle du Sébaou. Son accès est facile ; il est d'ailleurs abondamment irrigué par deux sources et couvert de prairies; à l'ouest de ce passage, existe une forêt de chênes-zéen.
La Kabylie est pauvre : on ne trouve que peu de sol cultivable sur toute l'étendue de ce territoire si violemment tourmenté. « La terre, dit le capitaine Devaux dans un excellent ouvrage (/e« Kabyles duDjurdjura), a été bouleversée partout où elle offrait quelques chances de production en céréales ou en jardinage. Dans la montagne on n'a réservé pour les troupeaux que les taillis non encore défrichés et les croupes rocheuses, impropres à toute espèce de culture, par suite du peu d'épaisseur de la couche végétale. Dans les vallées, les maquis de lentisques et de jujubiers sauvages recèlent quelques maigres pâturages. Les terrains qui, par suite de leur constitution géologique, retiennent trop longtemps dans le sous-sol les eaux pluviales, n'étant point soumis au drainage, ne sauraient être cultivés : le grain y pourrirait et ils forment les seules véritables prairies naturelles que l'on rencontre dans ces contrées. » — Un autre chef de bureau arabe, M. Aucapitaine, complète ce tableau : « Souvent, dit-il, on rencontre dans les sentiers kabyles de longues files de femmes
et d'enfants portant sur la tête des paniers remplis de terre que les hommes étendent ensuite sur les rochers aîirités du vent ; ils recouvrent cette terre de pierrailles et, à force de soins, y font pousser quelques maigres légumes. »
Mais si la terre cultivable fait défaut sur plusieurs points» les bois abondent dans la plupart des tribus ; oliviers greffés ou sauvages, chênes, lentisques, cèdres, noyers, thuyas, pins, cnGn presque tous les arbres fruitiers du Tell croissent au (lanc des montagnes comme au fond des ravins, constituant, Ml certains endroits, de véritables forêts, notamment à Akfadou i la terre classique du chêne-zéen », et au pays d'Ânif, à Touest des Portes-de-Fer.
Quatre grandes voies desservent la contrée : la première {route nationale n® 5) va d'Alger à Constantine ; elle passe au col des Beni-Aïcha (Ménervillé)^ à Palestro, à Bouïra, à Beni-Mansour, à Bou-Arréridj et à Sétif ; — laseconde, presque parallèle à la mer, conduit d'Alger à Dellys, en passant par Ménerville et par Camp du Maréchal ; — la troisième, partant d'Haussonvillers, passe à Tizi-Ouzou et aboutit à Michelet ; de ce dernier point, elle se prolongera jusqu'à Beni-Mansour par une voie carrossable, qui traversera le Djurdjura au col de Tirourda ; — la quatrième part de Tizi-Ouzou, travei'se le Sébaou, en remonte la vallée, franchit la crête du Djurdjura à Taltitude de 1,100 mètres et aboutit à Bougie, après avoir traversé le village de rOued-Kseur.
La Grande Knbylie est, en outre, desservie par le chemin de fer d*Alger à Gonstantiue, dont le tracé suit de près la route nationale n° 5, — et par rembranchemcnt de Méncrvillc ù Tizi-Ouzou.
Le M'Zab. — Plateau rocheux tellement raviné qu'il a reçu le nom de Chebka (filet) ; il commence à Test du Djebel- Madjez, au sud-est et à 110 kilomètres de Laghouat, s'étend dans la direction du sud-est et se termine au sud à l'Oued- Hetlili. — - Son altitude moyenne est de 750 mètres dans la
partie du nord-ouest, et de 300 mètres dans celle du sud-est ; sa superficie est évaluée par le commandant Coyne à 8,000 kilomètres carrés.
Il est traversé du nord-ouest au sud-est : par VOued-en-Nessa qui commence à El-Feyd, à l'est de la Citerne de Nilh suit le pied des montagnes et va se perdre dans les dunes» au nord de N*6oussa; — par VOtted-M'Zab^ qui prend sa source à Test du Madjez, coule parallèlement à TEn-Nessa et se jetle au nord de N*Goussa, dans la Sebkra-Safioun ; et par ïOued- Zaguerir, qui prei^d sa source au-dessous de la Daya du même nom. coule, comme les précédentes, du nord-ouest au sud-est et va se perdre au-dessous et à Test de Guerrura, dont il arrose le territoire.
