Jbid.y 1. VIIÏ, c. XLiv
i36 LA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.
amenèrent sans doute une rupture rapide qui semble indiquée par Tannexion définitive de quelques portions des pays d'entre Seine et Loire qui faisaient encore partie du royaume de Soissons. La soumission réelle d'Angers au pouvoir du roi de Bourgogne ne peut faire l'objet d'aucun doute pour l'année 590, puisqu'à cette époque Rennes, situé plus au nord, n'était pas regardé comme faisant partie du royaume de Clotaire* : elle fut même probablement antérieure à l'année 588, date à laquelle l'évêque du Mans, figurant parmi les ambassadeurs envoyés en Bretagne par Gontran, est ainsi désigné comme un sujet de ce prince, puisque Grégoire l'oppose aux « magnifiques » du royaume de Clotaire qui prirent également part à l'ambassacle ^. Cependant, la Deuxième Lyonnaise paraît être restée alors complètement au pouvoir de Frédegonde, à l'exception toutefois, semble-t-il, de Séez et d'Avranches que le partage de 567 n'avait pas données à Chilperic ; en effet, l'autorité de cette princesse était encore reconnue en 590 jusque dans le Bessin, car, à cette date, elle envoya les Saxons de ce pays au secours des Bretons, que combattait le roi de Bourgogne ^.
L'entrevue qui eut lieu en 587, à Andelot, entre le roi de Bourgogne et celui d'Austrasie, fut évidemment aussi une conséquence de la rupture de Gontran avec Frédegonde. Par lé traité qu'y conclurent les deux souverains, il fut convenu que celui qui survivrait à l'autre, hériterait du royaume du défunt,. si celui-ci était mort sans laisser de fils. La paisible possession des cités du royaume de Paris, qui, de 567 à 575, avaient fait partie du royaume d'Austrasie, fut en outre assurée à Gontran, à la réserve de Meaux, Senlis, Tours, Poitiers, Avranches, Aire, Couseraiis, Bayonue [Lapurdum) et Albi, qui firent imniédiatement retour à Childebert ;. Gontran échangea en outre le tiers qu'il possédait dans la cité de Senlis contre le tiers du Ressontois (en la cité de Beau vais) appartenant au roi d'Austrasie*. Peu de temps après,
\, Historia Francorum, 1. X, c. ix.