Ibid., c. XVII et xx
i. lifid., c. XXY.
ravagée par le roi d'Austrasie, Théodebert, qui réclamait de son frère une rectificalion de limites pour laquelle un plaid fut convoqué sur la frontière austro-bourguignonne, au château de Seltz, où Théoderic, effrayé par la puissante armée que Théodebert amenait avec lui, céda à ce prince non-seulement l'Alsace, mais aussi le Saintois, le pays des Ttirenses^ autrement dit le territoire de Windiscli ou de Constance, et celui des Campanenses^ c'est-à-dire la cité de Troyes, qui étaient, parait-il, Fobjet de réclamations réitérées*. Mais deux années plus tard Théoderic prenait sa revanche en s'emparant du royaume de son frère, avec l'aide de Clotaire II, qu'il se préparait à dépouiller également, lorsque la mort lenleva, à Metz, en 613.
§ 3. — ROYAUME DE CHILPERIC.
La destinée du second royaume de Soissons ne laisse pas que d'offrir quelques traits de ressemblance avec la destinée de celui qu'avait gouverné Clotaire. Le royaume que le partage de 561 attribua à Chilperic, encore qu'il n'eût pas complètement les mêmes limites que l'Etat soissonnais de 511 , n'en était pas moins le plus petit des quatre royaumes ; cependant le nouveau roi sut tellement l'étendre, que, dans les dernières années de son règne, on pouvait le croire destiné à rétablir l'unité de Tempire franc.
1. c Ouod cam undique Theudericus ab exercitu Tlieudeberli circumdarelur, coactus atque compulsus Theudericus, timoré perterrilus, per pactionis vinculura Alsacios ad partem Theudeberti firmavil; etiam et Siiggenteiises, Gt Turenses el Campaneiises, quos saepius repetebat, idemque amisisse visus est. > (Ibid.y c. xxxvii.) — On a vu que nous considérions les Suggentenses comme les habitants du Saintois, portion méridionale de la cité de Toul, bien que Topinion presque généralement admise en France jusqu'à nos jours y ait vu le Sundgau, dont le nom indique simplement le c canton méridional > de TAlsace. Quant aux Turenses, qui devaient certainement leur nom à la Thur, affluent du Rhin, ce sont, par conséquent, les gens de la Thurgovic. Enfin, les Campanenses repré-;sentent les habitants de la Champagne de Troyes, comme le pensait Lecointe, car Campanensis était alors Tethnique formé de Campania (voyez dans le chapitre III, m fine, de la troisième partie de ce travail). Nous rappelons, mais pour mémoire seulement, Topinion de ceux qui voient dans les Campanenses le peuple de Kcmbs, sans songer que leur mention ferait alors un triple emploi, puisque Kembs est à la fois dans le Suudgau, où ils veulent reconnaître le pays des Suggentenses, et dans TAlsace; au reste, le meilleur argument qu'on puisse opposer à cette opinion est la mention de Kembs dans l'Itinéraire d'Antonin et dans la Table de Peutinger, sous la forme ablative CambetCy qui produirait comme ethnique Cambetenses et non Campanenses»
ROYAUME DE CiïlI.PERIC. 139
La mort inopinée de Chilperie (584) rejeta un instant le royaume de Soissons, autrement dit le royaume de Neustrie, à un rang inférieur, et les hasards de la guerre le réduisirent même, seize ans plus tard, à douze pagi ou comtés, compris entre l'Oise, la Seine et la mer. Mais dans la trentième année de son règne, le fils de Chilperie réunissait sur sa tête les trois couronnes de Neustrie, d'Austrasie et de Bourgogne (613).
Grégoire de Tours a évidemment jugé Chilperie avec une grande partialité. On ne peut nier cependant que le nouveau roi de Soissons ne négligea aucun moyen d'arrondir ses États ou d'augmenter ses trésors, sans aucun souci de la justice et des traités. Digne frère de Chramn, ce fils rebelle et pardonné que son père fit périr d'une mort horrible alors qu'il avait levé pour la seconde fois l'étendard de la révolte*, Chilperie ne songea pas, après les funérailles de Clotaire, à provoquer un partage régulier de l'héritage paternel : il s'empara dés trésors royaux entassés à Berny, entra dans Paris qu'on regardait alors comme le principal siège royal, et s'y installa. 11 en fut bientôt chassé par ses frères, et, sans doute, la conduite qu'il venait de tenir ne fut pas étrangère à la composition du royaume qu'on lui assigna avec Soissons pour capitale^, et qui ne pouvait entrer en ligne de comparaison, pour l'étendue, avec les royaumes attribués à ses frères. Aussi ne tarda-t-il pas à montrer son mécontentement : il convoitait Reims, le siège royal de Sigebert et profita de la guerre que ce prince soutenait hors de la Gaule, contre les Huns, pour envahir cette ville et d'autres cités du royaume d'Austrasie. Ce fut là le prélude d'une guerre civile dans laquelle Sigebert s'empara de Soissons, défit Chilperie et replaça sous son autorité les villes qui lui avaient été enlevées^. On était alors en 564, et Chilperie ne semble pas avoir recouvré la capitale de ses Etats du vivant du roi d'Austrasie*.
Environ un an plus tard, la fortune parut vouloir seconder