La température y varie Deaucoup suivant les saisons : en hiver, il y gèle souvent et il y neige quelquefois ; en été les chaleurs y sont excessives. Le climat est salubre.
La flore du plateau est excessivement pauvre. Presque toute la végétation est concentrée dans les vallées et les ravins ; c'est, à peu de chose près, celle des oasis. Les cultures potagères donnent des citrouilles, des melons, du piment, des aubergines, des choux et des carottes ; on récolte aussi quelque peu d*orge. On a comme arbres à fruits : le dattier, le grenadier, le figuier et le pommier. Les vignes, nombreuses et bien entretenues, produisent de magnifiques raisins. Peu d'aniniuux sauvages : le moufflon à manchettes se tient dans les parties les moins fréquentées du pays; la gazelle et l'antilope fréquentent les vallées, et les chacals rôdent la nuit autour des ksour.
C'est sur ce plateau qu'habite la population du M'Zab. Celte population a été recensée en 1896; elle comprend 45,622 habitants dont 682 Français et se répartit entre sept villes, dont les deux premières, Berrian, au nord-ouest, et Guerrara^ au nord-est, gardent au nord et à l'est les extrémités de la Chebka.
Berrian. — Au sud-est, et à 85 kilomètres de Laghouat, au confluent de VOtied-Souan et de YOued-ben-Loth; elle est entourée d'un mur d'enceinte et possède de riches jardins
bien irrigués; 2,811 habitants. — C'est la première ville qu'on rencontre en venant de Laghouat.
Gnerrara. — A TE. et presque en face de Berrian, dont elle est distante de 25 kil. ; 3,732 hab. et 28,000 palmiers.
Vers le milieu du plateau, dans une enceinte presque circulaire dont la superficie embrasse 18 kil. de long sur 2 ki). de large et qu'entoure une enceinte de rochers, sont groupées les cinq autres villes de la confédération ; ce sont :
Ghardaïa. — Au sud-est et à 45 kilomètres de Berrian, chef-lieu de com. indigène ; — la ville s'élève en amphithéâtre autour d'un mamelon dont la mosquée occupe le sommet.
Elle contient trois quartiers distincts : à l'est, celui d'une communauté israéUte formée de 300 familles presque toutes originaires du Maroc; au centre, celui des M'Zabites; au sudest, celui des Hédabias, Arabes du sud liés à la ville par des conventions particulières. — Les maisons, construites en pierres calcaires, sont à un étage et surmontées d'une terrasse; population, 7,99J habitants. Au nord et à 1,500 mètres sur la rive gauche de la rivière sur laquelle est construit un immense barrage en amont de la ville, s'étend une ligne non interrompue de jardins ; — 80,000 palmiers. Au S. et en dehors de la ville s'élèvent les bâtiments pour la garnison, le bureau arabe, l'école et l'hôpital, ce dernier sous la direction des Pères Blancs.
Melika. — Au sud-est et à 2 kil. de Ghardaïa, au sommet d'un mamelon rocheux ; très petite ville dont les maisons sont bien construites, mais où l'eau fait défaut : elle n'a qu'un seul puits; — 1,446 hab. C'est la ville sainte du M'Zab : de toutes les parties de la contrée on y vient en pèlerinage visiter le tombeau de Sidi-Aïssa, le saint le plus vénéré du pays.
Beni-Isgaen. — Au sud de Melika, sur la rive droite du M'Zab, au confluent de cette rivière avec VOued-lTCissa, Bâtie en amphithéâtre sur un mamelon dénudé, elle est défendue contre les attaques du dehors par une enceinte flanquée de tours crénelées; maisons en- maçonnerie; population, 5,189 habitants. — En dehors de la ville, sur les deux rives
de rOaed-N'Cissa, jardins et belles plantations de palmiers.
Bonnoiira. — Au sud-est et à 1 kilomètre de llelika et au nord-est de Beni-Isguen, bâtie sur un rocher : toute la partie supérieure n'offre qu'un amas de ruines ; ville de i,i26 âmes, sans commerce et sans avenir.
El- Ateaf . — Au sud-est et à 4 kilomètres de Bounoura ; 1,549 habitants. Belles plantations au sud de la ville. — Vis-à-vis d'El-Ateuf existait un magnifique barrage de près d*un kilomètre de longueur et construit en bonne maçonnerie : il est aujourd'hui recouvert par le sable. Le lit de la rivière ne se remplit du reste que très rarement : à peine une fois, disent les indigènes, par période de trente années. A en juger par l'épaisse couche de cailloux qui en occupe le fond, on est porté à croire qu'autrefois il en était autrement; aujourd'hui les puits sont alimentés par une nappe souterraine qui s'étend sous l'ancien lit, à 40 mètres environ de profondeur.
Les M'Zabites se sont longtemps soustraits à notre autorité; c'est en 1853 seulement qu'ils se soumirent : — Aux termes de la convention qu'ils conclurent avec le gouverneur général, ils acceptaient le protectorat de la France et s'obligeaient à payer un tribut annuel (Lezma) de 45,000 francs. En échange, le gouvernement français s'engageait à ne point intervenir dans leur administration intérieure et à les laisser se régir suivant leurs us et coutumes, mais sous la condition expresse que l'ordre serait maintenu dans leur pays et qu'ils ne pactiseraient point avec nos ennemis.
Cette condition ne fut pas toujours observée. Le pays devint à la longue un foyer de désordre : les rixes et les assassinats s'y multiplièrent; les malfaiteurs y trouvèrent un refuge assuré et tous les ksour de la confédération, mettant à profit les inmiunités commerciales qui leur étaient garanties, ne furent plus que de vastes dépôts d'armes et de munitions apportées par contrebande et livrées aussitôt aux tribus insurgées.
Un arrêté du 1^ novembre 1882 a mis fin à cet état de choses. Le gouvernement a pris définitivement p ossession du M*Zab, dont la population est maintenant traitée comme les autres populations indigènes des territoires de commandement. A cet effet, il a été créé à Ghardaïa un cercle militaire qui forme depuis 1884 une commune indigène distincte (subdivision de Médéa). et comprend, — outre l'ancienne confédération, — TAghalick de Ouargla, les Chambâa de Metlili et les Chambâa d^El-Goléa.
Le M*Zab est le principal entrepôt du commerce entre le sud de l'Algérie et le Sahara central; tous les M'Zabites sont donc commerçants : et, comme ils sont trop à l'étroit sur leur plateau, beaucoup d'entre eux s*expalrient pour s'établir dans les villes de l'intérieur ou dans celles du littoral. — On ne fait pas cependant que du négoce dans les ksour : on y cultive les palmiers, et l'on y fabrique, tant pour les besoins locaux que pour l'exportation, des tapis, des vêlements et des articles de cordonnerie.
Les chiffres qui suivent compléteront ce tableau : d'après un recensement récent, on a compté dans toute l'étendue du territoire 172 tentes et 51 gourbis, 4221 maisons, d'une valeur approximative de 2 millions de francs, et 194,514 palmiers, rapportant en moyenne 9700 quintaux de dattes. Le nombre total des animaux recensés s'élevait alors à 10,573, savoir : 259 mulets, 1320 ânes, 930 chameaux, 8064 moutons.
Nous venons de dire que la corn, indigène d'Ouargla comprend l'Aghalick d'Ouargla : — l'oasis, dont cet aghalick a pris le nom, s'étend du nord au sud sur un parcours de 8 kil. environ, et de l'est à l'ouest sur une même étendue. Sa superficie est donc, approximativement, de 64 kil, carrés; — population totale, 5761 hab.; — 96,720 palmiers. Elle a pour chef-lieu :
Ouargla : ville et poste iiiilitaire, au sud-est et à 160 ki-
lomètres de Ghardaïa, — La ville, entourée d*un mur d*enceiute et protégée par une forteresse (la Casba), s'élève à peu près au centre de l'oasis, sur un tertre formé de roches calcaires; — les rues sont étroites, tortueuses et sales. Les maisons, généralement basses, ont un aspect misérable. Elle est divisée en 5 quartiers, chacun d'eux portant le nom de la thbu qui l'habite : quartiers des Beni-Brahim, des Béni- Ouagguin, des Beni-Sissin. — 796 maisons; -— ^,976 hab. ; — 1, 200,000 palmiers irrigués par 150 puits artésiens.
Au sud-ouest de Ghardaïa et à 40 kilomètres environ, se trouve Metlilij où aboutissent les routes que suivent les caravanes venant de Goléa, au sud, de Bérisina, à l'ouest, et de Laghouat, au nord.
Metlili est cachée dans les plis de la chebka du H'Zab. L'oasLs, envahie par les sables, se compose de plusieurs forêts de palmiers qui s'étendent sur une longueur de 4 kilomètres et dont le nombre dépasse 40,000. — Le ksar, protégé par un mur d'enceinte» est assis dans une grande clairière, au milieu de ces forêts ; il compte 135 habitations, non compris celles qui sont dispersées dans les jardins; — population, 850 habitants.
Enfin, au sud-ouest et à 220 kilomètres environ de Metlili, sur la route que suivent les caravanes, se trouve El-Goléa, le point extrême de nos possessions dans le sud :
El-Goléa est le seul centre habité entre Ouargla, le M'Zab, le Gourara et Insalah. Il se compose de deux quartiers, ayant ensemble 1,162 habitants : la ville haute, entourée de murailles et bâtie sur un rocher au sommet duquel se dresse la Casba, qui domine la plaine d'une hauteur de 78 mètres, et la ville basse, où sont empilées confusément quelques centaines de maisons reposant sur d'énormes assises bastionnées. Près de la porte qui donne accès dans l'enceinte, est un puits de 30 mètres de profondeur qui assure de l'eau
aux habitants, dans le cas oii ils seraient étroitement faloqnds. Les jardins, situés à l'ouest de la ville basse, sont arrosés par l'eau des puits : ils fournissent de Torge, du blé et quelques oignons ; on y cultive aussi quelques arbres fruitiers : pêchers, abricotiers, amandiers, figuiers et grenadiers. Les dattiers, — on en compte près de 20,000, — s'étendent, clairsemés, jusqu'aux dunes« à une distance de 7 à 8 kilomètres.
On s*est borné, dans le chapitre précédent, à reproduire à grands traits la physionomie générale du sol ; — nous compléterons cette description en indiquant dans le tableau qui suit l'altitude barométrique d'un certain nombre de localités. Ces altitudes sont données, les unes par le service météorologique du gouvernement général, les autres par M. Mac- Carthy :
Région maritime.
Sahel et Plaine.
"met
Alger (PI. du Gt). iO »
Alger (Gasba) . . 128 *
Mustapha super. 99 i
Fort-l'Ëmpercur. 223 »
Cherchell . . . 27,86
Ténès 53,80
Blida 210,90
Ël-Affroun ... 9i »
bou-Medfa. . . 239,50
Adélia 500 »
Aiîreville. . . . 312,30
Duperré .... 273 »
Oued-Fodda . . 158,65
Orléansville. . . 120,50
Région Montagneuse et Hauts-PIateanx.
Aégion Saharienne.
Tizi-Ouzou .
Fort-National Dnnel-Mizan Aumale. .
Bou-Saâda. .
Miliana . . .
Téniet-el-Haâd Médéa. . . .
Bogbar . . .
fioghari. . .
Aîn-Ousscra .
Ghellala. . .
Djelfa. . . .
met.
•liO »
Laghouat.
Gliardaîa .
Berrian. .
Ouargla. .
El-Goléa. ,
met.
Les cotes données par le service météorologique du gouvernement indiquent, pour chaque localité, Taltitude de l'endroit (hôpital, caserne^ etc.), où les observations ont été faites; elles diffèrent plus ou moins de celles qui sont portées sur la plupart des cartes.
fil. — Iitttoral, Cours d'eau.
La Côte. — Entre les deux points limites de la frontière maritime, et en partant de l'Oued-Âberri, qui se jette dans la mer entre le cap Khamis et le cap Magroua, la côte remonte Ters le nord-est. — Après le cap Magroua, elle forme ane baie que borde une belle plage et qui finit à la pointe en face de laquelle est Vile Colombi.
De cette pointe à hauteur de la ville de Ténès^ la côte se dirige vers Test, sans déviations sensibles : à Ténès, elle se relève brusquement dans la direction du nord-est, jusqu'au cap Ténès^ formé de roches escarpées. La ville occupe à l'ouest du cap le fond d'une anse très ouverte, battue en plein par tous les vents dangereux. Cette plage, dont les abords offrent plusieurs barres de roches presque à fleur d*eau, est toujours difficile à accoster et devient impraticable dès qu'une petite brise de mer s'élève. Les grands bâtiments mouillent à 900 mètres, par 12 à 14 mètres d'eau, mais ce mouillage, assez bien abrité du côté de l'est, n'est pas tenable par les vents du nord et du nord -ouest. Les caboteurs trouvent un abri assez sûr derrière le massif d'îlots, au nord-est de la ville et à 500 mètres du rivage.
Du cap Ténès à Cherchell, la côte suit une ligne droite, presque régulière vers l'est.
Le port de Cherchell est situé dans une petite anse demicirculaire dont l'ouverture est tournée vers le nord-ouest, anse protégée contre les vents d'ouest et d'est.
De Cherchell à Ras-el-Amouchy pointe extrême du mont Ghenoua, la côte décrit une ligne convexe, puis s'infléchit jusqu'à Tipaza,
De Tipaza à Sidi-Ferruch, la côte va vers l'est, en ligne droite, d'abord, puis elle remonte au nord-est jusqu'à la presqu'île de Sidi-Ferruch ; celle-ci, large d'environ 620 mètres, forme deux baies très ouvertes, celle du nord-est et celle du
sud-ouest, également remarquables par les grandes plages et
les dunes qui les bordent. La baie du nord-est n'est guère fréquentée que par les caboteurs ; la baie du sud-ouest offre 4in bon mouillage pour toute espèce de bâtiments avec des vents d'est et de nord-est : c'est là que la flotte française mouilla au mois de juin 1850.
Plus loin, le cap Caxine se termine à la mer par deux couches de roches presque partout taillées à pic.
Du cap Caxine à la pointe Pescade, la côte est presque droite.
De la pointe Pescade, où la mer forme une petite crique assez profonde, à Saint-Eugène, et de Saint-Eugène k Alger, elle s'arrondit peu à peu, très dentelée et bordée de roches.
La baie d'Alger a une ouverture de 15 kilomètres environ, •de l'ouest à l'est ; sa profondeur dépasse 7 kilomètres.
Le port, tout artificiel, a 90 hectares. Il est formé : 1*^ par «ne jetée de 200 mètres de longueur (jetée Kheir-ed-Dine) qui céunit à la terre ferme l'îlot sur lequel les Espagnols avaient construit le Fort du Pegnon; 2<> par une seconde jetée, dite •du Nord, qui s'enracine sur cet îlot et court dans la direction du nord-ouest au sud-est, sur une longueur de 900 mètres ; 3<^ par la jetée, dite du Sudy qui s'enracine à la terre ferme sous un ancien fort turc, aujourd'hui démoli. Cette jetée, composée de deux branches se réunissant a angle droit, est terminée par un musoir qui laisse, entre son extrémité et la jetée du Nord, une passe de 250 mètres.
Au delà de la jetée, la côte forme une petite anse; la plage tourne ensuite à l'est-sud-est, se courbe insensiblement, puis remonte vers le nord jusqu'au Fort-de-rEau, bâti sur un pâté de roches basses. A partir de la rivière du HamiZj où la plage finit, commence une falaise qui s'élève graduellement jusqu'au cap Matifou et forme la partie orientale de la baie.
Entre le cap Matifou et le cap Djinetj des terres basses et uniformes dessinent le cordon de la côte en se courbant vers le milieu. Du cap Djinet à l'embouchure du Sébaou, le littoral est droit, presque entièrement occupé par des plages : iJ
se relève à partir de là jusqu'au cap BenguU où il forme deux pointes : la première, défendue par des rochers plats ; la seconde, qui ferme Tanse au nord-est; c'est la pointe de DeUys.
A partir de Dellys, la côte ne présente que peu de sinuo< sites ; les pointes principales sont :
Le cap TédlèSy formé par un mamelon et défendu du côté de la mer par des roches nues et fortement inclinées ;
Le cap Corbelin, roche de couleur roussâtre, s'incline vers le nord; à l'ouest est la petite anse de Men-éL'Fham, où Ton mouille par les vents d'est.
Du cap Gorbelin à ÏOued-Kheroulij limite du département, la côte est bordée d'une longue plage de sable.
Les Rivières. — De leur source à leur embouchure, presque toutes les rivières (ouedi) changent plusieurs fois de nom : pour ne point fatiguer la mémoire, nous donnons à chacune d'elles le nom sous lequel elle est le plus généralement connue.
Les principales rivières du département d'Alger sont, en allant de l'ouest à Test :
Le Ghéliff. — C'est le plus considérable cours d'eau de toute l'Algérie (650 kilomètres de parcours). Il prend naissance sur la limite du Tell et du Sahara, aux environs S.-E. de Tiaret (département d'Oran), d'un groupe de sources appelé Sebaîn-Aioun (les soixante-dix sources), traverse, sous le nom de Nahr-Ouassely les plateaux du Sersou, et suit jusqu'aux marais de Kaiseria, dans la direction de l'ouest au nord-est, un parcours de 190 kilomètres. — Avant d'atteindre ce dernier point, il reçoit près de Ghabounia, et sous le nom de Oued'Oureuk, un affluent qui, par une de ses branches, YOved'Namous, descend du Djebel-Amour, au nord-ouest de Laghouat. — A partir des marais, il remonte vers le nord, débouche dans le Tell, passe entre Boghar et Boghari, incline ensuite vers le nord-ouest jusqu'au Djendel, d'où il se dirige vers l'ouest en courant en sens inverse de sa premicro direc-
tion, arrose la plaine à laquelle il donne son nom, traversant les territoires d'Âïn-Sultan, d'Âffreville, de Lavarande et de Duperré;il passe à Orléansville, dont le territoire, en amont, jadis très sec, a été rendu irrigable par la construction d'un barrage de dérivation calculé pour 7,700 hectares. Mais ce beau travail est peu de chose comparé à ce qu*on projette dans la vallée du fleuve et sur le fleuve lui-même : barrage du Ghéliff au Djendel pour l'arrosage de 12,000 hectares; barrage de l'Oued-Harbil, d'une capacité de 18 millions de mètres cubes, à 5 kilomètres d'Amoura ; barrage de l'Oued- Dourdeur aux Kifîan, à 19 kilomètres de son embouchure, d'une contenance de 31 millions de mètres cubes, pour 19,000 hectares; barrages de l'Oued-el-Haïd, près des Aribs; barrages de TOued-Ouaran, de l'Oued-Boukali, de l'Oued- Khamis; barrage de l'Oued-Rouina (17,500,000 mètres cubes); barrage de l'Oued -Fodda (18,000,000 de mètres cubes); barrage de l'Oued -Sly (30,000,000 de mètres cubes).
Le GhëlîlT entre, à 40 kilomètres d'Orléansville, dans le département d'Oran, et va se jeter dans la mer au nord-est et à 1 2 kilomètres de Mostaganem : étiage 5 mètres cubes par seconde; eaux moyennes : 10 mètres cubes; grandes crues : 1,200 à 1,500 mètres cubes.
Ses principaux affluents dans le département d'Alger sont, de l'est à l'ouest :
Sur la rive gauche : Y Oued-Dourdeur descend des monts de Taza , parmi lesquels se dresse l'Achaoun, haut de 1 ,804 mètres ; il coule en gorges vers le nord ; au village des Kiffan, on doit le barrer par une digue de 40 mètres de hauteur derrière laquelle 51 millions de mètres cubes reflueront en un lac de 200 hectares pour l'arrosage de 19,000 hectares de la rive gauche du fleuve, du Djendel à Duperré.
UOued'Rouïna (60 kilomètres), descendu des montagnes qui dominent Teniet-el-Haâd, coule du nord au sud et se perd dans le Ghéliff à l'est et à 5 kilomètres du village auquel il a donné son nom; on projette sur son cours à 4,500 mèti^es
LITTORAL, COURS D'ÉAU. il
en amont de la route d'Alger à Oran, un barrage-réservoir de 17,500,000 mètres cubes.
VOued'Fodda (90 kilomètres) descend de TOuarsenis et se jette dans le Chéliff à 22 kilomètres en amont d'Orléansville ; on projette sur son cours, à 25 kilomètres de son embouchure, un barrage-réservoir de 18 millions de mètres cubes.
VOued'Slyf — qui, sous le nom i^Oued-Ardjern, descend de rOuarsenis, se dirige vers le nord et va se perdre dans le Chéliff au point même où a été construit le village de Halakoff, dont il traverse le territoire. — Un barrage de dérivation ayant 1 mètre de hauteur au-dessus de Tétiage est construit sur cette rivière, en amont de Halakoff, et l'on projette, à 20 kilomètres en amont de ce village, un barrage - réservoir de 50 millions de mètres cubes.
Sur la rive droite : VOued-Ouaran (40 kilomètres) descend du plateau des Beni-Hadoun, au sud-est de Ténès, passe près des Trois-Palmiers, d'Aïn-Beïda et de Warnier, et se joint au Chéliff à l'ouest et à 12 kilomètres d'Orléansville.
L'Oued-Dahmous, — qui descend du Djebel-Tachetas, sur la rive droite du Chéliff, passe au sud des Beni-Âquil et se jette dans la mer entre Cherchell et Ténès; — 42 kilomètres.
Le Nador, — petite rivière qui, sous le nom d'OuedboU'Djabrouny puis sous celui d'Oued-Meurad, descend du Bjebel-Merit, coule de l'ouest à l'est et, se dirigeant vers le nord, recueille les eaux des pentes orientales du Chenoua, baigne le territoire de Marengo et se jette dans la mer à l'ouest de Tipaza; — 55 kilomètres. Une digue de 27 mètres de haut y met en réserve 840,000 mètres cubes d'eau qui servent aux irrigations des campagnes de Marengo.
La Ghiffa, — descend du Djebel-Houzaïa, qu'elle contourne, et coule du sud au nord à travers des gorges profondes, entre dans la Mitidja, court sur un lit de sable et de gravier et va jusqu'au pied du Sahel. Là, après un parcours.
de 75 kilomètres, elle reçoit VOued-Djer^ grossi du Bote- Roumif et prend alors le nom de Mazafran.
l/Oued-Djer prend naissance au pied du Zaccar, traverse les montagnes de Soumata^ débouche dans la plaine de la Mitidja pr^ d*Ël-Affroun, sur Tancien territoire des Hadjoutes; se dirige vers le Sahel, qu'il contourne de Touest à Test, et va se joindre à la ChifTa pour former le Hazafran; — son parcours est de 80 kilomètres.
Le Bou-Roumt (75 kilomètres] ; il est question de Tarrêter, à 9 kilomètres en amont du village de Bou-Roumi, par une digue de 55 mètres de haut formant un bandage de 49 hectai*es, avec 18 millions de mètres cubes^ pour l'irrigation partielle d*une zone de 2,200 hectares dans la Mitidja.
La Ghiffa a pom* principal affluent, sur sa rive droite :
VOued'Sidirel'Kébir, qui prend naissance dans les flancs des Beni-Salah, va du sud au nord jusqu'aux approches de l'enceinte de Blida, tourne à l'ouest et suit cette direction jusqu'à sa jonction avec la Ghiffa ; — ses eaux, aménagéesavec soin, sont d'abord employées à faire mouvoir des usines auxquelles Blida doit en grande partie sa prospérité, puis réparties entre la ville et les jardins de Blida, et les villages de Montpensier et de Joinville.
Le Mazafran. — 11 est tormé amsi que nous l'avons dit plus haut, de la Chiffa, de VOued-Djer et du Bou-Roumi, passe au pied de Koléa, coupe le massif du Sahel, traverse une riche vallée et se jette dans la mer au nord-est de Koléa et à 8 kilomètres de Sidi-Ferruch; — 23 kilomètres de parcours. — Il reçoit VOued-Fatis, qui est grossi de VOued- TarfUf et arrose le territoire de Boufarik.
X'Harrach. — 11 prend sa source, sous le nom d'Oued- Akra^ dans le versant sud des Beni-Salah; coule d'abord du sud au nord-est, puis du sud au nord; divise en deux la partie centrale de la Mitidja, ayant en quelques points jusqu'à 80 mètres de largeur, passe près de Rovigo. au Gué-de-Gonstantine, à la Maison-Garrée, et se jette dans la baie d'Alger
à 9 kilomètres de cette ville, par une embouchure de 40 mètres de large; — 67. kilomètres de parcours.
Il a pour principaux affluents : sur la rive gauche, VOueâr Mokta-Lazereg, qui le rejoint au-dessus et près d'Hammam- Melouane; — sur la rive droite^ rOued-Djemma, qui passe près de TArba, et l'atteint au nord-ouest de Sidi-Moussa.
Le Hamiz, — descend, sous le nom à'Oued-Arbatach^ du Djebel'Tamesguida, débouche dans la Mitidja au-dessus du Fondouck, puis se jette dans la baie d'Alger à l'ouest et à 4 kilomètres du cap Matifou ; — 65 kilomètres ; on a construit sur son cours, à 7 kilomètres au-dessus du Fondouck, un barrage-réservoir dont la zone d'irrigation s'étend jusqu'à Maison-Carrée. — Ce barrage a 55 mètres de hauteur; sa capa» cité nominale est de 15 millions de mètres cubes et sa capacité utile est de 14 millions, ce qui permettra d'irriguer de 4 à 6,000 hectares à prendre sur la zone irrigable, qui est de 30,000 hectares au moins.
Le Boudonaou. — II descend du Bou-Zegza, qu'on aperçoit d'Alger, coule du sud au nord, passe près de l'Aima, et se jette dans la mer à l'est du précédent ; — 42 kilomètres. On le destine à remplir un réservoir de 6 millions de mètres cubes dans les gorges de Kédsfra, pour l'arrosement de 2,000 hectares.
Laisser oriental. — Il est formé par la réunion de deux rivières, YOued-Moda et V Oued-Zaroua, dont les eaux descendent du Kef-Lakdar et du Djebel-Dira, entre Médéa et Aumale : la première coule du sud au nord-est, la seconde du sud au nord-ouest; — elles arrosent l'une et l'autre le plateau des Beni-Sliman, puis, sous le nom d'Oued-Isser, se réunissent au sud-est de Tablât. — A partir de ce point, Tisser se dirige vers le nord-est et, après 50 kilomètres de parcours, tourne au nord-ouest jusqu'à Palestre (F. p. 65), remonte au nord, passe près de Beni-Amran et de Souk-el-Haâd, puis incline à l'ouest jusqu'au-dessous de Bordj-Menaïel d'où il va, presque en ligne droite, se jeter dans la mer à l'ouest du cap Djinet, après un parcours de plus de 200 kilomètres.
Sébaou. — U est formé dans son cours supérieur par la réunion des ruisseaux qui descendent des montagnes comprises entre le col d'Akiadou et le Djebel-Tizibert (sud-est du Djurdjura) à partir de 1^ mosquée de Boubehir, il s appelle Oued^Boubehir nom qu'il garde jusqu'à Mekla, où il prend celui de Sébaou.
U se dirige d'abord du sud au nord-ouest jusqu'à sa rencontre avec VOued'DiSy tourne à l'ouest, passe à Mekla, laisse à gauche Tizi-Ouzou, dont le sépare le mont Belloua, se dirige ensuite vers le nord, arrose le territoire de Rébeval, de Ben- N'Choud et de Belle-Fontaine, puis se jette dans la mer à 6 kilomètres ouest de Dellys, après un cours de plus de 100 kilomètres.
U a pour principaux affluents (sur la rive gauche) ÏOued- Aïssi et VOued'Bougdoura, Le Sébaou, très grand en hiver, est, en somme, une rivière abondante qu'on a le projet de dériver sur les deux rives à l'issue des gorges de Tizi-Oiizou.
Toutes les rivières que nous venons de décrire appartiennent à la région tellienne.
Les Zahrez (lagunes salées). — Sur les Hauts-Plateaux, entre deux chaînes de montagnes qui les dominent au nord et au sud, deux cuvettes^ de forme à peu près elliptique et s'étendant de l'ouest au nord-est, reçoivent les eaux pluviales et celles des oueds ; on les désigne sons le nom de Zahrez :
Le ZahreZ'K arbiy ou de l'ouest, est compris entre le Djebel-Oukeit, au nord, et le Djebel- Sahari, au sud; il est situé, à 857 mètres d'altitude, à l'ouest de Taguin, au nordouest de Djelfa et au sud-ouest de Guelt-es-Stel. De l'ouest à l'est, il mesure environ 40 kilomètres, et dans sa plus grande largeur, 10 kilomètres; sa superficie est de 52,000 hectares;
Le Zahrez-Cherguif ou de l'est, est situé à 840 mètres d'altitude, au nord-est du précédent, dont il est séparé par un terrain sablonneux d'une étendue de 40 kilomètres. Il a 36 kilomètres de long sur 14 de large : superficie approximative, 50^000 hectares.
Au fond de chacun de ces lacs, il se forme pendant Tété une couche de sel dont l'épaisseur moyenne est de 55 centimètres.
Plus au sud, le département d* Alger est traversé dans toute sa largeur par VOued-Djedi, qui a sa source dans le Djebel- Amour, coule de l'ouest au sud-est, passe à Laghouat, remonte au nord-est et va se perdre dans le chott-Helr'ir. (F. Département de Constantine.)